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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 18:04

Un coup de coeur pour cette histoire policière qui se passe sur l'ile Lewis, au Nord de l'Ecosse, un pays fait de landes, de rochers, battu par les vents , les tempêtes, les vagues d'une mer déchainée ... Encore un endroit paradisiaque sans arbre, ça doit être pour me rassurer quant à la météo perturbée de cette fin de printemps, il y a pire que chez moi ...

Fin MacLeold, inspecteur à Edimburg est envoyé sur son ile natale pour aider une enquête concernant un meurtre .

Il y retrouve après 18 ans d'absence tous ses copains d'enfance et c'est dans ce contexte que Peter May, lui même originaire de cette ile construit très astucieusement une double intrigue, celle de l'enquête actuelle concernant des habitants de Lewis qui ont pris de l'âge et de la bouteille (au premier degré ), restés ancrés dans leur ressentiment d'insulaires mais également accrochés à leurs coutumes, en particulier celle de la chasse aux jeunes Fous de Bassan sur un ilot perdu avec une description très réaliste qui fait froid dans le dos...

Et entre les chapitres où progressent les recherches du criminel , au fur et à mesure que Fin rencontre d'anciens camarades , des retours dans le passé, narrés à la première personne par Fin enfant puis adolescent, des souvenirs souvent  douloureux et qu'il a enfoui dans sa mémoire.

Et si les batiments, les bateaux et les rochers sont restés inchangés , il lui est plus difficile d'admettre que les jeunes enfants qu'il a cotoyé, qu'il a aimé comme de bons camarades ou detesté , ont évolué et ne ressemblent plus à l'image figée qu'il en avait gardé.

J'ai dévoré ce livre, palpitant jusqu'au dénouement ultime et à la dernière ligne.

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 17:53

Comme beaucoup de lecteurs, j'ai lu ce livre en écoutant les différents albums (vinyls bien sûr ! ) de Patti Smith.

Comme beaucoup j'ai été émue à la lecture de cette relation fusionnelle entre Patti Smith et Robert Maddlethorpe.

La force de leur union intellectuelle , la croyance profonde en leur avenir d'artistes alors qu'ils sont à peine sortis de l'enfance est admirablement transmise par la belle écriture de Patti, poétesse amoureuse de Rimbaud, dessinatrice, chineuse .

Ils côtoient dans les années 60 et 70 à New York toute une faune d'artistes , Andy Wharrol, Bob Dylan ,Sam Sheppard et puis aussi  Brian Jones, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Jim Morisson , ces talentueux musiciens du club des 27 , fauchés par la drogue et l'alcool comme seront fauchés bien d'autres dont Robert Maddlethorpe par le Sida dans les années 80.

Ils habitent un certain temps,comme de très nombreux  artistes dans cet incroyable Hotel Chelsea de Manhattan évoqué dans de nombreuses chansons en particulier celle de Léonard Cohen qui y parle de sa relation avec janis Joplin.

http://www.youtube.com/watch?v=t9cFsUIhlqI

Incroyables et  foisonnantes années qui ont façonné toute une nouvelle génération dont nous sommes les héritiers.

Années de galère pour Patti et Robert mais où leur talent et leur personnalité éclosent, soutenus l'un par l'autre quelque-soit les chemins différents pris.

Une femme et une artiste merveilleuse , merci Patti .

 

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 22:11

 

 

 

Une couverture qui mérite de la regarder attentivement pour ne pas rater le petit détail et qui en fait toute son originalité, et un papier issu de sources responsables , j'apprécie !

Soulac sur mer , petite ville balnéaire à la pointe du Médoc, loin des plages chics du bassin d'Arcachon a un charme de bout du monde que préservent  jalousement ses habitants .

Claudie Pernusch, plus connue sous le pseudonyme de Sandrine Pernusch pour avoir publié sous ce nom des livres pour enfants nous offre une jolie description de Soulac, pas une vision de carte postale,  mais celle des maisons , des rues et de ces habitants quand les estivants sont partis , celle du vent et des tempêtes.

Elle connait bien l'endroit , ses grands parents y habitaient et on sent comme elle a plaisir à y revenir.

