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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 16:16
Moka de Tatiana de Rosnay

A l'occasion de la sortie de l'adaptation cinématographique de ce roman, Moka publié initialement en 2009 refait une petite sortie .

Le monde bien rodé de Justine s'écroule lorsqu'elle reçoit un appel pour lui annoncer que son fils Malcom, 13 ans a été renversé par une voiture , que le jeune garçon est dans le coma et que le conducteur du véhicule s'est enfui .

Comment affronter ce drame ? le couple franco-anglais réagit chacun à sa manière et au lieu de rester soudés et de faire face ensemble , Justine et Andrew vivent ces jours d'angoisse et d'attente en s'éloignant l'un de l'autre avec une incompréhension grandissante .

Pour Justine, la recherche de la voiture, un vieux modèle de Mercedes couleur Moka et de son conducteur ne va pas assez vite et elle fait tout pour accélérer l'enquête quitte à sortir de la légalité et à agir impulsivement , cela devient une obsession que ne comprend pas son mari .

Les personnages sont touchants et attachants , y compris les personnages secondaires, avec une analyse psychologique qui apparait assez juste et fine .

Bien sûr difficile de ne pas sombrer dans le mélo mais pour de nombreux lecteurs parents (ou pas ) le sujet a une profonde résonance et si j'ai bien aimé ce livre, j'en ai déduit aussi que je n'irai pas voir son adaptation au cinéma, pour ne pas être obligée de ressortir de la salle avec trois paires de lunettes noires pour masquer mes yeux rougis et gonflés ...



















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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 17:06
Soyez imprudents les enfants de Véronique Ovaldé

Le destin d'Atanasia Bartolome va se dessiner le jour où accompagnant sa classe dans un musée de Bilbao alors qu'elle avait 13 ans, elle est subjuguée par une toile d'une femme nue du peintre Roberto Diaz Uribe.

C'est pour elle, le déclic de la sortie d'une enfance entre deux parents taciturnes, le départ vers le monde , l'inconnu et le passé de sa famille .

Car grâce aux bavardages de sa grand-mère Esperanza, elle découvre que ce peintre a été élevé par cette même grand-mère , qu'il est le cousin de son père et qu'il a mystérieusement disparu depuis de nombreuses années.

Atanasia part alors à Paris rencontrer un professeur spécialiste du peintre , un russe alcoolique volontiers agressif, c'est pour elle le début de l'exploration non seulement de la vie de l'artiste mais de la vie tout court avec un appétit de découverte et de nouveautés tout en racontant l'histoire foisonnante de la famille Bartolome, des hommes ambitieux mais poussant leur insatisfaction jusqu'à leur disparition subite: "soyez imprudents les enfants "recommandation lancée par une des génitrices et dont on peut faire la devise de cette famille si originale .

Remontant de temps anciens jusqu'à l'histoire la plus récente, celle de ses parents qui ont été d'une discrétion maladive , c'est une quête de soi , un roman initiatique tout autant que conte sans vraiment verser dans le fantastique, cela reste toujours à la limite du réalisme porté par une jeune femme qui ne veut pas sombrer dans la mélancolie maternelle .

on reconnait les thèmes de Véronique Ovaldé, son écriture fluide, souvent nerveuse , on passe de la troisième personne à la première au fil des phrases : on ne s'ennuie jamais et c'est ce que j'aime !

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 14:13
Ecoutez nos défaites de Laurent Gaudé

Ceux qui connaissent bien les oeuvres de Laurent Gaudé reconnaitront sans peine le style lyrique de l'auteur qui ressemble par moments dans cet ouvrage à une geste antique .

Assem, agent des services secrets français est à la veille d'une nouvelle mission , il rencontre à Zurich au bar de son hôtel , Mariam, une archéologue irakienne qui passe sa vie à traquer les oeuvres de musée volées après avoir assisté au pillage du musée de Bagdad .

Chacun est arrivé au bout de quelque chose, Assem sent venir le temps de la réflexion après l'action , et Mariam doit affronter la maladie, chacun dépose une offrande à l'autre après cette nuit unique, Assem , ce sont quelques vers du poète ... et Mariam, la statue du dieu Bés.

