Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 11:25
2084- la fin du monde de Boualem Sansal

Après bien des hésitations , je me lance finalement dans la lecture de ce roman dystopique : 2084-la fin du monde.

Le fait de prévenir en début du roman que l' histoire, les lieux et personnages sont inventés permet à l'auteur de passer outre la vraisemblance et la probabilité d'un tel avenir (ou du moins c'est ce qu'on s'efforce de croire ) : la suprématie d'un empire théocratique appelé l'Abistan dont on peut faire remonter la naissance après la Grande guerre de religion à vraisemblablement 2084, un pays sans frontière connue, où l'individu n'existe plus en tant qu'être humain à part entière mais comme élément faisant partie d'un ensemble parlant une même langue simplifiée, sans passé et sans avenir dans un monde uniforme rythmé par les prières, les périodes d'abstinence, les examens de conscience et avec comme unique but les pèlerinages sur les lieux saints .

Un totalitarisme théocratique où l'homme en tant qu'individu n'existe plus et ne se rebelle pas , l'allégeance allant de soi : cela fait froid dans le dos ...

Ati, un citoyen de l'Abistan a été isolé dans un sanatorium perdu dans la montagne . Est ce parce qu'il a côtoyé la mort de près, qu'il a vécu cloitré ou qu'il a été rejeté par la société, la tuberculose étant considéré comme un fléau , qu'il s'interroge sur ce qui peut exister d'autre en dehors de ce pays ,et qu'il se pose des questions sur la religion et sur la foi.

Débute alors lorsqu'il revient à la capitale Qossabad la partie que j'ai préférée : sa prise de conscience d'autres vies que celles que l'on impose à la population : les luttes de pouvoir, la richesse et la concupiscence des élites mais aussi les ghettos et leurs bidonvilles dans lesquels sont entassés les rares non croyants .

J'ai trouvé que la lecture de cette fable était souvent difficile, le propos m' a paru parfois confus ce qui nuit à la fluidité du récit et je suis restée à l'extérieur, spectatrice un peu agacée par un certain verbiage , sans doute faut-il le reprendre plusieurs fois ...

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 10:57
Albert sur la banquette arrière de Homer Hickam

Un alligator sur la banquette arrière ,

une mémoire d'éléphant, un cou de girafe , une langue de chat, un trou de souris, un hippopotame dans le tiroir, un polichinelle insolent, un nègre en chemise ,

... et un raton laveur,

un alligator sur la banquette arrière,

un singe sur l'épaule, un papillon en hiver, un chat dans la gorge , des fourmis dans le pied, une araignée au plafond,

... et deux ratons laveurs ,

Un alligator sur la banquette arrière,

une dinde de Noël, un lapin chasseur, une pie voleuse , un lièvre à la royale , un canard à l'orange , un homard Thermidor , une outarde canepetière ,

... un bouquin abandonné sur la banquette arrière

... et quelques ratons laveurs

Merci Monsieur Prevert à qui j'ai emprunté l'idée de cet inventaire et ses Ratons laveurs .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 08:37
Amère Russie Tome 1 d'Aurélien Ducoudray et Anlor.

Années 1990 , l'empire soviétique se disloque , la Tchétchénie affirme son statut de République et les jeunes soldats russes partent au front .

Une" petite mère", Ekaterina Kitaev , vit de la vente de DVD pirates dans les couloirs du métro, elle n'a aucune nouvelle de son fils Volodia envoyé combattre les rebelles tchétchènes, lorsqu'elle apprend par une coupure de journal qu'il a été fait prisonnier et n'écoutant que son coeur de mère, elle part avec sa petite chienne rencontrer le chef Bassaïev pour faire libérer son garçon .

Voyage improbable où elle est recueillie par des femmes tchétchènes, dont les plus jeunes sont des combattantes, surnommées les Amazones .

Beaux portraits de ces mères-courage, de ces femmes qui se battent pour leur pays,

belles gueules de rebelles, aussi féroces que les soldats russes, la violence et la cruauté sont de tous les bords .

Tout ceci est très bien rendu par la plume de la dessinatrice, Anlor, et la force du récit d'Aurélien Ducoudray , alternant des moments cocasses avec les pires scènes de guerre ou de torture .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature BD
commenter cet article
7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 16:49
Plateau de Franck Bouysse

La campagne dans ce coin du Massif Central est aussi austère que les rares personnes qui y habitent .

Des gens rudes, pour qui ne comptent que la terre et le travail et qui ne s'apitoient ni sur leur sort et encore moins sur celui des autres.

C'est sur ce Plateau que vivent depuis toujours Virgile qui devient aveugle et n'en a parlé à personne, sa femme Judith qui s'enfonce de plus en plus dans la démence avec quelques épisodes de lucidité, moments les plus poignants du récit et leur neveu Georges qui vit dans une vieille caravane près de la maison de ses parents, décédés accidentellement depuis longtemps.

