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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 21:47

Chantal Thomas réussit avec talent à nous conter l'histoire de deux petites filles, princesse de France et infante d'Espagne mariées dès leur plus jeune âge et transplantées chacune dans le pays de leur royal époux , futures reines toutes les deux et au destin bien singulier : petite poupée de 4 ans pour Anna Maria Victoria mais avec déjà beaucoup de maturité, adulée à son arrivée en France pour épouser Louis XV  et Louise Elisabeth, mal élevée, mal dans sa peau et qui sera d'emblée rejetée par l'entourage du futur roi d'Espagne .

Pas de mièvrerie dans ce roman, le propos de l'auteur est entrecoupé de documents et lettres de l'époque  sans que cela soit pesant mais cela met un peu de  distance vis à vis des personnages.

On s'apitoie surtout sur le sort réservé aux enfants royaux et en particulier aux filles , monnaie d'échange pour raison d'état, on se scandalise sur les moeurs de la cour, sur l'inanité des grands du royaume plus occupés à la chasse et aux fêtes qu'au bien-être  de leur peuple...


 

 

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 21:35

Vivre à Venise à l'époque de Titien et du Tintoret,  au XVIème siècle, quand la Sérenissime était une république, et enjolivait ses palais, ses scuola et ses églises des tableaux des Maitres, c'est le rêve de tout amoureux de la peinture italienne.

Et qu'imaginer de mieux qu'une spécialiste de ce fameux Tintoret pour nous faire revivre cette merveilleuse époque.

Merveilleuse , c'est  la jolie face  du tableau, celle qui trone accrochée avec faste et honneurs par quelques princes ou évéques, car l'envers du décor est tout autre.

D'abord, Venise au XVIème siècle est en compétition avec les autres villes italiennes et en guerre avec les turcs, les épidémies de peste ravagent la population impuissante et frappent indifféremment à toutes les portes .

Et puis, on rentre dans l'intimité des ateliers des artistes et ce n'est pas forcément ce que l'on imagine, le Maitre qui est entouré de ses élèves et de ses apprentis, régne souvent en despote et finalement beaucoup de toiles sont peintes à sa façon mais pas par lui ...Ce qui, ma foi, n'est pas vraiment un scoop !

Mélania G Mazzuco nous raconte donc la vie  du Tintoret, ses débuts, sa difficile ascension, et surtout son histoire intime, son amour quasi fusionnel aux relents incestueux avec sa fille illégitime, Marietta, peintre également sous le nom de la Tintoretta , ses relations tendues ou inexistantes avec ses autres enfants: ses fils sont dès leur plus jeune âge employés comme apprentis dans son atelier et ses filles partent au couvent pour absoudre les péchés de leur père et ce qui lui épargne de pourvoir à leur dot.

Sa vanité et son orgueil sont immenses il se compare à un soleil avec ses enfants planètes et se représente en Dieu .

Bref, c'est un personnage antipathique .

J'ai trouvé ce roman beaucoup trop long, la narration des relations père-fille devient vite pesante, voir agaçante et pour ceux qui veulent vraiment connaitre l'histoire de Venise et de ses peintres à cette époque , un goût de trop peu.

Une remarque aux Editions Flammarion: la représentation de l'ange en couverture est magnifique mais je n'ai pas trouvé à quelle oeuvre elle appartenait et même si elle avait été peinte par Le Tintoret ou sa fille.

Je remercie Babelio et les Editions Flammarion .

 

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 11:45

Un roman assez déroutant par la construction de son intrigue.

L'histoire débute avec la mort de Lisandra, la jeune femme de Vittorio Puig, psychiatre et psychanalyste ; celui ci va être rapidement arrêté pour le meurtre de sa femme.

Eva -Maria, une de ses patientes, persuadée de l'innocence de Vittorio décide de mener sa propre enquête pour trouver le vrai coupable.

Cette première partie met les personnages en place, on imagine rentrer dans une histoire relativement simple ...

Mais assez vite on comprend que cela se passe en Argentine dans les années qui ont suivi la dictature et que les plaies restent béantes, et là, le roman change de ton en particulier lorsque Eva-Maria écoute le témoignage de Miguel emprisonné et torturé par la junte .

