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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 21:44
Sous la vague d'Anna Piercin

Le tsunami au Japon en 2013 fait frémir les feuilles de  vigne de la propriété de Bertrand Berger-Laffite, un domaine charentais de Cognac qui, depuis le grand-père a un marché privilégié au Japon.

Drôle de roman, où les rêves arrivent à grignoter la vie de Bertrand arrivé à un tournant vital , essentiel de son entreprise, peu à peu phagocytée par un gros actionnaire et qui perd petit à petit son influence de décideur .

La voie que prend Bertrand n'est pas choisi consciemment par lui, c'est une déconnexion des réalités où des événements totalement indépendants de sa vie professionnelle deviennent essentiels et passent au premier plan de ses préoccupations , le jeune chevreuil blessé par la voiture, la corneille bloquée dans le tuyau de la cheminée ou le chaton coincé dans le moteur de la Mercédes   ...

C'est sans doute lui échappatoire salutaire pour lui  : se rapprocher de la nature, se détacher de toute contingence mercantile et ne pas hurler avec les loups .

Belle galerie de personnages secondaires en commençant par Eddy, le mystérieux chauffeur.

J'ai bien aimé cette vision décalée , cet anti-héros, totalement  à coté de ce que l'on attend de lui , ce n'est ni responsable ni ce qu'on attend de lui, cela peut apparaitre contre-productif mais  qu'importe, on peut rêver un peu, non ? 

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 14:59
Chroniques birmanes de Guy Delisle

Passé le bref instant d'adaptation à ce genre de dessins auquel je suis peu habituée , l'immersion dans la vie quotidienne de Guy Delisle à Yangoon en Birmanie en 2006 lorsqu'il y a suivi sa femme, médecin à MSF , et accompagné de son bambin Louis est fort instructive sur ce pays encore loin de la liberté de paroles et d'actes .

Un quotidien fait de pénuries dans les magasins, de coupures à répétition d'électricité et de flicage permanent des birmans alors que La Dame, Aung San Suu Khi est dans sa résidence surveillée à quelques rues de la maison de Guy , invisible malgré ses tentatives d'approcher la demeure .

Il y a aussi la chaleur qui vous accable, les troubles intestinaux , la censure mais Guy se débrouille, rencontre des expatriés comme lui , fréquente les clubs surtout ceux avec piscine et donne quelques cours à quelques dessinateurs locaux ... Tout cela avec beaucoup d'autodérision , un certain humour et un petit penchant hypochondriaque .

Les tracas administratifs des ONG qui veulent s'occuper des ethnies isolées en montagne et encore en guérilla sont également évoqués .

On se demande si, à quelques 10 ans d'écart malgré une certaine ouverture du pays cela a beaucoup changé et je ne sais pas si comme simple touriste bien encadrée par l'agence de voyage j'aurai une vision aussi vivante de cette réalité birmane ...

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 18:09
La vallée des Rubis de Joseph Kessel

Conseillé par certains guides avant un voyage en Birmanie, je ne peux pas franchement dire que j'ai eu de ce pays une vision bien actuelle de la Birmanie.

Milieu du siècle passé, Jean , un négociant  de pierres précieuses propose à son ami écrivain et journaliste de l'accompagner dans la vallée du Mogok, en Haute Birmanie, à la recherche de rubis d'exception sur les traces d'un ancien bandit disparu mystérieusement avec son trésor de joyaux .

Cela augure d'une jolie balade dans la jungle birmane mais l'histoire ne tient guère ses promesses , l'intrigue est oubliée en chemin .

Ce qui fait l'âme du roman , ce sont les rencontres : les birmans, encore à cette époque la plupart du temps aux postes subalternes, les mineurs en particulier , ceux qui triment dans des conditions dures pour extraire les pierres précieuses qui passent aux mains des tailleurs puis des vendeurs , milieu interlope où chacun essaie de berner l'autre ... quelques portraits savoureux de vieux anglais, nostalgiques du temps où la Birmanie appartenait à l'empire britannique .

