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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 22:11
Dans la gueule de la bête d'Armel Job

J'ai moins apprécié ce roman que les précédents lus de cet auteur , en grande partie à cause de la période de la seconde guerre mondiale et du sujet évoqué : un manque d'originalité et de profondeur pour arriver à se distinguer parmi tant d'ouvrages sur la même période .

Liège en 1942, en Belgique comme ailleurs , la "chasse aux juifs " est active, et même s'il y a heureusement des réseaux de résistants et de braves citoyens pour abriter des familles en fuite, le rouleau compresseur nazi écrase tout sur son passage et on se doute bien que Hannah et ses parents et Laja leur amie ne sont pas à l'abri de la méchanceté, de la cupidité et de la lâcheté des autres .

Le style d'Armel Job est efficace et ne sombre pas dans le mièvre et quelques belles personnes se révèlent et se relèvent face au Mal : cela rattrape l'ensemble du roman.

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 21:52
La formule préférée du Professeur de Yôko Ogawa

Miracle de la lecture ! J'ai réussi à trouver intéressant un roman truffé de nombres , mais pas n'importe lesquels, les nombres premiers, les nombres amis et les nombres parfaits. Je me suis même surprise à chercher la solution de certaines énigmes mathématiques ( c'est dire ...)

C'est du grand art servi par Yôko Ogawa : la rencontre d'un professeur de mathématiques dont la mémoire arrêtée en 1975 suite à un accident de nombreuses années auparavant a une autonomie de 80 minutes et de son aide-ménagère bientôt accompagnée par son fils de 10 ans passionné de Base Ball et surnommé Root par le vieil homme .

Une grande tendresse et un profond respect unissent ces trois personnages , chacun trouvant à sa façon les clés pour communiquer harmonieusement .

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 16:39
Avenue des mystères de John Irving

Foisonnant et éblouissant le dernier roman de John Irving !

j'ai suivi Juan Diego Guerrero et sa soeur Lupe à travers la décharge publique de Oaxaca, une petite ville du Mexique , l'orphelinat des Enfants perdus puis le Cirque des Merveilles, pour retrouver Juan Diego adulte vieillissant en voyage pour les Philippines, fidèle à une promesse qu'il avait faite pendant son enfance ,obsédé par la prise de ses bêtabloquants et de son Viagra ...

Rencontres décisives avec des personnages hors du commun pour ces deux gamins, qui eux-même ne sont pas ordinaires , enfants de pères inconnus et d'une mère femme de ménage au presbytère le jour et prostituée la nuit, Juan Diego sauve les livres du bucher pour les lire et Lupe est extralucide .

Il faut laisser le lecteur découvrir par lui-même cet univers si inventif , une danse permanente entre le Bien et le Mal, le réel et l'imaginaire, où le sexe a une place à part et où la vierge blanche et la vierge noire sont en compétition ... Quelle imagination débordante mêlant réalité , superstition et rêve : et devant la platitude de nombreux romans on en redemande du John Irving de ce cru !

Quel plaisir de lecture, un véritable rafraichissement pour l'âme .

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 22:03
Le violoniste de Mechtild Borrmann

Agréable surprise avec ce roman bien mené même si j'ai eu une une impression de déjà lu sans réussir à retrouver la source exacte ...

A la fin du concert qu'il donne à Moscou en 1948, le grand violoniste Ilja Grenko est arrêté par le KGB et son violon, un Stradivarius appartenant à sa famille depuis plusieurs générations lui est confisqué . Cet homme qui ne vit que pour sa musique et parcourt l'Europe pour jouer est persuadé qu'il y a un malentendu mais son emprisonnement dans des conditions inhumaines se poursuit et pour protéger sa famille, il signe des aveux . Il est alors transféré au goulag.

Pendant ce temps sa femme, Galina et ses deux fils sont exilés au Kazakstan et leur survie n'est due qu'à l'acharnement et au travail de Galina et à l'entre-aide de braves gens comme elle éloignés dans ces rudes contrées .

Sans nouvelles de Ilja qu'elle croit , comme la propagande communiste l'a fait savoir, enfui à l'Ouest , elle n'apprendra que trop tard la vérité.

