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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 15:49
 Enfants de poussière de Craig Johnson

Sur une idée originale, celle de ces enfants conçus pendant la guerre du Vietnam de pères américains et de mères vietnamiennes et qui ont erré entre leurs deux patries, Craig Johnson construit un roman à double face .

Walt Longmire, shérif dans le Wyoming , personnage récurent des récits de Craig Johnson, enquête sur la mort d'une jeune femme vietnamienne dont le sac à main est retrouvé non loin de son corps dans l'antre d'un SDF, assassin tout trouvé d'autant que cet homme, un indien de carrure colossale reste mutique.

La découverte de cette asiatique entraine W Longmire dans la réminiscence de ses jours difficiles passés au Vietnam au moment de l'offensive du Têt alors qu'il enquêtait sur un trafic de drogue.

Si le coupable semble évident aux yeux de tous, la découverte d'une vieille photo de Longmire dans le sac de la victime mène notre shérif dans une enquête parallèle et double, à la fois celle de son passé en Asie et celle du parcours de cette femme avec entre tout cela l'interrogation sur la place des indiens , peuple le plus souvent rejeté sur le bas coté de la société y compris en tant que combattants dans les différents engagements de l'armée américaine .

Bien sûr, pour ceux qui comme moi n'ont pas suivi les épisodes précédents, restent les sempiternelles histoires personnelles, familiales et amoureuses des personnages qui m'ont paru un peu polluer le vrai récit, mais là, vous me direz, je n'avais qu'à ne pas prendre un livre au hasard ... Mais le coté conventionnel des séries m'ennuie !

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 12:14
Le voyage d'Octavio de Miguel Bonnefoy

Un magnifique roman qui pourrait être qualifié de conte et qui se passe au Vénézuela.

Tout commence par la guérison miraculeuse d'une épidémie de peste qui conduit à la construction d'une église : Saint Paul de Limon avec la statue de son saint.

Le temps passe, l'arbre à citrons à l'origine de la légende est abattu , la statue est volée et l'église occupée par une bande de brigands qui y entrepose son butin.

Octavio, doux géant évolue au milieu de ces bandits, cachant par divers subterfuges la honte de son analphabétisme jusqu'à sa rencontre avec Vénézuela , la belle actrice qui en même temps que l'amour lui apprend à lire.

Par un malheureux concours de circonstances, Octavio est obligé de s'enfuir.

Lors de cette fuite, il va à la rencontre de son pays et de ses habitants, véritable voyage initiatique, une approche imparfaite vers la connaissance profonde de la nature, des hommes et de leur culture remontant jusqu'à la naissance de l'art pictural qu'il découvre dans une grotte, car Octavio reste avec ses questions et ses doutes et le dénouement de l'histoire finit en véritable allégorie ...

Très poétique, la prose élégante de Miguel Bonnefoy montre la beauté du Vénézuela et ses mythes fondateurs sans fioritures, "une amère beauté " , un peu comme le jus d'un citron celui qui , à la fois , rafraichit et fait frissonner les papilles .

Très beau moment de lecture .

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 21:21
Quelqu'un pour qui trembler de Gilles Legardinier

Au risque de faire de la peine à Gilles Legardinier et à ses lecteurs inconditionnels , je n'ai pas ressenti la même onde bénéfique qu'avec les deux premiers de cette série , bien sur l'effet surprise ne fonctionne plus et sans ressentir de lassitude, c'est la façon dont le sujet est abordé par l'auteur qui m'a laissé un peu à la porte ...

Thomas , médecin parti depuis quelques années dans des missions humanitaires et qui a posé sa sacoche dans un petit village en Inde apprend qu'il est père d'une fille de vingt ans ; il décide donc de revenir habiter près d'elle .

Il trouve un poste dans une maison de retraite aux pensionnaires peu nombreux et plutôt sympathiques avec leurs manies et leurs petits défauts , secondé par une jolie infirmière qui élève seule son fils .

L'histoire est simple, il ne faut pas s'attendre à de grands rebondissements , il y a bien sur beaucoup de passages émouvants et quelques pointes d'humour surtout avec les séniors ( cela devient presque une manie ... ) mais c'est tout de même un peu trop tiré par les cheveux et cela m'a souvent agacé .

Les sentiments exprimés sont forcément beaux mais pour moi , ils apparaissent comme une évidence : bien sûr on a peur pour ceux qu'on aime et cela va au delà de sa progéniture ...

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 15:38
Les Loups à leur porte de Jérémy Fel

Si j'étais un loup, je porterais plainte pour calomnie mensongère parce que je ne suis pas sure du tout que dans la société des loups on parvienne à un tel degré de cruauté ...

Ce roman est construit sous forme de puzzle, les premiers chapitres présentent des personnages , des événements et des époques qui paraissent indépendantes puis peu à peu tout se relie de façon admirable et c'est un beau tour de force de l'auteur Jérémy Fel .

