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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 12:24
Sacrifice de Joyce Carol Oates
Vingt ans après les émeutes  raciales de Détroit en 1967, Joyce Carol Oates reprend un fait divers qui montre du doigt la persistance du malaise de la société américaine face à sa communauté noire .
Dans le roman de J C Oates, Sybila Trye, une jeune fille de 14 ans , noire,  est retrouvée 4 jours après sa disparition dans la cave d'une usine désaffectée de Pascayne, une petite ville sinistrée de l'état de New-York , ligotée, battue et violée avec des inscriptions racistes écrites sur la peau.
La jeune fille, terrorisée est persuadée d'avoir aperçu des insignes de policiers. Seulement, la méfiance vis à vis des Blancs et le manque de confiance étendue même aux services sociaux font que la mère de Sybila refuse de porter plainte et de laisser l'inspectrice faire son enquête.
Impasse qui peut paraitre paradoxale car les coupables ne sont pas démasqués, un policier innocent est même condamné ...
Paradoxe qui s'accentue encore avec l'arrivée en scène d'un couple de jumeaux noirs , l'un prédicateur célèbre, l'autre avocat qui vont médiatiser l'affaire ( et oui déjà à cette époque aux Etats Unis ...), se servir de la crédulité de Sybila et de sa mère pour soutirer de l'argent aux  paroissiens .
La pirouette du dénouement du roman fait également froid dans le dos ...
Je n'ai pas malheureusement ressenti d'empathie envers Sybila et sa famille, on a du mal à admettre leur absence de combativité  , certes ce ne sont que des marionnettes manipulées et qui finissent par baisser les bras . Triste Amérique !
J'ai eu également la sensation d'une retenue chez l'auteur qui décrit simplement les faits, à chacun de porter son propre jugement .
 
 
 
 
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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 15:18
Dans les prairies étoilées de Marie-Sabine Roger

Je finis ce roman en étant frustrée !

 On côtoie  Merlin à la fois auteur de bandes dessinées ,  il a un certain succès  grâce à son personnage récurrent Jim Oregon , héros de Western futuriste , en même temps qu' aquarelliste ornithologue , il peut passer des heures à peindre la plume d'un oiseau . 

Lorsque nous faisons sa connaissance, sa vie prend une tournure plutôt sympa car avec Prune, sa compagne ils s'installent dans une maison à la campagne pour laquelle ils ont eu le coup de foudre, peu importe que ce soit une bicoque de guingois , ils s'y plaisent .

Tout irait pour le mieux malgré les lapins du plombier , mais on sait bien que les plombiers ont de grands clapiers ... si son ancien voisin devenu un ami,  Laurent , n'avait pas décidé de mourir comme ça, en pyjama sur les marches de sa maison .

Merlin est effondré , non seulement il perd une personne qu'il appréciait beaucoup mais qui , en plus , lui servait de modèle pour son héros et de critique avisé ... Que va t'il faire ? d'autant que Laurent lui laisse un drôle de testament .

Galerie de portraits attachants, des gens ordinaires ou pas , avec un brin de folie ou un mauvais caractère et qui trouvent leur place dans les personnages hauts en couleur des BD de Merlin en même temps que plongée dans l'univers de la création littéraire avec ses affres et ses joies  .

Ma frustration alors ? Et bien , c'est de ne pas pouvoir aussi découvrir  ce Wild Oregon , Marie-Sabine Roger nous met si bien  l'eau à la bouche ...

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 17:29
Ce qu'il nous faut, c'est un mort  d'Hervé Commère

Bon ! je ne dis pas merci à mes amis de Babelio et les autres, Yassleo et Gruz,  pour ne pas les citer, qui ont fait des critiques de choc et de choix sur ce roman : j'ai l'air de quoi, moi, avec ma critique bien gentillette , c'est dire que le sieur Commère fait causer dans les chaumières ...

Enfin , je l'avais commencée , je l'assume quand même avec une certaine gêne !

 Hervé Commère surprend, et , ce que j'avais déjà ressenti dans Imagine le reste , est encore plus présent dans ce nouveau roman : on pense partir sur une histoire et c'est une autre qui déboule  mais que ça fait du bien au lecteur d'être ainsi bousculé surtout quand l'écriture est limpide .

