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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 15:35
Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby

On a coutume de dire que c'était mieux avant ... et de parler des trente glorieuses avec des trémolos dans la voix, même si on était trop jeune à l'époque pour apprécier ces années là.

Pour la famille Blanc, tout tourne autour du Balto , le café que tient Paulot  le père, figure bien connue de la Roche Guyon et dont les soirées du samedi  attirent du monde pour l'écouter jouer de l'harmonica ; Odile , la mère tenant son dernier né dans les bras regarde avec amour son mari , Annie la fille ainée attend que son père la fasse danser et Mathilde plus jeune est cachée dans un coin à envier sa soeur.

L'argent ne coule pas à flots mais c'est une petite vie familiale heureuse même si Mathilde , vrai garçon manqué cherche par tous les moyens à se faire aimer de son père.

Jusqu'à l'effondrement de Paulot en pleine soirée , on parle de pleurésie puis de bacille et il est envoyé au sanatorium d'Aincourt . Commence alors la descente vers la misère pour cette famille : pas de sécurité sociale ni d'assurance , la galère débute par la vente forcée du café puis par la mise à l'écart de l'ensemble des membres de la famille lorsque le mot tuberculose est prononcé .

Véronique Goby s'est inspirée de l'histoire vraie d'Elise Ballion et de sa famille , elle met dans le récit beaucoup de sensibilité sans s'apitoyer . Elle sait montrer du doigt toute la fragilité d'une société pusillanime lâchant l'un des siens dès qu'un écart de la norme apparait .

C'est également une ode à l'amour , celui d'un couple soudé malgré  les épreuves et celui d'une famille où les enfants réclament leur part d'affection à une époque où leur bien être n'était pas une priorité pour les services sociaux .

Un très beau roman .

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 10:31
Au commencement du septième jour de Luc Lang

Thomas Texier est un homme heureux car il a réussi sa vie: une femme , Camille, dont il est toujours aussi amoureux, deux beaux enfants, une jolie maison et son travail d'informaticien qui le satisfait .

Jusqu'au coup de téléphone à 4 heures du matin pour  annoncer que sa femme est transférée dans le coma à l'hôpital de Rouen après un accident de la route .

En même temps que les allers-retours incessants à l'hôpital avec l'inquiétude bien légitime sur l'évolution de l'état de Camille, les certitudes de Thomas commencent  à s'ébranler : que faisait sa femme sur une petite route de campagne à cette heure de la nuit ? que sont les mystérieux appels sur son téléphone, les messages sur son ordinateur de personnes qu'il ne connait pas, la voiture a t'elle pu être trafiquée, menaces liées aux dossiers sensibles que son épouse traitait dans son travail ou double vie ... Thomas ne sait plus, il s'interroge et il doute .

Fin de la première partie sur l'évolution de l'état de santé de Camille.

La deuxième partie nous entraine dans les Pyrénées, région d'origine de Thomas et où vit son frère ainé, Jean, le berger .

Sur les chemins de randonnée, Thomas va au bout de ses forces et au bout du raisonnable alors que l'orage arrive , besoin de se perdre dans des défis idiots quand on connait la montagne , d'ailleurs Luc Lang décrit ces coins des Pyrénées en vrai connaisseur, on s'y croirait vraiment .

C'est le temps pour Thomas du questionnement sur les bases de son identité, il pensait trouver des réponses  en revenant sur les traces de son passé et un réconfort en se rapprochant de son grand frère, mais c'est pour finalement se heurter à une partie cachée de l'histoire familiale , dissimulée à l'enfant le plus jeune pour épargner son enfance et c'est tout naturellement que le livre finit en Afrique , berceau de l'humanité , où vit Pauline, la soeur de Jean et Thomas qui apportera enfin les réponses.

