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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 19:45

Encore un auteur islandais, décidément ce petit pays est riche en bons écrivains.

Est-ce la vie difficile avec ce climat qui pour moi est si hostile qui  les inspire autant  ou une certaine qualité dans les relations avec l'art, la poésie ou la littérature.

En tout cas dans les romans que j'ai déjà lus, il est toujours question de livres et de poèmes et avec ce nouveau roman de peinture et tableaux.

Cette fois, ce ne sont plus les marins ou les bergers qui sont au devant de la scène mais Karitas, jeune fille puis jeune femme .

Fille de marin et femme de marin, le destin de Karitas n'est guère plus enviable que celui des hommes mais grâce à la volonté farouche de sa mère de donner à ses enfants un autre avenir que celui tracé par les habitudes et leur condition sociale , la mer ou la terre, Karitas part en Norvége à l'académie Royale des Beaux Arts.

C'est sans compter lors de son retour en Islande alors qu'elle rêve d'une carrière de peintre moderne, les préjugés de l'époque, nous sommes dans les années 1920, où la peinture est considérée comme un loisir pour gens fortunés et l'autorité  de son mari qu'il n'entend pas contester, puis l'arrivée des enfants incompatibles avec une vie d'artiste.

Trolls et revenants hantent ses nuits à la lisière de la folie mais le monde des femmes est fort, solidaire et il y a de belles descriptions de ces islandaises au caractère farouche comme leur pays, à l'âme sauvage comme les magnifiques paysages. Libres dans leur tête si elles ne le sont pas pour les autres ...

Jolies pages entre les chapîtres où sont esquissés les dessins de Karitas.

Un roman envoutant...

 

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 21:21

C'est vrai que le titre et la couverture attirent le regard et je n'ai pas longtemps hésité en le voyant exposé dans ma médiathèque de campagne, voulant juger de moi-même après tout le battage médiatique entourant la vie chaotique et atypique de Romain Puértolas.

 J'ai passé un bon moment, c'est plein d'humour même si cela ne déclenche pas l'hilarité, les aventures rocambolesques s'enchainent et on tourne impatiemment les pages pour découvrir les nouvelles péripéties de notre "faux " fakir et la destination suivante où l'entraine les événements incontrolés.

On peut imaginer que c'est d'abord Romain Puértolas qui s'est bien amusé à imaginer ce personnage et ses acolytes si décalés, il arrive même par le biais de la comédie loufoque à évoquer le parcours épineux des clandestins...

Un tapis volant rose au milieu de tous ces nuages noirs qui entourent notre quotidien, cela fait du bien même si cela ne vole pas dans de hautes stratosphères et entre un titre accrocheur, des interviews et des articles qui "mettent l'eau à la bouche", il n'en faut pas plus pour que cela fonctionne , les gens ont besoin de se déconnecter de leur réalité morose, là, on sourit, on voyage à peu de frais , bonne pioche (sans doute encore meilleure pour l'écrivain et son éditeur !)

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 18:08

Un excellent début où la parole est prise par Van qui vient de mourir et s'exprime enfin de façon libre, lui qui a été plutôt mutique tout au long de sa vie interrompue de manière brutale, renversé par la voiture conduite par sa femme Lou.

On imagine bien l'esprit de Van errant au dessus du cercueil et observant son petit monde, bonne position pour s'exprimer enfin sans contrainte ni contradiction et son histoire , fort bien écrite est peu ordinaire et éveille la curiosité dans ce premier chapitre.

Le roman est divisé en quatre parties en donnant la parole à quatre personnages, Van donc, sa femme Lou sous forme d'une confession, Ulma la demi-soeur de Van, son double et son amante qui parle à un psy imaginaire et Laure la fille de Van et Lou qui écrit son journal.

Chacun raconte avec sa sensibilité propre le vécu récent et si traumatisant: la disparition de Van.

Puis nous entrons peu à peu dans les souvenirs de l'enfance, les blessures avec un père absent pour Van et Ulma, des mères castratrice pour Lou ou irresponsable pour Ulma, la difficulté d'intégrer son métissage et de savoir où se situer entre deux pays la France et le Vietnam...

