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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 18:27

J'avais lu avec grand plaisir La Tristesse des Anges et je m'attendais à un même bonheur .

Mais je n'ai pas du tout ressenti la même émotion, ce roman m'a paru beaucoup moins abouti que le suivant.

Le début de l'histoire avec l'arrivée des deux amis au campement puis le départ des hommes pour la pêche à la morue dans leurs barques traditionnelles   nous embarque également dans la nuit polaire , sur cet océan glacial  et l'émotion est vive même si, comme le souligne Liligalipette l'oubli de la vareuse semble peu crédible.

Mais ensuite j'ai eu l'impression que l'écrivain se dispersait dans une multitude d'histoires de personnages très secondaires avec des noms qui pour moi se ressemblaient tous et ont fini par m'embrouiller l'esprit et gacher ma lecture  (ou alors je vieillis mais ça ,ce n'est pas possible .)

Je n'ai pas retrouvé cette poésie particulière qui m'avait  fait aimer l'Islande ,rude pays pourtant bien loin d'apparaitre enchanteur à mes yeux de femme frileuse ...

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 17:46

On peut penser qu'avec la commémoration prochaine de la guerre 14-18 , beaucoup de livres autour de cette période vont être publiés...

Mais si ce sont des ouvrages de la valeur du roman de Pierre Lemaitre, la lassitude ne sera pas au rendez-vous.

 La première partie de l'histoire se déroule au moment de l'armistice, période de flottement pour les soldats au front: s'agit t'il seulement d'une rumeur ou va t'on vraiment en finir et rentrer chez soi ?

ET nous assistons au dernier combat, mais n'a t'il pas été truqué à la base, je n'en dirai pas plus pour ne pas déflorer l'effet de surprise du lecteur....

Les soldats Albert  Maillard et  Edouard Péricourt lient leur vie, l'un sauve l'autre de la mort et se retrouve défiguré par un éclat d'obus,dans cet ultime assaut conduit par le  fourbe Lieutenant d'Aulnay Pradelle ,

On pense également au magnifique roman La chambre des Officiers de Marc Dugain avec ses gueules cassées...

Les parties suivantes racontent les années 1919 et 1920 où ,dans une France exsangue qui pleure ses morts, les familles recherchent les dépouilles de tant de frères, de maris et de fils tués sur les champs de bataille et ensevelis à la hâte, on voit surgir des trafics ignobles autour de ces morts, imaginés par des hommes sans scrupules, les mêmes qui n'ont pas pas eu que des faits glorieux à leur actif pendant la guerre.

Bien sûr nous retrouvons nos héros Edouard et Albert et le malfaisant d'Aulnay Pradelle.

Pierre Lemaitre manie le suspense avec talent, pas de temps mort dans le récit, les personnages sont décrits avec brio , y compris les personnages secondaires comme Monsieur Péricourt , le père d'Edouard dont la carapace d'homme sévère et intolérant se fend et où on sent percer un véritable remords et un réel chagrin.

Et comment regarder sans frissonner ces monuments aux morts qui nous rappellent tous ces hommes fauchés et les survivants de ces horreurs, marqués à jamais dans leur chair et leur âme .

 

 

 

 

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 21:59

La plume suspendue au dessus de la feuille (ou plutôt le doigt errant au dessus du clavier mais c'est moins romantique!) voilà le cauchemar du pauvre critiqueur de Babelio, lorsqu'il a fini un roman d'un écrivain qu'il apprécie et dont le dernier livre n'a pas déclenché chez lui, humble lecteur, anonyme parmi les anonymes , les transes habituelles de la belle lecture, la jubilation parfois naïve de ne pas s'être trompé en achetant les yeux fermés le livre d'un bon auteur...

Même en me mentant un peu pour ne pas avouer le fond de ma pensée, j'ai été déçue.

