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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 10:54
Le héron de Guernica d'Antoine Choplin

Avril 1937, Benito vient poser sa toile dans les marais proches de Guernica pour peindre le héron qui se pose chaque jour non loin de lui. Comment représenter une image vivante de l'oiseau et non un être inanimé. C'est sûr , cette fois ce sera le plus beau de ses tableaux puisqu'il l'a promis à Celestina ...

Le bruit des avions et des bombes vient soudain troubler la quiétude du peintre et lorsqu'il revient précipitamment vers sa ville, ce ne sont que ruines et chaos , survivants errant parmi les décombres à la recherche de leurs proches .

Comment oser montrer ce héron à l'aile brisé au grand Maitre Picasso qui dévoile son chef d'oeuvre, Guernica, à l'exposition coloniale de Paris quelques mois plus tard ?

Antoine Choplin nous interroge sur la création artistique, celle d'un peintre reconnu, encensé mais qui n'a pas été le témoin direct de la tragédie et de ce jeune homme qui le jour du bombardement a tout perdu mais s'accroche à son héron, devenu le bien le plus cher à son coeur .

Qu'attendait-il de sa rencontre avec Picasso ? un témoignage direct mais cela semble presque dérisoire ; chaque lecteur reste libre de l'interprétation de la non rencontre et en tout cas pour moi ce livre est d'autant plus chargé d'émotion que je suis passée il y a peu à Guernica , petite ville redevenue paisible .

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 16:23
La vie des elfes de Muriel Barbery

Avec un tel titre: La vie des elfes, je ne peux pas arguer du fait que je ne m'attendais pas au contenu , mais pour ma défense je dirais que dans L'élégance du hérisson, est-il question de la vie au grand air du charmant compagnon de nos campagnes ?

Et c'est vrai que la mise en place de l'intrigue avec la découverte du cadre de vie simple et champêtre de Maria dans un petit village bourguignon et de Clara dans les Abruzzes ne m'a pas mis la puce à l'oreille, naïve que je suis ... mais j'ai bien vite déchanté car je n'aime pas du tout le roman fantastique, j'ai tout de même persisté jusqu'à la fin de l'ouvrage qui n'est par ailleurs que le premier tome .

Quelle idée bizarre de changer totalement de registre pour s'engouffrer dans un genre qui ne manque pas d'auteurs !

L'écriture de Muriel Barbery est très savante, voire assez souvent alambiquée ce qui rend la lecture parfois laborieuse d'autant plus quand le sujet ne passionne pas .

Autant vous dire que je lirai pas la suite et que je m'y reprendrai à deux fois en regardant les titres d'un roman ...

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 16:56
Les apparences de Gillian Flynn

J'ai laissé un peu de temps pour me lancer dans un nouvel ouvrage de Gillian Flynn, le précédent lu, Sur ma peau , m'ayant laissé un peu KO ...

L'ambiance dans celui ci est toute autre: plus haletante sans le sentiment de malaise qui m'avait précédemment gêné .

L'intrigue est plus finement menée , mais tout aussi diabolique et la double avancée dans l'histoire avec les pensées de Nick le mari ,au jour le jour au moment du drame et le journal d'Amy commencé au moment de la rencontre avec Nick , dédouble le ressenti du lecteur, l'entrainant dans une frénésie machiavélique qui oblige à poursuivre sa lecture .

Il y a d'une part l'angoisse que l'on ressent sur le sort d'Amy, l'interrogation permanente sur la culpabilité du mari, homme sympathique malgré ses faiblesses .

D'autre part, l'analyse de l'évolution d'un couple et de sa relation amoureuse à travers le journal d'Amy est poussée à son paroxysme : la dérive après quelques années de bonheur quand les ressentiments prennent le dessus jusqu'à la haine.

Très beau roman sur la manipulation des êtres qui fait froid dans le dos.

Il me tarde de voir l'adaptation au cinéma ...

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 21:02
Clair-obscur dans la vallée de la lune

Clair-obscur : mélange et opposition de la lumière et de l'ombre dans un tableau, comme ceux que peint ce peintre agé croisé dans la vallée de la lune par nos héros, Joan, la touriste américaine et José, son guide chilien.

L'ombre, c'est d'abord dans cette histoire magnifique , tout le lourd passé, évoqué à rebours, de ces hommes et ces femmes du Chili, torturés pendant la dictature sous Pinochet et qui en gardent des séquelles physiques et mentales transformant à jamais leur vie;

C'est aussi l'histoire tragique plus personnelle de Joan qui tente de retrouver un sens à son existence dans des paysages grandioses .

La lumière, malgré tout vient éclairer ces destins brisés: un vol de flamands roses, l' arrestation après la longue traque du tortionnaire, une main tendue et qui caresse les cicatrices,un enfant qui nait...

Emotions bien transmises par le scénario maitrisé adroitement par Didier Alcante et illustrées avec délicatesse et brio par Fanny Montgermont.

