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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 21:59

C'est très rare que je relise aussi  vite un livre, mais j'ai eu la sensation d'être passée à coté de quelquechose lors de ma première lecture et j'ai voulu en avoir le coeur net.

Le récit de Scout qui se déroule pendant 3 années de son enfance est écrit de façon astucieuse, c'est un récit d'enfant mais sans la miévrerie agaçante  qui est souvent de mise, il alterne subtilement les mots de l'enfant et celle de la femme qu'elle est devenue.

L'histoire se déroule dans une petite ville de l'Alabama dans les années 30 et commence de façon assez anodine comme les souvenirs habituels d'enfant mais on sent rapidement qu'il s'agit d'une famille peu ordinaire avec la personnalité du père ,Atticus, avocat qui éléve ses deux rejetons dans un esprit de tolérance et de justice qui tranche avec les moeurs et les idées des petites localités américaines de cette époque où les noirs habitent toujours hors des villes et  sont considérés comme des êtres inférieurs .

Habilement, le récit se transforme comme change Jem le frère ainé de Scout qui ne partage plus les jeux de l'enfance et nous sommes plongés dans le procés d'un homme noir défendu par Atticus.

Les événements autour de ce procés transformeront l'insouciance de l'enfance à l'éveil à une réalité où la violence cotoie aussi la générosité et les rencontres inattendues.

En fait, ce livre paru en 1960  et qui a eu dès sa parution un énorme succés est devenu un livre culte mais à mon avis, si sa lecture est captivante, il semble à notre époque un peu dépassé car de nombreux ouvrages sont parus depuis sur le même sujet et souvent de façon plus frappante.

Il reste par contre particulierement subtil et attachant et on peut regretter que cela soit le seul roman de cet écrivain (j'ai découvert par la même occasion qu'il s'agissait d'une femme ) je ne regrette pas du tout de l'avoir relu et découvert un petit bijou.

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 21:19

Jacques Coeur, ce nom m'a d'emblée plongé dans le souvenir de mon livre d'histoire de primaire, il y a un temps certain ...

Jean -Christophe Rufin nous fait découvrir ou redécouvrir cet homme hors du commun dans une époque si troublée du Moyen -Age où le Roi de Bourges ,Charles VII, avait retrouvé le chemin de la royauté grace à Jeanne d' Arc.

Epopée passionnante magnifiquement contée sous la forme d'une autobiographie romancée de ce bourgeois qui connut la fortune, gagna l'estime du roi  et l 'amitié ambigüe d'Agnés Sorel.

Comme pour toute époque régnent l'envie, la cupidité , la trahison, mais c'est également une période de découverte d'autres civilisations , de voyages périlleux, d'expériences osées.

J 'ai préféré cependant la première partie du roman, celle des jeunes années où Jacques Coeur cherche sa voie , les autres parties m'ont paru parfois un peu longues, le personnage principal n'étant pas particulierement attachant.

Le portrait de ce roi à l'allure chétive et au caractère faible et versatile ainsi et surtout l'apparition presque féerique d'Agnés Sorel , première maitresse officielle d'un roi complétent cette galerie de personnages et l'on se dit que finalement les hommes malgrè les siécles ont peu changé.

Un très bon roman pour ceux qui aiment l'histoire.

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 17:50

J'avais découvert Lyonel Trouillot , cet écrivain haïtien, en lisant  Yanvalou pour Charlie.

Ce roman est assez différent, avec toujours le même talent .

Nous ne sommes plus dans les bidonvilles de Port au Prince mais nous découvrons comme Anaise un endroit paradisiaque d'Haïti : L'Anse à foleurs, un village perdu où la jeune fille vient à la recherche de souvenirs de l'enfance de son père qu'elle a a peu connu.

De son père il sera peu question mais son chauffeur, le volubile Thomas va lui faire découvrir dans un long monologue une autre histoire, celle de son Grand-père Robert Montes , un homme d'affaires qui a péri dans l'incendie de sa villa .

Conte plus que roman où la cupidité , la méchanceté et la bétise ne font pas le poids face à la candeur ,le naturel et la gentillesse des habitants ,où les touristes passent à cotê de l'essentiel ,le bonheur simple mais où la question :quel usage faire de sa présence au monde? est omniprésente.

Envoutement des mots si bien mis en musique par l'auteur et de ce pays qu'il décrit avec amour , ce livre est un havre de bonheur.

 

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 17:07

Peut-on dire j'ai aimé et j'ai pas aimé à la fois ?

mon avis sur ce policier est mitigé ...

J'ai aimé l'écriture de Craig Johnson, sa façon de décrire et de nous présenter les nombreux personnages ,en particulier le Shérif Walt Longmire .

j'ai aimé ses descriptions des paysages montagneux du Wyoming, le blizzard et la neige.

J'ai aimé les relations complexes et ambigues entre les indiens et les autres, souvent faites d'amitié mais avec une once de méfiance restant ancrée chez les indiens et on comprend pourquoi !

j'ai aimé les Cheyennes de la Compagnie des Morts .

j'ai aimé le dénouement tout à fait inattendu de l'intrigue .