Enfin , paysages magnifiques à une époque où l'on pouvait croiser des tigres et des éléphants sauvages et rêver de posséder une ces rares rubis, sang de pigeon !

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 22:07
Le premier miracle de Gilles Legardinier

Il est très fort, Gilles Legardinier , car après m'avoir fait apprécier ses comédies comme des petits remèdes efficaces contre la morosité, mais qui à mon goût commençaient à s'essouffler , le voilà parti dans une toute autre aventure et j'ai  suivi tête baissée ses deux héros : l'agent très secret Karen Holt et Benjamin Horwood , un historien universitaire  .

Humour, péripéties, rebondissements, ésotérisme, chagrin d'amour pêle-mêle et tutti quanti : tout y est pour faire décoller le lecteur dans un autre monde , à la recherche d'objets très très anciens dont la possession pour leur pouvoir présumé attise la convoitise de gens bien méchants, n'hésitant pas à laisser quelques cadavres derrière eux .

Cela m'a fait penser aux bouquins d'aventures que je lisais lorsque j'étais beaucoup plus jeune, quand on rêve d'être archéologue et de percer les mystères des pyramides, on rajoute un zeste d'Indiana Jones, une pincée de Blake et Mortimer , un soupçon de Nicolas Flamel ( je n'oserai pas ajouter Le club des Cinq, parce qu'il n'y a pas le chien Dagobert juste un chat qui pisse sur le paillasson ... .

C'est très bien documenté sans verser dans l'étalage pédant de connaissances .

Transformation réussie , avec une effet de jouvence garanti en prime !

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 21:35
Une femme simple et honnête de Robert Goolrick

Rien de simple ni d'honnête dans ce nouveau roman de Robert Goolrick !

Car Ralph Truitt qui attend sur le quai de la gare d'une bourgade du Wisconsin, en cette fin du XIX siècle  celle qui devrait devenir sa seconde épouse, s'il est l'homme riche et puissant de la ville n'a ni la conscience tranquille ni des idées bien simples : perturbé par l' éducation rigide d'une mère très puritaine, il reste obsédé par le sexe . Par ailleurs, profondément meurtri par l'infidélité de sa première femme, par la mort de sa fille et le départ de son fils, il ne supporte plus la solitude qui a suivi ces événements .

Quant à celle qui arrive dans le wagon privé de Truitt, Catherine Land , elle s'est inventée une nouvelle vie, un passé malheureux et est déterminée à profiter rapidement de la fortune de cet homme  en le tuant grâce au poison qu'elle s'est procurée avant de partir .

Une histoire bâtie  d'emblée sur des mensonges de part et d'autre et encore, on est loin du compte ...

C'est bien là, où, à mon humble avis, le bât blesse car les situations deviennent vite  peu vraisemblables , seul le style de Goolrick  m'a maintenu au dessus de la tempête de neige qui a failli aussi ensevelir mon intérêt comme elle recouvre le paysage froid et austère de ce pays aux hivers sans fin .

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 21:34
Les braises de Sandor Marai

En cherchant à offrir un roman  d'écrivain hongrois, je me suis rendue compte que je n'en avais en fait jamais lu ... Voilà chose faite avec Sandor Marai , écrivain du début du vingtième siècle !

Un vieux général, Henri , en son château dans la campagne hongroise, se prépare à recevoir à diner , Conrad, son ami de jeunesse ,  camarade de promotion de l'école militaire , qu'il n'a pas vu depuis 41 ans et 43 jours .

Deux vieux messieurs , face à leur passé, et pour Henri, enfin l'occasion tant attendue de connaitre la vérité , sa seule motivation pour repousser la mort .

Conrad a t'il vraiment eu l'intention de le tuer avant de baisser son arme et de fuir pour réapparaître après tant d'années et Christine, la femme d'Henry a t'elle été un simple témoin ?

