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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 22:13
Best love Rosie de Nuala O'Faolain

Rosie, la cinquantaine a passé sa vie à parcourir le monde , sans attache de lieu ou d'amants .

Le doute sur son pouvoir de séduction s'installe avec Léo, son amant italien vieillissant, leur relation s'émousse et Rosie éprouve alors le besoin de rentrer au bercail .

Son pays c'est l'Irlande , sa seule famille c'est Min, la tante de 70 ans qui l'a élevée à la mort de sa mère et qui a mis sa vie entre parenthèse à l'âge de 15 ans pour s'occuper du bébé.

Il lui reste aussi quelques amis de son âge, fidèles même s'ils n'approuvent pas toujours ses choix .

Min, elle, ne l'attend pas les bras ouverts et préfère passer des heures dans un pub à boire plus que de raison ou rester couchée une bonne partie de la journée : ce ne sont pas les retrouvailles espérées par Rosie !

Le lecteur lors de la mise en place des personnages reste un peu sur sa faim, mais le roman prend une autre tournure lorsque, à l'occasion du projet de la rédaction de petits opuscules sur l'art d'aborder la cinquantaine , Rosie part à New-York, bientôt rejointe par sa tante qui a décidée de mener enfin une nouvelle vie au grand étonnement de sa nièce et parfaite illustration de ce qu'on peut entreprendre à tout âge .

Si l'une s'ouvre au nouveau monde, Rosie de retour en Irlande découvre la maison de ses grands-parents et par la même , leur histoire et s'entête à vouloir restaurer la bicoque et vivre dans ce coin perdu.

Nuala O'Faolain aborde dans ce roman deux thèmes principaux .

Celui du peuple irlandais avec ce besoin ou cette nécessité de fuir un pays où la pauvreté a longtemps perduré , pas d'espoir , pas d'avenir , envie d'aller voir ailleurs, de rêver d'un futur plus souriant, une ouverture au monde que les gens les plus vaillants ne sentaient pas dans leur pays natal mais ce départ n'est que partiel, une partie du coeur restant profondément attaché au à l'Irlande.

Et puis l'amour, omniprésent, celui pour ses enfants ou ceux qu'on élève, souvent ingrat ou décalé et l'amour de l'autre, recherche d'un partenaire pour quelques heures de plaisir ou quête de l'âme soeur .

J'ai bien aimé le portrait touchant de ces femmes et de leurs amis, l'évocation du sol irlandais où les racines sont profondes et les convictions bien ancrées , la fierté nationale de ces gens même s'ils sont partis pour fuir justement le carcan qui les oppressait .

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 19:15
Quatre garçons dans la nuit de Val Mc Dermid

Avertissement au lecteur insouciant qui ouvrirait ce roman policier sans prendre garde :

une fois entamé, il ne se lâche plus !

Ecosse, Décembre 1978 , quatre amis étudiants en rentrant d'une soirée bien arrosée découvrent le corps de Rosie Duff, serveuse du bar qu'ils fréquentent.

Affolés, ils vont chercher du secours et trouvent un policier en patrouille dans le coin.

Mais ce qu'ils n'imaginent pas, c'est que , en plus du choc de cette mort violente , ils sont les seuls témoins et donc les plus suspects .

Ces jeunes hommes, Gilly, Ziggy, Weird et Mondo, soudés jusqu'à présent par une amitié sans faille vont connaitre des jours d'anéantissement et de doutes puis sont relâchés faute de preuve.

Leur enfer n'est pas pour autant terminé car ils sont poursuivis par les frères de la victime, persuadés de leur culpabilité .

Deuxième partie , 25 ans plus tard, certains dossiers non élucidés sont rouverts avec l'espoir que les nouvelles technologies puissent apporter un éclairage décisif .

Les jeunes gens ont fait leur vie, chacun de leur côté , ne se fréquentant que de loin en loin et la réactivation de l'enquête ravive de sombres souvenirs et les interrogations sur l'innocence de chacun.

Cette seconde époque est plus rythmée, plus angoissante et la tension au fur et à mesure des disparitions suspectes des témoins s'accroit jusqu'au dénouement que je n'ai absolument pas deviné .

