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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 10:14
La chambre d'ami de James Lasdun

James Lasdun, écrivain d'origine britannique  et vivant aux Etats Unis a un certain talent pour les descriptions minutieuses , son écriture est élégante et précise .

Dommage qu'avec cette perception si fine de l'auteur , le cadre du roman: une villa luxueuse dans la région montagneuse des Catskills , les personnages principaux: Charlie et Chloé le couple qui reçoit Matthew, le cousin de Charlie et l'histoire elle-même , n'arrivent pas à susciter l'enthousiasme du lecteur .

Il m'a fallu attendre la bonne deuxième moitié du roman  pour trouver une action plus palpitante  que de savoir ce que Matthew allait acheter pour le prochain repas, ou si Charlie allait jouer plutôt au tennis qu'aller à New-York et si Chloé choisissait piscine ou yoga ...

Le personnage de Matthew sort à ce moment là de son insignifiance et le lecteur de la léthargie ou de l'indifférence dans lesquels l'avait plongé jusqu'à présent sa lecture mais l'espèce d'engourdissement ou d'indifférence de Matthew reprend rapidement le dessus, je n'ai pas réussi à cerner l'individu, comme s'il était détaché de sa vie réelle   !  On sentait pourtant les frémissements de quelque chose de plus profond dans ce personnage alors que  Charlie , adolescent ,  avait passé quelques années hébergé dans la famille de Matthew jusqu'à la faillite du père de Matthew, une situation qui a généré des conflits restés latents ...

Donc , je ne suis pas arrivée à des sommets d'enthousiasme .

Très surprise du décalage entre la quatrième de couverture , dithyrambique en particulier dans les comparaisons avec des écrivains qui savent faire vibrer leur public, chacun jugera de la pertinence de ces allégations ... 

Je remercie Masse Critique et les Editions Sonatine .

Je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager un petit moment représentatif du roman : 

"Il y a quarante cinq millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté dans ce pays , dit Charlie en se resservant de l'esturgeon fumé qu'il avait rapporté de New-York  ..."

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 18:50
Daddy Love de Joyce Carol Oates

JC Oates est un écrivain prolifique ... et mon curseur a une fâcheuse tendance depuis quelques livres à pencher vers le négatif,  ce roman n'y échappe pas .

Robbie, 5 ans ,  est enlevé sur le parking d'une grande surface , sa mère est accidentée en voulant arrêter la voiture du ravisseur . Ce premier chapitre est répété presque mot pour mot au second , et une tentative au troisième chapitre m'a fait douter de la bonne santé mentale de l'écrivain .

Bien entendu, ce roman qui traite de la pédophilie ne peut laisser indifférent, l'auteur montre bien les failles de cette société américaine puritaine , au visage liftée et aux entrailles pourries .

La description de la perversité du prédateur sexuel met mal à l'aise bien sûr mais la façon de traiter l'histoire de cet enfant en particulier en sautant 6 années de captivité est dérangeante .

J'espère que mes prochaines lectures de J.C Oates me réconcilieront avec elle !

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 10:26
L'autoroute de Luc Lang

Il ne faut pas se fier aux peu de pages du livre, car la lecture prend du temps tant les phrases sont longues , voir par moments un peu indigestes ...

Dans une petite bourgade du Nord Pas de Calais, Frédéric attend dans un café le train qui doit le mener sur son prochain lieu de travail, il est conducteur occasionnel d'engins agricoles ,mais le train se fait attendre , et lorsque Thérèse et son mari Albert qui se sont installés à sa table lui proposent de venir dormir chez eux, à sa grande surprise, lui qui est plutôt taciturne et solitaire , il accepte et les suit dans la propriété dont a hérité Thérèse , dont le parc donne sur l'autoroute. 

Des personnages pour le moins atypiques, pas vraiment attachants, dont on apprend le passé  par bribes surtout celui de Thérèse, que l'on devine agité et a t'elle vraiment coupé les ponts avec sa vie d'avant . la narration logorrhéique ressemble à son débit verbal ...

Entre bouteilles vidées , nuits agitées et la musique dans la tête ,  le travail dans les champs de betteraves est dur . 

Les rêves des uns et des autres sont bien éloignés de la  réalité de cette vie lugubre comme ces grandes étendues de champs de betteraves : plats et monotones , comme le serpent de l'autoroute dont le bruit de fond remplit le silence .

N'y a t'il pas justement autre chose, une échappatoire à chacun pour effacer la grisaille , on le découvre enfin sans que cela m'ait vraiment convaincue ...

A chacun de juger !

 

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 15:30
Galvestone de Nic Pizzolato

A quoi ça tient le choix d'un livre ? De rumeurs fondées sur le tournage du prochain film de Mélanie Laurent et la curiosité de découvrir un roman qui a eu un certain succès puisqu'il a obtenu le prix du premier roman étranger en 2011.

Nouvelle Orléans, 1987 , Roy Cody, un gangster surnommé Big Country apprend qu'il a un cancer du poumons et que ses jours sont comptés ... Le même jour ,envoyé par son boss régler un différent , il tombe dans une embuscade et ne doit sa survie qu'à la chance des ivrognes .

