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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 15:26
Mes pas vont ailleurs de Jean -Luc Coatalem

De Victor Segalen, je connaissais bien peu de choses jusqu'à présent  . Homme illustre vraisemblablement puisque l'université de ma bonne ville de Bordeaux portait son nom .

Donc j'ai entamé ce roman toute guillerette d'ajouter un nouvel élément à ma culture lacunaire ... Mais si j'attendais une biographie , je suis bien déçue car cet ouvrage n'est pas l'Histoire de de Victor Segalen pour les Nuls ... et Monsieur Coatalem qui a une plume fort élégante va d'abord sur ses pas à lui en passant par André Breton ... et en suivant le périple de Victor Segalen sur les traces de  Gauguin et Rimbaud , il s'adresse directement à son sujet , ce qui donne  un long monologue parfois indigeste dont le lecteur se sent exclu , j'ai eu parfois l'impression d'écouter une oraison funèbre , c'est dire !

Bien difficile de s'y retrouver, on pioche de temps en temps un fragment de vie de cet homme , breton d'origine, médecin, poète, aventurier, qui a sillonné la Polynésie puis la Chine, passionné par l'inconnu , grand fumeur d'opium et ressentant un besoin vital de s'éloigner de sa femme et d'une vie française morose . 

Le livre est articulé sur le mystère de sa mort : accident ou suicide dans la forêt de Huelgoat en Bretagne où il aimait retrouvé la quiétude .

Même si j'ai avancé dans ma connaissance de Victor Segalen , ce roman ne donne pas toutes les clés du personnage et n'incite que peu à découvrir son oeuvre ce qui est peut-être dommage !

Je remercie Masse Critique et les Editions Stock même si finalement ma lecture n'a pas atteint son but ...

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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 15:23
Station Eleven de Emily St John Mandel

Je lis peu de romans d'anticipation, mais lorsque j'en choisis un, je suis rarement déçue . 

Celui-ci comptera parmi les meilleurs .

Tout d'abord, le scénario m'a paru tout à fait plausible : une épidémie de grippe qui décime la population humaine; il n'y a qu'à regarder les différents épisodes anciens ou récents de pandémie pour imaginer que nous ne sommes pas vraiment à l'abri d'une mutation fulgurante ... 

L'histoire est construite  autour du personnage d'Arthur Leander, un acteur qui meurt sur scène en jouant le Roi Lear la veille des premières morts et autour des personnes qui l'ont côtoyé, que ce soient ses ex-femmes, son plus proche ami ou des gens qui l'ont approché ce jour ultime comme Kirsten, toute gamine à l'époque  qui avait un petit rôle dans la pièce. 

D'autre part , la partie principale se déroule quelques vingt cinq ans après le cataclysme en suivant la troupe La Symphonie itinérante qui joue du Shakespeare et de la musique classique dans les petits villages qui se sont reconstitués avec les survivants . C'est dans cette troupe de comédiens et de musiciens que nous retrouvons Kirsten . Ils symbolisent tout ce que l'homme peut avoir de meilleur : la solidarité, l'amitié et l'amour, le plaisir de ce qui est beau , de le partager et de le faire connaitre au milieu d'un monde qui cherche à inventer un futur nouveau, alternative à celui que propose certains survivants devenus prophètes et enseignant une religion faite de haine et de soumission .

Les deux périodes sont également reliées par deux illustrés de Science fiction narrant l'histoire de la Station Eleven et qui servent un peu de fil conducteur.

Au delà de l'intrigue que j'ai trouvé fort palpitante et bien faite, et comme beaucoup de lecteurs ce livre bouscule notre train train quotidien de confort moderne , des éléments qui font partie intégrantes de notre vie et dont on pense ne plus pouvoir se passer .

Les faits entourant la période de l'épidémie ravageuse et les premières années de survie sont peu évoquées, ce qui n'est pas plus mal car cela a été déjà largement raconté .

C'est un message d'espoir que délivre finalement ce beau roman : la musique et la littérature résistent et créent un lien fort d'union et de communion entre les hommes ; l'amitié, l'amour et la générosité franchissent les montagnes .

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 12:13
Femme à la mobylette de Jean-Luc Seigle

J'avais imaginé, avant de commencer ce roman, un personnage comme Yolande Moreau sur sa mobylette, une femme lumineuse et facétieuse, traversant des paysages  de banlieue de province ...

