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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 15:46
Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel

(Re)-découverte de ce magnifique roman en Audio-livre .

Je l'avais déjà lu lors de sa parution en 2007 et apprécié à l'époque mais sans doute avec une concentration moindre car j'ai été beaucoup plus attentive, captivée par la voix de Sylvain Machac qui se prête si bien à la gravité du sujet.

Double récit de Brodeck, celui du rapport sur l'élimination de l'Anderer par les habitants du village où il vit avec Fédorine, la vieille femme qui l'a recueilli jeune enfant et les feuilles soigneusement cachées de son histoire à lui, sa survie dans les camps de concentration et de la vision du monde qui l'entoure.

Grandiose et poignant témoignage montrant toute l'ambiguité des sentiments humains, de la plus grande générosité à la plus haïssable bassesse dont l'homme est capable prenant comme cadre celui de la seconde guerre mondiale sans jamais la nommer ce qui confère au récit une dimension de fable universelle sur l'acceptation (ou non ) de la différence de l'autre.

J'ai même eu la surprise d'une fin qui était différente de celle dont je me souvenais ...

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 17:22
La route sombre de Ma Jian

Connaissant le sujet de ce roman, j'avoue avoir repoussé souvent le moment de me plonger dans cette Chine profonde lors de l'époque récente de la politique de l'enfant unique puisque mise en place en 1979, elle n'a été assouplie qu'en 2013 .

Ames sensibles et femmes enceintes s'abstenir !

Car à travers l'histoire de Meiji, une jeune paysanne enceinte illégalement de son deuxième enfant et de son mari Gongzi, instituteur , descendant de la lignée de Confucius et voulant pour perpétrer cette lignée un enfant mâle, Ma Jian nous décrit avec souvent force détails les conséquences d'enfreindre la loi: avortements, voir suppression brutale des nouveaux-nés, stérilisations obligatoires, amendes, destruction des maisons ,trafics d'enfants...

Les familles en situation illégale ,pour échapper aux délégués du Planning Familial prennent la fuite devenant alors des itinérants illégaux, des sans papiers et sans permis ,vivant souvent à bord de vieux rafiots dans les endroits les plus pollués de la campagne, pourchassés lorsqu'ils arrivent dans les villes, enfermés dans des centres de rétention et envoyés aux travaux forcés.

Malgré ce sombre tableau, Meiji garde l'espoir d'une vie meilleure alors que son mari ayant bien sûr perdu son statut d'instituteur se met à boire et à jouer .

Etonnamment la dernière partie du roman prend une autre tournure, beaucoup plus détachée, assez répétitive comme si l'obtention pour la jeune femme d'un emploi stable et d'un salaire repoussaient au second plan cette politique qui nous parait si aberrante et cruelle et les problèmes cruciaux de pollution dont les pauvres gens qui la subissent n'ont aucune protection contre les ravages sur leur santé .

L'écriture est efficace mais sans grand style.

Une sombre lecture même si elle reste instructive et vraisemblablement encore en partie d'actualité .

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 09:58
Price de Steve Tesich

Je suis restée assez perplexe pendant toute la première grande partie du roman car l'histoire de Daniel Price est très ordinaire : un jeune garçon dans une petite ville américaine industrielle sans grand charme attend son diplôme clôturant la fin de sa scolarité , en compagnie de ses deux inséparables amis, Larry et Billy, il est affublé d'un père aigri et méchant et d'une mère qui a baissé les bras depuis longtemps .

Combats perdus de lutte , filles qu'on regarde passer en rêvant, petits boulots en se demandant ce que va réserver l'avenir ; des activités banales et des idées plutôt générales , on se demande où l'auteur veut en venir ...

La rencontre de Daniel avec Rachel dont il tombe éperdument amoureux et la nouvelle de la maladie de son père changent la donne ; on assiste alors à la transformation insidieuse et tourmentée du comportement de l'adolescent, véritable passage vers la vie adulte ;

Pour Daniel cela ne se fait pas sans mal, il est maladroit dans ses relations, hésitant, impulsif et souvent il m'a franchement agacé mais on passe dans le roman à quelque chose de beaucoup plus profond et subtil: la découverte de sentiments puissants, de la compassion, la fin de l'innocence et le plongeon dans l'ambiguité des relations amoureuses et amicales et des rapports familiaux.

N'ayant pas lu Karoo, je découvre cet écrivain dont Price est le premier roman publié en 1982, pour une fois je vais faire mes lectures dans un ordre chronologique ...

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 10:07
Je vous écris dans le noir de Jean-Luc Seigle

Peu importe si ce n'est pas la Vérité, Jean-Luc Seigle s'est tellement imprégné de l'histoire de Pauline Dubuisson, que ces pages écrites à la première personne du singulier, cette confession semblent sorties tout droit de l'esprit de cette jeune femme condamnée à perpétuité pour le meurtre de son ex-fiancé .

