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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 19:13

Pour son dernier roman Joseph Boyden nous projette quelques siècles en arrière lors de l'arrivée des Français au Canada au XVII eme siècle.

L'histoire est racontée à trois voix.

Celle du père jésuite Christophe, appelé le Corbeau par les indiens ; il part vivre dans une grande tribu d'indiens voulant se plonger dans leur coutumes et apprendre leur langue pour les délivrer au mieux du mal et leur faire connaitre Le grand Génie. C'est un homme habité par sa mission, aux intentions pures, fort devant l'inimitié et l'incompréhension qu'il rencontre.

Celle d'Oiseau, valeureux guerrier Huron, à la vision claire sur l'avenir : l'installation inéluctable des étrangers.Féroce face à ses ennemis, il est aussi un homme brisé par la mort de sa femme et de ses enfants.

Celle de Chutes de Neige, une jeune fille iroquoise que Oiseau a ramené dans sa tribu pour l'adopter après avoir massacré ses parents .

Beaucoup de recherches pour ce livre, on est littéralement happé par l'histoire de ces indiens , leurs coutumes avec le culte très fort des morts, la description du Festin des Morts est un des grands moments du roman, on suit le travail des femmes dans les champs lorsqu'elles plantent les trois soeurs et on assiste impuissant aux épidémies liées à l'arrivée des hommes blancs et qui déciment encore plus que les luttes tribales la population indienne. On ferme les yeux et on tremble lors des cérémonies de tortures des prisonniers .

Et puis il y a aussi quelques personnages secondaires qui sont particulièrement marquants comme Petite Oie, femme mystérieuse , un peu guérisseuse, un peu sorcière ...

Donc un livre dense, dont la lecture peut parfois être difficilement soutenable mais Joseph Boyden en nous entrainant dans cette période si critique et mouvementée de son peuple montre une fois de plus son immense talent .

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 18:53

Choisi au hasard des rayons de ma médiathèque , ce très court roman laisse une impression d'inachevé sans doute tout à fait voulu par l'auteur mais totalement frustrant pour le lecteur ...

L'héroïne , jeune épouse, attend le moment où elle ira rejoindre son mari qui travaille à l'étranger en cousant des morceaux de patchwork.

Cette tâche bien monotone est interrompue par l'arrivée à Tokyo de son jeune cousin qu'elle va aider à s'installer dans la résidence universitaire qu'elle a fréquentée quelques années avant.

Par petites touches, un sentiment d'abord étrange s'installe , lorsqu'elle redécouvre cette résidence et son directeur assez particulier puis lors des visites suivantes quand elle ne rencontre jamais son cousin , une angoisse distillée par les propos ambigus du directeur apparait , amplifiée par l'atmosphère de solitude et de décrépitude des lieux puis de l'aggravation de l'état de santé de l'homme .

Description de la beauté des corps juvéniles, manège des abeilles et couleurs étonnantes des tulipes font naitre dans l'esprit du lecteur un scénario dont on ne connaitra pas le fin mot !

Dommage ...

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 17:54

A lire immédiatement après le premier ...

Un peu déçue car il ne se passe rien de bien original avant la toute fin du récit : la lutte qui s'intensifie entre résistants et collabos avec l'avancée des troupes russes et notre héros qui n'arrive décidément pas à en devenir un, mais peut-on lui reprocher ...

Heureusement les dessins sont à eux seuls un régal .

Donc une chute, à tout point de vue , qui explique le titre de la BD et laisse sans voix .

Dernière planche à l'effet magnifique et saisissant d'émotion si on est rentré comme moi en plein dans l'histoire .

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 17:41

Après la belle découverte du Corbeau de Jean-Pierre Gibrat, il était logique, voire indispensable de continuer par Le sursis.

Toujours la même période, celle de la seconde guerre mondiale en 1943 mais cette fois dans un petit village de l'Aveyron.

Julien échappe au STO en sautant du train et se réfugie chez sa tante Adèle , institutrice dans ce typique village où se côtoient partisans et miliciens , communistes et pétainistes .

Situation plutôt classique mais si bien illustrée par l'auteur avec des dessins magnifiques et des couleurs éclatantes comme la robe à pois de Cécile, l'amoureuse de Julien.