Une histoire d'amitié, de passion et de trahison dans un long monologue, car seul s'exprime Henri, et le lecteur assiste comme Conrad à l'évocation du passé, et également au fur et à mesure des pages à l'évolution de l'état d'esprit du vieux général .

Plus alambiqué et moins flamboyant que Stefan Zweig auquel Sandor Marai est comparé , j'ai trouvé l'abord sans doute  plus complexe , mais je vais continuer l'exploration des oeuvres de cet excellent écrivain .

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 11:03
Dieu n'habite pas la Havane de Yasmina Khadra

Buena Vista Café, cela évoque la Havane de la nuit, encanaillée  par sa musique et ses danses latines

Cela a été  aussi, pendant des années , le centre de la vie de Juan del Monte, sous le nom de scène de Dom Fuego, "chanteur pour dames finissantes " comme le chantait si bien Jacques Brel dans la chanson de Jacky, mais le régime castriste , un rien essoufflé ,vend son patrimoine à des propriétaires étrangers et privés et Juan est prié d'aller pousser la chansonnette ailleurs , son temps est passé ...

Yasmina Khadra évoque dans ce  roman nostalgique , la décrépitude d'un artiste qui  se croit toujours au firmament de son art, sans regarder le temps qui passe, les modes qui changent ...

 Il nous montre , à travers de délicieux portraits ,souvent tragiques,  la vie quotidienne des cubains de la Havane, entassés à plusieurs familles dans de petits logis et vivant tous sur la pension d'invalidité d'un mari ,le règne aussi de la débrouille, des petits boulots et petits trafics, et de l'entraide .

Mais comme la vie n'est jamais un chemin bien droit, il met au milieu de celui de Juan une jeune femme , Mayensi, un ange aux ailes brisés et l'amour que Juan pensait n'être plus qu' une histoire du passé,  revient et envahit le coeur de cet homme tellement narcissique .

Pour elle, il va se remettre à chanter et ses ailes à lui vont repousser .

Beau roman sur l'amour, sur la vie d'artiste et sur la Havane même si on ne croit pas totalement à cette histoire, le moment de lecture est bien agréable !

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 14:55
Une Vie de Guy de Maupassant

Y a t'il besoin d'attendre une adaptation pour (re)lire Maupassant ? En tout cas, pour moi, cela a été un stimulateur , une piqure de rappel : n'oublions pas nos classiques dans la jungle foisonnante des rentrées ou sorties littéraires ...

Jeanne, après quelques années de pensionnat chez les religieuses , lorsqu'elle retourne s'installer avec ses parents dans leur manoir de Normandie, ressent l'exaltation d'une nouvelle et vraie vie qui débute avec toutes ses promesses de bonheur à venir dont l'amour, très idéalisé  comme la plus belle chose à venir chez cette jeune fille totalement ingénue .

Ses parents , nobles de province, possédent  une fortune enviable et mènent une existence calme, loin des réunions mondaines , Jeanne découvre assez rapidement le désoeuvrement de cette existence campagnarde mais c'est pour elle comme une attente bénéfique avant les futurs jours fastes .

Les voisins sont rares et lorsque le beau Julien de Lamare, vicomte sans le sou,  fait son apparition, Jeanne croit trouver dans cet homme charmant, l'époux désiré et le mariage ne tarde pas .

Las, bien rapidement les promesses de félicité s'envolent, Julien se révèle un être pingre, violent et infidèle : le bonheur pour Jeanne n'aura pas eu le temps de déployer ses ailes et ses désillusions seront finalement le seul cadre de cette vie .

Dans ce doux paysage normand se déroule ce drame bien banal dans ce XIX ème siècle, où la plupart des femmes subissaient plus qu'elles ne guidaient leur destin ,on peut d'ailleurs y opposer  celui de la bonne, Rosalie,  qui si elle même est une victime, plus à plaindre que Jeanne car d'abord servante et corvéable à merci, tire son épingle du jeu avec plus de témérité et surtout plus de bon sens ...