Procès des années cinquante dont raffole le public, avide de faits divers scabreux , toujours prêt à jeter la première pierre, Pauline n'a t'elle pas d'ailleurs été tondue à la Libération pour avoir été la maitresse d'un Colonel allemand alors qu'elle n'avait que 16 ans , preuve s'il fallait en rajouter que c'est une femme perdue ?

A lire ses carnets, on se pose l'inévitable question : quel événement de l'enfance fait que tout dérape et bascule dans une spirale dont on ne devient plus le maitre , quel poids impensable fait porter le père sur les épaules juvéniles de sa fille ...

La fuite à Essaouira au Maroc pour échapper à la rumeur , s'oublier dans la musique des paroles de ces femmes marocaines, une autre langue, mais pas une autre vie car pour Pauline ,devenue Andrée ,le passé ne s'efface pas .

Je ne me souviens pas d'avoir vu le film de Clouzot , la Vérité mais je ne suis pas sure, après cette lecture, d'en avoir envie .

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 22:25
La part des flammes de Gaëlle Nolant

Se basant sur le terrible incendie du Bazar de l'Hotel de Ville en Mai 1897 où plus d'une centaine de victimes seront à déplorer , Gaëlle Nolant mêle des personnages de fiction à ceux qui ont vécu ce drame .

J'ai toujours une petite réticence lorsque le sujet concerne le monde fermé des familles aristocratiques , avec leur mode de vie et leurs codes qui sont si éloignés de la vraie vie mais justement Gaëlle Nolant à travers l'histoire de trois femmes nous montre une autre réalité .

Il faut d'abord expliquer que cet incendie a concerné un entrepôt qui accueillait une vente de charité avec des stands tenus par des femmes appartenant à la plus haute noblesse .

Ce sont dans les oeuvres caritatives que ces femmes pouvaient trouver un peu d'indépendance car si à cette époque on était en république, la condition féminine avait fait, elle, un net retour en arrière.

Violaine de Raezal, veuve depuis peu, espère en aidant à tenir un de ces stands faire taire les rumeurs qui la poursuivent. Elle y rencontre Constance, une jeune fille tourmentée , sous l'emprise d'une foi exigeante .

Toutes deux sont en compagnie de Sophie d'Alençon , jeune soeur de l'impératrice Sissi , très impliquée dans les oeuvres caritatives, comme une fuite en avant d'un passé douloureux et d'un présent sans issue ; cette dernière a vraiment vécue et perdra d'ailleurs la vie dans l'incendie.

Pour les deux autres femmes, sauvées des flammes mais au prix de séquelles physiques et morales importantes, cette épreuve est le passage à autre chose et Constance totalement déboussolée, incomprise par des parents rigides est enfermée dans une clinique sur la recommandation d'un médecin: un aliéniste féru des nouvelles découvertes sur la santé mentale et persuadé d'avoir là un beau cas d'hystérie .

Finalement, une lecture qui sort de l'ordinaire avec de beaux portraits de femmes servis par une écriture élégante.

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 10:54
Le héron de Guernica d'Antoine Choplin

Avril 1937, Benito vient poser sa toile dans les marais proches de Guernica pour peindre le héron qui se pose chaque jour non loin de lui. Comment représenter une image vivante de l'oiseau et non un être inanimé. C'est sûr , cette fois ce sera le plus beau de ses tableaux puisqu'il l'a promis à Celestina ...

Le bruit des avions et des bombes vient soudain troubler la quiétude du peintre et lorsqu'il revient précipitamment vers sa ville, ce ne sont que ruines et chaos , survivants errant parmi les décombres à la recherche de leurs proches .

Comment oser montrer ce héron à l'aile brisé au grand Maitre Picasso qui dévoile son chef d'oeuvre, Guernica, à l'exposition coloniale de Paris quelques mois plus tard ?

Antoine Choplin nous interroge sur la création artistique, celle d'un peintre reconnu, encensé mais qui n'a pas été le témoin direct de la tragédie et de ce jeune homme qui le jour du bombardement a tout perdu mais s'accroche à son héron, devenu le bien le plus cher à son coeur .

Qu'attendait-il de sa rencontre avec Picasso ? un témoignage direct mais cela semble presque dérisoire ; chaque lecteur reste libre de l'interprétation de la non rencontre et en tout cas pour moi ce livre est d'autant plus chargé d'émotion que je suis passée il y a peu à Guernica , petite ville redevenue paisible .