Très bien mené , ce roman qui commence par un accident venant briser l'harmonie relative et superficielle d'une famille pose la sempiternelle question du secret de famille et des blessures cachées de la vie :  sur quoi fonde  t'on les bases de son existence  quand on n'a pas toutes les données : doit-on taire certains événements douloureux pour protéger ses proches, garder un jardin secret bien clos quitte à trahir par son silence la confiance des gens qui vous aiment ? 

Chacun jugera mais on sent bien le parti pris de l'auteur, chaque événement de la vie est fondateur comme les sept jours de la création du monde .

 

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 16:48
Deux remords de Claude Monet de Michel Bernard

Dès la jaquette avec le choix d'une oeuvre moins connue de Claude Monet, La pèlerine rouge , l'esprit du roman est annoncé.

Ce n'est pas évident pour un écrivain d'écrire quelque chose d'original sur ce peintre si célèbre sur lequel on a déjà tout dit .

La preuve s'il en est besoin , apparait lors de la première partie , puisqu'il est question de Frédéric Bazille, peintre lui aussi et ami de Monet et qui a été tué au début de la guerre de 1870,  le lecteur , interloqué mais intéressé va comprendre un peu plus tard la dette morale que Monet ressentira à la disparition de son ami.

La deuxième partie, c'est celle de sa rencontre et de sa vie avec Camille Bontieux, son modèle qui deviendra sa femme et sa muse, celle aussi qui apporte un peu de sérénité à son tempérament insatisfait et exigeant vis à vis de ses créations.

C'est  l'époque des vaches maigres mais où tout est permis à l'esprit créatif de ces jeunes peintres, Monet , Renoir et Sisley dans une période historique tourmentée.

La dernière partie, celle que j'ai moins aimée, aborde la fin de la vie du peintre, plus conventionnelle, presque un inventaire testamentaire  .

Michel Bernard emploie un langage pictural imagé , on voit à travers ses mots et ses phrases se composer les toiles, les paysages évoqués entrainent vers la vision des oeuvres , les scènes de la vie quotidienne se fondent dans les peintures du Maitre . L'effet est souvent plutôt magique et j'ai fréquemment  interrompu ma lecture pour  rechercher de visu les tableaux que cela m'évoquait ...

J'ai également apprécié les quelques tableaux reproduits de façon fort correcte dans ce livre.

Un excellent moment ! 

 

 

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 21:39
L'absente de Lionel Duroy

Imaginons des pièces de puzzle éparpillées sur une pente glissante , c'est un peu ce que nous fait vivre Lionel Duroy , alias Augustin Revel lorsqu'il part sur les routes de France avec sa Peugeot remplie de cartons après avoir été expulsé de sa maison du Pertus dans le douloureux partage de son divorce .

Le puzzle, c'est celui de sa vie passée et à venir, un écrivain dont l'oeuvre tourne essentiellement autour de sa famille .

Ce départ involontaire pour ce nouveau sans domicile fixe le ramène à l'histoire de son enfance , quatrième d'une fratrie de dix enfants, où après avoir connu le luxe d'un bel appartement à Neuilly, la famille désargentée se retrouve entassée dans une sordide cité de banlieue .

Suzanne, la mère détestée par ce fils mal aimé devient l'objet de l'obsédante quête d'Augustin et futur sujet de son prochain livre .

Comment cette jeune femme, fille d'une riche famille bourgeoise bordelaise , a t'elle pu épouser Toto, représentant en aspirateur Tornado, le beau Théophile , petit baron mais sans le sou.

De la Bretagne à Verdun , la route est jonchée de rencontres toutes plus improbables les unes que les autres et qui apportent une touche plus farfelue à cette histoire qui ne l'est pas entre le souvenir d'une mère dépressive et imprévisible, un père transparent et une tripotée d'enfants livrés à eux mêmes et le récent naufrage de son mariage.

Tous les chemins finalement mènent à Bordeaux, le berceau familial , le noeud de l'énigme Suzanne, le rebondissement dans cette histoire qui , il faut bien le dire , tournait plutôt en rond .