Karl, lui, est arrivé il y quelques années pour fuir son passé .

Les paroles sont rares et toujours empreintes de réserve et les échanges ne sont jamais sereins, ce n'est pas le coeur qui manque, c'est la carapace de non dits, de méfiance accumulée par des générations et que la vie moderne n'est pas arrivée à faire craqueler.

L'arrivée de Cory, la nièce de Judith qui fuit un compagnon violent va faire éclater cette bulle , alors qu'un chasseur solitaire rôde...

Très bien écrit , on s'excuse presque de déranger ces gens , tellement Franck Bouysse sait les rendre vivants et présents

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 18:55
Toute la lumière que nous ne pouvons voir d'Anthony Doerr

Il y a, pour mille et une raisons, d'excellents romans qui se retrouvent enfouis au milieu de tant d'autres, Terra incognita d'une PAL , jusqu'à ce qu'au cours d'une discussion , ils sortent de la pile infernale !

Et là, quel plaisir de découvrir une petite merveille ...

Saint Malo, Aout 1944 , les bombardiers américains lâchent leurs bombes au dessus de la cité corsaire .

Dans une vieille maison , toute en hauteur , Marie-Laure Leblanc, une jeune demoiselle aveugle hésite, elle est seule dans la maison ...

A quelques rues de là, Werner Pfennig un jeune soldat allemand se réfugie dans la cave de l'Hotel des Abeilles .

Deux vies que rien ne prédestinait à se retrouver si proches .

Anthony Doerr alterne le récit de ce jour précis d'Août 1944 et les retours sur l'enfance des deux jeunes adultes.

Marie-Laure, devenue aveugle vit à Paris avec son père, conservateur au Musée d'Histoire Naturelle , et lors de l'évacuation des pièces les plus précieuses du musée, Monsieur Leblanc se retrouve dépositaire d'un diamant à la légende sulfureuse et fuit avec sa fille vers saint Malo .

Werner, lui, est orphelin et est repéré grâce à ses talents de radiophonique et son don inné des mathématiques pour intégrer une école d'élite du Troisième Reich .

Dans ces courts chapitres, l'auteur introduit avec doigté tout ce qui fait évoluer un enfant vers la vie adulte : l'expérience, la confrontation avec la souffrance et la honte, l'apprentissage des valeurs humaines, l'enrichissement des rencontres qu'elles soient physiques ou par l'intermédiaire de livres, comme ceux de Jules Verne qui font voyager la jeune aveugle .

Cette enfance est d'ailleurs vite balayée par le vent de l'Histoire, l'abjection de certaines gens qui ne voient que leur profit propre mais aussi par la maturité que ces mêmes événements font developper : c'est plutôt bien amené par l'auteur sans pathétisme exagéré et cela rend le lecteur particulièrement captif et attentif .

Un roman que j'ai fini avec tristesse .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 12:01
Des cercueils trop fleuris de Misa Yamamura

De la littérature japonaise, certes mais dans le cadre d'un polar , exercice auquel je ne m'étais pas encore frotté et je n'ai pas été vraiment enthousiasmée .

Enquête d'amateurs dans le milieu des écoles d'Ikebana, l'art floral traditionnel menée par une jeune américaine, Miss Catherine ,fille du vice président des Etats Unis, arrivée au Japon dans le but d'apprendre cet art et d'Ichiro, le neveu du ministre des affaires étrangères du Japon.

Compétition, Corruption, lutte de pouvoir, fraude fiscale ... les écoles se font la guerre entre elles et sont chacune le cadre de disputes internes alors que les compositions fleurales rivalisent de beauté et de poésie .

Tout ceci éclatant au grand jour lorsqu'il s'agit d'avoir l'honneur d'intégrer la jeune américaine comme élève .

Les meurtres se succèdent ... avec leurs énigmes que sauront, bien sûr, résoudre nos deux jeunes héros .

Rien de bien excitant sous le soleil nippon !

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 21:30
A toute berzingue de Kenneth Cook

Fear is the Rider ... titre original de ce court roman mais ô combien intense sur le plan sensation !

Tout d'abord deux choses : j'aime beaucoup l'expression A toute berzingue , elle n'est plus vraiment employée et a un petit coté désuet qui n'est pas désagréable ...

D'autre part , je n'avais pas imaginé que Kenneth Cook était décédé en 1987, il fait partie des écrivains dont les récits ne vieillissent pas franchement, et à coup de rééditions comme si c'était une nouveauté on croit avoir entre les mains un ouvrage récent, mais peu importe dans ce cas .

Le bush australien qui inspira également Douglas Kennedy avec Cul de Sac , bien différent de ce roman est le théâtre immense et impitoyable de cette poursuite démentielle.