Bien sûr, j'ai aimé l'histoire de ces petites boules que l'on retourne , Tour Eiffel ou Bambi sous la neige, cela renvoie immanquablement  à ces propres souvenirs d'enfance, l'histoire de ce village déchiré entre partisans ou non de la piste de ski," clochemerle" à la montagne, la série de photos qui se ressemblent mais ne sont jamais les mêmes avec celle qui manque comme un accroc dans le temps ,.

L'absence est  un des thèmes du roman, celle de l'être que l'on attend, celle de ceux qu'on a perdu avec comme corollaire ,l'attente .

L'absence c'est aussi celle que l'on a fait subir à ses proches avec son lot de non-dits et de ressentiments, comme une fuite, ressemblant à celle du père avec le rituel immuable du retour qu'il faut respecter ou retrouver dans sa mémoire comme ce gateau au chocolat ...

Mais que c'est lent jusqu'à l'ennui avec des phrases courtes racontant la banalité d'un quotidien morose et grisâtre comme le temps.

Bon, je me précipiterai quand-même sur le prochain roman de Claudie Gallay !

 

 

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 08:20

Comme un roman de l'ère victorienne mais si l'époque , le lieu et le fond de l'histoire correspondent à la littérature de cette époque, la forme n'a rien à voir avec le style de  Jane Austen pour ne citer que la plus connue ou Charlotte Brontë pour la similitude du contexte de son roman Jane Eyre : une jeune fille de condition modeste , gouvernante dans un manoir habité par un Lord veuf et séduisant et son jeune fils .

L'histoire est racontée sous la forme d'un journal intime qu'Emily laisse volontairement sous les yeux de Lord Askin et dans lequel elle raconte sa vie, ses échanges épistolaires avec cette soeur ainée Victoria qui  a eu le courage de quitter sa condition d'ouvrière pour partir aux Etats Unis mais aussi elle insinue des malversations des autres membres du personnel du manoir , allégations souvent mensongéres mais qui entrainent le renvoi de la personne soupçonnée.

Ce journal est souvent décousu, il est difficile de différentier la réalité des nombreuses affabulations avec par moment un dédoublement de personnalité lorsqu'elle laisse la parole à  sa soeur.

Car Emily n'est pas une héroïne agréable , elle est calculatrice, froide, et mythomane.

Aucun des personnages de ce roman n'est sympathique , en dehors de Terrence, le fils de Lord Askin mais pour lequel on ressent plutôt de la compassion pour son infirmité .

Manquent pour moi le romantisme qui fait le charme de la littérature du XIX eme siècle anglais, ainsi que l'acuité particulière de ces femmes écrivains qui avec une grande liberté et un une modernité étonnante ont décrit les moeurs de leur époque.

Il y a des terres qu'il est difficile de fouler pour un écrivain de notre siècle.

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 11:27

Imprégnée d'une forte addiction aux fims de Westerns , la lecture de ce roman dans les plaines du Far West s'est rapidement enrichie par les images et le son , manquait l'odeur, quoique ... avec Zebulon dont l'extase suprême est le bain, on peut imaginer les parfums qui flottent dans le saloon de Sally !

Tranches de vie des hommes de l'Ouest, cow-boys,  trappeurs, chasseurs de prime  ou indiens racontés par petits chapîtres et qui se rejoignent pour faire vivre un nouveau village .

Parties de poker où on perd son cheval, voleurs de chevaux ou brigand de grand chemin, c'est dans un petit livre un condensé de tout ce qu'on s'attend à rencontrer.

Les méchants , bien sûr, également présents, quoique on a vu plus retors ,resserrent les liens de la petite communauté qui se serrent les coudes pour les affronter...

Les indiens et les chinois prennent le thé ensemble, non , je plaisante !

Quelques minois féminins , parité oblige, une petite chinoise, une indienne chamane, une contrebassiste et des putes bien sûr ...

Les paysages ne sont pas non plus oubliés et l'on aimerait accompagner Brad lorsqu'il trouve sa clairière , la Nature dans toute sa splendeur .


Céline Minard a une jolie plume, vive , elle apporte dans le paysage des écrivains français une touche originale, non nombriliste ni vulgaire.