Un fils à la recherche éperdue d'un peu d'amour de sa mère , des réponses pour la disculper d'avoir si mal aimée cet enfant , une façon de réhabiliter sa mémoire , d'abord à ses yeux mais aussi vis à vis de cette famille hautaine , il y puise également des raisons de poursuivre le chemin : Ne serait-ce que pour ce manque si criant de reconnaissance et d'affection maternelle , ce roman est attachant et touchant.

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 14:17
Amère Russie Tome 2 d'Aurélien Ducoudray

Ce deuxième et dernier tome d'Amère Russie est sans doute plus poignant que le premier, on sourit moins, le ton est plus grave .

Ekaterina est envoyé par Bassaiev avec Oleg, le jeune soldat russe prisonnier, à Grozni où le combat fait rage en attendant un éventuel échange entre le petit fils de Bassaiev détenu par les russes et Volodia , le fils d'Ekaterina prisonnier des tchétchènes .

A Grozni , c'est le règne des combattants en tout genre, de la débrouille entre convois humanitaires pillés et marché noir et c'est la loi des snippers sur les toits au milieu des immeubles effondrés. Malgré cela, les civils y survivent, certaines femmes combattent comme les hommes, comme Asia qui passe ses nuits sur les toits avec son arme, d'autres essaient plus simplement , mais quelle lutte également , de trouver à manger à leurs enfants ...

Cela fait douloureusement penser au siège d'Alep encore plus meurtrier : syriens, tchéchénes ou russes:  pour la grande majorité de ces populations , les enjeux sont ailleurs que leurs simples vies , des bassins fertiles du radicalisme en particulier islamiste, on le pressent déjà dans ce conflit  .

Des femmes courageuses , en particulier des mères comme Ekaterina se battent pour la liberté de leur pays et de leurs enfants. 

Elles sont de tous pays , saluons leur détermination.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 19:21
Petit Pays de Gaël Faye

J'ai toujours une certaine appréhension lorsque j'entame un roman dont on parle beaucoup , peur d'être déçue , mais cette fois je partage totalement les excellents avis .

Petit pays dont le sous-titre pourrait être L'impasse , comme ce bout de rue borgne où Gaby, 10 ans, vit avec son père français , sa mère exilée du Rwanda et sa jeune soeur Ana dans une belle maison sur laquelle veillent le chauffeur, le cuisinier et le gardien ,d'origine ethnique diverse et vivant en relative harmonie ; le jeune garçon y a sa bande de copains avec lesquels il va chaparder les mangues dans les jardins de ses voisins.

Une enfance insouciante, le père veille à ce que ses enfants soient écartés de toute conversation politique et à ce que la mésentente du couple ne retentisse pas sur le bonheur des petits mais les conflits, d'abord ethnique entre Tutsis et Hutus et politique avec l'accession de ce petit pays qu'est le Burundi à la démocratie, puis celui plus intime du déchirement du couple aboutissent les uns et les autres à l'impasse et ces différents événements vont finalement rattraper l'innocence  de l'enfance de Gaby .

La déchirure du voile commence par l'histoire du vélo volé où Gaby est confronté à un milieu beaucoup plus pauvre que le sien et cet épisode sera pour lui celui de la première honte, l'ouverture à autre chose qu'un monde doré et privilégié .

La réalité et la confrontation avec la violence viennent rapidement après lorsque les massacres du Rwanda touchent sa famille affectant durablement la santé mentale de sa mère et que le conflit se poursuit au Burundi envahissant l'impasse et rendant impossible la poursuite de cette vie insouciante conduisant au départ en France .

Ce roman magnifique m'a permis également de découvrir le chanteur, le Rap n'étant pas mon domaine musical habituel, et j'ai apprécié , comme dans son livre , la force de l'écriture, Gaël Faye est un vrai jongleur de mots !