Passé la découverte du contexte et l'histoire principale des protagonistes, j'ai trouvé que malheureusement les propos tournaient un peu en rond et on perdait beaucoup en intérêt par manque de rebondissement.

Seule Laure tire son épingle du jeu,elle avance vers l'avenir malgré le double drame qu'elle vit.

Dommage , mais sans doute faut-il ne garder que cette première bonne impression , ce qui est déjà bien car loin d'être le cas de nombreux livres !

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 16:23

Une tribu africaine à une époque qu'on imagine lointaine est en proie au doute et à la peur aprés le grand incendie qui a ravagé une partie des cases et la disparition inexpliquée de 10 jeunes garçons et deux anciens au même moment.

Les mères de ces jeunes sont mises à l'écart de la communauté dans une case commune et l'incertitude régne.

Les palabres des anciens tournent en rond et le vieux chef décide finalement de partir à la recherche de réponses dans le village voisin avec quelques hommes.

Les raisons qui ont poussé ces tribus considérées comme amies à attaquer le village et à enlever ces hommes sont simples et évidentes pour nous: fournir de la marchandise humaine aux blancs négriers.

Mais cette petite tribu vit repliée sur elle-même par souci de protection, les esprits sont présents dans chaque événement incompréhensible et le rêve fait partie de la vie , ou même, est la vie quand ce qui arrive est inhabituel.

Ces gens , restés dans un monde peuplé de croyances , sont projetés avec violence dans le réel.

L'anéantissement  aurait pu être total après la destruction du sanctuaire des ancêtres mais grâce à une jeune mère et à une matrone obstinées, ce livre finit sur une note d'espoir!

 

Une très belle plume qui a été récompensé par le Prix Femina .

Mais comme Cicou j'ai eu un peu de mal avec ce roman,le cheminement est  lent, les prénoms se ressemblent beaucoup ce qui m'a souvent égarée et a gêné la fluidité du récit.

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 18:06

Conseillé par un libraire comme les auteurs précurseurs du roman policier nordique , j'ai eu effectivement une agréable surprise.

L'action a beau se dérouler dans les années 1950, beaucoup de problèmes, alcool; drogue, prostitution infantile sont déjà présents en Suède et en dehors de quelques moyens modernes de communication, ces romans n'ont pas vieillis.

Celui-ci n'est pas le premier mais l'ordre de lecture, pour une fois, n'est pas trop importante.

Martin Beck et ses collégues ménent l'enquête ...

Des vols à la tire et des assassinats d'enfants sèment la terreur dans la ville de Stockholm ...

C'est bien fait, on est tenu en haleine par les nombreux rebondissements.

On rentre un peu dans la vie intime des policiers d'une façon discrète qui moi me convient tout à fait , loin des histoires de couches-culottes de certaines héroïnes plus contemporaines (Je ne vais pas me faire que des amis ...)

 

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 17:56

Toujours par le même couple d'écrivains, précurseurs du policier nordique moderne.

Le titre interpelle et on en comprend le sens à la bonne moitié du roman...

J 'ai été  moins accrochée que dans L'homme au balcon, l'enquête étant beaucoup plus statique,sans véritable enjeu .

Mais on sent la modernité du propos , le doigt pointé sur les défaillances de notre société et malgrè les années depuis la sortie de ce livre, l'acuité de la vision de notre civilisation par les auteurs.

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 17:29

J'avais été emballée par le dernier roman d'Antoine Choplin: La nuit tombée, Radeau, lui, est un court roman se déroulant essentiellement  pendant l'exode de 1940 et racontant la rencontre de Louis et Sarah .

Le contexte est assez original puisque Louis transporte des tableaux du Louvre pour les mettre à l'abri dont le fameux Radeau ...On parle d'ailleurs assez peu de ses tableaux , sauf pour leur faire "prendre l'air" ce qui parait une idée plutôt saugrenue mais qui m'a fait rêver : un déjeuner sur l'herbe au milieu des toiles !

