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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 09:14
Cristallisation secrète de Yôko Ogawa

J'aime bien les oeuvres de Yôko Ogawa, leur atmosphère étrange, dépaysante dans un style poétique , mais je n'ai pas ressenti le même frisson de plaisir à la lecture de celle ci.

Sur une île , la narratrice , une jeune romancière subit comme la plupart des habitants la disparition de choses comme les roses, les oiseaux, non seulement ils disparaissent mais c'est surtout leur notion qui s'efface de la mémoire des hommes ... Une cavité dans le coeur qui ne se comble pas par le souvenir puisque celui ci n'existe plus .

Certains individus résistent , leur mémoire reste intacte mais ces gens sont forcés de rentrer dans la clandestinité car les soldats effaceurs de mémoire veillent et font des descentes chez ces dissidents qu'ils emmènent pour un lieu de détention inconnu dont ils ne reviennent pas .

On reconnait aisément plusieurs thèmes à cette histoire sous forme d'allégorie : le totalitarisme qui est la notion la plus évidente avec l'arrestation de ceux qui ne rentrent pas dans le moule , la manipulation des individus et puis le thème de la mémoire et du souvenir, cela fait penser à L'annulaire du même auteur où les gens faisaient mettre certains de leur souvenirs en éprouvette rangé dans de grands tiroirs par un professeur .

Ce qui m'a gêné dans cette histoire , c'est d'abord l'absence de réaction des personnes car en dehors des rares individus dont la mémoire reste entière, les autres se laissent faire dont l'héroïne : pas de lutte: ils acceptent même lorsque les livres eux aussi disparaissent et finissent dans un grand autodafé , notre jeune romancière n'a pas de sursaut !

J'ai eu aussi du mal à distinguer la vie réelle de celle que l'écrivain raconte dans son livre, les deux se mêlent comme deux reflets d'une même réalité ou du même rêve ou cauchemar, en l'occurence .

C'est un roman sombre qui remue au plus profond de soi sur sa force intérieure , sa capacité à résister , à s'indigner et qui interroge sur ses convictions intimes : jusqu'où est -on prêt à aller pour défendre ses idées ?

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 08:57
Dans la forêt de Jean Hegland

Que deviendrait-on soi-même  si tout ce qui constitue la charpente de notre vie actuelle disparaissait : plus d'électricité, plus de transports, plus de magasins et plus de voisins ? 

Eva et Nell , deux soeurs adolescentes n'ont pas une vie ordinaire puisque leurs parents ont décidé quelques années plus tôt d'aller vivre dans une maison isolée près de la forêt et que l'école étant loin, les filles recevraient quelques cours , à domicile .donnés par leur père , professeur  . 

Les oisillons ont envie de quitter le nid et Eva rêve d'intégrer une école de danse et Nell de rentrer à Havard ...

La mort de leur mère marque un double  tournant  car au chagrin de cette perte , interviennent de graves troubles et la disparition de l'électricité, du téléphone et de l'essence sans que l'on sache vraiment pourquoi en dehors de quelques rumeurs  et  qui rend leur isolement complet .

On s'organise avec les ressources du jardin et de l'atelier jusqu'à ce que le père meurt également .

Après une période de prostration , Eva recommence à danser et Nell dans son cahier décrit leur quotidien et dévore l'Encyclopédie .

Règne de la débrouille et de l'inventivité , elles inventorient chaque objet , optimisent le jardin et les ressources de la forêt, fortes du lien fusionnel qui les unit , consultent les vieux livres, ceux qui décrivent les plantes . 

Une réflexion sur les ressources vitales que l'homme puise en lui quand on le dépossède de tout sauf de l'amour , elles sont deux et même si elles ne sont pas toujours du même avis, leur soutien est essentiel à leur survie .

Ce n'est ni un roman de science- fiction , ni un manuel de survie à l'usage de l'homme des bois , c'est une ouverture à une autre vie plus proche de la nature où tout ce qui semblait indispensable devient dérisoire , pourtant ce n'est pas une vision édénique :  leur isolement est totalement relatif, elles ne sont à  l'abri ni des vagabonds ni des bêtes sauvages sans oublier leurs propres démons : elles sont jeunes et elles ont été propulsées dans un présent sans réel vision d'avenir alors qu'elles sortent de l'enfance et n' avaient encore que des rêves sans les avoir vécus ......

