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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 12:21

Après avoir un peu buté sur la biographie d'Artemisia par la même Alexandra Lapierre , je me suis fait plaisir avec ce petit livre des Editions découvertes Gallimard.

Bien sûr, la vie d'Artemisia est racontée de façon beaucoup plus brève, ce n'est pas le but de l'ouvrage  mais cela va à l'essentiel, avec des phrases concises.

L'histoire de cette femme au destin exceptionnel est mélée à celle des autres peintres ce qui la situe bien dans son époque ainsi que ses thèmes bibliques récurrents ont droit également à une courte explication.

Même si le format de l'ouvrage est petit, le dépliage des pages montrant ses oeuvres les plus marquantes est plaisant.

Je suis restée admirative devant ces représentations si réalistes de Suzanne, Judith et Bethsabée aux destins qui rappellent les souffrances qu'Artemisia a endurées , femmes à qui elle a souvent prété ses propres traits, ce qui rend ces oeuvres encore plus émouvantes .

Courez à la prochaine exposition de cette magnifique artiste , vous ne serez pas déçus !

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 10:54

J'ai ressenti une impression étrange en lisant ce roman qui relate les derniers mois de la vie de Franz Kafka et sa rencontre avec Dora, jeune polonaise juive exilée .

Nous pénétrons dans l'intimité de l'écrivain, nous suivons son combat vain contre la tuberculose, l'urgence qu'il a dans sa manière d'écrire et ses relations dépendantes vis à vis de ses parents et de ses soeurs, comme s'il était un jeune enfant qu'il faut protéger.

Puis il rencontre Dora.

Il s'installe avec elle à Berlin,ce sera une belle mais brève parenthése entre deux séjours en sanatorium et loin de sa famille si accaparante.

La crise à Berlin , la montée de l'antisémitisme, le rêve d'aller s'installer en Palestine sont également évoqués.

Le personnage de Franz Kafka est difficile à saisir, sans doute comme il était vraiment et comme on peut l'appréhender dans ses oeuvres.

La part belle revient à Dora qui se dévoue corps et âme et aime profondément et passionnément Kafka .

Même si j'ai un avis assez mitigé sur ce roman cela m'a donné envie de me (re)plonger dans son oeuvre et de découvrir en particulier la dernière nouvelle qui est évoquée ici: Le Terrier .

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 15:07

Je me suis demandée en finissant ce roman depuis combien de temps je n'avais pas lu un livre d'Emile Zola, cela doit se compter en décennies plus qu'en années .

J'ai, comme beaucoup de lecteurs je pense , cloisonné mes choix de lecture et les oeuvres classiques sont restées cantonnées à une catégorie du passé qui finit par devenir assez lointaine en ce qui me concerne ... bien que je n'ai pas du tout de mauvais souvenirs au contraire, poursuivant pour moi-même souvent l' exploration de ces auteurs classiques.

Bien sûr , la langue est magnifique, la construction de l'intrigue implacable , il n'y a même pas besoin de trouver les héros sympathiques pour aimer cette oeuvre !

J'ai particulierement apprécié la description de la morgue, non par goût du macabre mais pour l'acuité du regard qui arrive à rendre beau dans le sens esthétique , l'horreur et ce qui tourne autour ...

J'ai écouté ce livre en CD Audio , une façon tout à fait agréable de redécouvrir tous ces chefs d'oeuvres .

 

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 16:20

Nous avons été 3 lectrices à avoir la chance de rencontrer Caroline Vermalle, auteur,entre autres ,de L'ile des Beaux Lendemains que nous avions reçu dans le cadre de Masse Critique.

Cette rencontre s'est déroulée pendant la manifestation La plage aux ecrivains à Arcachon et nous avons bénéficié des premiers vrais rayons de soleil.

Imaginez le cadre: une tente blanche dressée sur la plage avec le bassin aux eaux bleus-grises en toile de fond avec ces cabanes tchanqués de l'Ile aux oiseaux , ses pinasses et ses voiliers blancs ...

S'y retrouvaient quelques écrivains pour dédicacer leurs derniers ouvrages et être interviéwés par des journalistes.

Nous avions donc rendez-vous avec caroline Vermalle à la terrasse d'un café en front de mer.

Nous y avons également rencontré l'éditrice de Belfond , Juliette et Anne Chamaillard, directrice de communication , nous leur avons fait part de notre plaisir d'avoir avec ce livre, un bel objet: couverture délicatement calligraphiée de papillons et papier de qualité, elles ont été surprises de voir l'importance que chacune réservait à l'aspect "physique" d'un livre ...

Ensuite nous avons discuté longuement, en deux temps ,avec Caroline Vermalle.

Elle nous a d'abord raconté son parcours, son départ toute jeune à Londres où elle est devenue productrice de documentaires pour la BBC, activité qui l'a amené à  voyager dans le monde entier et à vivre des moments intenses, à rencontrer des gens passionnants , mais également à créer de véritables scénarios pour chaque documentaire avec des histoires écrites , ce qui l'a conduit naturellement à l'écriture de romans.