Nous entrons alors dans une autre dimension où les enlèvements, les assassinats, les tortures ont marqué profondément beaucoup d'argentins et où chacun exprime sa douleur par des pleurs et des cris comme les mères de la Place de Mai, des paroles recueillies par Vittorio, des addictions à l'alcool, par la violence envers les autres et à ce moment là, les choses ne sont plus ce qu'elles semblaient être : et si Vittorio était vraiment coupable, quel homme est-il vraiment ? A qui peut-on faire confiance ...

L'histoire devient beaucoup plus forte, les certitudes s'effondrent et le suspens s'amplifie.

Puis subitement, changement de cap: l'histoire se tourne vers le vécu de Lisandra à travers les confidences qu'elle a faites à son professeur de tango, nous avons d'ailleurs une magnifique description de la jalousie.

Et tout est remis en cause à nouveau avec une nouvelle pirouette et un dénouement surprenant, que je n'ai pas franchement aimé et qui prête à discussion ...

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 18:27

J'avais lu avec grand plaisir La Tristesse des Anges et je m'attendais à un même bonheur .

Mais je n'ai pas du tout ressenti la même émotion, ce roman m'a paru beaucoup moins abouti que le suivant.

Le début de l'histoire avec l'arrivée des deux amis au campement puis le départ des hommes pour la pêche à la morue dans leurs barques traditionnelles   nous embarque également dans la nuit polaire , sur cet océan glacial  et l'émotion est vive même si, comme le souligne Liligalipette l'oubli de la vareuse semble peu crédible.

Mais ensuite j'ai eu l'impression que l'écrivain se dispersait dans une multitude d'histoires de personnages très secondaires avec des noms qui pour moi se ressemblaient tous et ont fini par m'embrouiller l'esprit et gacher ma lecture  (ou alors je vieillis mais ça ,ce n'est pas possible .)

Je n'ai pas retrouvé cette poésie particulière qui m'avait  fait aimer l'Islande ,rude pays pourtant bien loin d'apparaitre enchanteur à mes yeux de femme frileuse ...

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 17:46

On peut penser qu'avec la commémoration prochaine de la guerre 14-18 , beaucoup de livres autour de cette période vont être publiés...

Mais si ce sont des ouvrages de la valeur du roman de Pierre Lemaitre, la lassitude ne sera pas au rendez-vous.

 La première partie de l'histoire se déroule au moment de l'armistice, période de flottement pour les soldats au front: s'agit t'il seulement d'une rumeur ou va t'on vraiment en finir et rentrer chez soi ?

ET nous assistons au dernier combat, mais n'a t'il pas été truqué à la base, je n'en dirai pas plus pour ne pas déflorer l'effet de surprise du lecteur....

Les soldats Albert  Maillard et  Edouard Péricourt lient leur vie, l'un sauve l'autre de la mort et se retrouve défiguré par un éclat d'obus,dans cet ultime assaut conduit par le  fourbe Lieutenant d'Aulnay Pradelle ,

On pense également au magnifique roman La chambre des Officiers de Marc Dugain avec ses gueules cassées...

Les parties suivantes racontent les années 1919 et 1920 où ,dans une France exsangue qui pleure ses morts, les familles recherchent les dépouilles de tant de frères, de maris et de fils tués sur les champs de bataille et ensevelis à la hâte, on voit surgir des trafics ignobles autour de ces morts, imaginés par des hommes sans scrupules, les mêmes qui n'ont pas pas eu que des faits glorieux à leur actif pendant la guerre.

Bien sûr nous retrouvons nos héros Edouard et Albert et le malfaisant d'Aulnay Pradelle.

Pierre Lemaitre manie le suspense avec talent, pas de temps mort dans le récit, les personnages sont décrits avec brio , y compris les personnages secondaires comme Monsieur Péricourt , le père d'Edouard dont la carapace d'homme sévère et intolérant se fend et où on sent percer un véritable remords et un réel chagrin.

Et comment regarder sans frissonner ces monuments aux morts qui nous rappellent tous ces hommes fauchés et les survivants de ces horreurs, marqués à jamais dans leur chair et leur âme .