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 10:11
Le restaurant de l'amour retrouvé de Ito Ogawa

Ouvrir un livre de Ito Ogawa , c'est comme savourer un carré de chocolat en le laissant fondre doucement sur le palais ...

Avec Le restaurant de l'amour retrouvé , je reste dans les plaisirs gustatifs !

Rinco, jeune femme japonaise perd sa voix lorsque son petit ami la quitte. Elle n'a d'autres possibilités que de retourner dans son village natal vivre chez sa mère avec laquelle elle n'entretient pas de liens étroits ni affectueux.

Jeune femme passionnée par la cuisine, art que sa grand-mère lui a transmis, elle décide d'ouvrir un petit restaurant : l'Escargot et prépare avec discernement et amour des plats délicats pour quelques hôtes , repas qui ont la particularité de déclencher événements heureux ou rêves délicieux .

Par petites touches odorantes et colorées, nous suivons la confection de cette cuisine particulière, il n'y a qu'à voir d'ailleurs la réalisation d'un repas "français" , petite note d'humour involontaire ...

La deuxième moitié du roman s'écarte un peu de cette ambiance délicate et je l'ai moins appréciée, tout en notant que le sacrifice et la cuisine du cochon ne différaient pas des habitudes de nos campagnes.

Dans le cochon tout est bon !

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 21:23
Tsunami de Jean-Denis Pendanx et Stéphane Piatzszek

Je fonctionne au coup de coeur et à l'intuition en farfouillant dans les bacs de BD de ma bibliothèque et la magnifique couverture de ce volume a arrêté mon regard ...

Belles planches de JD Pendanx alternant à la fois la représentation de la vie trépidante de la ville de Bandah Aceh du nord de Sumatra et les rivages paradisiaques et colorés des nombreux ilots voisins et intercalant entre ces pages vivantes, les images beaucoup plus sombres de la dévastation après le passage du Tsunami de 2004 .

Romain, un jeune homme d'une vingtaine d'années débarque dans cette ville 9 ans après la catastrophe à la recherche de sa soeur ainée Elsa, partie là-bas au moment du Tsunami comme médecin humanitaire et qui depuis n'a plus donné signe de vie.

Romain refait le chemin, une quête aux motivations multiples : bien sûr, tenter de découvrir après des recherches infructueuses ce qui a pu provoquer cette disparition, la curiosité vraisemblablement et le besoin de partir sur la trace de cette soeur plus âgée, si volontaire et brillante et aussi, apporter une réponse à sa mère inconsolable ...

Il fait des rencontres originales en s'écartant des sentiers battus, et derrière les maisonnettes reconstruites à la hâte ,il est confronté aux plaies non refermées de la catastrophe dans les paysages et dans les esprits .

Rêves ou visions vont orienter sa quête vers une issue à la symbolique magnifique et terrible .

J'ai même essuyé une petite larme, ce qui avec une BD est assez rare !

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 10:39
Le garçon qui ne parlait pas de Donna Leon

L'attrait de Venise ne suffit pas pour trouver un quelconque charme à ce nouvel épisode des enquêtes du Commissaire Brunetti !

Creux, plat, vide, insipide... je me suis amusée en cours de lecture (c'est dire tout l'intérêt que j'ai porté à cette lecture ) à chercher tous les adjectifs pouvant définir cette histoire, j'en ai d'autres en réserve mais je ne vais pas en plus vous infliger cette liste !

Certes, il y a une petite dose de corruption des édiles locaux et des difficultés générales de la population italienne avec une conjoncture économique difficile et le sujet finalement abordé dans ce roman porte sur la maltraitance infantile au sein de la famille sur fond de naissance illégitime et d'indifférence vis à vis des personnes handicapées .

La Sérénissime éternue et Brunetti nous explique à longueur de chapitre que l'automne et la mauvaise saison arrivent .

J'ai vraiment eu l'impression de perdre mon temps et on ne m'y reprendra plus avec Dame Leon .

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 14:35
L'homme de la montagne de Joyce Maynard

Une impression de déjà lu mais rattrapée par la maitrise d'écriture de Joyce Maynard malgré quelques longueurs et invraisemblances ...

Deux soeurs, Rachel 13 ans et Patty, 11 ans sont livrées à elles-même dans une petite ville de Caroline du Nord, l'été 1979 entre une mère dépressive et un père, l'inspecteur de police Anthony Torricelli qui a quitté le domicile conjugal .

Jeux, facéties, et découvertes insolites ... ces gamines sont fantasques et sympathiques, confrontées aux nombreux émois du début de l'adolescence .

Mais un tueur sévit sur leur terrain de jeux : les sentiers de randonnée de la montagne toute proche .

L'inspecteur Torricelli est chargé de l'enquête, ce qui confère à Rachel un soudain changement du statut vis à vis de ses camarades lorsqu'il passe à la télé.