Un mariage avec un architecte Sud- africain et un tour du monde puis la publication à 35 ans de son premier roman:L'avant -dernière Chance qui aura un succès d'abord en Allemagne .

Pour son deuxième roman, elle avoue avoir mis beaucoup plus de temps à l'écrire .

L'ile d'Yeu c'est celle qu'elle voit de sa maison au bord de l'Atlantique, vision changeante suivant le temps, parfois si proche parfois à peine decelable dans la brume. 

Elle a choisi des personnes agées , elle trouvait en effet que les femmes ont vécu une vie avec plus de barrières et de contraintes, des obstacles liés à leur éducation et leur milieu, et elle a trouvé interressant de les faire évoluer à l'époque actuelle avec l'idée d'une certaine envie de liberté et la capacité de passer à l'acte !

Le choix d'une ile de France alors qu'elle a connu beaucoup de pays lui est venu naturellement, c'est quand on a beaucoup voyagé qu'on l'apprécie le mieux ...

Elle savait dès le départ de son processus d'écriture ce qu'elle voulait , peu à peu tout cela a pris forme, ses personnages sont devenus vivants ,ont pris leur envol comme les papillons qui racontent l'histoire avec cette urgence à vivre mais aussi avec un côté plus poétique, un peu féérique .

Ce que j'ai trouvé amusant , c'est les rapports qu'elle a fini par entretenir avec ses personnages, nous disant qu'elle aimerait bien ressembler à Nane d'ici de nombreuses années  ...

Un troisième livre, écrit en anglais et un quatrième roman sont déjà prêts et un cinquième est en route, donc beaucoup de projets dont elle nous a fait part sous le sceau du secret !

Cette jeune femme à l'allure frèle a un regard direct sur les autres et sur la vie, elle communique son enthousiasme et sa joie d'écrire et j'ai été pour ma part comblée et ravie de cette rencontre.

Spleen.

 

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 14:47

Belle surprise avec ce roman ; j'avais été attiré par la récente rencontre de Babelio avec cet écrivain dont je n'avais encore rien lu.

Histoires de famille, secrets, enfant abandonnée , manoir en Cornouailles avec son magnifique parc, cottage à l'abri des regards et son jardin clos et labyrinthe végétal pour se perdre...

Tous les ingrédients sont réunis pour faire une histoire qui tient son lecteur (ou sa lectrice en l'occurrence ) en haleine ...

J'ai trouvé le tout début  un peu laborieux, puis c'est une succession de chapîtres à trois époques différentes et  tout s'enchaine et s'accélére ; Kate Morton a l'art de suspendre un chapître au moment crucial , ce qui fait que le lecteur n'a qu'une hâte, poursuivre jusqu'à ce que l'on se retrouve à la bonne époque.

Les personnages principaux: Eliza , la conteuse et Nell et sa petite fille Cassandra sont celles qui alternent le récit et sont des femmes passionnées et passionnantes.

L'incrustation ,avec un graphisme particulier et de petites enluminures des contes d'Eliza au cours de l'histoire rajoutent une touche féerique .

Donc, j'ai beaucoup aimé !

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 15:16

Influencée  par le "Coup de Coeur" de ma librairie bordelaise préférée, je suis donc repartie enthousiaste avec ce roman.

Comme à ma bonne habitude, je le commence dans le tram comme on mordrait dans un coin du gateau , en catimini, en espérant que le coup de dents ne se verra pas trop ...

Le début est prometteur, description d 'une  reconstruction idyllique de Brest dévastée par les bombardements, l'écriture est alerte, incisive, on imagine bien ce Cercle Naval avec ces anciens officiers et ces veuves pétries d'habitudes et de conventions  mais rapidement l'histoire s'enlise dans des affaires de famille , des malversations financières, des héritages douteux et des vols sordides, de même que le style s'appauvrit et devient répétitif .

Bref (ou Brest!) comme le fameux roman familial cela ne dure que 175 pages et m'a suffi avant l'indigestion .

Pas beaucoup d'intérêt à mon humble avis .

 

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 12:25

Indignation, c'est le refrain d'un hymne chinois que Marcus, le héros de ce roman , se passe en continu dans la tête lorsqu'il veut s'abstraire d'une situation difficile .

Etudiant brillant , Marcus n'a qu'un but : éviter de se retrouver simple troufion en Corée lorsque les troupes américaines y combattaient dans les années cinquante .

Le destin , on l'apprend assez vite et de façon brutale en décide autrement et ce livre est admirablement construit jusqu'à la chute car même si on sait donc que le héros va mourir dans sa vingtième année, les événements qui s'enchainent implacablement laissent une belle part à la surprise, en tout cas à la mienne , je suis bon public lorsque l'intrigue est astucieusement menée ...

Marcus est le fils unique d'un couple juif, ici c'est le père, boucher kasher qui pourrait jouer  le rôle caricatural de la mère juive sauf qu'il ne s'agit pas du même registre , car c'est ce qui déclenche le départ du jeune homme .

Il se retrouve projeté ,d'un milieu protégé et communautaire , dans un monde intolérant, raciste et imprégné de préjugés et de règles rigides et bornées .