Commence alors une cavale, accompagnée de Rocky, une jeune prostituée, elle aussi rescapée de la fusillade et que Roy embarque dans son pick up .

Un duo mal assorti de cabossés de la vie comme on en rencontre tant dans la littérature américaine, il faut du talent pour arriver à captiver son lecteur, l'histoire a du corps, les deux héros, toujours sur la corde raide sont attachants et Nic Pizzolato surprend .

Un excellent roman, dont je guetterai l'adaptation cinématographique !

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 14:53
Concerto pour quatre mains de Paul Colize

Après Back up qui se passait dans le monde du Rock and Roll avec ses idoles et ses excès , je me demandais si Paul Colize nous entrainait cette fois-ci dans l'univers plus feutré ( pour le néophyte ) de la musique classique .

Certes, de piano il est bien question mais plutôt en sourdine car c'est avant tout un roman sur les gangsters ,  pas les petits voyous à deux balles , non les grands, ceux qui organisent les casses dont on fait des films avec Jean-Paul Belmondo, à la belle époque du cinéma français , et oui j'ai une nostalgie certaine pour les films de José Giovanni , Georges Lautner ou  Michel Audiard ...

Des gangsters avec un code d'honneur : celui de ne pas faire couler le sang : élégance et style en parfaits gentlemen ! et le style de Paul Colize est efficace, on est au coeur de l'action , son coeur penchant à la fois du côté du bandit Franck Jammet, dont on suit la carrière et celui de l'avocat Jean Villemont qui ne se contente pas des faits qui accusent le jeune  voyou Akim .

L'histoire n'est pas aussi simpliste que l'on pourrait l'imaginer et la chute peut en surprendre plus d'un !

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 15:31
Hiver rouge de Dan Smith

Hiver rouge 

On pourrait établir des listes de pays ou de périodes de l'Histoire où il vaut mieux ne pas être , elle peut être assez longue et : c'est  le cas pour le cadre de ce roman de Dan Smith où on se félicite de ne pas avoir connu la période juste après le début de la révolution soviétique en particulier dans les campagnes reculées , où non seulement sévissaient de longues périodes de famine plus ou moins programmées mais qui étaient aussi le théâtre macabre de combats, de règlements de comptes et de raids sauvages .

Nikolaï Levisky , a cru que , parce que il avait déserté avec son frère  et n était plus redevenu que Kola, la vie allait pouvoir changer et qu'il pourrait enfin rejoindre sa femme et ses fils dans leur village.

Mais on ne se débarrasse pas aussi facilement de son passé de combattant , des souvenirs des actes barbares dont il a été l'instigateur et le bras armé  d'autant plus qu'il est lui-même poursuivi par ses anciens compagnons et qu'il va découvrir , alors qu'il ne ramène que le corps sans vie de son frère, que son village a été vidé de ces occupants et que sa famille a été enlevée.

Commence alors une longue quête où il ne peut faire confiance à personne et où il doit en permanence surveiller ses arrières tout en tentant de devancer ceux que lui même poursuit  , mais aussi où l'on fait un bout de route avec d'autres compagnons d'infortune qui , malgré toute la noirceur environnante peuvent devenir des êtres chers  .

Un thriller qui ne laisse aucun répit, passionnant malgré les visions d'horreur et nous, pauvres lecteurs bien au chaud , on essaie de s'y retrouver entre l'armée rouge, blanche , bleue ou verte et les tchékistes , un festival de noms colorés qui n'a rien de l'image d'un paisible arc en ciel , on tremble , on frémit ... quel livre !

 

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 09:26
Le gang des rêves de Luca Di Fulvio

"L'Amérique, l'Amérique, je veux l'avoir et je l'aurai 
L'Amérique, l'Amérique, si c'est un rêve, je le saurai 
Tous les sifflets des trains, toutes les sirènes des bateaux 
M'ont chanté cent fois la chanson de l'Eldorado 
De l'Amérique "

Joe Dassin nous a quittés depuis bien longtemps et l'Amérique de 2017 ne nous fait plus rêver ...

1909 : Cetta Luminata , jeune italienne de 15 ans s'est promis de quitter sa campagne misérable et de faire de son fils, Natale , enfant né d'un viol , un vrai américain .

Mais le chemin  d'une jeune femme accompagnée d'un petit enfant sans famille sur place la conduit d'Elis Island directement à une maison de passe ...

Première partie bien sombre de ce roman.

Nous retrouvons quelques années plus tard , Natale baptisé Chritmas par un agent de l'immigration , trainant dans les rues de New-York avec son copain Silvio.

Et c'est là que la puissance narratrice de Luca Di Fulvio prend véritablement son essor car ce qui n'aurait pu être que le énième récit d'un gosse livré à lui-même et plongeant dans la violence et la délinquance devient peu à peu lumineux comme le nom de ces émigrés italiens , Luminata car si effectivement Christmas crée sa bande, les Diamonds dogs , c'est plus par défi que par conviction .