C'est déjà beaucoup ...

Ce que j'ai moins aimé: le nombre de personnages, je me suis parfois un peu perdu dans les noms  et surtout la lenteur de l'action.

Enfin en y regardant à la fin de cette critique, la balance penche quand-même nettement du cotê positif donc comme souvent les choses sont plus claires en les écrivant ...

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 12:36

Histoires d'amour arrivées au crépuscule de la vie , vous nous faites chavirer dans un monde nostalgique!

Elsa revient chez elle, elle est au stade terminal et veut passer sa fin de vie  dans les lieux et avec les personnes qu'elle aime, Martti, son mari, Ella , sa fille et  Anna et Maria ses petites filles.

Un peu caricatural, me direz-vous, mais dans cette partie du roman qui se passe à l'époque actuelle, on devine rapidement les fissures, celle du temps qui passe avec les regrets de l'enfance, de la relation qu'a la mère avec ses petits quand tout semble fort et que la main de la fillette qui se brule en faisant les gateaux avec sa maman fait entrevoir déjà que l'on ne peut protéger ses rejetons du mal et de la douleur.

Cette partie du roman montre également la notion de perte de la reconnaissance sociale quand on vieillit, c'est tout un tas de détails racontés par petites touches , étonnantes de justesse et de sensiblité pour une jeune auteure.

La découverte d'une robe oubliée dans une armoire introduit le récit se déroulant dans les années soixante ,une histoire d'amour entre Martti et Eeva, amour au delà de la raison.

Les liens communs se sont bien sûr, les mêmes personnages que l'on retrouve quelques années plus tôt, plus jeunes bien entendu mais très différents de ceux que l'on a cru connaitre.

C'est aussi les relations entre une jeune femme et la fillette ,comme elle est nommée ,qui n'est pas sa fille et dont elle doit faire le deuil lorsque la relation amoureuse avec l'homme finit, dommage collatéral qui a son paralléle avec l'histoire actuelle d'Anna et qui peut être plus douloureuse que la perte de l'amant.

C'est joliment raconté, tendre, on aimerait aussi aller dans le sauna se raconter des confidences ...

Reste quelques petites choses qui m'ont agacé, la répétition de "elle ne le sait pas encore mais ..."et le mutisme sur ce qui se passe entre les deux périodes, la façon dont le couple se reconstruit, dont la fillette appréhende la séparation avec la jeune femme,comme si tout ce pan de vie était comme le portrait inachevé d'Eeva caché sous la toile représentant Anna peinte par son grand-père , un des messages émouvants de ce roman.

 

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 12:37

Conquise par la lecture du roman" le chagrin et la grace " de William Lamb, La  puissance des vaincus, paru auparavant , me faisait de l'oeil depuis un certain temps sur les rayons de ma bibliothèque de campagne, mais je me doutais bien que ce gros pavé, plus de 650 pages n'allait pas être une ballade tranquille mais plutôt une randonnée difficile avec le besoin de faire des pauses pour reprendre un peu son souffle, mais quelle récompense en arrivant au sommet!

L'histoire est racontée par Dominick dans une petite ville du Connecticut à l'époque de l'opération"Bouclier du désert" en 1990 .

Dominick a un frère jumeau, Thomas qui s'ampute la main , persuadé qu'il est investi d'une mission pour arréter les opérations militaires.

Suite à cet acte,Thomas,  schizophréne régulierement interné ,  se retrouve dans un quartier de haute surveillance.

Continue pour Dominick la lutte  pour sortir son frére,cette moitié de lui-même , de cet enfer et le protéger comme il le fait depuis l'enfance et comme il l'a promis à sa mère.

Dans son combat  aidé et poussé par une femme psychiatre, Dominick devra retrouver en lui les prémices de la maladie de son frère, revivre son enfance d'enfants illégitimes, adoptés par un homme violent qui les bat et bat leur mère, se plonger dans l'histoire invraisemblable du Grand-pére sicilien , homme arrogant et sans scrupules qui a émigré aux Etats Unis , rechercher ses origines malgré les à- priori et reconnaitre sa responsabilité dans le mal-être de son jumeau.

Il devra lui aussi apprendre à vivre avec la perte de ce double, admettre son cotê obscur et enfoui dans ses souvenirs.

Les personnages qui gravitent autour de la fratrie sont pour la plupart également des êtres complexes et déroutants.

Le livre a quelques longueurs et quelques pesanteurs, la partie de l'histoire du grand-père , écrite en italiques, distillée au cours des pérégrinations mentales de Dominick fait rebondir l'intrigue de façon interessante et la révélation finale de la paternité est tout à fait inattendue .

Seul l'épilogue m'a paru un peu "Happy End " par rapport à l'ensemble de l'atmosphère du livre;

Donc, un livre qui n'est pas de tout repos mais que j'ai beaucoup aimé.

 

 

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 11:51

Les chutes du Niagara sont d'abord un haut lieu de tourisme,avec la particularité d'avoir été une destination de voyage de noces dans les années 1950.