Intransigeant envers lui-même, Marcus l'est également avec les autres, ses camarades de chambrée, le directeur de l'Université .

La seule qui ébranle ses convictions pleines de tabous est sa petite amie, Olivia .

Excellent roman, et pour moi un défi, celui d'avoir fini un livre de Philip Roth !

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 12:37

Ce n'est sans doute pas son meilleur roman , mais il ouvre finalement à de nombreuses reflexions grace au talent de J.C Oates  .

Années 70 , dans un Collège renommé, Genna partage sa chambre avec Minette Swift, une jeune fille noire boursière.

Les étudiantes noires sont peu nombreuses, la discrimination est encore bien présente et Genna , timide et idéaliste voudrait devenir l'amie, voire la protectrice de Minette, elle ressent cela presque comme un devoir naturel.

Or les choses ne sont pas si simples, Minette a un caractère bien marqué, elle est impulsive et peu encline aux manifestations exterieures d'amitié .

Peu à peu se dessine un autre aspect des choses :Genna est très marquée par une enfance entre une mère ancienne babacool , toujours en dehors de la réalité et sous l'effet de médicaments et un père adulé, avocat engagé dans des combats d'extrème gauche mais totalement absent , elle cherche des points de repère familiaux et envie les rapports que Minette a avec sa famille et même avec la religion.

Quant à Minette, sous ses aspects butés et determinés se cache le profond désarroi d'être séparé de sa famille et de ne pas trouver sa place parmi les étudiantes de ce collége, ce qui la conduit à être rejeté par cette petite communauté et de subir des actes raciaux , Genna prend sa défense naturellement mais  petit à petit a conscience d'une autre réalité.

L'opposition de Minette à ce milieu la menera au drame annoncé dès les premières lignes du roman, Genna portera le poids de son incapacité de déplaire à son amie qui aurait pu éviter l'accident fatal.

Il apparait à la toute fin du roman , une autre vision des actes de Genna, elle a toujours voulu attirer son père, récupérer un peu de cette affection qui lui a tant manqué dans une enfance tronquée face à des adultes irresponsables , et elle parvient plus ou moins consciemment à le faire tomber de son piedestal et à récuperer un être brisé qui n'appartient finalement plus qu'à elle.

Amer constat , très habilement mené.


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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 10:36

Nous sommes plongés dans la bataille de Waterloo au coeur de l'action, au milieu de ces hommes qui ont passé leur vie dans les armées napoléoniennes pendant plus de vingt ans, ne connaissant pour tout horizon que les champs de bataille et flirtant en permanence avec la mort , recouvert du sang de leurs ennemis quand ce n'est pas celui de leurs amis.

Mais en fait, la description un peu longue  de cette défaite n'est que la mise en condition pour comprendre ce qu'un soldat , en l'occurence un officier, Lucien de Montalbert ayant donné sa vie à l'Empereur ,pouvait ressentir comme vide alors que les armées vaincues se sont retrouvées parquées loin de Paris, en quarantaine avec le choix de démissionner de l'armée ou de rempiler dans celle d'un roi honni.

La première partie du livre est mélée aux événements historiques de cette époque troublée mais ne se veut pas historique, il n'y a d'ailleurs pas de date .

Lucien de Montalbert récupére un domaine familial dans le Limousin et tente de retrouver une motivation à sa vie, fonde une famille en oubliant que dans ce milieu de "petits"nobles de campagne, les hobereaux ,la mésalliance est une faute grave et se retrouve exclu .

Les hivers sont rudes, les loups rodent, les journées se passent à la chasse, on poursuit le gibier comme on poursuivait le prussien mais les batailles sont ailleurs, celles du couple qui se désagrége et se sépare puis celles des trois enfants illégitimes dont l'histoire  tragique constitue la deuxième partie du roman.

Amour et haine se succédent, s'entremélent  dans une violence indicible et la fin de l'histoire tourne à l'horreur.

Enfants perdus d'un père qui n'aura pas pu tourner la page de cette épopée napoléonienne et qui n'aura pas fait les bons choix.

Les enfants doivent-ils payer les fautes de leurs parents ?

C'est un roman extrémement fort, prenant , avec une belle écriture qui n'a pas vieilli, le roman a été publié en 1958 .

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 14:23

Sans doute faut-il une certaine maturité pour apprécier les romans de Françoise Sagan, j'avais déjà eu cette impression en relisant  Bonjour Tristesse.

L'écriture est fluide, avec une langue riche, non chargée et jamais vulgaire.

Bien sûr, il s'agit d'une époque révolue, les années soixante qui paraissent maintenant si insouciantes, d'un milieu snob avec de jeunes adultes entretenus et oisifs.

Mais avec cette distance d'un autre siècle et celle que l'on met avec l'expérience vis à vis de moeurs déphasés , j'ai aimé cette histoire de passion entre Lucile et Antoine , cette quête vaine du bonheur et le ragrd que Françoise Sagan portait sur les gens qu'elle fréquentait.

 " Comme un volcan devenu vieux , mon coeur bat lentement la Chamade .

La lave tiède de tes yeux coule dans mes veines malades..." dit le chanteur .

 

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