Dès les premières phrases, ma projection d'images s'est effacée et on comprend d'emblée , devant cette femme au petit matin qui se sent au plus profond de la misère, abandonnée par son mari, traquée par les services sociaux , que ce roman va nous plonger dans la dure réalité d'une vie de mère, seule, sans boulot avec trois enfants à élever ... 

Reine se décide dans un sursaut de lucidité à remettre en état le jardin , laissé à l'abandon depuis le départ de son mari ,  et découvre au milieu d'un tas de ferraille une mobylette . Cela lui permet enfin d'accéder à un travail : elle sera passeuse de morts , c'est comme cela qu'elle voit son job de thanatopracteur , drôle de bonne femme qui parle aux morts, les habille et les fait beau et qui discute aussi devant la tombe de sa  grand-mère communiste et amoureuse de Tolstoï et qui a élevée Reine .

C'est aussi  grâce à la mobylette bleue qu'elle rencontre l'amour ...

On pourrait se dire que la vie va enfin sourire à Reine mais c'est sans compter que l'ardoise du passé ne s'efface pas comme par magie . 

Un roman d'une grande sensibilité mais que j'ai trouvé moins marquant que ceux lus précédemment de Jean-Luc Seigle 

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 19:52
Six fourmis blanches de Sandrine Collette

L'histoire commence avec Mathias qui marche sur un sentier de montagne en tirant une chèvre , image bucolique , on pourrait presque s'imaginer dans un roman de Pagnol avec Manon des Sources , mais la suite du chapitre remet vite le lecteur sur les rails de ce que va être le reste du livre, car Mathias est un sacrificateur ... Il faut croire que cela existe encore, en particulier en Albanie où se déroule l'action !

Deuxième voix, celle de Lou à qui on a offert une randonnée avec son compagnon Elias pour explorer un nouvel itinéraire sur les  chemins montagneux albanais . Ils rejoignent un autre couple, deux hommes seuls et le guide, Vigan, un gars du coin, pas très causant et pas très satisfait de son groupe de néophytes .

Les premières heures de marche sont agréables dans une nature qui sort à peine de l'hiver, le groupe fait connaissance mais le temps va vite se gâter et la neige arrive , l'ambiance devient vite oppressante d'autant plus qu'ils ont le sentiment d'être épiés , ne leur a t'on pas raconté que ces montagnes étaient maudites ?

De son coté Mathias est obligé de s'enfuir , chassé par l'homme puissant du village dont le petit fils, confié à Mathias est mort accidentellement  .

Commencent alors, des pages angoissantes avec en parallèle , la fuite de Mathias qui ne sait pas d'où peuvent arriver les chasseurs qui le poursuivent , et les galères des randonneurs dans la neige , la tempête et le froid , laissant au fur et à mesure des compagnons tombés dans les crevasses ou blessés mortellement: tout cela fait froid dans le dos ... 

J'ai du faire des pauses salvatrices entre deux chapitres, pour souffler un peu moi aussi , trouvant  la lecture trop oppressante , c'est un malaise qui s'installe et qui va crescendo .

Dans la section thriller , Sandrine Collette est un orfèvre mais j'ai préféré les romans publiés après celui-ci .

 

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 11:55
Dans les eaux du Grand Nord de Ian Mc Guire

Après ma croisière dans les mers du Sud avec l'ile des Perroquets de Robert Margerit , me voilà embarquée à bord du Volonteer pour un départ vers le Grand Nord pour la chasse à la baleine avec à son bord, Patrick Summer, un chirurgien , viré de l'armée des Indes .

Mais en cette fin du XIX ème siècle, la chasse à la baleine vit ses dernières saisons , les baleines se font plus rares et ses produits sont supplantés par le pétrole .

Ce n'est pas le sujet principal du roman, quoique cela tienne une place importante de part les descriptions qui sont toujours aussi difficilement soutenables et d'autre part par les répercussions sur le capitaine et l'armateur du navire qui voient avec inquiétude l'arrêt de cette activité lucrative et les moyens pas forcément honnêtes de s'en sortir .

Pour Patrick Summer, c'est surtout la découverte du meurtre d'un mousse à bord du bateau et sa confrontation avec un homme violent Drax qu'il sait être l'auteur du meurtre .