Une petite ville de province où tout le monde se connait et se rencontre au café et dans laquelle Paulin a décidé de revenir vivre , tranquille entre son magasin de poterie , ses amis dont Bruno, le patron du bistrot et Lena, la femme de sa vie mais qu'il ne voit que le week-end.

Cette tranquillité va être fortement perturbée par l'arrivée de Louise et de sa fille Hermine;

Sous une apparence anodine, cette histoire pose la question de la paternité d'autant plus quand elle n'a pas été choisie.

Louise impose à Paulin cet enfant dont il ne connaissait même pas l'existence.

Choix égoïste au départ, d'une femme  qui décide d'avoir un enfant toute seule et qui se retrouve quelques années plus tard devant des questions essentielles, existentielles et légitimes de sa fille, Mine.

Ce sujet touche une actualité brûlante et le livre ne rentre pas dans la polémique ni ne prétend donner des leçons ou des réponses.

Quelques jolies trouvailles comme " l'instant pastel " lorsque le coeur de Paulin se déverrouille car plus que la découverte brutale de sa paternité , c'est la fraîcheur de Mine, son innocence, son besoin fondamental d'être comme les autres petites filles avec un Papa qui le fait fondre de tendresse, abandonner sa carapace et changer son petit monde égocentrique créé autour de Lena.

Un bon moment de lecture, une écriture élégante.

Je remercie vivement les Editions Belfond de m'avoir envoyé ce livre.

 

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 18:06

L'Islande est un pays bien étrange pour une personne comme moi qui aime le coté vert et exubérant de la nature.

Là-bas, des champs de lave, un paysage gris, l'obscurité totale des nuits et une route circulaire qu'emprunte l'héroïne de ce nouveau roman d'Andur Ava Olafsdottir qui en fait a été écrit bien avant Rosa Candida, une bizarrerie de l'édition ...

 Je n'ai pas retrouvé totalement le charme de Rosa Candida mais j'ai aimé le voyage de cette jeune femme plutôt  fantasque,larguée par son mari et accompagnée par Tumi , le jeune fils de sa meilleure amie qui attend des jumeaux.

Tumi n'est pas un enfant ordinaire, malentendant et affublé de grosses lunettes, il va s'avérer être un compagnon étonnant et bien plus malin qu'il en a l'air

La jeune femme revient sur les traces de son enfance dans un village non seulement paumé mais isolé par des inondations.

Des rencontres  improbables, surprenantes et parfois bien agréables émaillent le périple !

Au bout de sa route, notre héroïne  gagnera sa liberté, une sérénité qu'elle n'avait jamais trouvée et l'attachement profond à ce petit garçon .

Un livre tendre et drôle que je vous recommande.

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 10:20

Agréable surprise avec ce court roman, alors que ma première incursion dans les oeuvres d'Agnés Desarthe s'était soldée par un abandon rapide n'ayant même pas fait l'objet d'une critique.

L'osmose s'est faite d'emblée, c'est difficile à exprimer comme parfois dès les premières lignes d'un roman on sent que cela va être un moment fort.

J'ai bien aimé le dialogue muet avec le lapin de garenne, car qui n'a jamais assisté comme spectateur impuissant et avec des yeux d'enfant à une battue aux lapins ne peut guère comprendre ce que cela a de dérisoire cette course en zigzag de ces petits derrières blancs face aux fusils des chasseurs et sa ressemblance avec les aléas de la vie.

Loin d'être un réquisitoire contre la chasse , ce n'est pas l'objet du livre, c'est la vision illusoire des choses de la vie qui transparait dans cette partie de chasse: réunion de plusieurs individus pour ce qui doit être une partie de plaisir, au moins pour trois d'entre eux et pour Tristan, jeune adulte timide et solitaire, une tentative d'intégration , un adoubement dans un milieu d'hommes qui lui est étranger à tout point de vue.

Mais les choses ne sont pas ce qu'elles ont l'air d'être et les événements climatiques imprévus , soudains et dramatiques font apparaitre les réalités bien loin des apparences superficielles, chacun a ses blessures profondes, des deuils difficiles à faire .