 

 

 

 

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 21:59

La plume suspendue au dessus de la feuille (ou plutôt le doigt errant au dessus du clavier mais c'est moins romantique!) voilà le cauchemar du pauvre critiqueur de Babelio, lorsqu'il a fini un roman d'un écrivain qu'il apprécie et dont le dernier livre n'a pas déclenché chez lui, humble lecteur, anonyme parmi les anonymes , les transes habituelles de la belle lecture, la jubilation parfois naïve de ne pas s'être trompé en achetant les yeux fermés le livre d'un bon auteur...

Même en me mentant un peu pour ne pas avouer le fond de ma pensée, j'ai été déçue.

Bien sûr, j'ai aimé l'histoire de ces petites boules que l'on retourne , Tour Eiffel ou Bambi sous la neige, cela renvoie immanquablement  à ces propres souvenirs d'enfance, l'histoire de ce village déchiré entre partisans ou non de la piste de ski," clochemerle" à la montagne, la série de photos qui se ressemblent mais ne sont jamais les mêmes avec celle qui manque comme un accroc dans le temps ,.

L'absence est  un des thèmes du roman, celle de l'être que l'on attend, celle de ceux qu'on a perdu avec comme corollaire ,l'attente .

L'absence c'est aussi celle que l'on a fait subir à ses proches avec son lot de non-dits et de ressentiments, comme une fuite, ressemblant à celle du père avec le rituel immuable du retour qu'il faut respecter ou retrouver dans sa mémoire comme ce gateau au chocolat ...

Mais que c'est lent jusqu'à l'ennui avec des phrases courtes racontant la banalité d'un quotidien morose et grisâtre comme le temps.

Bon, je me précipiterai quand-même sur le prochain roman de Claudie Gallay !

 

 

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 08:20

Comme un roman de l'ère victorienne mais si l'époque , le lieu et le fond de l'histoire correspondent à la littérature de cette époque, la forme n'a rien à voir avec le style de  Jane Austen pour ne citer que la plus connue ou Charlotte Brontë pour la similitude du contexte de son roman Jane Eyre : une jeune fille de condition modeste , gouvernante dans un manoir habité par un Lord veuf et séduisant et son jeune fils .

L'histoire est racontée sous la forme d'un journal intime qu'Emily laisse volontairement sous les yeux de Lord Askin et dans lequel elle raconte sa vie, ses échanges épistolaires avec cette soeur ainée Victoria qui  a eu le courage de quitter sa condition d'ouvrière pour partir aux Etats Unis mais aussi elle insinue des malversations des autres membres du personnel du manoir , allégations souvent mensongéres mais qui entrainent le renvoi de la personne soupçonnée.

Ce journal est souvent décousu, il est difficile de différentier la réalité des nombreuses affabulations avec par moment un dédoublement de personnalité lorsqu'elle laisse la parole à  sa soeur.

Car Emily n'est pas une héroïne agréable , elle est calculatrice, froide, et mythomane.

Aucun des personnages de ce roman n'est sympathique , en dehors de Terrence, le fils de Lord Askin mais pour lequel on ressent plutôt de la compassion pour son infirmité .

Manquent pour moi le romantisme qui fait le charme de la littérature du XIX eme siècle anglais, ainsi que l'acuité particulière de ces femmes écrivains qui avec une grande liberté et un une modernité étonnante ont décrit les moeurs de leur époque.

Il y a des terres qu'il est difficile de fouler pour un écrivain de notre siècle.

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 11:27

Imprégnée d'une forte addiction aux fims de Westerns , la lecture de ce roman dans les plaines du Far West s'est rapidement enrichie par les images et le son , manquait l'odeur, quoique ... avec Zebulon dont l'extase suprême est le bain, on peut imaginer les parfums qui flottent dans le saloon de Sally !

Tranches de vie des hommes de l'Ouest, cow-boys,  trappeurs, chasseurs de prime  ou indiens racontés par petits chapîtres et qui se rejoignent pour faire vivre un nouveau village .

Parties de poker où on perd son cheval, voleurs de chevaux ou brigand de grand chemin, c'est dans un petit livre un condensé de tout ce qu'on s'attend à rencontrer.

Les méchants , bien sûr, également présents, quoique on a vu plus retors ,resserrent les liens de la petite communauté qui se serrent les coudes pour les affronter...

Les indiens et les chinois prennent le thé ensemble, non , je plaisante !