Une bande de marins brutes  et ivrognes  qui va se retrouver échoués finalement sur la banquise en plein hiver par la bêtise et la cupidité du capitaine et de son second dont on ne s'émeut pas du sort , le seul à sortir du lot est Summer qui mène son combat contre la violence à bord , un homme meurtri par son passé et dont la vraie place n'était pas sur ce bateau .

Roman d'aventures que j'ai trouvé original , bien rythmé, s'attaquant à des thèmes peu abordés comme la maltraitance des mousses à bord des bateaux et à la fin de la grande époque de la chasse à la baleine .

 

 

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 15:55
Brooklyn de Colm Toibin

Un roman attachant ...

Années cinquante, en Irlande, la vie est dure et Eilis ne trouve pas de travail . Elle vit avec sa mère et sa soeur ainée Rose dans une petite ville peu attractive .

Lorsque le prêtre de sa paroisse lui propose de partir à New-York où il a un contact pour lui trouver un emploi, Eilis, à contre coeur , quitte sa famille et ses amis et commence un périple bien courageux pour une jeune fille seule .

Le travail de vendeuse dans un grand magasin n'est pas celui dont elle rêvait mais elle s'inscrit pour des cours du soir de comptabilité dans une université et espère décrocher un emploi plus gratifiant et rémunérateur .

Bien qu'elle soit accueillie par la communauté irlandaise de Brooklyn, passés les premiers jours à se familiariser avec cette grande ville et la vie moderne qu'elle offre, les lettres qu'elle reçoit de sa famille la plonge dans une tristesse profonde : le mal du pays et même le gentil maçon italien Toni qui l'aime sincèrement  parvient difficilement à  lui redonner le goût de vivre .

Au moment où, avec la réussite de ses examens et la promesse d'un meilleur travail, l'accueil chaleureux de la famille de Toni, une mauvaise nouvelle l'oblige à revenir dans sa ville natale pour une période définie .

Là, elle retrouve vite ses habitudes, ses amies et sa famille et un nouveau dilemme la torture : retour à Brooklyn où Toni l'attend avec impatience ou continuer sa vie en Irlande ...

Le roman est bien fait même si j'ai trouvé qu'au début , l'auteur s'attachait à trop de descriptions assez inutiles et superficielles qui sont nettement allégées ensuite , heureusement car il m'a fallu les bonnes critiques de carre et de tynn pour persévérer .

 

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1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 17:15
L'île des Perroquets de Roger Margerit

J'avais sans doute une envie de croisière pour m'embarquer ainsi dans les mers du Sud à bord du voilier, le Walrus ,du Capitaine Flint ...

Mais , à bord d'un bateau de pirates , ce ne sont pas vraiment des vacances , entre les tempêtes, la fuite devant des bateaux militaires lourdement armés, l'eau douce qui manque , l'abandon d'une partie de l'équipage sur une île visitée par des sauvages anthropophages et sur laquelle est cachée un trésor .

Les escales dans les ports ne sont pas non plus des havres de paix et les Belles qui font chavirer le coeur des marins  rencontrées dans les estaminets sont souvent bien fourbes et rusées .

C'est la vie qu'a du choisir Antoine , un jeune homme qui a fuit son pays natal , accusé injustement d'un meurtre et dont nous suivons les intrépides péripéties .

Ce roman d'aventure publié en 1955 remplit tous les codes du genre, on ne s'ennuie pas vraiment et il a  , par son style un tantinet démodé , un effet reposant et anti-stress pour le lecteur .

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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 17:49
La Daronne de Hannelore Cayre

 

Ne boudons pas notre plaisir avec ce thriller français original et drôle et qui bouscule plus  les codes habituels !

Patience ,Veuve Portefeux , après une enfance auprès d'un père pied noir aux activités juteuses mais illégales , un mariage heureux mais vite abrégé par le décès de son époux , se retrouve à 53 ans à se creuser la cervelle pour payer la pension de sa mère âgée dans un EPAD alors que ses deux filles viennent à peine de quitter le giron maternel ...

Comme elle a une bonne connaissance de l'arabe, elle devient traductrice judiciaire et s'occupe principalement d'affaires de drogue mais le boulot est payé au noir et en plus fort mal.

Coup de baguette magique de Hannelore Cayre , alors que Patience , entre son boulot peu gratifiant au tribunal et ses allers-retours sinistres et démoralisants  à l'EPAD ,commence à trouver un gout amer à l'existence  , l'histoire prend un tout autre tournant , les zygomatiques se décrispent vraiment lorsqu'elle décide sur un coup de tête , de récupérer le magot que les dealers , dont elle suit les conversations, sont obligés de larguer dans la nature ! 