Un plaisir de lecture avec pour moi un petit bémol qui ne fait pas de ce livre un coup de coeur, une intrigue un peu mince comme le livre , mais quand on veut que ça dure plus longtemps, c'est qu'on aime ...


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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 11:28

Une histoire émouvante de disparition d'une jeune fille Sarah, partie dans le Grand Nord et qui n'est jamais rentrée.

Désarroi des parents qui luttent chacun de leur façon, le père pudiquement, presque secrétement contrairement à la mère qui déploie toute son energie à la recherche de sa fille , attente qui devient obsessionnelle mais comment lui reprocher ce qui devient le seul but de son existence.

Et à coté d'eux , Lisa, la fille cadette dont la vie de petite fille puis d'adolescente est volée par l' absence de l'ainée. Elle n'a qu'une existence en négatif, transparente dans le coeur de ses parents .

En paralléle, nous suivons Lisa au Groenland, lorsqu' elle part sur les traces de sa soeur au moment où il faut bien la déclarer morte au bout de 28 ans comme un dernier espoir, une tentative ultime pour comprendre ce qui a pu arriver à Sarah la musicienne, anéantie par la mort de Diane, l'amie de coeur.

Et la vision du Groenland est bien différente de celle du prospectus que Lisa rapporte chez elle avant son départ.

Le regard sur la fonte trop prématurée de la glace, sur les pécheurs qui reviennent bredouille , qui se blessent , qui se suicident qui battent femmes et enfants et qui tuent leurs chiens devenus des bouches inutiles à nourrir .

La merde qui souille les paysages que l'ont voudraient immaculés et l'odeur des ordures lorsque le printemps arrive trop vite , constat amer d'un monde dont les changements liés à l'homme lui échappent comme une machine folle que l'on ne plus arrêter .

 

LE PARADIS BLANC  EST LOIN !

 

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 15:58

Un livre très déroutant pour moi, mais la curiosité l'a emporté !

D'abord ce Manuel de survie à l'usage des Incapables n'a rien à voir avec les différents Manuels de survie que l'on peut connaitre.

En l'occurrence , l'incapable aurait été plutôt moi, incapable d'apprécier sans doute ce livre à sa juste valeur si on lit les critiques déjà publiées.

Trop cynique, trop futuriste à mon goût...

Histoire donc, dans un futur proche, ressemblant fort à notre présent avec l'omniprésence des Hyper-marchés, on note tout de même une certaine obsession vis à vis d'une certaine chaine suédoise, peut-être que l'auteur s'est retrouvé comme beaucoup devant des vis qui ne vont nulle part et un mode d'emploi incompréhensible !

Une socièté de consommation déshumanisée , mais en sommes nous si loin ?

Jean-Jean, le héros est agent de sécurité, et son travail consistant à pieger les employés du magasin n'est pas très glorieux mais cela va lui attirer la haine d'une meute de loups , enfants de Martine Laverdure qui a laissé sa vie lors d'un controle qui a plutôt mal tourné 

Les humains ne sont plus complétement humains , certains ont subi des modifications de leur ADN , comme Blanc, Gris, Brun et Noir , les loups , Marianne, la femme de Jean-Jean qui a des gènes de Mamba Vert et Blanche de Castille upgradée en loutre ...

Un humour distillé au fil des pages , et même si je n'ai pas trop aimé le "le fond", c'est une lecture accrocheuse , ce qui est une qualité pas toujours évidente: toucher un lecteur à priori peu receptif !

Beaucoup de références : économiques, littéraires , philosophiques assez étonnantes  dans ce roman audacieux  et foncierement sombre malgrè l'humour distillé au fil des événements...

Je remercie Babelio et les Editions Au diable Vauvert  pour m'avoir fait découvrir un écrivain hors du commun !




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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 18:43

Antoine Choplin nous offre une émouvante rencontre avec Gouri et ses camarades, rescapés de Tchernobyl.

Etonnamment je n'avais pas encore  lu de livre sur cette catastrophe, il y a d'ailleurs   peu de romans sur ce sujet à ma connaissance.