Alors là, chapeau !

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 10:58
L'improbabilité de l'amour de Hannah Rothschild

Hannah Rothschild connait très bien le monde de l'art avec les galeries de peinture, les ventes époustouflantes aux enchères et surtout tous les personnages qui gravitent autour , elle nous livre une critique parfois amusante et souvent grinçante de ce milieu.

Annie déniche , dans le bric à brac d'une brocante, une toile un peu vieillotte qui la charme et curieuse, elle se met en quête de son origine.

Commence alors telle une enquête policière , l'incroyable odyssée de ce tableau peint par Watteau .

C'est la partie de l'histoire la plus intéressante , liée à l'art même si j'ai trouvé le procédé de faire parler le tableau certes original mais bien peu respectueux du style et de la prose du XVIII ème siècle , époque picturale du rococo , pour lequel j'avoue ne pas avoir une grande passion , j'ai trouvé plutôt irrévérencieux d'appeler le peintre par son prénom (ça doit être mon côté "vieille France" qui s'exprime) ...

Seulement le roman est beaucoup plus touffu, partant à mon humble avis un peu dans tous les sens et gâchant le plaisir de lecture : trop de personnages souvent éloignés du coeur de l'intrigue, même s'ils représentent le milieu du marché de l'art, cela noie l'intérêt et rend la lecture fastidieuse .

De la même façon, la passion et le don d'Annie pour la cuisine pourraient presque faire l'objet d'un roman à part .

Et que dire de la fin du roman, une succession d'événements assez invraisemblables qui pourraient faire dire qu'il n'y a pas que l'amour qui soit improbable...

J'ai été gênée de surcroit par certaines boulettes historiques, en particulier , et je ne suis pas la seule à l'avoir remarquée, le massacre de Katin.

Ce n'est pas ,malheureusement , malgré le thème sur l'art, le type de roman que j'apprécie !

En remerciant les Editions Belfond et Masse critique pour cet envoi .

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 10:18
Ce qui nous sépare de Anne Collongues

Un wagon de RER qui surgit hors de la nuit ,

Court vers la banlieue au galop ...

A bord, ce ne sont pas des héros , juste des hommes et des femmes que le hasard a réuni pour un bref instant mais qui ressemble à une petite vie en raccourci, et qui même s'ils s'épient , restent chacun dans leur bulle .

Ce trajet dans un paysage gris et pluvieux avec le ronronnement des roues, le reflet sur la vitre qui renvoie une image déformée, scrutateur sans pitié, déclenche pour chaque passager une rétrospection pour la plupart douloureuse, c'est le moment où les souvenirs affluent , parfois anciens , de ceux qu'on avait eu du mal à enfouir et qui reviennent comme une gifle .

Qu'est-ce que j'ai fait de ma vie, chacun se pose la question et entraine le lecteur dans cette même interrogation ?

Anne Collongues par petites touches donne la parole à ces 7 passagers : des vies chaotiques, des événements tragiques et au bout, souvent des impasses.

Beaucoup de mélancolie dans ce huis clos muet .

Puis, au fur et à mesure que les voyageurs avancent vers leur destination, le rythme s'accélère, les récits se bousculent, se mélangent, s'entrechoquent , on range fébrilement ses pensées comme on rangerait ses bagages avant l'arrivée imminente sur le quai, fort des résolutions prises, une lueur d'espoir ou le bout du tunnel , on n'en saura pas plus et c'est bien comme cela.

Le lecteur aussi débarque sur le quai, un peu ébouriffé par ce moment intime , un peu triste aussi d'avoir quitté ce wagon mais un autre roman l'attend, un nouveau départ vers une destination inconnue ...

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 22:01
Une seconde vie de Dermot Bolger

Lorsqu'il frôle la mort, lors d'un accident de voiture avec cette expérience si particulière de mort clinique , Sean Blake n'est plus le même homme lorsqu'il rentre dans son foyer retrouvant femme et enfants .

Obsédé par un visage d'homme jeune aperçu dans le couloir de la mort, la recherche de sa mère biologique devient une priorité.