C'est bien écrit, seule la fin peut prêter à discussion , je me suis interrogée en cours de lecture sur la chute possible , elle m'a paru de toute façon délicate vu le thème et le peu d'informations délivrées au lecteur sur les causes de ce bouleversement ,  il fallait bien que l'écrivain conclut !

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 09:02
Une famille parfaite de Lisa Gardner

J'y suis allée à reculons, livre cent fois décalé dans l'ordre mental de ma PAL ... Préjugé infondé  en fait !

Justin et Libby Denbe , en rentrant de leur soirée restaurant chic destinée à recoller les morceaux de leur couple qui vit une période délicate , sont enlevés ainsi que leur fille de 15 ans Ashlyn : une opération parfaitement conduite par des pros qui n'ont laissé que peu d'indices au shérif du New Hampshire et à la détective privée dépêchée sur place par l 'entreprise  de Justin dont il est le patron .

Si l'enquête avance peu, les révélations familiales et les règlements de compte se succèdent chez les Denbe lors de leur captivité ce qui ne rend pas la tache facile aux ravisseurs et le lecteur n'est pas au bout de ses surprises, persuadé à chaque fin de chapitre de savoir qui est le commanditaire du rapt jusqu'au rebondissement suivant ...

Un thriller très bien mené , palpitant jusqu'à la fin et maintenant que j'ai gouté la prose de Lisa Gardner, j'en redemande  !

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 10:32
Seules les bêtes de Colin Niel

Très habile construction dans ce roman qui le rend passionnant du début à la fin .

Les faits sont simples : Evelyne Daucat, épouse d'un homme du pays de Causse qui est devenu riche et est revenu vivre au pays a disparu lors d'une randonnée en plein hiver dans la Tourmente , les recherches sont vaines et toutes les hypothèses sont possibles .

Chaque partie est racontée par un personnage différent,  sans rapport évident direct avec la victime ; il relate sa vie au moment des événements et forcément son ressenti et ses impressions, parfois même sa conviction . Le chapitre s'achève au milieu d'interrogations et le lecteur cogite, revient en arrière dans ses certitudes et continue fébrilement sa lecture !

Ainsi défilent Alice, l'assistante sociale qui apporte son aide et son soutien aux agriculteurs et éleveurs  de la région , elle est elle-même mariée à Michel , l'ancien ouvrier agricole de la ferme paternelle qu'il a repris en épousant Alice .

Le chapitre suivant donne la parole à Joseph, un berger qui vit  sur les Causses avec ses brebis et supporte mal la solitude depuis la mort de sa femme .

A vous de découvrir les personnages des chapitres suivants  car le lecteur n'est pas au bout de ses surprises ... 

Même s'il y'a quelques petites invraisemblances, cela reste une histoire bien cohérente , la narration s'adapte à chaque individu de l'intrigue dans une peinture de moeurs de notre époque sans excès ni volonté de moralisation .

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 13:26
Article 353 du Code Pénal de Tanguy Viel

Sonnée , comme après l'annonce d'un verdict qu'on n'attend pas , en refermant ce roman ...

L'histoire commence par les dernières minutes de Lanzenec dans les vagues de l'océan , poussé hors du bateau par Martial Kermeur ...Voilà pour les faits !

Comment un homme peut être amené à un tel geste , c'est ce que le juge va demander à Kermeur .

Fin des années 1980 ,  sur une presqu'ile bretonne, sinistrée depuis la fermeture de l'Arsenal de Brest ; les ouvriers licenciés ont touché leur prime qui servira pour la plupart à s'acheter un bateau de pêche , c'était en tout cas l'intention de Martial Kermeur jusqu'à ce que le fameux Lanzenec achète la propriété de la commune baptisée le Château , et dont le pavillon du gardien est occupé par Kermeur et son fils Erwan de 11 ans avec l'intention de construire un ensemble immobilier et de transformer cette modeste presqu'ile en station balnéaire .

