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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 10:53

"Je voudrais te transmettre le frisson des départs dans l'allégresse des matins silencieux" comme dit le poète breton Xavier Grall qui a inspiré le titre de ce très bel ouvrage.

Livre à deux voix, deux visages, bretons d'origine ou de coeur.

Yvon Boëlle, photographe-voyageur a choisi parmi ses nombreux clichés de magnifiques évocations du voyage, routes ou chemins, rencontres ou solitude des grandes étendues sauvages .

Nous cheminons depuis la Bretagne vers ses voisins celtes , nous marchons vers le Mont Saint-Michel puis partons sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle.

Les photos, en noir en blanc ou en couleurs transportent vers l'ailleurs , vers le rêve ou la méditation mais également vers l'autre, car si les paysages inspirent la contemplation, les portraits sont le reflet des échanges et du partage.

Les petits textes accompagnant les photos sont concis, allant droit au but et touchant de vérité et de sincérité.

Jean-Claude Bourlès, écrivain randonneur nous offre une réflexion sur le départ, à travers son expérience commençant dès l'enfance avec la découverte des récits de voyage, et je me suis revue aussi dévorant les livres de Jack London ou de Kessel lorsque le microcosme de l'enfance devient étouffant.

Son premier voyage, il le fera pour son service militaire en Allemagne et découvrira le plaisir de sillonner les chemins de la Forêt Noire.

Et plus que le terme de voyage, c'est celui de partir qui s'impose, ballade , randonnée , route ,périple, escapade ... les formes et les termes sont nombreux.

De ses nombreuses pérégrinations, il nous livre peu de choses,  heureusement car sinon cela prendrait l'allure d'un catalogue rébarbatif de voyagiste .

C'est plus une analyse sur les motivations profondes , agrémentées de références littéraires.

Puis peu à peu s'ébauche l'empreinte de ses  pas sur ceux des pélerins, ici, tous les chemins ne mènent pas à Rome mais à Saint Jacques de Compostelle.

Sans oublier, une chose essentielle pour moi aussi, la musique qui rythme le pas et accompagne le marcheur , un élément indissociable du voyage .

Bref, vous l'aurez compris si vous êtes parvenus à la fin de ma critique, j'ai été conquise par nos bourlingueurs, mon sac est prêt mais je suis la seule à savoir s'il est rempli de bouquins ou de semelles de vent, peut-être les deux ?

Un grand merci à Babelio et aux éditions Salvator.


 

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 17:37

Grenouilles, c'est d'abord un jeu de mot , une homonymie entre le batracien et le bébé en chinois dont les vagissements évoqueraient ceux de la bestiole , en Chine peut-être puisqu'il s'agit de grenouilles -taureaux ...

Je suis peu attirée par la littérature chinoise , étant restée à l'évocation de la vie dans les campagnes à l'époque de Pearl Buck dans les années 1920 , livres lus il y a belle lurette .

De nombreuses années ont passé ainsi qu'une révolution quand l'histoire que veut raconter le dénommé Tétard débute.

Tétard est le nom que se donne Wan le Pied, alias Petit Trot lorsqu'il écrit le récit de la vie de sa tante, Wan le Coeur, gynécologue réputée  et au tempérament bien trempé , qui passe d'un accouchement à un avortement et qui finit sa carriere et sa vie avec une belle pirouette inattendue.

Dans un long récit, il nous entraine dans ses souvenirs, souvent cocasses , racontés de manière humoristique mais également dans les incohérences et les aberrations de la politique de Mao en particulier en ce qui concerne le planning familial et la politique de l'enfant unique avec les drames que cela entraine.

Peu à peu s'ébauche une forme de résistance à la pensée unique, l'ouverture vers un autre monde et un mode de vie différent.

Les temples démolis pendant la révolution culturelle sont reconstruits et les coutumes ancestrales , jamais abandonnées rejaillissent au grand jour .

Reste l'amitié indéfectible entre les amis d'enfance et un code d'honneur que les années n'effacent pas .