12 Juillet 1998, ça vous rappelle quelque chose ? On est les champions du monde ... 

Ce soir là , la France explose de joie , un couple se découvre, une petite Mélie nait ,  mais la nuit de fête ne finit pas forcément bien pour tout le monde, Marie est violée et la virée de trois amis tourne au fait divers dramatique  en renversant une jeune fille sur le bord de la route et en s'enfuyant. Fin de la première partie bien  nommée : La nuit où tout se lie .

Quelques années en arrière : Vrainville  , petite bourgade de Normandie abrite les ateliers de Cybelle, fleuron de la lingerie de luxe qui emploient la quasi totalité de la population féminine du village , les habitants sont fiers de leur usine et reconnaissants  vis à vis de son créateur Gaston Lecourt dans les années 20 puis de son fils Marcel qui a repris le flambeau .

On retrouve le fil lors de la troisième partie puisque le conducteur en fuite n'est autre que le fils de Marcel , Vincent , que les parents de Marie habitent Vrainville ainsi que la victime de l'accident ...

Vingt ans plus tard, Vincent est aux manettes de l'usine et la musique n'est plus la même : délocalisation, fonds de pension américains , avocat et ses méthodes douteuses remplacent la gestion familiale et paternaliste des fondateurs de Cybelle .

L'écrivain prend le temps de bien poser tous les jalons d'un drame social et humain aux multiples tiroirs, et le lecteur attend d'où va partir le détonateur, car il y en a forcément un : d'abord on nous promet un mort quand même !

Comme Franck Bouysse, Hervé Commère est classé parmi les auteurs de policier  mais ce sont des intrigues plus  noires de par leur plongée  sociale et sociétale que par leur nombre de morts et on s'en félicite .

 

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 17:58
Retour à Oakpine de Ron Carlson

J'avais tardé un peu à entamer ce roman après la lecture de Retour à Little Wing, le schéma est le même : quatre copains de classe se retrouvent quelques années après être parti chacun de son coté "faire sa vie " , cela m'ayant un peu refroidi devant la similitude de la situation ...

Ici , c'est donc à Oakpine , bourgade du Wyoming qu'ont lieu les retrouvailles trente ans après de quatre camarades de classe unis à l'époque  par la musique puisqu'ils avaient créé un petit groupe de Rock et par le sport .

En fait, Jimmy devenu un écrivain connu revient mourir chez ses parents, malade du Sida et fauché, il était parti précipitamment après le décès accidentel de son frère .

Par un heureux hasard , Mason qui a réussi une belle carrière d'avocat à Denver, décide de mettre en vente la maison familiale d'Oakpine , il a besoin d'un peu de répit dans sa vie et comme la maison est en mauvais état, il va la restaurer avec Craig , le troisième de la bande et le jeune fils de ce dernier.

Frank, quant à lui tient un bar dans la ville .

Pas de grands discours, ni de révélations fracassantes, pas de secret enfoui  : c'est la vie qui passe et qui entraine chacun vers sa destinée , laissant souvent dans les oubliettes de sa mémoire les frasques et les bons moments de sa jeunesse mais finalement , pour une raison ou une autre , on retourne sur les pas de ses années passées et lointaines  et on renoue le dialogue comme si on s'était quitté la veille ...

Les guitares ont perdu quelques cordes et les grosses caisses sont crevées mais l'envie est encore là et tant pis si la voix de Jimmy s'éteint , le plaisir d'être ensemble renaît et Ron Carlson l'écrit bien.

Même si l'action peut paraitre lente , ce sont les liens créés pendant ces années où tout se joue qui restent les plus forts . Nostalgie sans véritable tristesse , on regarde en arrière: c'était bien , on est passé à autre chose, c'est la vie ...

 

 

 

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 15:35
Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby

On a coutume de dire que c'était mieux avant ... et de parler des trente glorieuses avec des trémolos dans la voix, même si on était trop jeune à l'époque pour apprécier ces années là.