Entre les quelques jours autour de cette rencontre, Laurent Gaudé insère trois épisodes de combat: celui du Général Grant lors de la bataille de Shiloh contre l'armée des confédérés et qui sera la plus sanglante de la Guerre de Sécession , l'histoire de Haïlé Sélassié à partir de sa défaite contre l'armée italienne de Mussolini et de son exil et celle, enfin, d'Hannibal Barca lors de sa tentative de conquête de Rome .

Chaque histoire, en soi , est marqué du sceau de la défaite .

Je n'ai pas réussi à entrer en phase avec ces histoires , celles du passé étant plutôt un survol pour arriver à la constatation du thème principal de la défaite et les réflexions et les états d'âme d'Assem et Mariam sont tristement d'actualité , celles de héros fatigués .

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 10:22
L'archipel d'une autre vie d'Andreï Makine

Depuis combien de temps n'avais-je lu un roman d'Andreï Makine, sans doute pas depuis le Testament Français en 1995 ,et je me demande bien pourquoi il a subi , malgré lui, malgré moi, ce long purgatoire ...

Je me suis laissée captiver par ce roman qui débute de manière plutôt ordinaire dans la période du "communisme vieillissant " par la curiosité d'un jeune garçon envoyé pour un stage imposé de géodésie à Toughour dans la taïga et qui suit un homme dont le comportement lui semble inhabituel . Une traque que le jeune homme vit comme une aventure hors du commun, il culpabilise presque de voler des moments d'intimité au fuyard .

Mais c'est bien l'innocence ou la naïveté du débutant , car il se fait piéger comme un bleu par l'homme , alors au coin du feu du bivouac après avoir écouté l'histoire du jeune homme, le plus âgé débute son récit et là, commence petit à petit l'éveil du lecteur .

Pavel Gartsev a vingt ans dans les années 1950, période stalinienne tardive et s'étant engagé dans l'armée , il effectue avec ses camarades des manoeuvres de préparation à une troisième guerre mondiale nucléaire , lorsqu'il est désigné pour accompagner une équipe à la poursuite d'un prisonnier fugitif .

Un commissaire politique, le commandant, un jeune officier blanc-bec voulant prouver sa bravoure, et un vieux sergent et son chien partent donc avec Pavel sur les traces du fugitif à travers la taïga , l'affaire devant se régler rapidement ...

Une chasse débute, mais le gibier est finalement plus rusé que ses poursuivants et la traque se prolonge , pas question de revenir bredouille au camp.

Peu à peu, une évolution se fait dans le mental des soldats mais également dans l'esprit du lecteur, nous quittons un roman d'aventure et une critique politique évidente pour une réflexion plus profonde.

Devant la difficulté, les masques tombent, les aspirations intimes s'expriment , les ressentiments surgissent , la bestialité éclate ouvertement entrainée par celle des autres mais il se passe aussi autre chose de bien plus secret , le plaisir de la chasse fait place au bonheur, certes fugace , de la vie dans la taïga, loin des contraintes et des regards, et ils entrevoient sans la nommer une forme de liberté, celle qu'ils n'ont jamais connue, interdite par le régime et leurs fonctions et surtout celle du soi-disant gibier qui se joue d'eux, beaucoup plus habitué à la taïga et à ses pièges que les militaires .

Pavel, qui n'a pas l'expérience des autres subit cette prise de conscience de plein fouet, on sent que le retour en arrière va être difficile ...

Chacun fuit la sombre réalité : il a deux choix : celui de rentrer dans le rang et de se fondre dans la masse comme un "pantin" sans espoir de bonheur ou de courir vers la liberté quelque soit les obstacles et peut-être y rencontrer l'amour, le vrai .

Vous choisissez quoi , vous ? moi c'était déjà plutôt évident et cela devient lumineux grâce au talent d'Andreï Makine .

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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 11:24
Indian Creek de Pete Fromm

Sur un coup de tête avec l'envie d'être son propre maître et pour avoir lu trop de livres d'aventures, Pete Fromm, 20 ans et étudiant en biologie animale accepte d'aller garder pendant 7 mois des milliers d'oeufs de saumon dans les Rocheuses.