Martial Kermeur ,  raconte avec ses phrases à lui, d'homme simple, peu instruit, mais fier , de cette fierté des gens de terroir ou de mer, appartenance à une communauté universelle de ceux dont on ne parle jamais parce qu'on a rien à en dire mais qui sont l'essence même de l'humain , et ces paroles ne sont pas seulement un monologue,  car il se parle et se répond, comme s'il faisait lui-même son procès à la fois juge et partie avec simplicité mais aussi beaucoup d'intelligence , de talent et parfois d'humour , les mots sortent seuls , en entrainent d'autres , c'est tout sauf une plainte , c'est une victoire sur l'adversité , un combat ancestral ...

et le juge écoute - presque un prêtre dans le confessionnal ou un psychiatre ...

En spectateur muet de cette de cette arnaque Erwan le fils grandit : comme une éponge , il absorbe l'absurdité et la cruauté de cette situation dont le père cache à tous , à commencer par son fils, le dénouement prévisible.

Terrible enchainement dont on sent tout le caractère dramatique .

Autant je n'avais pas aimé Paris Brest de Tanguy Viel, autant ce roman m'a emporté dans les summums du plaisir de lecteur .

 

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 10:14
La chambre d'ami de James Lasdun

James Lasdun, écrivain d'origine britannique  et vivant aux Etats Unis a un certain talent pour les descriptions minutieuses , son écriture est élégante et précise .

Dommage qu'avec cette perception si fine de l'auteur , le cadre du roman: une villa luxueuse dans la région montagneuse des Catskills , les personnages principaux: Charlie et Chloé le couple qui reçoit Matthew, le cousin de Charlie et l'histoire elle-même , n'arrivent pas à susciter l'enthousiasme du lecteur .

Il m'a fallu attendre la bonne deuxième moitié du roman  pour trouver une action plus palpitante  que de savoir ce que Matthew allait acheter pour le prochain repas, ou si Charlie allait jouer plutôt au tennis qu'aller à New-York et si Chloé choisissait piscine ou yoga ...

Le personnage de Matthew sort à ce moment là de son insignifiance et le lecteur de la léthargie ou de l'indifférence dans lesquels l'avait plongé jusqu'à présent sa lecture mais l'espèce d'engourdissement ou d'indifférence de Matthew reprend rapidement le dessus, je n'ai pas réussi à cerner l'individu, comme s'il était détaché de sa vie réelle   !  On sentait pourtant les frémissements de quelque chose de plus profond dans ce personnage alors que  Charlie , adolescent ,  avait passé quelques années hébergé dans la famille de Matthew jusqu'à la faillite du père de Matthew, une situation qui a généré des conflits restés latents ...

Donc , je ne suis pas arrivée à des sommets d'enthousiasme .

Très surprise du décalage entre la quatrième de couverture , dithyrambique en particulier dans les comparaisons avec des écrivains qui savent faire vibrer leur public, chacun jugera de la pertinence de ces allégations ... 

Je remercie Masse Critique et les Editions Sonatine .

Je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager un petit moment représentatif du roman : 

"Il y a quarante cinq millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté dans ce pays , dit Charlie en se resservant de l'esturgeon fumé qu'il avait rapporté de New-York  ..."

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 18:50
Daddy Love de Joyce Carol Oates

JC Oates est un écrivain prolifique ... et mon curseur a une fâcheuse tendance depuis quelques livres à pencher vers le négatif,  ce roman n'y échappe pas .

Robbie, 5 ans ,  est enlevé sur le parking d'une grande surface , sa mère est accidentée en voulant arrêter la voiture du ravisseur . Ce premier chapitre est répété presque mot pour mot au second , et une tentative au troisième chapitre m'a fait douter de la bonne santé mentale de l'écrivain .

Bien entendu, ce roman qui traite de la pédophilie ne peut laisser indifférent, l'auteur montre bien les failles de cette société américaine puritaine , au visage liftée et aux entrailles pourries .