Bon moment de détente même si certains thèmes abordés comme la difficulté à la fois sentimentale et financière d'accompagner ses parents âgés , ancrent ce roman dans le quotidien sans artifice , l'auteur déjoue avec humour et un style direct les pièges de la facilité et de la vulgarité  !

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 21:39
Une mort qui en vaut la peine de Donald Ray Pollock

Des trois frères Jewett , seul Cane, l'ainé , sait lire mais ses frangins, Cob et Chimney connaissent par coeur le livre des aventures de Bloody Bill Rocket tellement Cane leur a lu l'histoire .

Alors quand leur père meurt pendant qu'il trimait avec ses fils à défricher pour quelque poules le terrain du riche propriétaire de ce coin de l'Alabama en 1917, les garçons ne se posent pas longtemps la question entre continuer une vie misérable faite de petits boulots toujours mal payés ou suivre la voie de leur héros , un bandit au grand coeur et qui se sort de toutes les pires situations, tel Zorro , et d'aller dévaliser les banques après avoir volé des chevaux chez le patron.

A eux la belle vie, l'argent, la nourriture et l'alcool et aussi les femmes ...

Bien sûr , cela ne se passe pas tout à fait comme dans les romans et leurs têtes sont bientôt mises à prix  avec une belle prime à la clé  , les Jewett fuient et se réfugient dans l'Ohio en espérant rejoindre le Canada  .

Mais le nouveau roman de Donald Ray Pollock ne se résume pas à une banale histoire de pauvres gars devenus des gangsters , il est beaucoup plus touffu avec une narration pluri chorale dont les personnages se rajoutent peu à peu jusqu'à ce que l'histoire ,bien entendu, les fasse se croiser : très habile construction car chaque histoire est au départ indépendante et suffisamment marquante avec des personnages hauts en couleur dans cette Amérique profonde qui va s'engager dans la première guerre mondiale .

Belle galerie de portraits où les plus humbles et les coeurs (presque) purs trouvent une certaine résilience .

Un nouveau roman moins terrible que Le diable tout le temps dont j'avais trouvé la lecture difficilement soutenable .

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 22:20
Ma cousine Rachel de Daphné du Maurier

Quel bonheur de constater que j'ai retrouvé intact le plaisir de la lecture d'un roman de Daphné du Maurier , ce n'était pas  évident que cette littérature d'un autre siècle franchisse aisément et élégamment le barrage des années .

Un style ancien sans être précieux ni désuet mais qui fait du bien par rapport à certaines de mes lectures récentes d'écrivains contemporains accompagnés d'un grand déballage médiatique ...

Philipp, orphelin très jeune a été élevé par son cousin Ambroise dans le domaine familial dans un coin de la campagne de Cornouailles , une éducation essentiellement masculine et sommaire puisque même le personnel du manoir n'est composé que d'hommes .

Ambroise , pour raison de santé , séjourne pendant une période de l'année en Italie alors que Philipp devenu jeune homme s'occupe de la gestion du domaine.

Stupeur et bientôt tremblements lorsque Ambroise annonce son mariage en Italie avec la cousine Rachel mais le retour en Angleterre est repoussé, les lettres d'Ambroise se raréfient et deviennent inquiétantes jusqu'à l'annonce de sa maladie puis de son décès .

Phillip, jeune homme naïf, ne connaissant rien de la vie et encore moins des femmes va devoir affronter l'arrivée de la veuve d'Ambroise et il n'est pas du tout préparé à tomber sous le charme d'une femme exquise .

La cousine Rachel est t'elle une femme fatale, manipulatrice et vénale ou simplement une femme à la sensibilité à fleur de peau, menée par ses sentiments ? chacun peut avoir son propre jugement ...

On ne s'ennuie pas et même si parfois le caractère impulsif et particulièrement niais de Philipp est agaçant, l'intrigue se maintient jusqu'à la fin .

Un excellent roman en effet . La préface que j'ai lu en dernier est faite par le réalisateur du film : Roger Michel  , elle est sobre et particulièrement respectueuse de l'imaginaire du lecteur , cela me donne l'envie, pour une fois d'aller voir cette nouvelle adaptation !

 

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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