Aimé et choyé par sa mère même si la vie de Cetta n'est pas vraiment rose, surveillé d'un coin de l'oeil par Sal, le compagnon de Cetta, gangster au grand coeur , Christmas est différent des autres gamins de Manhattan . Lorsqu'il sauve une toute jeune fille Ruth , violemment agressée, fille d'un riche commerçant juif , c'est le début d'une attirance réciproque malgré tous les obstacles que l'on peut facilement imaginer ...

Prostitution, drogue, violence , contrebande et racket dans ces années de prohibition , le paysage est peu engageant pour se construire un avenir souriant, seulement Christmas a des idées bien précises, une capacité incroyable à raconter des histoires et une curiosité à toute épreuve dans un monde en plein mouvement fait de découvertes et d'avancées technologiques .

Brillant roman , sans mièvrerie et qui mérite amplement d'être plus connu et bien sûr, lu , que dis-je, dévoré !

Merci à Kittiwake et isabelleipure dont les critiques enthousiastes m'ont fait découvrir cette pépite .
 

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 18:46
Profanes de Jeanne Benameur

Avec une grande délicatesse Jeanne Benameur aborde ce qui semble d'abord être le thème de la vieillesse et la proximité de la mort mais qui n'est que le paravent de la recherche de la résilience et la préparation de l'âme avant le trépas comme une ultime toilette face à la culpabilité qu'Octave Lassalle a trainé de longues années pour ne pas avoir sauvé sa fille , lui le grand chirurgien .

Il organise cette dernière étape avec une parfaite maitrise , celle qu'il avait sans doute en entrant dans le bloc opératoire , en recrutant quatre personnes , chacune étant chargée d'une tache bien précise.

Mais arrive t'on toujours à tout calculer , l'affect prend souvent le pas sur ce qui était si soigneusement organisé.

Chaque chapitre donne la parole à un des personnages et on suit avec attention l'évolution mentale de chacun car l'arrivée dans cette grande maison avec ses souvenirs et ses douleurs ravive les blessures , celles qui sont enfouies plus ou moins profondément .

Ponctuée d'Haïkus qu'Octave offre à chacun des quatre , de balades dans le parc , c'est un roman plein de sensibilité , en touches délicates comme on imagine les peintures d'Hélène .

Belle lecture !

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 09:45
La bienfaitrice d'Elisabeth Von Arnim

Il est des écrivains qui restent injustement dans l'ombre de certaines grandes plumes , en particulier féminines, de la littérature britannique du début du vingtième siècle  ainsi en est-il d'Elisabeth Von Arnim .

Oubli réparé grace à ce  roman avec un joli portrait d'une jeune femme , Anna Escourt qui, pour cause de célibat volontairement prolongé vit toujours sous le toit de son frère et surtout de sa belle-soeur, la détestable Susie .

Un oncle, séduit par les qualités  d'Anna lui lègue une propriété perdue dans la campagne allemande et une rente qui lui permet d'acquérir une certaine indépendance .

Anna a un grand coeur et des idées charitables bien utopistes lorsqu'elle décide d'accueillir dans sa nouvelle demeure douze femmes d'un milieu honorable  qui n'ont pas eu sa chance pour leur faire connaitre le bonheur et en faire des amies, voire des soeurs.

Choix délicats et la première arrivée de quatre femmes va s'avérer bien différente de ce qu'avait rêver Anna ;

L'émancipation de la jeune femme est fort éloignée des moeurs en cours à cette époque et la pauvre Anna va vite déchanter , heureusement son voisin veille sur elle ( c'est pas un peu macho quand-même ? )

Jolie découverte de cette femme à la plume élégante qui peut se comparer sans rougir à Jane Austen ou aux soeurs Bronté !

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 21:44
Sous la vague d'Anna Piercin

Le tsunami au Japon en 2013 fait frémir les feuilles de  vigne de la propriété de Bertrand Berger-Laffite, un domaine charentais de Cognac qui, depuis le grand-père a un marché privilégié au Japon.

Drôle de roman, où les rêves arrivent à grignoter la vie de Bertrand arrivé à un tournant vital , essentiel de son entreprise, peu à peu phagocytée par un gros actionnaire et qui perd petit à petit son influence de décideur .

La voie que prend Bertrand n'est pas choisi consciemment par lui, c'est une déconnexion des réalités où des événements totalement indépendants de sa vie professionnelle deviennent essentiels et passent au premier plan de ses préoccupations , le jeune chevreuil blessé par la voiture, la corneille bloquée dans le tuyau de la cheminée ou le chaton coincé dans le moteur de la Mercédes   ...

C'est sans doute lui échappatoire salutaire pour lui  : se rapprocher de la nature, se détacher de toute contingence mercantile et ne pas hurler avec les loups .

Belle galerie de personnages secondaires en commençant par Eddy, le mystérieux chauffeur.

J'ai bien aimé cette vision décalée , cet anti-héros, totalement  à coté de ce que l'on attend de lui , ce n'est ni responsable ni ce qu'on attend de lui, cela peut apparaitre contre-productif mais  qu'importe, on peut rêver un peu, non ? 

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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