Malheureusement le tueur court toujours et les victimes se multiplient , et le policier, adulé et admiré, sombre peu à peu dans les affres d'une enquête qui piétine et d'un population inquiète qui s'impatiente et le fait chuter de son piédestal .

L'évolution des relations des soeurs entre elles et avec leur père est plus au coeur du roman que la recherche du tueur, ce n'est d'ailleurs pas un roman policier .

Et c'est ce que ressent Rachel , la narratrice de l'histoire qui en fait tout l'intérêt : l'éveil de sa sexualité, le pouvoir qu'elle peut avoir sur ses camarades, ses rêves et ses visions.

Joyce Maynard excelle dans la description de ces émotions et des relations fortes entre un père et sa fille malgré la séparation de la famille et la dégradation de l'image de héros du policier .

Bonne lecture que j'ai préféré à Les Filles de l'ouragan dont j'attendais trop .

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 21:22
Le coeur du Pélican de Delphine Coulon

Intriguée par cette jeune femme si volontaire et brillante, vue dans l'émission La Grande Librairie, j'avoue ne pas avoir trouvé ce que j'imaginais dans son dernier roman, le Coeur du Pélican .

On reconnait dans son style incisif , l'impétuosité de la jeunesse, et ce qui m'a manqué, justement c'est une certaine rondeur et un détachement parfois salutaire qu'apportent les années et l'expérience de la vie sans pour autant relâcher son combat , sa faculté d'indignation et son esprit critique.

Pavillons de banlieue , vie médiocre par sa monotonie et abrutissement des hommes adultes dans l'alcool et la bêtise réapparaissent tout au long de l'histoire comme une antienne .

Le don d'Anthilme pour la course se révéle alors qu'il se retrouve "petit nouveau" dans un groupe d'ados et qu'il est alors persuadé qu'il ne peut et ne doit pas perdre ; cela le fait passer du statut d'inconnu à celui de héros : est-ce un bienfait pour ce jeune garçon: on en doute d'emblée .

Récupéré par un entraineur qui a raté sa carrière et qui compte sur les succès de son poulain pour vivre les victoires par procuration, Anthilme subit plus qu'il ne s'épanouit et on ne peut pas dire qu'il soit soutenu par ses parents à l'attitude totalement passive, ce qui est surprenant lorsque l'on fréquente un peu les terrains de sport ou les salles de gym avec sa progéniture !

Ne voulant pas décevoir sa soeur, Héléna, son double féminin , son amante interdite et espérant conquérir le coeur de la belle Béatrice, Anthilme donne tout comme le pélican, emblème de son club.

Avant même de gravir les échelons du succès , l'ascension du jeune prodige est stoppée net et il se pense alors indigne de Béatrice et voué à épouser une femme qu'il n'aime pas et vivre une vie sans piment, sorte d'autoflagellation jusqu'à la révolte quelques vingt ans plus tard .

L'histoire est rapidement peu plausible car chacun sait que la gloire arrive aussi vite que l'oubli ...

Le combat de ce jeune garçon devenu un adulte ordinaire semble bien dérisoire et égoïste et vire à la colère dans un flot de violence non contenue.

La fin de l'histoire m'a laissé assez perplexe !

Problème de génération peut-être?

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 21:15
Fleur et Sang de François Vallejo

Une lignée de chirurgiens datant d'avant l'époque de Louis XIV : quelle remarquable destinée pour la famille Delatour !

C'est le sujet du roman de François Vallejo , qui nous fait partager, dans un récit à deux époques, l'histoire contemporaine d'Etienne Delatour, éminent cardiologue et chef de service d'un grand hôpital parisien et celle d'Urbain Delatour chirurgien sous l'époque du Roi Soleil par la voix de son fils ainé, Urbain apprenti chirurgien et apothicaire.

Que ce soit opérer à coeur ouvert ou soigner de façon empirique, le médecin est maitre de son art apparaissant souvent comme un sauveur, un ultime espoir et cette puissance sur la vie ou la mort prend parfois des proportions qui sortent du cadre du simple soignant ...

Mais l'homme n'est pas infaillible surtout quand les femmes manigancent dans l'ombre.

François Vallejo que je découvre avec ce roman a une belle plume , une écriture fluide et agréable à lire et j'ai préféré de beaucoup la période ancienne, celle où les chirurgiens n'étaient pas considérés comme des médecins, ces hommes plutôt pédants et bien moins humanistes si bien représentés dans le théâtre de Molière .

Je suis, par contre restée beaucoup plus perplexe quant au rôle justement des femmes, Iréne Saint Aubin manipulant la carrière d'Etienne et Isabelle de Montorgueil, la fille du seigneur du village d'Urbain, n'arrivant pas à démêler l'écheveau des intrigues souterraines et n'en trouvant pas la finalité .

J'ai donc été plutôt déçu par le fond de l'histoire n'ayant pas tout compris ...

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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