Quant au musicien, il subit le sort des prisonniers politiques où toute humanité est bannie et où pour continuer de vivre, il faudrait soi-même abandonner son statut d'Homme , ce que certains dont Ilja se refusent au mépris de leur existence même .

La narration de la lutte de cette famille est entrecoupée par l'histoire de leur petit fils qui découvre peu peu la vérité et se met lui aussi à la recherche de ce fameux violon .

Même si cette période est moins passionnante, elle permet de "souffler" un peu et donne une autre vision .

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 09:47
Fleur vénéneuse de Joyce Carol Oates

Rien de bien original dans ce roman : une intrigue plus que légère et des personnages sans aucune finesse.

L'histoire du Docteur Terence Greene en proie à ses démons et à une petite enfance marquée par l'abandon de sa mère pourrait presque être une caricature du Docteur Jekyll et Mister Hyde.

Marié à une femme belle et riche , père de trois enfants , il dirige une fondation de renom ; sa vie et celle de sa famille va être totalement chamboulée lorsqu'il accepte de devenir juré à un procès, tombe amoureux de la victime , une jeune femme Ava Rose et délaisse sa situation confortable pour partager la vie d'Ava Rose et de sa famille plutôt marginale .

Les différentes formes du mal prennent parfois le regard d'un ange , celui d'Ava Rose pour lequel Terence sombre dans une sorte de délire onirique .

On comprend (sans doute ) pourquoi JC Oates a publié ce roman plutôt mineur dans son abondante bibliographie sous un pseudonyme ...

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 09:10
Mon traitre de Sorj Chalandon

Il fallait bien dans mon exploration irlandaise que je revienne à Sorj Chalandon et à Mon traitre !

Bien loin de la vision touristique et bucolique de l'Irlande, Antoine, jeune luthier parisien nous emmène à Belfast dans les années 1970 à 1990 où il fait la connaissance d' hommes et de femmes qui luttent avec leurs petits moyens, mais avec leur coeur et leur âme toute entière contre l'envahisseur anglais, unis par la même flamme de patriotisme et de catholicisme .

Antoine découvre ainsi un but à sa vie jusqu'ici monotone, et noue de solides amitiés , en particulier avec Tyrone Meehan, un des chefs de file du mouvement indépendantiste Sinn Féin, lien quasi filial avec cet homme dont le fils est emprisonné .

De nombreux voyages en Irlande et l'hébergement de certains résistants irlandais dans sa petite chambre parisienne donnent à Antoine une envergure et l'impression de participer lui aussi au mouvement .

C'est une Irlande dont la couleur apparait grise, celle des petites maisons , des rues de Belfast, des pavés des trottoirs, une teinte qui vire au noir quand sont évoquées les prisons, les tortures, les gréves de la faim et les morts de ces jeunes gens mais une Irlande tellement chaleureuse au coeur de ses partisans .

Jusqu'à la révélation de la trahison depuis vingt cinq ans de Tyrone Meehan, et l'incompréhension et les doutes d'Antoine : Tyrone a t'il aussi trahi cette forte amitié ?

Poignant, sublime .

Mon regret : ne pas avoir enchainé Mon Traitre et Retour à Killigsbey pour mieux rester imprégner par l'ambiance de ce drame .

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 21:22
La Berceuse de Staline de Guillaume Prevost

Toujours dans le cadre du concours du Polar Lire en Poche , nous voici en 1920 d'abord à Paris avec l'inspecteur François Claudius Simon qui enquête sur le triple meurtre d'une famille de réfugiés russes et très rapidement ce brillant policier découvre l'identité de l'homme , un ancien espion de la police du tsar déchu, le mobile, les papiers recherchés par la police secrète du nouveau régime, une société secrète , en somme : Trop fort !

Comme il baragouine un peu de russe, François Simon est envoyé sur ces entrefaites en URSS faire un échange de prisonniers et enquêter sur place , occasion bien opportune puisque sa petite amie est partie à Moscou soutenir la révolution bolchevique .

Là-bas, après bien des péripéties dont il se sort sans trop d'égratignures, notre inspecteur a entretemps et déjouant la vigilance de ses gardiens , retrouvé sa belle en cloque qui lui a sauté dans les bras , démasqué le vrai assassin d'un meurtre dont était accusé un ressortissant français, rencontré Lénine puis Staline, découvert le code secret : encore Trop Fort !