 

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 11:05
Les maraudeurs de Tom Cooper

La vie n'a jamais été simple à Jeanette petite bourgade de Louisiane.

L'activité principale est la pêche à la crevette dans les bras du bayou, travail pénible et peu rémunérateur, mais les fils de pécheurs deviennent pécheurs à leur tour et reprennent le bateau familial.

Ca , c'était avant Katrina , cet ouragan qui a dévasté la Louisiane et a laissé des séquelles profondément ancrées : perte d'êtres chers comme la mère de Wes Trench et pertes matérielles et aussi , pour en remettre une couche nauséabonde, c'est le cas de le dire, c'était aussi avant la marée noire dont la grosse compagnie qui exploite le pétrole veut minimiser les effets et décide d'indemniser les victimes avant un éventuel procès mais qui a détruit l'écosystème en particulier les crevettes et rend les gens malades .

Tom Cooper a choisi de nous faire suivre dans de courts chapitres une galerie de personnages atypiques qui tentent de survivre accrochés à leurs racines dans ce coin vraiment désolé .

Le plus jeune, c'est Wes Trench, 18 ans qui vit seul avec son père depuis la disparition tragique de sa mère, il le seconde sur le bateau de pêche mais le bonhomme n'est pas tendre et Wes ne le supporte plus.

Il trouve asile sur le bateau de Lidquist, un pêcheur lui aussi , un homme manchot dont on a volé la prothèse et qui a la lubie de chercher le trésor d'un flibustier avec un détecteur de métaux dans tous les marécages du bayou, ce qui lui vaut bien des déboires .

C'est comme ça que Lidquist va se frotter aux jumeaux Troup, jeunes hommes violents aux activités illégales et qui n'aiment pas qu'on vienne farfouiller sur leur île .

Sans oublier Crosgrove et Hanson, escrocs à la petite semaine et qui vont se confronter à plus tordus qu'eux .

On ne s'ennuie pas, ce petit bout de Louisiane est attachant de véracité , de pugnacité devant les calamités qui s'accumulent et il faut vraiment être né là-bas pour supporter la chaleur suffocante, les marécages avec leurs charmants alligators, serpents et araignées .

Tom Cooper sait y faire pour nous faire vibrer , son histoire a une charpente solide : étonnant de maitrise pour un premier roman !

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 15:49
Les Oiseaux de Christophe Colomb d'Adrien Goetz

Magnifique couverture pour un très court roman .

Et encore, la partie "romanesque" est une portion congrue devant la description très bien documentée du Musée du Quai Branly, de ses origines, des difficultés de son implantation dans le quartier, des personnes qui le dirigent et de l'organisation des expositions .

Alina, jeune fille de 13 ans passe quelques mois chez son oncle et sa tante à Paris pour parfaire son français, elle vient de la province des Asturies en Espagne .

La famille habite tout près du musée et Alina y fait la découverte des Taïnos, première peuplade rencontrée par Cristobal Colomb lors de ses voyages, curieuse et émerveillée par la variété des peuplades , elle va découvrir bien d'autres choses ...

Belle leçon de vie et moi, cela m'a donné envie d'aller visiter ce musée !

Un dernier petit mot puisqu'il est question finalement d'oiseaux  dans le roman , pour vous dire que je vois aussi des sittelles dans mon jardin du Sud-Ouest, la sittelle Torchepot qui n'est pas celle du roman ni l'oiseau en couverture du livre .

 

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 14:52
Chanson douce de Leïla Slimani

Pas de suspens dans ce roman car l'histoire débute par la vision cauchemardesque des corps des deux enfants de Myriam et Paul et que l'on sait d'emblée que l'auteur du meurtre est la nounou Louise .

Non, ce qui constitue la charpente du livre, c'est le cheminement lent et implacable qui aboutit au drame , et là Leïla Slimani est vraiment orfèvre dans l'art de distiller lentement le poison dans la relation entre les protagonistes .