Pour la famille Blanc, tout tourne autour du Balto , le café que tient Paulot  le père, figure bien connue de la Roche Guyon et dont les soirées du samedi  attirent du monde pour l'écouter jouer de l'harmonica ; Odile , la mère tenant son dernier né dans les bras regarde avec amour son mari , Annie la fille ainée attend que son père la fasse danser et Mathilde plus jeune est cachée dans un coin à envier sa soeur.

L'argent ne coule pas à flots mais c'est une petite vie familiale heureuse même si Mathilde , vrai garçon manqué cherche par tous les moyens à se faire aimer de son père.

Jusqu'à l'effondrement de Paulot en pleine soirée , on parle de pleurésie puis de bacille et il est envoyé au sanatorium d'Aincourt . Commence alors la descente vers la misère pour cette famille : pas de sécurité sociale ni d'assurance , la galère débute par la vente forcée du café puis par la mise à l'écart de l'ensemble des membres de la famille lorsque le mot tuberculose est prononcé .

Véronique Goby s'est inspirée de l'histoire vraie d'Elise Ballion et de sa famille , elle met dans le récit beaucoup de sensibilité sans s'apitoyer . Elle sait montrer du doigt toute la fragilité d'une société pusillanime lâchant l'un des siens dès qu'un écart de la norme apparait .

C'est également une ode à l'amour , celui d'un couple soudé malgré  les épreuves et celui d'une famille où les enfants réclament leur part d'affection à une époque où leur bien être n'était pas une priorité pour les services sociaux .

Un très beau roman .

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 10:31
Au commencement du septième jour de Luc Lang

Thomas Texier est un homme heureux car il a réussi sa vie: une femme , Camille, dont il est toujours aussi amoureux, deux beaux enfants, une jolie maison et son travail d'informaticien qui le satisfait .

Jusqu'au coup de téléphone à 4 heures du matin pour  annoncer que sa femme est transférée dans le coma à l'hôpital de Rouen après un accident de la route .

En même temps que les allers-retours incessants à l'hôpital avec l'inquiétude bien légitime sur l'évolution de l'état de Camille, les certitudes de Thomas commencent  à s'ébranler : que faisait sa femme sur une petite route de campagne à cette heure de la nuit ? que sont les mystérieux appels sur son téléphone, les messages sur son ordinateur de personnes qu'il ne connait pas, la voiture a t'elle pu être trafiquée, menaces liées aux dossiers sensibles que son épouse traitait dans son travail ou double vie ... Thomas ne sait plus, il s'interroge et il doute .

Fin de la première partie sur l'évolution de l'état de santé de Camille.

La deuxième partie nous entraine dans les Pyrénées, région d'origine de Thomas et où vit son frère ainé, Jean, le berger .

Sur les chemins de randonnée, Thomas va au bout de ses forces et au bout du raisonnable alors que l'orage arrive , besoin de se perdre dans des défis idiots quand on connait la montagne , d'ailleurs Luc Lang décrit ces coins des Pyrénées en vrai connaisseur, on s'y croirait vraiment .

C'est le temps pour Thomas du questionnement sur les bases de son identité, il pensait trouver des réponses  en revenant sur les traces de son passé et un réconfort en se rapprochant de son grand frère, mais c'est pour finalement se heurter à une partie cachée de l'histoire familiale , dissimulée à l'enfant le plus jeune pour épargner son enfance et c'est tout naturellement que le livre finit en Afrique , berceau de l'humanité , où vit Pauline, la soeur de Jean et Thomas qui apportera enfin les réponses.

Très bien mené , ce roman qui commence par un accident venant briser l'harmonie relative et superficielle d'une famille pose la sempiternelle question du secret de famille et des blessures cachées de la vie :  sur quoi fonde  t'on les bases de son existence  quand on n'a pas toutes les données : doit-on taire certains événements douloureux pour protéger ses proches, garder un jardin secret bien clos quitte à trahir par son silence la confiance des gens qui vous aiment ? 

Chacun jugera mais on sent bien le parti pris de l'auteur, chaque événement de la vie est fondateur comme les sept jours de la création du monde .