J'aurais bien aimé que Julien, belle gueule certes , mais bien planqué, brille aux yeux de sa belle par quelque action d'éclat mais il reste encore un tome que je vais m'empresser de dévorer et savourer ...

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 16:18

J'avais lu 7 jours avant 13 heures ...

Dans le prochain épisode des aventures du Capitaine Benny Griessel lui sera peut-être accordé plus de temps ?

Car entre son combat personnel contre l'alcool, le meurtre d'un patron de maison de disques et la poursuite de tueurs qui veulent la peau d'une jeune américaine, moi j'ai eu du mal à suivre le rythme et mon coeur a failli lâcher plusieurs fois entre l'angoisse et la course effrénée de notre héros pourtant fatigué.

Heureusement, il est entouré d'une équipe multi-ethnique efficace car n'oublions pas que nous sommes en Afrique du Sud .

J'en suis encore toute retournée et vais faire une bonne sieste !

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 17:40

La route du salut est la seule route de Bosnie, empruntée pendant la guerre de l'ex-Yougoslavie.

C'est un peu surprenant de revenir 20 ans plus tard sur ce conflit qui étonnement est sorti assez vite de notre mémoire chassé par des conflits plus récents alors que sa proximité et sa violence en particulier envers certaines communautés religieuses nous avait choqués.

Vraisemblablement cela a permis au journaliste et écrivain Etienne de Montety qui a d'ailleurs reçu le prix des Deux Magots pour ce roman d'initialiser une réflexion sur le destin de jeunes hommes en France partis combattre en Bosnie et de façon plus extensive ce qui pousse certains jeunes français paraissant plutôt bien intégrés à s'engager dans le Djihad.

Deux histoires parallèles nous sont contées : celle de Fahrudin, un jeune bosniaque dont le grand-père et sa famille sont venus s'installer en France du coté de Rouen et qui , ayant besoin d'action, s'engage dans la Légion avant de déserter pour aller aider ses frères bosniaques à repousser les serbes, une lutte de territoire , défendre la terre de ses ancêtres.

Et l'histoire de Joss Moskowski, de parents polonais immigrés qui est étudiant en fac de droit, décroche en devenant junkie et qui trouve la délivrance de ses démons dans l'islamisme par l'intermédiaire d'un ami musulman, ce qui le mène à aller combattre au nom d'Allah contre les serbes.

Deux destinées qui n'ont pas le même but, mais vont se croiser, se frotter et peut-être même finir par se comprendre ...

L'écriture est sobre, cela met une certaine distance vis à vis des sentiments de nos héros et fait paraitre un peu longue la période française même si elle sert en quelque sorte de catalyseur pour la suite pour finalement se demander qui a soutenu le bon combat ?

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 11:26

Drôle d'impression en lisant ce roman : l'action se déroule principalement au moment de l'élection de Boris Eltsine et de la dissolution de l'Union Soviétique début des années 90.

On ressent la fin de cette époque comme une période post-apocalyptique, presque en dehors de la réalité avec d'une part le commun des futurs-ex soviétiques qui apparait complètement paumé , n'ayant plus les repères qui ont dicté leur existence ni la manne étatique qui même si la vie n'était pas brillante , au moins avait un sens et le quotidien était assuré.

Cette vision crue est à mille lieux de ce que j'ai pu moi-même imaginer, la fin du communisme représentant à mes yeux naïfs plutôt le début de la liberté pour le peuple russe ...

L'autre versant, c'est celui dans lequel évolue notre héros, Roman Lambert, un jeune anglais, russe par sa mère et qui a décidé de travailler à Moscou et de faire émerger cette moitié russe en rejetant son éducation anglaise .

Milieu perverti, corrompu avec tout ce qu'il y a de plus vil chez l'homme: la recherche de l'argent facile, la corruption,la drogue, l'alcool et les filles, souvent très jeunes, arrivant de la campagne et à qui on promet une vie meilleure et qui deviennent des prostituées .

Mais n'est pas slave qui veut , même avec une partie de ses gènes russes, Roman Lambert reste un étranger et un homme finalement médiocre .

Récit sans faux-fuyant d'une intégration ratée inspirée de l'expérience même d'Owen Matthews.

J'ai hâte de lire Les Enfants de Staline du même auteur !