Sean a été adopté à l'âge de six semaines et a très peu d'éléments lui permettant de retrouver ses origines .

Né en 1956 , en Irlande où la morale influencée par l'église catholique était extrêmement conservatrice : une époque où les jeunes filles étaient enfermées dans des couvents pour cacher leur grossesse et expier par le travail et les privations leur faute et où les enfants étaient retirés très jeunes de leur mère pour être adoptés .

A force de persévérance , de recherches et d'intuition, il va retrouver la trace de sa véritable mère et ses racines familiales .

Dermot Bolger livre avec beaucoup de pudeur les histoires de ces très jeunes femmes marquées à jamais dans leur chair et poursuivies par la perte de leur enfant et celles de ces enfants adoptés dont le regard des autres marque leur différence mais également il nous montre dans une certaine mesure le point de vue de ces religieuses sans juger ni condamner .

Tant de souffrance déjà évoquée dans d'autres oeuvres comme Philomena , adaptée au cinéma, ne peut laisser indifférent et on admire la maitrise de l'écrivain qui ne tombe jamais dans le pathos .

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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 10:51
L'île du serment de Peter May

Changement de continent pour cette nouvelle enquête nous entrainant dans les îles de la Madeleine, porte d'entrée du Canada où Peter May poursuit ses ancêtres de l'île Lewis , ces pauvres métayers chassés par les gros propriétaires terriens, entassés dans des bateaux , débarqués et parqués pour une quarantaine avec l'espoir pour certains d'une nouvelle vie.

Sime , un policier d'origine écossaise arrive sur l'île d'Entrée avec son équipe pour enquêter sur le premier meurtre jamais commis dans cette île .

Tout semble accuser l'épouse de l'homme assassiné , mais pour Sime, la vision de cette femme le replonge dans ses souvenirs d'enfance lorsque sa grand-mère lui lisait le journal de son ancêtre nous replongeant dans cette Ecosse du XIX ème siècle au moment de la famine des pommes de terre , époque terrible qui, comme en Irlande a entrainé un déplacement important du peuple paysan vers le nouveau continent .

Sime en proie à une insomnie chronique depuis le départ de sa femme , qui (bien entendu ) se trouve également dans l'équipe envoyée sur l'île mène une enquête parallèle persuadé de l'innocence de la femme .

Double histoire avec celle de son ancêtre Simon dont les pages du journal s'intercalent avec l'époque actuelle et que j'ai trouvé les plus intéressantes et poignantes , histoires reliées par une chevalière et un pendentif .

Le dénouement concernant le crime n'est pas vraiment à la hauteur de l'intrigue, Peter May s'en sort plus honorablement avec l'histoire ancienne .

Reste tout de même à faire une large abstraction d' un style répétitif et parfois un peu pauvre ...

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 08:48
Le mystère Henri Pick de David Foenkinos

J'aimerais bien me balader dans les arcanes du cerveau de David Foenkinos : après avoir écrit cet ouvrage si émouvant sur Charlotte , cette jeune artiste peintre disparue dans un camp de concentration , voilà l'écrivain aux prises avec la création littéraire .

La curiosité est aiguisée dès les premières pages lorsque le lecteur découvre la bibliothèque des livres refusés à Crozon, le bout du bout du Finistère, dernière étape avant l'océan ou ultime étape avant l'oubli et le cimetière des livres oubliés de Carlos Ruiz Zafon .

Mais à la mort de son fondateur , la librairie tombe peu à peu dans l'oubli jusqu'à ce que Delphine, une jeune éditrice , originaire de ce lieu , lors d'un séjour avec son compagnon, écrivain qui n'a pas eu le succès attendu pour son premier ouvrage , exhume un manuscrit d'un certain Henri Pick .

Comme un coup de tonnerre dans le ciel de Crozon , ce livre du feu Henri Pick secoue la vie de bien des habitants à commencer par celle bien morose de sa veuve qui ne l'avait jamais vu un livre à la main et se demande bien comment son pizzaiolo de mari a pu lui cacher un telle chose : Henri Pick menait-il une double vie ?