 

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 16:48
Deux remords de Claude Monet de Michel Bernard

Dès la jaquette avec le choix d'une oeuvre moins connue de Claude Monet, La pèlerine rouge , l'esprit du roman est annoncé.

Ce n'est pas évident pour un écrivain d'écrire quelque chose d'original sur ce peintre si célèbre sur lequel on a déjà tout dit .

La preuve s'il en est besoin , apparait lors de la première partie , puisqu'il est question de Frédéric Bazille, peintre lui aussi et ami de Monet et qui a été tué au début de la guerre de 1870,  le lecteur , interloqué mais intéressé va comprendre un peu plus tard la dette morale que Monet ressentira à la disparition de son ami.

La deuxième partie, c'est celle de sa rencontre et de sa vie avec Camille Bontieux, son modèle qui deviendra sa femme et sa muse, celle aussi qui apporte un peu de sérénité à son tempérament insatisfait et exigeant vis à vis de ses créations.

C'est  l'époque des vaches maigres mais où tout est permis à l'esprit créatif de ces jeunes peintres, Monet , Renoir et Sisley dans une période historique tourmentée.

La dernière partie, celle que j'ai moins aimée, aborde la fin de la vie du peintre, plus conventionnelle, presque un inventaire testamentaire  .

Michel Bernard emploie un langage pictural imagé , on voit à travers ses mots et ses phrases se composer les toiles, les paysages évoqués entrainent vers la vision des oeuvres , les scènes de la vie quotidienne se fondent dans les peintures du Maitre . L'effet est souvent plutôt magique et j'ai fréquemment  interrompu ma lecture pour  rechercher de visu les tableaux que cela m'évoquait ...

J'ai également apprécié les quelques tableaux reproduits de façon fort correcte dans ce livre.

Un excellent moment ! 

 

 

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 21:39
L'absente de Lionel Duroy

Imaginons des pièces de puzzle éparpillées sur une pente glissante , c'est un peu ce que nous fait vivre Lionel Duroy , alias Augustin Revel lorsqu'il part sur les routes de France avec sa Peugeot remplie de cartons après avoir été expulsé de sa maison du Pertus dans le douloureux partage de son divorce .

Le puzzle, c'est celui de sa vie passée et à venir, un écrivain dont l'oeuvre tourne essentiellement autour de sa famille .

Ce départ involontaire pour ce nouveau sans domicile fixe le ramène à l'histoire de son enfance , quatrième d'une fratrie de dix enfants, où après avoir connu le luxe d'un bel appartement à Neuilly, la famille désargentée se retrouve entassée dans une sordide cité de banlieue .

Suzanne, la mère détestée par ce fils mal aimé devient l'objet de l'obsédante quête d'Augustin et futur sujet de son prochain livre .

Comment cette jeune femme, fille d'une riche famille bourgeoise bordelaise , a t'elle pu épouser Toto, représentant en aspirateur Tornado, le beau Théophile , petit baron mais sans le sou.

De la Bretagne à Verdun , la route est jonchée de rencontres toutes plus improbables les unes que les autres et qui apportent une touche plus farfelue à cette histoire qui ne l'est pas entre le souvenir d'une mère dépressive et imprévisible, un père transparent et une tripotée d'enfants livrés à eux mêmes et le récent naufrage de son mariage.

Tous les chemins finalement mènent à Bordeaux, le berceau familial , le noeud de l'énigme Suzanne, le rebondissement dans cette histoire qui , il faut bien le dire , tournait plutôt en rond .

Un fils à la recherche éperdue d'un peu d'amour de sa mère , des réponses pour la disculper d'avoir si mal aimée cet enfant , une façon de réhabiliter sa mémoire , d'abord à ses yeux mais aussi vis à vis de cette famille hautaine , il y puise également des raisons de poursuivre le chemin : Ne serait-ce que pour ce manque si criant de reconnaissance et d'affection maternelle , ce roman est attachant et touchant.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 19:21
Petit Pays de Gaël Faye

J'ai toujours une certaine appréhension lorsque j'entame un roman dont on parle beaucoup , peur d'être déçue , mais cette fois je partage totalement les excellents avis .