Le récit est entrecoupé des fragments de vie de notre jeune Tristan, balloté par les autres, impuissant à diriger lui-même  sa vie jusqu'à la pirouette finale drôle en soi mais infiniment triste.

 

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 12:21

Après avoir un peu buté sur la biographie d'Artemisia par la même Alexandra Lapierre , je me suis fait plaisir avec ce petit livre des Editions découvertes Gallimard.

Bien sûr, la vie d'Artemisia est racontée de façon beaucoup plus brève, ce n'est pas le but de l'ouvrage  mais cela va à l'essentiel, avec des phrases concises.

L'histoire de cette femme au destin exceptionnel est mélée à celle des autres peintres ce qui la situe bien dans son époque ainsi que ses thèmes bibliques récurrents ont droit également à une courte explication.

Même si le format de l'ouvrage est petit, le dépliage des pages montrant ses oeuvres les plus marquantes est plaisant.

Je suis restée admirative devant ces représentations si réalistes de Suzanne, Judith et Bethsabée aux destins qui rappellent les souffrances qu'Artemisia a endurées , femmes à qui elle a souvent prété ses propres traits, ce qui rend ces oeuvres encore plus émouvantes .

Courez à la prochaine exposition de cette magnifique artiste , vous ne serez pas déçus !

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 10:54

J'ai ressenti une impression étrange en lisant ce roman qui relate les derniers mois de la vie de Franz Kafka et sa rencontre avec Dora, jeune polonaise juive exilée .

Nous pénétrons dans l'intimité de l'écrivain, nous suivons son combat vain contre la tuberculose, l'urgence qu'il a dans sa manière d'écrire et ses relations dépendantes vis à vis de ses parents et de ses soeurs, comme s'il était un jeune enfant qu'il faut protéger.

Puis il rencontre Dora.

Il s'installe avec elle à Berlin,ce sera une belle mais brève parenthése entre deux séjours en sanatorium et loin de sa famille si accaparante.

La crise à Berlin , la montée de l'antisémitisme, le rêve d'aller s'installer en Palestine sont également évoqués.

Le personnage de Franz Kafka est difficile à saisir, sans doute comme il était vraiment et comme on peut l'appréhender dans ses oeuvres.

La part belle revient à Dora qui se dévoue corps et âme et aime profondément et passionnément Kafka .

Même si j'ai un avis assez mitigé sur ce roman cela m'a donné envie de me (re)plonger dans son oeuvre et de découvrir en particulier la dernière nouvelle qui est évoquée ici: Le Terrier .

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 15:07

Je me suis demandée en finissant ce roman depuis combien de temps je n'avais pas lu un livre d'Emile Zola, cela doit se compter en décennies plus qu'en années .

J'ai, comme beaucoup de lecteurs je pense , cloisonné mes choix de lecture et les oeuvres classiques sont restées cantonnées à une catégorie du passé qui finit par devenir assez lointaine en ce qui me concerne ... bien que je n'ai pas du tout de mauvais souvenirs au contraire, poursuivant pour moi-même souvent l' exploration de ces auteurs classiques.

Bien sûr , la langue est magnifique, la construction de l'intrigue implacable , il n'y a même pas besoin de trouver les héros sympathiques pour aimer cette oeuvre !

J'ai particulierement apprécié la description de la morgue, non par goût du macabre mais pour l'acuité du regard qui arrive à rendre beau dans le sens esthétique , l'horreur et ce qui tourne autour ...

J'ai écouté ce livre en CD Audio , une façon tout à fait agréable de redécouvrir tous ces chefs d'oeuvres .

 

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 16:20

Nous avons été 3 lectrices à avoir la chance de rencontrer Caroline Vermalle, auteur,entre autres ,de L'ile des Beaux Lendemains que nous avions reçu dans le cadre de Masse Critique.

Cette rencontre s'est déroulée pendant la manifestation La plage aux ecrivains à Arcachon et nous avons bénéficié des premiers vrais rayons de soleil.

Imaginez le cadre: une tente blanche dressée sur la plage avec le bassin aux eaux bleus-grises en toile de fond avec ces cabanes tchanqués de l'Ile aux oiseaux , ses pinasses et ses voiliers blancs ...