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 16:23
La vie des elfes de Muriel Barbery

Avec un tel titre: La vie des elfes, je ne peux pas arguer du fait que je ne m'attendais pas au contenu , mais pour ma défense je dirais que dans L'élégance du hérisson, est-il question de la vie au grand air du charmant compagnon de nos campagnes ?

Et c'est vrai que la mise en place de l'intrigue avec la découverte du cadre de vie simple et champêtre de Maria dans un petit village bourguignon et de Clara dans les Abruzzes ne m'a pas mis la puce à l'oreille, naïve que je suis ... mais j'ai bien vite déchanté car je n'aime pas du tout le roman fantastique, j'ai tout de même persisté jusqu'à la fin de l'ouvrage qui n'est par ailleurs que le premier tome .

Quelle idée bizarre de changer totalement de registre pour s'engouffrer dans un genre qui ne manque pas d'auteurs !

L'écriture de Muriel Barbery est très savante, voire assez souvent alambiquée ce qui rend la lecture parfois laborieuse d'autant plus quand le sujet ne passionne pas .

Autant vous dire que je lirai pas la suite et que je m'y reprendrai à deux fois en regardant les titres d'un roman ...

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 16:56
Les apparences de Gillian Flynn

J'ai laissé un peu de temps pour me lancer dans un nouvel ouvrage de Gillian Flynn, le précédent lu, Sur ma peau , m'ayant laissé un peu KO ...

L'ambiance dans celui ci est toute autre: plus haletante sans le sentiment de malaise qui m'avait précédemment gêné .

L'intrigue est plus finement menée , mais tout aussi diabolique et la double avancée dans l'histoire avec les pensées de Nick le mari ,au jour le jour au moment du drame et le journal d'Amy commencé au moment de la rencontre avec Nick , dédouble le ressenti du lecteur, l'entrainant dans une frénésie machiavélique qui oblige à poursuivre sa lecture .

Il y a d'une part l'angoisse que l'on ressent sur le sort d'Amy, l'interrogation permanente sur la culpabilité du mari, homme sympathique malgré ses faiblesses .

D'autre part, l'analyse de l'évolution d'un couple et de sa relation amoureuse à travers le journal d'Amy est poussée à son paroxysme : la dérive après quelques années de bonheur quand les ressentiments prennent le dessus jusqu'à la haine.

Très beau roman sur la manipulation des êtres qui fait froid dans le dos.

Il me tarde de voir l'adaptation au cinéma ...

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 21:02
Clair-obscur dans la vallée de la lune

Clair-obscur : mélange et opposition de la lumière et de l'ombre dans un tableau, comme ceux que peint ce peintre agé croisé dans la vallée de la lune par nos héros, Joan, la touriste américaine et José, son guide chilien.

L'ombre, c'est d'abord dans cette histoire magnifique , tout le lourd passé, évoqué à rebours, de ces hommes et ces femmes du Chili, torturés pendant la dictature sous Pinochet et qui en gardent des séquelles physiques et mentales transformant à jamais leur vie;

C'est aussi l'histoire tragique plus personnelle de Joan qui tente de retrouver un sens à son existence dans des paysages grandioses .

La lumière, malgré tout vient éclairer ces destins brisés: un vol de flamands roses, l' arrestation après la longue traque du tortionnaire, une main tendue et qui caresse les cicatrices,un enfant qui nait...

Emotions bien transmises par le scénario maitrisé adroitement par Didier Alcante et illustrées avec délicatesse et brio par Fanny Montgermont.

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 10:11
Le restaurant de l'amour retrouvé de Ito Ogawa

Ouvrir un livre de Ito Ogawa , c'est comme savourer un carré de chocolat en le laissant fondre doucement sur le palais ...

Avec Le restaurant de l'amour retrouvé , je reste dans les plaisirs gustatifs !

Rinco, jeune femme japonaise perd sa voix lorsque son petit ami la quitte. Elle n'a d'autres possibilités que de retourner dans son village natal vivre chez sa mère avec laquelle elle n'entretient pas de liens étroits ni affectueux.

Jeune femme passionnée par la cuisine, art que sa grand-mère lui a transmis, elle décide d'ouvrir un petit restaurant : l'Escargot et prépare avec discernement et amour des plats délicats pour quelques hôtes , repas qui ont la particularité de déclencher événements heureux ou rêves délicieux .

Par petites touches odorantes et colorées, nous suivons la confection de cette cuisine particulière, il n'y a qu'à voir d'ailleurs la réalisation d'un repas "français" , petite note d'humour involontaire ...

La deuxième moitié du roman s'écarte un peu de cette ambiance délicate et je l'ai moins appréciée, tout en notant que le sacrifice et la cuisine du cochon ne différaient pas des habitudes de nos campagnes.

Dans le cochon tout est bon !

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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