Lecture intéressante car j'y ai appris beaucoup de choses mais parfois un peu longue, j'ai craqué au début de la pièce de théatre, chef d'oeuvre de Tétard accouché avec forceps !

 

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 15:57

Le nombre de critiques publiées sur ce livre m'incitent à rester humble et brève.

Ecouté en Audio-livre, cela a été pour moi un coup de poing.

Après un tableau plutôt idyllique d'une famille nombreuse avec des parents originaux, des enfants si beaux qu'ils servent de modéles pour les photos de mode , nous assistons à la déchirure de cette belle façade qui se lézarde à la mort accidentelle d'Antonin et nous entrons dans un monde de froideur, d'inceste , de suicide et de psychose...

Cela m'a entrainé un sentiment de malaise avec un peu trop de voyeurisme à mon goût.

Je comprends combien cette quête a pu être à la fois difficile et essentielle pour Delphine de Vigan , qu'il lui fallait  "casser" la sorte de malédiction ou de fatalité de cette famille , pour elle d'une part et aussi et peut-être surtout pour ses enfants, cela me parait le plus important .

Et  puis tenter de chasser ce sentiment de culpabilité vis à vis de sa mère qu'elle n'appelle Maman que lorsqu'elle découvre son cadavre, elle l'a fui de son vivant comme on fuit un danger mais cette mère en était un pour ses jeunes enfants , elle a guetté sa rechute , elle n'a pas su voir sa souffrance à la mort de sa mère Yann.

Elle réhabilite à sa façon la mémoire de cette mère et elle le fait bien .

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 16:38

Au fil des dix sept jours après la mort de Bill, son petit fils, Lilly Bere , 89 ans déroule comme un testament sa vie lourde d'événements dramatiques commençant  par la fuite de son Irlande natale vers le nouveau monde.

Les tragédies se succédent , celles des guerres,du combat irlandais, de la ségrégation , de la vie ordinaire.

Je ne reprendrai pas les différents personnages croisés dans ce roman, Caro64 l'a admirablement fait!

Les rencontres sont belles, le personnage de Lilly est émouvant et attachant et l'écriture de Sébastien Barry , toute en poésie et douceur malgrè le sujet douloureux nous fait passer un moment hors du temps, sans apitoiement ni longueur .

Très beau roman !

 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 16:17

Enthousiasmée lors de ma visite à l'exposition d'Artemisia Gentileschi l'an dernier, j'avais noté le livre d'Alexandra Lapierre dans ma PAL .

Gros travail historique et belle représentation du milieu artistique italien du XVII ème siècle et de la vie de l'époque.

L'histoire de cette femme peintre ne peut laisser indifférente, marquée  par un retentissant procès pour viol.

Mais comme j'ai trouvé cette description froide, les personnages et en particulier celui d'Artemisia laissent de marbre, et je n'ai pas éprouvé d'empathie , il manque une âme, un souffle.

Je préfére garder en mémoire la vive émotion à la découverte de ses tableaux , les scénes bibliques, souvent violentes ,ont une puissance incroyable , sa Judith représentée à plusieurs reprises est saisissante et comme elle a lui a donnée son propre visage laisse imaginer la force de cette femme et les souffrances qu'elle a pu subir.

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 17:46

Le monde de l'enfance, ses jeux, ses codes , je me suis retrouvée au début de l'histoire dans ces deux jeunes garçons qui s'amusent à se faire peur, à inventer des assassins, des espions, alors que ce sont eux cachés dans un buisson qui scrutent le monde des adultes.

Peu à peu le jeu va se transformer parce qu'ils ont mis le doigt sur quelquechose d'interdit , quelquechose qui les dépasse et va broyer les protagonistes adultes , parce que, à cet âge il y a des réalités pas toujours très belles qu'il est impossible d'imaginer.

Fin de leur amitié, fin de l'enfance insouciante et heureuse dans cette Angleterre en guerre pour nos deux jeunes héros à travers le récit de Stephen Wheatley devenu un vieux monsieur et dont les souvenirs sont ravivés par le parfum du troène au printemps et qui le ramènent sur les lieux de son enfance.