C'est dans ce contexte que débute le roman de J C Oates.

Si ces chutes sont une merveille de la nature, elles ont aussi un effet envoutant, source de légendes, d'exploits et de suicides.

D'emblée, l'ambiance est donnée avec la disparition du mari d'Ariah quelques heures après leur mariage;

Cette jeune femme qui erre à la recherche du corps de son époux , sera rapidement à l'origine de la légende de la Veuve Blanche ,elle trouvera au travers de cette épreuve consolation et amour auprès de Dirk Burnaby.

Mariage, enfants suivront , fondant une famille apparemment unie mais peu à peu , le caractère marginal, angoissé et possessif d'Ariah, elle se sent damnée ,crée un cocon étouffant , tel une toile d'araignée dans laquelle elle emprisonne son mari et ses enfants.

Les chutes ce sont également tout un tissu industriel chimique autour des villes de Niagara Falls , et cela améne le tournant du roman où Dirk, avocat écologiste précurseur prend fait et cause pour une petite association de riverains subissant directement les effets néfastes d'une industrie polluante et de pratiques lucratives mais douteuses.

Bien sûr seul contre de tels intérêts, il y perdra son procès, sa fortune mais également sa famille et disparaitra dans des circonstances tragiques.

La dernière partie du roman s'interesse à chacun des trois enfants du couple, à leur façon de se sortir du carcan familial au moment de leur passage à la vie adulte.

Joyce Carol Oates n'essaie pas de nous rendre ces personnages sympathiques, l'étude fine et poussée de la psychologie humaine est admirable, elle a l'art de nous faire apercevoir la profondeur de l'âme de chacun , l'écriture est ciselée, le passage d'un personnage à l'autre recrée l'intérêt et évite l'ennui et les longueurs.

J'ai été subjuguée par le style arrivant même à sentir les embruns des Chutes dans lesquelles je me suis laissée emporter au delà du point de non retour...

 

 

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 13:11

A force d'avancer à reculons dans l'ordre chronologique des romans d'Arnaldur Indridason, le personnage d' Erlendur devient plus familier ...

Et finalement, il vaut mieux commencer ce genre de "série" par le début, au moins on s'habitue peu à peu aux personnages, ils deviennent au fur et à mesure moins enigmatiques.

De là à les trouver sympathiques il y a pour moi un grand pas mais je ne vais pas bouder mon envie de lectures de vacances avec une bibliothèque de campagne limitée...

Dans ce tome , certaines situations ou descriptions s'avérent un peu plus droles (enfin on n'éclate pas de rire quand-même !) que les autres romans  et le début d'histoire est inhabituel avec l'assassinat du Père Noël en posture plutôt scabreuse , ensuite plus que l'intrigue ce sont les relations d'Erlendur avec sa fille et le drame vécu pendant son enfance qui prennent le dessus de l'intérêt du livre ....

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 12:15

Que l'on soit femme de marin ou femme de capitaine, la vie des épouses est rythmée par l'attente du retour.

Mettre au monde les enfants, les porter si souvent en terre encore nourrissons ou déjà grands, ces événements ,elles les assument la plus part du temps seules sans leur mari .

Le Retour est ,autour de la vie du navigateur James Cook, l'histoire romancée de sa femme Elisabeth, femme au tempérament volontaire mais fragile, marquée au plus profond de son être par le décès accidentel de sa fille, et par la mort prématurée de ses fils.

Elle a cru en la promesse de son époux de rester définitivement à terre après son deuxième voyage mais James, entouré d'honneur , couvert de gloire et célébré comme un héros repartira pour un voyage dont il ne rentrera pas.

    Elisabeth n'aura alors de cesse de chercher à comprendre ce qui s'est réellement passé lors de l'echauffourée ayant entraîné la mort de son époux, et de ce qui s'en suivit,elle découvrira aussi la sombre face, violente et cruelle du capitaine adulé mais redouté, souvent injuste envers ses marins et les indigènes.

A travers la vie quotidienne d'Elisabeth et la narration des voyages de James, le souci du navigateur de la santé de ses marins en particulier son combat contre le scorbut,la recherche de nouveaux passages, la présence à bord de scientifiques et de botanistes, la découverte de peuplades aux moeurs parfois déroutants, l 'évolution de la cartographie, c'est une chronique agréablement écrite de cette époque de la fin du XVIII ème siècle.

Seule l'amitié ambigue d'Elisabeth et de Palliser apparait peu crédible et sans véritable intérêt , il y a peu de longueurs et le récit est écrit de façon simple sans s'apesantir sur les états d'âme des personnages.

Bonne lecture.

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 12:35

Lire un roman de Stephan Zweig c'est un remède puissant à la morosité et à la médiocrité.

Savoir le savourer,

ne pas le dévorer trop vite,

laisser quelques pages en suspens pour laisser le temps s'écouler en vagues grandioses.

Et puis c'est aussi chercher comme dans un film de Hitchcock, l'apparition magique, celle du maitre comme un clin d'oeil à la caméra, celle de la profondeur de l'âme jusqu'à s'y perdre et se noyer.

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