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 11:10

Témoignage sous forme de documentaire de la survie d'un jeune garçon juif à Paris pris dans la rafle du 16 Juillet 1942 avec ses parents et sa soeur et relâché comme certains enfants entre 14 et 16 ans.

C'est ensuite l'histoire de ce gamin avec son étoile jaune seul dans Paris occupé jusqu'au moment de la libération où il apprend que ses parents ne reviendront pas.

Bien documenté avec un rappel des points de repères historiques rappelés en début d'ouvrage .

Malheureusement, malgré la gravité des faits, le lecteur reste assez indifférent car Maurice Rajsfus garde une certaine distance vis à vis de cette histoire , le jeune Maurice reste très passif, sans que l'on sente vraiment de la révolte chez lui, le personnage est d'ailleurs représenté avec un visage terne et une silhouette courbée .

La soeur de Maurice également relâchée lors de la rafle , reste un personnage près peu évoqué, c'est étonnant comme son sort ne soit pas plus mêlé à celui de son frère , que l'on ne sente pas de liens et d'entraide entre eux.

Dommage car si cet ouvrage est destiné à la jeune génération (et il ne peut en être autrement vu le ton plutôt scolaire ) , il ne déclenchera sans doute pas l'émotion et la compassion .

Merci à Babelio et aux Editions Tartamudo.

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 21:19

Ayant été récemment un peu déçue , à la lecture des premiers ouvrages d'écrivains que j'aime bien , j'ai commencé ce roman de Wally Lamb sur la pointe des pieds.

Même si j'ai trouvé le début du roman un peu poussif, loin du magnifique et émouvant ,Le chagrin et la grâce et du difficile mais poignant La puissance des vaincus , j'ai été finalement assez vite submergée par la puissance narrative de Wally Lamb qui sait si bien prendre le lecteur au piège des émotions.

Mais attention, rien de larmoyant.

On suit l'histoire racontée par elle-même de Dolorès : cela commence par l'installation du poste de télévision juste avant les premiers pas de l'homme sur la lune ce qui permet de dater le roman et de mettre en place cet objet qui va prendre une grande place dans la vie de la jeune fille .

La petite vie tranquille de l'enfant va vite être perturbée par l'hospitalisation de sa mère en milieu psychiatrique pendant des mois après la mort à la naissance de son deuxième enfant, le départ de son père, un homme violent qui bat sa femme et puis le viol lorsqu'elle avait 13 ans par le locataire de la maison.

Dolorès qui se sent coupable plus que victime s'enferme dans sa chambre, passe ses journées à regarder la télévision et à s'empiffrer jusqu'à devenir obèse et encore plus complexée.

Elle passe finalement 7 ans en clinique où grâce à un psychiatre , elle renait et peut enfin entamer une nouvelle vie.

Mais cette vie concrétisée par son mariage avec Dante est basée sur des mensonges ou des non-dits et le couple se sépare .

A la mort de sa grand-mère qui l'a élevée , elle revient dans la maison de famille , et y trouve une certaine sérénité en s'occupant de sa voisine et de son vieux prof malades.

On passe de l'agacement vis à vis de cette fille qui gache sa vie à la compassion pour son mal de vivre, on s'interroge sur la culpabilité de son comportement , sur la responsabilité des parents sur les addictions des enfants, sur le besoin de maternité et le deuil qui peut y être lié

Et puis on plonge avec Dolorès au milieu des baleines ...

Comme dans ses autres romans, Wally Lamb nous fait pénétrer au plus profond de ses personnages en résonance avec nos propres angoisses, c'est sans doute cela que j'aime chez lui, bousculer mes certitudes ...

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 16:43

Heureusement il n'y a que 2 tomes à cette histoire, donc plus facile à emprunter ensemble à la bibliothèque .

Car comment résister à dévorer le second après avoir fini le premier ?

Encore de l'action et du suspens pour Jeanne poursuivie par la Gestapo et François qui disparait la nuit tel un Arséne Lupin des faubourgs avec toujours ce dessin aussi soigné et agréable.

Le rebondissement lors de la découverte du Corbeau m'a par contre plutôt gêné voir choqué et à fait perdre les 5 étoiles à cette BD ...

D'autres BD de Gibrat m'attendent , tant mieux !

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