Puis échappant une nouvelle fois à la vigilance de la police secrète soviétique regagné la France .

Pour amateur du genre exclusivement ...

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 15:28
L'ombre de nos nuits de Gaëlle Josse

Double partition pour ce beau roman de Gaëlle Josse :

En Lorraine ,1639, dans la pénombre de son atelier éclairé aux chandelles ,tout est prêt , imaginé, esquissé devant la toile vierge , le peintre Georges de La Tour attend ce moment unique et magique , irréversible aussi comme la déchirure de l'hymen : la première touche de son tableau "Saint Sébastien soigné par Irène" .

Sa décision est prise, sa fille ainée Claude sera Irène .

Dans l'ombre du Maitre, son apprenti, Laurent, l'enfant recueilli par la famille scrute aussi les gestes du peintre, et guette la présence de Claude dont il est amoureux ...

Rouen , 2014, Musée des Beaux Arts, une femme rentre un peu au hasard dans la salle où est exposé le tableau et devant Irène penché sur la cuisse blessée du jeune homme dans cette ambiance obscure où la lanterne n'éclaire que le visage de la jeune fille et sa main tenant la flèche ,le souvenir de son amour malheureux resurgit telle cette flèche toujours plantée dans la chair .

Un texte court mais avec une grande puissance poétique ; les mots sont justes, les trois personnages sont liés par la force des sentiments qui les animent : la passion, celle de la création et celle de l'amour.

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 21:58
La maison des hautes falaises de Karen Viggers

Deuxième roman lu de cet auteur australienne après la Mémoire des embruns .

Lex , journaliste de Sydney trouve refuge après un drame familial dans la maison des hautes falaises , une demeure au bord de l'océan dans un coin paumé d'Australie .

L'accueil par les gens du village est plutôt distant mais Lex ne cherche pas à se faire une place , la distance lui convient et ces relations avec Callisto, une jeune femme artiste peintre, malgré une attirance réciproque sont houleuses .

Je dois avouer que cette trame romanesque même bien écrite ne m'a pas emballée, mais à y réfléchir plus profondément : qu'est ce qui fait l'essence d'un roman ? des histoires d'amour, des drames et des secrets et qu'est ce qui fait qu'on aime ou pas : c'est le piment, l'exotisme ou ce qu'il y a autour ...

Ici, c'est la nature et surtout les baleines, elles longent les côtes australiennes lors de leur migration et ont été chassées par les pécheurs australiens dont les descendants portent comme une blessure intime les souvenirs de leurs aïeuls mais comme le découvre Lex en regardant des photos; "c'étaient les traits d'hommes normaux. Des hommes qui luttaient pour survivre à une époque difficile".

Alors il faut savoir conserver ce qu'on trouve de meilleur dans un roman et effacer la bluette ...

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 21:22
Imagine le reste de Hervé Commère

Dans le cadre du prix du polar du salon du livre de Poche de Gradignan, je découvre cet auteur et à voir les excellentes critiques, je comble une lacune .

J'en suis ravie car j'ai bien apprécié ce polar même si le début m'avait laissé songeuse ...

Chaque partie porte le prénom d'un des protagonistes de cette histoire assez déjantée .

Karl dans la première partie : et c'est vrai que l'évocation du duo qu'il forme avec Fred , son plus que frère, débute par des larcins bas de gamme dans la banlieue de Calais et on se pose des questions sur la teneur du roman ... mais visiblement c'est bien mal connaitre l'écrivain qui nous entraine , sous couvert de banalités , vers des sphères improbables .

Et puis il y a Carole, la belle trapéziste , celle qui fait vibrer le coeur des deux hommes mais qui préfère les étoiles de la piste à l'amour éperdu de nos lascars, mais eux vont emprisonner ces étoiles au fond de leurs yeux .

Après les frissons du cirque, les décibels de Green Light, et Hervé Commère nous propulse dans le monde du show biz avec Léo, le petit rouquin à la voix fabuleuse dont la route croise aussi celle de Fred et Karl et d'une certaine mallette...

La dernière partie m'a plus qu'étonnée et c'est ce qu'on demande : pas de ligne droite, pas de chemin bien tracé et évident , alors le livre se ferme à regret sur une lectrice bousculée mais ravie !

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