Mais il y a loin des rêves de gosse s'inventant une vie de trappeur intrépide et la découverte d'un long séjour en solitaire dans une tente, loin de ses potes et des soirées bien arrosées car une fois la saison de la chasse finie et les rudes gaillards partis , Pete va devoir affronter l'hiver qui débute tôt , la solitude, le lynx et l'ours et apprendre à se chauffer, à chasser , à conserver sa viande ... bref une vie d'ermite perdu dans la montagne enneigée .

Heureusement , il a Boone, sa chienne qui partage cet apprentissage .

Et quelle déception de découvrir dès que la neige fond , l'arrivée de touristes venant briser cette belle harmonie, finalement acquise à coup de doutes , de peurs mais également de victoires et de petits moments de pur bonheur .

Un récit vivifiant et par ces températures caniculaires, on rêve d'accompagner Pete le long de ses sentiers creusés dans la neige pour aller casser la glace dans les bassins des alevins .

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 17:08
L'orée du verger de Tracy Chevalier

Pom, pom, pom, pom

pom, pom, pom ,pom ...

Où il est question de choisir entre les pommes à couteau et les pommes à cidre et ce dilemme est devenu une véritable guerre entre James et Sadie Goodenough, un couple venu s'établir dans une zone marécageuse de l'Ohio avec sa nombreuse progéniture .

La première partie du roman se déroule au printemps 1838 , à la fois racontée à la troisième personne , à la fois baragouinée par Sadie rendant la lecture déplaisante à mon goût : trop rudimentaire et vulgaire .

Le procédé employé par Tracy Chevalier pour nous faire sauter de nombreuses années tout en nous faisant suivre l'histoire du fils cadet, Robert, héros du roman consiste en de brèves missives racontant les principaux épisodes de son périple mouvementé mais l'orthographe hasardeuse la rend également pénible à lire .

La dernière partie se raccroche aux branches des séquoias géants avec la découverte de ces arbres majestueux, l'exploitation touristique qui va rapidement se developper et le trafic avec l'Angleterre de graines et de jeunes plants pour l'agrément de quelques beaux parcs .

Décidément, Madame Chevalier , on est loin de la jeune fille à la perle et de Prodigieuses créatures ...

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 17:02
Une putain d'histoire de Bernard Minier

Bernard Minier a le cran de laisser de coté son Commandant Servaz et son Sud Ouest et de nous entrainer sur les traces des thrillers américains.

Il a choisi de planter le décor dans une ile, ce qui est, chaque lecteur le sait, un monde à part, l'insularité créant derechef une ambiance particulière et en l'occurrence , l'ile de Glass Island n'est reliée au continent que par les rotations quotidiennes du ferry et n'a jamais connu de meurtre même si ces habitants sont loin d'être tous des enfants de choeur .

Alors , lorsque le corps d'une jeune fille de seize ans est découvert, c'est la stupeur, et lorsque l'enquête commence chacun regarde son voisin avec méfiance, tout se délite rapidement : amitié , amour, rapports filiaux avec un sentiment de découragement et beaucoup de dépit aussi devant la facilité avec laquelle un cocon familial ou une belle amitié qui, tels des icebergs frappés par le réchauffement climatique se fissurent et s'effondrent ...

L'histoire est racontée à la fois par Henry, un jeune garçon du même âge et petit ami de la victime, un ado plutôt sympa, élevée par deux mamans et qui se trouve au coeur de l'intrigue et d'autre part un récit extérieur reprenant des événements antérieurs et étrangers à l'ile : ce style de narration apporte beaucoup de rythme , et du rythme cela n'en manque pas du début à la fin : pas de temps mort, on ne souffle jamais : le lecteur bat tous les records d'apnée et finit poignardé par la dernière partie : asphyxié et exsangue : pour une putain d'histoire !

Bernard Minier dénonce à la fois dans son histoire mais également dans la post-face l'intrusion grandissante des nouvelles technologies dans notre vie privée et le " Big Brother is watching you" est devenu une quasi réalité bien inquiétante ...