La description de la perversité du prédateur sexuel met mal à l'aise bien sûr mais la façon de traiter l'histoire de cet enfant en particulier en sautant 6 années de captivité est dérangeante .

J'espère que mes prochaines lectures de J.C Oates me réconcilieront avec elle !

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 10:26
L'autoroute de Luc Lang

Il ne faut pas se fier aux peu de pages du livre, car la lecture prend du temps tant les phrases sont longues , voir par moments un peu indigestes ...

Dans une petite bourgade du Nord Pas de Calais, Frédéric attend dans un café le train qui doit le mener sur son prochain lieu de travail, il est conducteur occasionnel d'engins agricoles ,mais le train se fait attendre , et lorsque Thérèse et son mari Albert qui se sont installés à sa table lui proposent de venir dormir chez eux, à sa grande surprise, lui qui est plutôt taciturne et solitaire , il accepte et les suit dans la propriété dont a hérité Thérèse , dont le parc donne sur l'autoroute. 

Des personnages pour le moins atypiques, pas vraiment attachants, dont on apprend le passé  par bribes surtout celui de Thérèse, que l'on devine agité et a t'elle vraiment coupé les ponts avec sa vie d'avant . la narration logorrhéique ressemble à son débit verbal ...

Entre bouteilles vidées , nuits agitées et la musique dans la tête ,  le travail dans les champs de betteraves est dur . 

Les rêves des uns et des autres sont bien éloignés de la  réalité de cette vie lugubre comme ces grandes étendues de champs de betteraves : plats et monotones , comme le serpent de l'autoroute dont le bruit de fond remplit le silence .

N'y a t'il pas justement autre chose, une échappatoire à chacun pour effacer la grisaille , on le découvre enfin sans que cela m'ait vraiment convaincue ...

A chacun de juger !

 

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 15:30
Galvestone de Nic Pizzolato

A quoi ça tient le choix d'un livre ? De rumeurs fondées sur le tournage du prochain film de Mélanie Laurent et la curiosité de découvrir un roman qui a eu un certain succès puisqu'il a obtenu le prix du premier roman étranger en 2011.

Nouvelle Orléans, 1987 , Roy Cody, un gangster surnommé Big Country apprend qu'il a un cancer du poumons et que ses jours sont comptés ... Le même jour ,envoyé par son boss régler un différent , il tombe dans une embuscade et ne doit sa survie qu'à la chance des ivrognes .

Commence alors une cavale, accompagnée de Rocky, une jeune prostituée, elle aussi rescapée de la fusillade et que Roy embarque dans son pick up .

Un duo mal assorti de cabossés de la vie comme on en rencontre tant dans la littérature américaine, il faut du talent pour arriver à captiver son lecteur, l'histoire a du corps, les deux héros, toujours sur la corde raide sont attachants et Nic Pizzolato surprend .

Un excellent roman, dont je guetterai l'adaptation cinématographique !

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 14:53
Concerto pour quatre mains de Paul Colize

Après Back up qui se passait dans le monde du Rock and Roll avec ses idoles et ses excès , je me demandais si Paul Colize nous entrainait cette fois-ci dans l'univers plus feutré ( pour le néophyte ) de la musique classique .

Certes, de piano il est bien question mais plutôt en sourdine car c'est avant tout un roman sur les gangsters ,  pas les petits voyous à deux balles , non les grands, ceux qui organisent les casses dont on fait des films avec Jean-Paul Belmondo, à la belle époque du cinéma français , et oui j'ai une nostalgie certaine pour les films de José Giovanni , Georges Lautner ou  Michel Audiard ...

Des gangsters avec un code d'honneur : celui de ne pas faire couler le sang : élégance et style en parfaits gentlemen ! et le style de Paul Colize est efficace, on est au coeur de l'action , son coeur penchant à la fois du côté du bandit Franck Jammet, dont on suit la carrière et celui de l'avocat Jean Villemont qui ne se contente pas des faits qui accusent le jeune  voyou Akim .

L'histoire n'est pas aussi simpliste que l'on pourrait l'imaginer et la chute peut en surprendre plus d'un !

 

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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