Pourtant, combien de gens ont été obligés de fuir, souvent trop tardivement cette région hautement contaminée, y laissant la plupart de leurs biens, y abandonnant leurs animaux et y laissant une grande parcelle d'eux-mêmes.

 Gouri, écrivain public et poète, chevauchant sa moto qui tire une remorque , quitte Kiev pour revoir deux ans après le départ forcé de sa famille, son appartement situé à Pripiat en zone interdite, il a à coeur de rapporter un objet directement lié à l'histoire de sa fille Ksenia , malade d'avoir cotoyé de trop près l'incendie de la centrale .

En chemin  , il rend visite à ses amis revenus habiter dans cette région contaminée, survivants fantômes, oubliés, entourés des pilleurs, des profiteurs sans scrupules.

  Son ami Iakov , un des liquidateurs , est au bout de sa vie, le corps rongé par les radiations, la peau partant en lambeaux , la description est saisissante.

De même la narration de la destruction de la maison de Kousma poussée dans une grande fosse par un bulldozer est très marquante. 

Pas de ressentiment dans leur propos mais la nostalgie de la vie d'avant ce 26 avril 1986, la camaraderie, les rires et les chants arrosés de Vodka.

On sent une grande résignation vis à vis de ce qu'ils vivent au quotidien.

Les mots sont simples, Antoine Choplin va à l'essentiel avec beaucoup de pudeur et sans apitoiement, il arrive à ne pas rendre son roman triste, ces gens sont beaux et dignes .

Gouri, le poête  trouve  devant cette souffrance muette, son inspiration .


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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 17:56

Comme pour beaucoup, la Mezquita de Cordoue est d'abord un choc émotionnel qui laisse sans voix...

Donc, moi aussi, ce titre m'a attiré .

En fait, l'action se situe au XVIème siècle, beaucoup plus tard que la conquête des chrétiens en 1236,  ,  il est peu question de la Mezquita dans ce roman, d'où ma deception.

J'avais sans doute imaginé une version hispano-mauresque des Piliers de la Terre de Ken Follet .

Beaucoup d'aventures et de déboires pour notre jeune héros, Hernando pris en tenaille entre son éducation parmi les catholiques,liée à la conversion forcée des maures , et cependant attaché à ses racines musulmanes par sa mère .

C'est une période où se succédent les combats entre les maures et les catholiques et  j' avoue  que je me suis lassée (quand même au bout de 561 pages! ) devant la répétition des événements et le manque de vrais rebondissements.

 

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 10:17

J'ai assisté à l'interview que David Foenkinos donnait à Arcachon dans le cadre de La plage aux  Ecrivains en Mai dernier, il parlait avec beaucoup d'humour de son livre: Je vais mieux et j'ai donc eu la curiosité de le lire.

L'humour est également l'élément moteur du récit de ce grand hypocondriaque qui, alors qu'il croit mener une vie familiale sans histoire et une carrière professionnelle sans véritables obstacles , est anéanti physiquement et mentalement par un mal au dos.

Pour moi qui baigne dans le monde médical, le parcours du narrateur, en l'occurrence un vrai parcours du combattant  , a eu une résonance particulière: comment les patients pouvaient appréhender l'approche des différents intervenants, cherchant à la fois le soulagement de leur douleur et de leur inquiètude vis à vis de la gravité de leur mal.

Je ne sais pas si David Foenkinos a destiné un tant soit peu son histoire au monde médical, mais en ce qui me concerne, cela m'a interpellé  ...

Tout s'effondre autour de lui, son mal au dos empire jusqu'à ce qu'il défriche tout ce qu'il avait enfoui en lui par paresse, habitude, couardise , tous ces petits et grands travers qui finissent par faire une belle pelote de noeuds que chacun localise où il peut ...

Les paragraphes sont entrecoupés  par l'évaluation de sa douleur , tel un dossier médical et par son état d'esprit .

On passe un très bon moment , David Foenkinos a le talent de faire un livre drôle sur ce sujet .

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