C'est souvent le mal à l'état pur avec les descriptions qui vont avec , difficile à supporter mais je n'ai pas abandonné cette lecture , d'abord parce que Jérémy Fel écrit bien et on finit quand même par s'attacher à certains personnages dont l'avenir, on le sent , n'est pas forcément que sombre, un ballon d'oxygène pour le pauvre lecteur égaré dans un monde inhumain et pourtant ce sont des hommes ...

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 14:37
En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut

Un petit grain de folie , celui qui met du piment dans la vie ...

Qui n'a pas rêvé d'avoir une enfance comme celle du jeune narrateur, une fête permanente, l'école quand ça vous chante, un château en Espagne, les factures qu'on n'ouvre pas, les parents qui dansent sur la chanson de Nina Simone qui passe en boucle sur un vieil tourne-disque ?

C'est avec une pointe de jalousie qu'on entame cette histoire: pourquoi pas nous ? La vie serait moins monotone et on pense aussi à l'enfance du petit héros de Profession du Père de Sorj Chalandon tellement à l'opposé de celle ci .

Et puis ... entre une vie fantasque et la vraie folie, il n'y a souvent qu'une mince frontière et tout peut basculer suivi de l'enfermement en milieu psychiatrique mais l'amour du mari et du fils est plus fort que la camisole chimique ou les barreaux d'un asile et la danse reprend , plus effrénée, plus échevelée , une danse avec l'infini .

J'avais tellement de larmes dans les yeux que j'ai eu du mal à lire les dernières phrases du livre ; pour peu que l'on écoute en même temps Mr Bojangles , l'émotion est à son comble !

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 12:19
Les couleurs de l'espoir de Julie Kibler

Un duo improbable que celui formé par Isabelle, une vieille dame de 90 ans, un peu irascible et Dorrie sa coiffeuse, une jeune femme noire : je reste au début du roman un peu sur la réserve car les contrastes sont souvent assez caricaturaux mais Julie Kibler construit de façon très habile son roman en alternant les récits des deux femmes à deux époques différentes .

Isabelle, veuve depuis longtemps demande à Dorrie de l'accompagner pour un long périple en voiture jusqu'à Cincinnati où la vieille dame doit assister à des obsèques.

Au cours du voyage, les deux femmes se racontent , Isabelle au passé et Dorrie au présent et au fur et à mesure de leurs confidences parfois difficiles à exprimer, on rentre au coeur de l'intime et du bouleversant :

Isabelle, jeune fille de bonne famille tombe amoureuse du fils de sa gouvernante noire dans les années 40 à une époque où la ségrégation était encore très tenace et où toutes les déviations de comportement étaient durement réprimées pour les noirs bien entendu mais aussi pour les blancs s'ils dépassaient les limites imposées, c'est ce qu'on observe aussi dans Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur lors que Atticus défend un noir et dans La couleur des sentiments lorsque Miss Sketer prend le parti des bonnes ...Donc pour Isabelle cet amour interdit ne peut que finir tragiquement.

La vie de Dorris au quotidien , est semée de difficultés, élevant seule ses deux enfants dont son fils ado qui frise la délinquance , la jeune femme a pourtant bien menée sa barque créant son propre salon de coiffure mais sa vie sentimentale a été jonchée d'échecs et elle n'ose plus faire confiance aux hommes qu'elle rencontre.

La route s'arrête devant une maison en deuil et Dorris découvre, autant stupéfaite que le lecteur , pour honorer quel défunt , Isabelle a fait tout ce trajet ; les larmes ont bien gêné la fin de ma lecture...

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 18:15
Azami de Aki Shimazaki

Quand j'ai envie de m'évader entre deux lectures éprouvantes, je pars au Japon .

Pas besoin de carte d'embarquement mais un petit roman d' Aki Shimazaki ou de Yoko Ogawa, par exemple pour passer quelques instants sereins .

L'azami est une fleur de chardon, celle de la belle couverture du livre et celle d'une comptine dont les douces paroles reviennent comme une ritournelle.

Mitsuo Kjawano , trentenaire , mêne une vie tranquille avec sa femme , calme jusqu'à l'absence de vie sexuelle, le désir entre eux a disparu .

La rencontre fortuite avec Mitsuko, une ancienne camarade de classe et qui fut son premier amour tourne chez Mitsuo à l'obsession puis à la relation adultère passionnée jusqu'à ce que sa femme découvre sa trahison .

Sur un ton feutré, par petites touches comme le pinceau d'une aquarelle , Aki Shimazaki dépeint des sentiments beaucoup plus puissants, dévastateurs .

Ce très court livre s'arrête presque brutalement, comme à la fin d'un chapitre, ce qui est un peu le cas car il est suivi d'autres opus, c'est fort dommage et laisse le lecteur vraiment frustré !

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 12:11
Pêcheurs d'Islande de Pierre Loti

Après ma visite fort instructive du musée maritime du Old Harbour de Reykjavik , cette lecture m'a parue évidente dans la continuité de l'émotion de la découverte ( ou redécouverte ) de ces pêcheurs de morue, hommes courageux à la vie si dure .