Myriam, après la naissance de ses deux enfants, Mila et Adam, désire reprendre son métier d'avocate, le rôle de mère au foyer ayant trouvé ses limites ; en accord avec son mari Paul qui se consacre lui à la production musicale , ils trouvent la perle des nounous : Louise , une femme d'une quarantaine d'années qui vit seule .

Très rapidement Louise devient indispensable à la bonne organisation de la famille, non seulement elle s'occupe bien des deux enfants qui l'adorent mais elle range l'appartement, fait les courses et prépare les dîners , elle part en vacances avec eux : qui n'a pas rêver d'une telle fée du logis ? Myriam se consacre pleinement à son travail sans vraiment culpabiliser , le temps véritable donné à sa progéniture est toujours difficile à trouver , mais ce n'est pas grave : il y a Louise et Paul lui aussi y trouve son compte , il est moins présent chez lui et le business marche bien , le couple acquiert un confort financier appréciable et une position sociale enviable ...

Mais Louise s'enferme dans la solitude et la mélancolie jusqu'au délire sans que personne ne soupçonne le malaise .

Leïla Slimane ne juge pas, elle présente adroitement les faits, met en exergue notre société avec ses failles , en particulier le fossé social qui se creuse vite , la grande solitude de certains .

Elle ne cherche pas à rendre ses personnages sympathiques , c'est un constat d'échec porté à son paroxysme avec la mort des enfants et qui fait réfléchir chacun sur la place qu'il veut occuper dans la société, l'importance qu'il accorde à l'éducation de ses enfants et à l'amour qu'il leur porte et qui n'est pas seulement une histoire de confort ou de délégation d'affection .

C'est un livre qui marque et qui pour beaucoup de lecteurs restera ancré dans leur mémoire comme un petit signal d'alerte ...

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 14:10
L'enfant qui mesurait le monde de Metin Arditi

Voilà un nouveau roman qui me réconcilie avec Metin Arditi !

Après mon avis assez mesuré sur La confrérie des moines volants, j'avais boudé Juliette dans son bain ...

Ici, retour en Grèce, à Kalamaki, petite île proche d'Athènes à notre époque , la crise est passée par là et n'a pas épargné les habitants de l'île .

Eliot Peters , architecte américain s'y est installé depuis une douzaine d'années au moment de la mort accidentelle de sa fille venue en Grèce étudier les théâtres antiques et le mystère de leur construction et retrouver également ses racines familiales .

Maraki, sa voisine, pêche la nuit à la palangre et pendant ce temps , Eliot veille sur son fils, Yannis , un jeune garçon autiste .

Pour Yannis, rien ne doit perturber l'ordre et l'harmonie du monde, à commencer par le sien : l'ordre de l'arrivée des bateaux de pêche, le poids des poissons ou le nombre des clients du bar : tout est comptabilisé et fait l'objet de savants tableaux qu'il garde dans sa tête .

Eliot lui raconte en les illustrant les légendes grecques avec leurs personnages mythologiques tout en poursuivant les travaux de sa fille .

Cet équilibre si précaire de l'île va être totalement perturbé par un grandiose projet immobilier dans le plus beau coin de Karamaki.

Cela attise la convoitise de chacun, les ambitions personnelles, l'appât du gain et les magouilles bien sûr sous le regard horrifié de certains amoureux de la beauté sauvage de la baie dont fait partie Eliot.

Metin Arditi nous offre une vision réaliste de la crise grecque, son retentissement sur la vie de gens humbles en même temps qu'un portrait émouvant d'un garçon pas comme les autres , entouré par la communauté de son village soudée jusqu'à l'annonce de gains, et comme souvent on ne peut que constater que l'appât de l'argent dévoile les cotés sombres de l'âme humaine .

Reste à savoir comment tout cela va finir car ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler la fin ...

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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