Quelques minois féminins , parité oblige, une petite chinoise, une indienne chamane, une contrebassiste et des putes bien sûr ...

Les paysages ne sont pas non plus oubliés et l'on aimerait accompagner Brad lorsqu'il trouve sa clairière , la Nature dans toute sa splendeur .


Céline Minard a une jolie plume, vive , elle apporte dans le paysage des écrivains français une touche originale, non nombriliste ni vulgaire.

Un plaisir de lecture avec pour moi un petit bémol qui ne fait pas de ce livre un coup de coeur, une intrigue un peu mince comme le livre , mais quand on veut que ça dure plus longtemps, c'est qu'on aime ...


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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 11:28

Une histoire émouvante de disparition d'une jeune fille Sarah, partie dans le Grand Nord et qui n'est jamais rentrée.

Désarroi des parents qui luttent chacun de leur façon, le père pudiquement, presque secrétement contrairement à la mère qui déploie toute son energie à la recherche de sa fille , attente qui devient obsessionnelle mais comment lui reprocher ce qui devient le seul but de son existence.

Et à coté d'eux , Lisa, la fille cadette dont la vie de petite fille puis d'adolescente est volée par l' absence de l'ainée. Elle n'a qu'une existence en négatif, transparente dans le coeur de ses parents .

En paralléle, nous suivons Lisa au Groenland, lorsqu' elle part sur les traces de sa soeur au moment où il faut bien la déclarer morte au bout de 28 ans comme un dernier espoir, une tentative ultime pour comprendre ce qui a pu arriver à Sarah la musicienne, anéantie par la mort de Diane, l'amie de coeur.

Et la vision du Groenland est bien différente de celle du prospectus que Lisa rapporte chez elle avant son départ.

Le regard sur la fonte trop prématurée de la glace, sur les pécheurs qui reviennent bredouille , qui se blessent , qui se suicident qui battent femmes et enfants et qui tuent leurs chiens devenus des bouches inutiles à nourrir .

La merde qui souille les paysages que l'ont voudraient immaculés et l'odeur des ordures lorsque le printemps arrive trop vite , constat amer d'un monde dont les changements liés à l'homme lui échappent comme une machine folle que l'on ne plus arrêter .

 

LE PARADIS BLANC  EST LOIN !

 

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 15:58

Un livre très déroutant pour moi, mais la curiosité l'a emporté !

D'abord ce Manuel de survie à l'usage des Incapables n'a rien à voir avec les différents Manuels de survie que l'on peut connaitre.

En l'occurrence , l'incapable aurait été plutôt moi, incapable d'apprécier sans doute ce livre à sa juste valeur si on lit les critiques déjà publiées.

Trop cynique, trop futuriste à mon goût...

Histoire donc, dans un futur proche, ressemblant fort à notre présent avec l'omniprésence des Hyper-marchés, on note tout de même une certaine obsession vis à vis d'une certaine chaine suédoise, peut-être que l'auteur s'est retrouvé comme beaucoup devant des vis qui ne vont nulle part et un mode d'emploi incompréhensible !

Une socièté de consommation déshumanisée , mais en sommes nous si loin ?

Jean-Jean, le héros est agent de sécurité, et son travail consistant à pieger les employés du magasin n'est pas très glorieux mais cela va lui attirer la haine d'une meute de loups , enfants de Martine Laverdure qui a laissé sa vie lors d'un controle qui a plutôt mal tourné 

Les humains ne sont plus complétement humains , certains ont subi des modifications de leur ADN , comme Blanc, Gris, Brun et Noir , les loups , Marianne, la femme de Jean-Jean qui a des gènes de Mamba Vert et Blanche de Castille upgradée en loutre ...

Un humour distillé au fil des pages , et même si je n'ai pas trop aimé le "le fond", c'est une lecture accrocheuse , ce qui est une qualité pas toujours évidente: toucher un lecteur à priori peu receptif !

Beaucoup de références : économiques, littéraires , philosophiques assez étonnantes  dans ce roman audacieux  et foncierement sombre malgrè l'humour distillé au fil des événements...

Je remercie Babelio et les Editions Au diable Vauvert  pour m'avoir fait découvrir un écrivain hors du commun !




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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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