S'y retrouvaient quelques écrivains pour dédicacer leurs derniers ouvrages et être interviéwés par des journalistes.

Nous avions donc rendez-vous avec caroline Vermalle à la terrasse d'un café en front de mer.

Nous y avons également rencontré l'éditrice de Belfond , Juliette et Anne Chamaillard, directrice de communication , nous leur avons fait part de notre plaisir d'avoir avec ce livre, un bel objet: couverture délicatement calligraphiée de papillons et papier de qualité, elles ont été surprises de voir l'importance que chacune réservait à l'aspect "physique" d'un livre ...

Ensuite nous avons discuté longuement, en deux temps ,avec Caroline Vermalle.

Elle nous a d'abord raconté son parcours, son départ toute jeune à Londres où elle est devenue productrice de documentaires pour la BBC, activité qui l'a amené à  voyager dans le monde entier et à vivre des moments intenses, à rencontrer des gens passionnants , mais également à créer de véritables scénarios pour chaque documentaire avec des histoires écrites , ce qui l'a conduit naturellement à l'écriture de romans.

Un mariage avec un architecte Sud- africain et un tour du monde puis la publication à 35 ans de son premier roman:L'avant -dernière Chance qui aura un succès d'abord en Allemagne .

Pour son deuxième roman, elle avoue avoir mis beaucoup plus de temps à l'écrire .

L'ile d'Yeu c'est celle qu'elle voit de sa maison au bord de l'Atlantique, vision changeante suivant le temps, parfois si proche parfois à peine decelable dans la brume. 

Elle a choisi des personnes agées , elle trouvait en effet que les femmes ont vécu une vie avec plus de barrières et de contraintes, des obstacles liés à leur éducation et leur milieu, et elle a trouvé interressant de les faire évoluer à l'époque actuelle avec l'idée d'une certaine envie de liberté et la capacité de passer à l'acte !

Le choix d'une ile de France alors qu'elle a connu beaucoup de pays lui est venu naturellement, c'est quand on a beaucoup voyagé qu'on l'apprécie le mieux ...

Elle savait dès le départ de son processus d'écriture ce qu'elle voulait , peu à peu tout cela a pris forme, ses personnages sont devenus vivants ,ont pris leur envol comme les papillons qui racontent l'histoire avec cette urgence à vivre mais aussi avec un côté plus poétique, un peu féérique .

Ce que j'ai trouvé amusant , c'est les rapports qu'elle a fini par entretenir avec ses personnages, nous disant qu'elle aimerait bien ressembler à Nane d'ici de nombreuses années  ...

Un troisième livre, écrit en anglais et un quatrième roman sont déjà prêts et un cinquième est en route, donc beaucoup de projets dont elle nous a fait part sous le sceau du secret !

Cette jeune femme à l'allure frèle a un regard direct sur les autres et sur la vie, elle communique son enthousiasme et sa joie d'écrire et j'ai été pour ma part comblée et ravie de cette rencontre.

Spleen.

 

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 14:47

Belle surprise avec ce roman ; j'avais été attiré par la récente rencontre de Babelio avec cet écrivain dont je n'avais encore rien lu.

Histoires de famille, secrets, enfant abandonnée , manoir en Cornouailles avec son magnifique parc, cottage à l'abri des regards et son jardin clos et labyrinthe végétal pour se perdre...

Tous les ingrédients sont réunis pour faire une histoire qui tient son lecteur (ou sa lectrice en l'occurrence ) en haleine ...

J'ai trouvé le tout début  un peu laborieux, puis c'est une succession de chapîtres à trois époques différentes et  tout s'enchaine et s'accélére ; Kate Morton a l'art de suspendre un chapître au moment crucial , ce qui fait que le lecteur n'a qu'une hâte, poursuivre jusqu'à ce que l'on se retrouve à la bonne époque.

Les personnages principaux: Eliza , la conteuse et Nell et sa petite fille Cassandra sont celles qui alternent le récit et sont des femmes passionnées et passionnantes.

L'incrustation ,avec un graphisme particulier et de petites enluminures des contes d'Eliza au cours de l'histoire rajoutent une touche féerique .

Donc, j'ai beaucoup aimé !

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