C'est une histoire simple (trop peut-être) , on est d'emblée charmé par les différents personnages , mais même si c'est bien écrit , cela ressemble plutôt à un galop d'essai et sera, pour ma part,  vite oublié

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 15:05

Aurora Floyd et moi, cela faisait un certain temps que nous cohabitions, plusieurs mois sans doute, Aurora perchée sur la commode, parfois seule, souvent sous d'autres livres qui disparaissaient régulierement.

Elle finissait presque par être intégrée au marbre, une discrète couche de poussière la recouvrant légérement, l'effaçant sans doute peu à peu d'ici quelques lunes...

Et puis valise posée sur le lit, la question capitale: ais-je emporté assez de livres ? Un petit coin libre du sac et hop, Aurora est camouflée sous le paréo.

Il faut bien avouer qu'il m'aura fallu de longues heures d'avion sans pouvoir bouger ni ouvrir le hublot pour le balancer dans les airs, pour en arriver au bout!

M E Braddon écrit bien, elle intervient dans le texte avec humour, interpelle le lecteur mais le caractère d'Aurora Floyd étant  pourtant considéré comme bien trempé, on est loin de la révolution féministe et des idées modernes que l'on voit apparaitre dans certains romans d'autres auteurs de la même époque et on évolue exclusivement dans un milieu d'aristocrates ou de grande bourgeoisie dont les préoccupations, drames et petites misères laissent plutôt indifférent!

Reste sur ma commode un petit rectangle bien net , pauvre fantôme d' Aurora effacée d'un coup de chiffon ...

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 09:33

Valentine Goby aborde avec ce roman le sujet peu connu des femmes enceintes dans le camp de concentration de Ravensbrück.

Le récit est habilement introduit par la visite dans une classe d'adolescents de Suzanne, ancienne déportée, pour raconter ce qu'elle a vécu avec ses compagnes d'infortune dans les camps.

Troublée par une question inhabituelle d'une jeune éléve, Suzanne se souvient et s'interroge.

Et nous sommes projetés dans l' horreur; bien que les livres sur la vie dans les camps et les terribles images des documentaires soient gravés dans nos esprits , cette nouvelle description est difficilement soutenable, peu de choses nous sont épargnées: les longues heures d'appel où les femmes doivent être des stéles immobiles sous peine d'être éliminées , la violence,la saleté,  la maladie, la mort qui rode en permanence... .

Mais Mila, le nom qu'elle porte pendant sa détention évoque aussi les liens forts entre les femmes, amitié, soutien, solidarité, les petits actes de résistance, l'espoir parfois fou et mille petites choses qui permettent de continuer de lutter pour sa vie: les concerts d'ongles et les petits cadeaux pour les anniversaires et Noël ...

Se surajoutent à ce récit , le vécu d'une grossesse et la découverte de la Kinderzimmer où les nourrissons passent leurs quelques petits mois de survie où l'instinct maternel se décuple pour faire vivre son bébé où celui d'une autre

Je me suis demandée comment Valentine Goby avait eu la force d'écrire cette histoire si éprouvante, en tout cas le lecteur en sort profondément affligé. Un grand roman.

 

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 17:26

Au cours de mon escale à Tokyo, j'avais pensé que ce roman arrivait à point nommé comme une passerelle entre deux mondes et j'ai été comblée!

Une histoire entre le Japon éternel avec ses rites et ses codes qui sont si éloignés de nos moeurs d'occidentaux et le Japon moderne avec ses blessures récentes et la découverte stupéfiante pour moi de scandales autour de la catastrophe de Fukushima.

Des personnages tous marquants, Kaze l'évaporé, fuyant les yakuzas, sa fille Yukiko partie depuis longtemps aux Etats Unis et qui redécouvre son essence existentielle de japonaise et Richard B, l'ex amant toujours amoureux, poète et détective. pour ne citer que les principaux.

Beaucoup de délicatesse dans l'écriture de Thomas B Reverdy et des questions sur ses choix de vie, son identité et le sens que l'on veut donner à sa vie.

Un très beau roman.

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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