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 11:25
2084- la fin du monde de Boualem Sansal

Après bien des hésitations , je me lance finalement dans la lecture de ce roman dystopique : 2084-la fin du monde.

Le fait de prévenir en début du roman que l' histoire, les lieux et personnages sont inventés permet à l'auteur de passer outre la vraisemblance et la probabilité d'un tel avenir (ou du moins c'est ce qu'on s'efforce de croire ) : la suprématie d'un empire théocratique appelé l'Abistan dont on peut faire remonter la naissance après la Grande guerre de religion à vraisemblablement 2084, un pays sans frontière connue, où l'individu n'existe plus en tant qu'être humain à part entière mais comme élément faisant partie d'un ensemble parlant une même langue simplifiée, sans passé et sans avenir dans un monde uniforme rythmé par les prières, les périodes d'abstinence, les examens de conscience et avec comme unique but les pèlerinages sur les lieux saints .

Un totalitarisme théocratique où l'homme en tant qu'individu n'existe plus et ne se rebelle pas , l'allégeance allant de soi : cela fait froid dans le dos ...

Ati, un citoyen de l'Abistan a été isolé dans un sanatorium perdu dans la montagne . Est ce parce qu'il a côtoyé la mort de près, qu'il a vécu cloitré ou qu'il a été rejeté par la société, la tuberculose étant considéré comme un fléau , qu'il s'interroge sur ce qui peut exister d'autre en dehors de ce pays ,et qu'il se pose des questions sur la religion et sur la foi.

Débute alors lorsqu'il revient à la capitale Qossabad la partie que j'ai préférée : sa prise de conscience d'autres vies que celles que l'on impose à la population : les luttes de pouvoir, la richesse et la concupiscence des élites mais aussi les ghettos et leurs bidonvilles dans lesquels sont entassés les rares non croyants .

J'ai trouvé que la lecture de cette fable était souvent difficile, le propos m' a paru parfois confus ce qui nuit à la fluidité du récit et je suis restée à l'extérieur, spectatrice un peu agacée par un certain verbiage , sans doute faut-il le reprendre plusieurs fois ...

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 10:57
Albert sur la banquette arrière de Homer Hickam

Un alligator sur la banquette arrière ,

une mémoire d'éléphant, un cou de girafe , une langue de chat, un trou de souris, un hippopotame dans le tiroir, un polichinelle insolent, un nègre en chemise ,

... et un raton laveur,

un alligator sur la banquette arrière,

un singe sur l'épaule, un papillon en hiver, un chat dans la gorge , des fourmis dans le pied, une araignée au plafond,

... et deux ratons laveurs ,

Un alligator sur la banquette arrière,

une dinde de Noël, un lapin chasseur, une pie voleuse , un lièvre à la royale , un canard à l'orange , un homard Thermidor , une outarde canepetière ,

... un bouquin abandonné sur la banquette arrière

... et quelques ratons laveurs

Merci Monsieur Prevert à qui j'ai emprunté l'idée de cet inventaire et ses Ratons laveurs .

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 08:37
Amère Russie Tome 1 d'Aurélien Ducoudray et Anlor.

Années 1990 , l'empire soviétique se disloque , la Tchétchénie affirme son statut de République et les jeunes soldats russes partent au front .

Une" petite mère", Ekaterina Kitaev , vit de la vente de DVD pirates dans les couloirs du métro, elle n'a aucune nouvelle de son fils Volodia envoyé combattre les rebelles tchétchènes, lorsqu'elle apprend par une coupure de journal qu'il a été fait prisonnier et n'écoutant que son coeur de mère, elle part avec sa petite chienne rencontrer le chef Bassaïev pour faire libérer son garçon .

Voyage improbable où elle est recueillie par des femmes tchétchènes, dont les plus jeunes sont des combattantes, surnommées les Amazones .

Beaux portraits de ces mères-courage, de ces femmes qui se battent pour leur pays,

belles gueules de rebelles, aussi féroces que les soldats russes, la violence et la cruauté sont de tous les bords .

Tout ceci est très bien rendu par la plume de la dessinatrice, Anlor, et la force du récit d'Aurélien Ducoudray , alternant des moments cocasses avec les pires scènes de guerre ou de torture .

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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