Petit pays dont le sous-titre pourrait être L'impasse , comme ce bout de rue borgne où Gaby, 10 ans, vit avec son père français , sa mère exilée du Rwanda et sa jeune soeur Ana dans une belle maison sur laquelle veillent le chauffeur, le cuisinier et le gardien ,d'origine ethnique diverse et vivant en relative harmonie ; le jeune garçon y a sa bande de copains avec lesquels il va chaparder les mangues dans les jardins de ses voisins.

Une enfance insouciante, le père veille à ce que ses enfants soient écartés de toute conversation politique et à ce que la mésentente du couple ne retentisse pas sur le bonheur des petits mais les conflits, d'abord ethnique entre Tutsis et Hutus et politique avec l'accession de ce petit pays qu'est le Burundi à la démocratie, puis celui plus intime du déchirement du couple aboutissent les uns et les autres à l'impasse et ces différents événements vont finalement rattraper l'innocence  de l'enfance de Gaby .

La déchirure du voile commence par l'histoire du vélo volé où Gaby est confronté à un milieu beaucoup plus pauvre que le sien et cet épisode sera pour lui celui de la première honte, l'ouverture à autre chose qu'un monde doré et privilégié .

La réalité et la confrontation avec la violence viennent rapidement après lorsque les massacres du Rwanda touchent sa famille affectant durablement la santé mentale de sa mère et que le conflit se poursuit au Burundi envahissant l'impasse et rendant impossible la poursuite de cette vie insouciante conduisant au départ en France .

Ce roman magnifique m'a permis également de découvrir le chanteur, le Rap n'étant pas mon domaine musical habituel, et j'ai apprécié , comme dans son livre , la force de l'écriture, Gaël Faye est un vrai jongleur de mots !

 

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 11:05
Les maraudeurs de Tom Cooper

La vie n'a jamais été simple à Jeanette petite bourgade de Louisiane.

L'activité principale est la pêche à la crevette dans les bras du bayou, travail pénible et peu rémunérateur, mais les fils de pécheurs deviennent pécheurs à leur tour et reprennent le bateau familial.

Ca , c'était avant Katrina , cet ouragan qui a dévasté la Louisiane et a laissé des séquelles profondément ancrées : perte d'êtres chers comme la mère de Wes Trench et pertes matérielles et aussi , pour en remettre une couche nauséabonde, c'est le cas de le dire, c'était aussi avant la marée noire dont la grosse compagnie qui exploite le pétrole veut minimiser les effets et décide d'indemniser les victimes avant un éventuel procès mais qui a détruit l'écosystème en particulier les crevettes et rend les gens malades .

Tom Cooper a choisi de nous faire suivre dans de courts chapitres une galerie de personnages atypiques qui tentent de survivre accrochés à leurs racines dans ce coin vraiment désolé .

Le plus jeune, c'est Wes Trench, 18 ans qui vit seul avec son père depuis la disparition tragique de sa mère, il le seconde sur le bateau de pêche mais le bonhomme n'est pas tendre et Wes ne le supporte plus.

Il trouve asile sur le bateau de Lidquist, un pêcheur lui aussi , un homme manchot dont on a volé la prothèse et qui a la lubie de chercher le trésor d'un flibustier avec un détecteur de métaux dans tous les marécages du bayou, ce qui lui vaut bien des déboires .

C'est comme ça que Lidquist va se frotter aux jumeaux Troup, jeunes hommes violents aux activités illégales et qui n'aiment pas qu'on vienne farfouiller sur leur île .

Sans oublier Crosgrove et Hanson, escrocs à la petite semaine et qui vont se confronter à plus tordus qu'eux .

On ne s'ennuie pas, ce petit bout de Louisiane est attachant de véracité , de pugnacité devant les calamités qui s'accumulent et il faut vraiment être né là-bas pour supporter la chaleur suffocante, les marécages avec leurs charmants alligators, serpents et araignées .

Tom Cooper sait y faire pour nous faire vibrer , son histoire a une charpente solide : étonnant de maitrise pour un premier roman !

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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