Intervient aussi le poids  de la tradition catholique , bien représentée même si cela prend parfois un accent caricatural avec le vieux curé débonnaire et bon vivant et le jeune prêtre intransigeant à la limite de l'intégrisme .

Bon, une chose de sûre : si jamais je vais voir ce film, il me faudra prévoir plusieurs boites de mouchoirs !

 

 

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 21:53
Lignes de fuite de Val McDermid

Alors que j'avais adhéré pleinement lors de la  montée en puissance de l'intrigue, je ne suis pas du tout d'accord avec la tournure prise dans la dernière partie de ce thriller , permettez -moi de vous le dire tout net Madame McDermid !

Stephanie Harker, lors de son arrivée à l'aéroport de Chicago, doit laisser Jimmy , le petit garçon de cinq ans dont elle a la garde, hors de sa vue pendant un contrôle et pendant ce laps de temps le garçonnet est enlevé .

Moments intenses de panique de Stephanie , mal interprété par le service de sécurité , de précieuses minutes sont perdues et l'enfant a disparu ...

Lors de son interrogatoire par l'agent  du FBI , Vivian McKuras,  qui va prendre en charge l'enquête , la jeune femme anglaise raconte sa vie et comment elle a été amené à adopter le garçonnet .

On chemine donc entre l'avancée de l'enquête qui est plutôt au second plan pendant une grande partie du roman et le passé assez récent de Stéphanie .

La jeune femme est un écrivain spécialisé dans les biographies un peu arrangées de personnalités médiatiques , un nègre qui est engagé pour écrire en l'occurence la vie de Scarlett, une jeune femme issue d'un milieu "défavorisé" et devenue célèbre pour avoir participé de façon provocante à une émission de télé-réalité .

Au fur et à mesure des entretiens, un lien se crée entre les deux femmes et au grand étonnement  de Stéphanie, une amitié réelle se noue entre elles , à tel point que l'écrivain devient sa principale alliée . Confrontation de deux mondes bien différents mais qui vont s'intriquer grâce à  une alchimie liée à la nature humaine qui fait ressortir le bon coté du genre humain et rejeter ce qui est mauvais.

Mais les dés ne sont-ils pas pipés d'emblée, une fausse apparence comme dans ces fameuses émissions de télé-réalité .

A chacun de juger le dénouement en lisant cet excellent thriller  psychologique !

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 10:40
L'homme qui fuyait le Nobel de Patrick Tudoret

Collaborant à l'élaboration d'un exposé sur Bob Dylan, prix Nobel de littérature 2016 à la médiathèque de mon village , l'occasion était trop tentante avec un tel titre ...

Si le prétexte de l'histoire ressemble à la confusion autour de la présence ou non de Dylan à la cérémonie, le héros de ce roman, Tristan Talberg,  prend d'autres chemins que notre chanteur pour échapper à cette haute distinction et ses motivations sont bien différentes , quoique je serai bien en peine de connaitre celles de Dylan en dehors du fait que cela a toujours été un homme hors du commun et imprévisible !

Estimant qu'il n'écrira plus depuis la mort de sa femme, Iseult, Tristan Talberg fuit dès l'annonce du Nobel et les routes de hasard l'entrainent sur les chemins de Saint-Jacques où, malgré la saison tardive, il rencontre de vrais pèlerins qui, petit à petit vont l'amener à sortir de la prison de solitude et de misanthropie dans laquelle il s'était enfermé  et à assumer et sublimer son deuil.

Les étapes sont entrecoupées de magnifiques lettres à l'amour de sa vie , une renaissance  par l'écriture aussi, qui s'effectue au temps présent.

Au gré des rencontres de ces pèlerins souvent originaux , Tristan chemine aussi bien sur les sentiers et les routes que dans sa tête et cela donne un très beau roman , rempli d'espérance , illuminé par cette progression vers autre chose : une résilience teintée de foi qui ne s'avoue pas mais qui permet d'avancer .

 

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