Rythme endiablé et personnages bien croqués, ce roman se lit vite et même s'il n'atteint pas des sommets de finesse, ne boudons pas notre plaisir .

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 11:47
Dérive sanglante de William G Tapply

Avec ce premier roman de W.G Tapply que je découvre , je me suis sentie d'emblée comme une truite sauvage dans ces coins d'eau secrets , me laissant caresser par le flot agréable en guettant les éphémères pour mon déjeuner .

Mais ça, c'est avant le passage de Cate et de son équipe de guides pour passionnés de pêche à la mouche à la poursuite de la truite sauvage dans cette belle contrée du Maine .

C'est là que Stoney Calhoun est arrivé après son long séjour à l'hôpital ne sachant plus ce qu'était son passé mais guidé par son instinct et il s'y sent bien .

Parce que la tête du client ne lui revenait pas , il laisse partir son copain, le jeune Lyle avec un homme plutôt agé vers un trou d'eau un peu éloigné mais Lyle ne revient pas et le soi-disant pécheur a disparu.

Commence alors pour Stoney une quête à la recherche de son pote puis de celui qui l'a tué .

Le rythme est soutenu, l'écriture efficace , les décors sont somptueux et l'intrigue est tout à fait crédible : j'y ai pris beaucoup de plaisir et je me régale déjà à la perspective de la découverte des deux tomes suivants .

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 09:45
La mémoire de nos pères de Sorj Chalandon

Lorsque Lupuline Beuzaboc demande à Marcel Fermaux ancien journaliste reconverti dans la biographie des autres," les obscurs, les sans-grade "de rassembler dans un livre les souvenirs de son père lorsqu'il était dans la résistance pour son quatre vingt quatrième anniversaire , l'écrivain y voit l'occasion de renouer avec ceux de son père disparu quelques vingt ans plus tôt .

Orphelin trop tôt Marcel s'en veut de ne pas avoir recueilli lui-même les mots de son père racontant si parcimonieusement ses faits de guerre au frère ainé , ce père, Pierre Fermaux devenu Brumaire pour ses frères d'armes, "ses gars"

Mais le doute s'installe rapidement , Marcel vérifie les propos du vieil homme , la confiance s'ébranle et les séances deviennent pénibles pour les deux hommes autant que la canicule installée sur la France en cet été 2002 jusqu'à l'orage .

Comment ne pas trahir l'attente de Lupuline qui veut garder intactes ses émotions d'enfant lorsque son père venait lui raconter le soir dans sa chambre ses exploits .

Comment ne pas trahir le vieil homme prisonnier de son statut de héros vis à vis de sa fille ?

Comment retrouver son père loin de l'image du petit homme fatigué qu'il a gardé ?

Un grand moment !

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 09:33
Amours en marge de Yôko Ogawa

Dans ce premier "long" roman, Yôko Ogawa entraine le lecteur dans le labyrinthe des souvenirs .

Une jeune femme , lorsque son mari la quitte, entend des sons étranges : flute ou violon qui emplissent son esprit et la coupent de la réalité sonore du monde .

Après plusieurs séjours dans une clinique spécialisée, elle est sollicitée par un magazine avec d'autres patients pour raconter son expérience de malade et lors de cet interview elle fait la connaissance de Y. un jeune sténographe et tombe amoureuse du ballet de ses doigts transcrivant l'entretien .

S'en suit une amitié amoureuse où le jeune homme note, à l'occasion de leurs rencontres , sur des carnets les impressions sonores et les souvenirs de son amie qu'il classe ensuite chez lui.

Comme dans l'Annulaire, on retrouve ce besoin de classer et de ranger les souvenirs dans des tiroirs bien étiquetés , ces tiroirs sont ceux également de notre mémoire qui s'ouvrent souvent de manière inconsciente , réminiscence en l'occurence de musique entendue dans l'enfance et qui revient lors d'un événement perturbateur .

J'ai vraiment eu l'Impression au cours de ma lecture que les mots se déposaient délicatement comme sur la neige en flocons légers, même la façon de lire s'en ressent, on retient les mots , la respiration ralentit, les sons apparaissent assourdis et le temps est suspendu ...

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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