Shaw et Katie font connaissance au hasard de leurs chemins de jeunes aventuriers et alors que leurs routes sont censées continuer chacune de leur coté , ils se retrouvent dans la petite voiture de Shaw sur une piste redoutable à fuir un homme sauvage qui a agressé la jeune femme et volé son véhicule tout terrain .

Cela m'a fortement évoqué un film que j'avais vu lors de sa sortie en 1973 : Duel, course poursuite entre une voiture et un énorme camion dont on ne voit jamais le conducteur sur une route désertique et dont les images ressurgissent régulièrement dans mes rêves , c'est dire combien il m'a impressionné à l'époque !

Dans ce roman, c'est la même peur qui nous tenaille , quelque chose de viscéral et de peu contrôlable .

Un conseil : ne lisez la longue préface de Douglas Kennedy qu'après l'histoire , ce que j'ai fait , car trop de choses y sont dévoilées et c'est dommage .

Bonne route, A toute berzingue ...

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 21:52
La malédiction du Norfolk de Karen Maitland

Quoi de mieux pour oublier quelques instants les drames contemporains que de se plonger dans le Moyen-Age, non pas que l'époque soit plus sereine car entre les épidémies, les guerres , les croisades,les brigands , le servage etc... on avait peu de chance de mourir vieux et dans son lit .

En fait, les préoccupations sont tellement éloignés des nôtres , de prime abord , qu'on se croit transporter dans un autre monde .

1208 dans le Suffolk comme dans le reste de l'Angleterre , suite à un conflit entre le Pape et le Roi Jean , les églises sont fermées et il n'y a plus de prêtres donc plus de sacrements donc plus d'absolution des péchés ...

Elena, jeune femme serve , est engagée au château comme chambrière de la comtesse Anne dont le fils Gerard vient de mourir alors qu'il portait le lourd poids d'exactions en Terre Sainte .

Sa mort sans avoir pu se confesser est à l'origine de l'intrigue et va être la cause des tourments d'Elena . On baigne en plein dans l'ambiguïté d'une religion très présente, brimée par l'absence de ses messagers et l'empreinte encore très profonde des croyances païennes chez ces gens simples et influençables .

Les rebondissements sont nombreux et pour peu que l'on ne creuse pas trop la psychologie des personnages , on se laisse happer par le climat de tension même si on s'attache peu à eux, trop naïfs, trop manipulateurs ou trop pervers, ce qui nuit à une lecture parfaite mais ne boudons pas notre plaisir .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 14:56
Meurtre au Mont Saint-Michel de Jean-Blaise Djian

Des dessins attirants dans une atmosphère sépia qui confère une ambiance brumeuse et mystérieuse enveloppant le Mont Saint Michel à une époque pas si lointaine où l'on ne construisait pas de digue et où on n'avait guère besoin de canaliser les touristes ...

1936, mais la date n'a pas vraiment d'importance, Rémi et Lucie deux gamins d'une dizaine d'années reviennent de la pêche aux coques, seulement Lucie n'est toujours pas rentrée à l'heure du diner .

Effroi des parents , Lucie a t'elle été la victime d'un malfaisant, on a vu d'ailleurs rodé un vagabond , ou alors s'est-elle laissée surprendre par la marée, pourtant elle connait bien la baie et ses dangers .

Stupeur le lendemain matin lorsque Julienne, la bonne du curé est retrouvée assassinée alors que la fillette est toujours introuvable .

L'hôtelier qui est aussi le maire du village mène l'enquête ...

Un petit air d'Agatha Christie mais si le début est plutôt prometteur, l'intrigue reste menue, les personnages juste ébauchés et on reste sur sa faim !

Repost 0
Published by spleen - dans litterature BD
commenter cet article
14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 22:11
Dans la gueule de la bête d'Armel Job

J'ai moins apprécié ce roman que les précédents lus de cet auteur , en grande partie à cause de la période de la seconde guerre mondiale et du sujet évoqué : un manque d'originalité et de profondeur pour arriver à se distinguer parmi tant d'ouvrages sur la même période .

Liège en 1942, en Belgique comme ailleurs , la "chasse aux juifs " est active, et même s'il y a heureusement des réseaux de résistants et de braves citoyens pour abriter des familles en fuite, le rouleau compresseur nazi écrase tout sur son passage et on se doute bien que Hannah et ses parents et Laja leur amie ne sont pas à l'abri de la méchanceté, de la cupidité et de la lâcheté des autres .

Le style d'Armel Job est efficace et ne sombre pas dans le mièvre et quelques belles personnes se révèlent et se relèvent face au Mal : cela rattrape l'ensemble du roman.

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article

Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

  • : le journal de Louloune
  • : Parler de mes lectures, partager mes coups de coeur,mes bonnes et aussi mes moins bonnes surprises, decouvrir d'autres choses...
  • Contact

Recherche

Liens