Dans l'ouvrage de Pierre Loti, les Islandais , comme ils étaient surnommés , sont les pêcheurs bretons qui partaient sur les côtes d'Islande pendant plusieurs mois pour cette fameuse pêche à la morue .

Et parce que leurs pères avant eux prenaient la mer, Yann et Sylvestre, presque beaux-frères par les liens qui unissent Sylvestre à la soeur de Yann sont deux de ces marins qui quittent les côtes bretonnes pour affronter la Mer du Nord .

Roman sur la mer, parce que c'est elle qui décide de la vie et de la mort, elle donne et elle reprend , elle est amante, elle est cercueil .

Roman sur l'amour, pudique toujours, impossible parfois, parce que les conventions sociales sont tenaces dans la Bretagne de la fin du XIX ème siècle mais Gaud aime Yann même s'il ne le montre pas et qu'il la regarde aussi .

Roman sur les femmes, les mères , les épouses et les fiancées, celles qui attendent le retour des bateaux , fières et courageuses bretonnes .

Roman sur l'amitié comme celle qui unit Yann et Sylvestre, pas besoin de beaucoup de mots ni d'effusions, ce sont des taiseux mais les sentiments sont forts et beaux.

J' ai trouvé autre chose dans ce roman que ce que j'y étais venue chercher mais peu importe , l'écriture de Pierre Loti est admirable .

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 15:11
Le cercle de Bernard Minier

Bernard Minier a l'art de balader son lecteur l'entrainant sur des chemins bien détournés et cela rend ce roman palpitant à chaque moment, aucun répit pendant ces quelques 800 pages ...

On retrouve dans ce deuxième tome après la bombe Glacé , le Commandant Martin Servaz, flic à Toulouse .

Il est appelé à la rescousse par son grand amour de jeunesse Marianne lorsque Hugo, le fils de cette dernière est découvert sur les lieux du meurtre d'une jeune professeur Claire .

Martin se rend alors à Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest où sa fille Margot vient d'intégrer une prépa , suivant les traces de son père .

Un CD de Mahler met tous les sens du flic en alerte le ramenant deux ans en arrière lors de sa rencontre avec Julian Hitrmann, le psychopathe en fuite .

On tremble, on suppute, on échafaude et tout s'écroule à la page suivante ; on rit aussi car il y a de l'humour plutôt grinçant, des références pas déguisées à des événements politiques récents. Martin Servaz n'aime pas le foot : en pleine coupe du monde, c'est dur pour lui ; il n'aime pas le sport, là il va être gâté et Bernard Minier le laisse bien mal en point à la fin du roman ...

J'ai du me précipiter chez mon libraire préféré pour acquérir le suivant, question de survie !

J'ai retrouvé aussi certains personnages de l'ouvrage précédent avec plaisir comme la gendarmette Ziegler , avec" des culottes des bottes de moto ,un blouson de cuir noir avec un aigle dans le dos ".

​Finalement pas besoin de partir dans des contrées lointaines pour trouver un excellent polar .

Il a perdu in extremis sa cinquième étoile lors du dénouement de l'intrigue comme si l'auteur avait hâte d'en finir avec un dénouement que je n'ai pas trouvé à la hauteur du reste , dommage ...

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 21:59
Le Temps de la Sorcière d'Arni Thorarinsonn

Il est illusoire de vouloir connaitre la culture d'un pays en ne lisant que des romans policiers actuels...

Après avoir abandonné Erlendur, le héros d'Arnaldur Indridason toujours torturé par les fantômes du passé, je change d'auteur et me voilà avec Eilar, un journaliste qui est muté à cause de son penchant pour l'alcool dans une petite ville du Nord de l'Islande , Akureyri .

Nouvellement sobre donc, en couple avec une perruche , Einar cherche le bon article, celui qui le fera peut-être revenir en grâce à la capitale , et il se penche sur deux faits divers : la mort accidentelle de la femme du patron d'une petite boite lors d'une sortie "aventure " avec les salariés de l'entreprise et la disparition mystérieuse d'un brillant étudiant à la veille de la représentation d'une pièce intitulée Loftur le sorcier et dont il tenait le rôle principal.

C'est très lent , l'action ne débute vraiment qu'après une centaine de pages et même si on sent toujours le poids de la tradition qui demeure ancrée dans la mémoire des Islandais , c'est surtout , et ce, malgré l'éloignement de l'ile et la taille réduite de sa population , les problèmes de la mondialisation avec une certaine perte d'identité, l'arrivée d'immigrés, la drogue et la futilité de l'immédiateté qui domine dans ce roman.

Mieux vaut pour s'imprégner de l' ambiance d'un pays se plonger dans ses racines plus anciennes et j'ai été beaucoup plus emballée par des romans comme la Tristesse de l'Ange de Stefansson , Karitas de K M Baldusdottir et La Lettre à Helga de B Birgisson où , dans ces histoires centrées sur la vie des marins ou des paysans d'autrefois j'ai vraiment ressentie la magie de ce pays et la forte empreinte de sa culture , d'ailleurs les Islandais que l'on croise actuellement sont fiers de leurs origines : ils ont raison , c'est un très beau pays au riche passé !

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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