Magnifique récit avec beaucoup de délicatesse et d'authenticité.

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 15:56

Un petit coup de spleen avec cet hiver qui n'en finit pas, j'avais envie de retrouver l'atmosphère envoutante de Venise, voyager un peu mais là cela a été plutôt un coup d'épée dans l'eau des canaux ...

Le commissaire Brunetti est aux prises avec des ravisseurs et des trafics pas très propres .

Enquète peu palpitante qui pourrait se dérouler n'importe où.

Tant pis pour moi !

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 10:27

Ce qu'il y a de bien avec Stefan Zweig, c'est que l'on est jamais déçu.

Il s'instaure au fil des lectures de ses nombreux romans ou nouvelles une  sorte de jeu :découvrir le moment où l'intrigue bascule dans un tourbillon infernal de sentiments incontrolables.

Amok représente à merveille cette impression: la nuit sur un pont de navire revenant de Malaisie, le récit d'une passion au delà de la raison, l'Amok et on se laisse emporter dans les flots avec d'autant plus de plaisir que dans cet Audio- livre c'est la voix profonde de Michael Lonsdale qui la raconte .

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 15:16

Voilà bien longtemps que je ne m'étais plongé dans un roman du grand Victor même si les Contemplations restent sur ma table de chevet .

Quel plaisir de "re"découvrir cette si belle langue , ces longues phrases et ces descriptions à couper le souffle.

Bien sûr, cette lecture est parfois ardue avec certaines énumérations des titres et privilèges des nobles de cette Angleterre de la fin du XVII ème siècle ...

J'ai préféré  le début du roman lorsque nous faisons la connaissance de ce vieil original de philosophe dans sa green box, Ursus et de son loup Homo et lorsque nous suivons Gwynplaine, pauvre enfant défiguré errant sur la lande après avoir été "oublié sur la grève.

Roman politique avec sa critique appuyée de la société aristocratique anglaise où la mutilation physique de Gwinplaine est le miroir de la mutilation des coeurs desoeuvrés de certains nobles et où la misère est opposée à la morgue des riches.

Roman d'amour également entre Gwinplaine et Déa , la jeune aveugle et comme tout roman d'amour qui se respecte ,finit mal ...

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 14:01

Je dois avouer que lorsque j'ai commencé ce roman, j'ai eu des doutes quant à ma capacité de continuer cette lecture

Mes premières impressions ont été plutôt négatives car j'y ai entrevu de prime abord une pâle copie à la sauce anglo-saxonne de Intouchables , un coup de coeur cinématographique.

Mais missionnée  par Babelio pour  faire une critique de ce livre, je n'ai pas craqué et j'ai été assez rapidement happée par cette histoire.

Il faut dire que Jojo Moyes a visiblement le talent de doser astucieusement les ingrédients qui font une bonne recette.

L'héroïne, Louisa Clarks est à la fois fantasque, nature et en même temps immature et casanière, se contentant d'une petite vie, comme celle que vit ses parents. Elle est d'emblée attachante et sympathique.

Beaucoup d'humour également malgré le sujet fort délicat du handicap mais aussi une reflexion forte sur le regard des autres et surtout le regard de soi lorsque les accidents de la vie viennent bouleverser son idéal .

Comment envisager l'avenir quand on est totalement dépendant des autres et que l'on ne vous laisse pas décider par vous-même.

Cela m'a beaucoup perturbé: comment ne pas avoir le regard d'une mère ou d'une amante lorsque la vie n'a plus de sens pour l'autre , où commence l'égoïsme et jusqu'où doit aller l'amour lorsque la demande de l'autre est l'assistance à la mort.

Jojo Moyes a su alléger son propos en donnant à Will la capacité d'éveiller Lou à une vie différente,  ouverte à beaucoup de choses, à lui offrir un vrai avenir ce qu'il n'aura jamais plus.

Un grand merci à Babelio et aux Editions Milady.

 

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