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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 09:50

N'ayant pas lu la quatrième de couverture, j'ai été surprise au premier abord par le sujet de ce roman, ayant imaginé, vu le titre, que cette histoire aurait un rapport direct avec le bombardement atomique de cette ville , or il n'en est rien .

Le conditionnement de nos esprits est quelquefois surprenant et il est bon de pouvoir sortir d'un certain automatisme mental du moins en ce qui me concerne ...

Eric Faye raconte cette histoire étonnante d'après un fait divers et en une centaine de pages arrive à créer une ambiance de doute lorsque son héros, un météorologue, célibataire et sans histoire a le sentiment de ne pas être seul dans sa maison.

Le sentiment étrange qu'il crée avec ce jeu du chat et de la souris où les rôles s'inversent lorsque Shimura-san se rend compte d'une autre présence chez lui, a une résonance en chacun, car, qui n'a jamais eu l'impression d'être observé ou de sentir une présence cachée dans un placard ou inversement de se faire tout petit pour observer les autres à l?

Cela a été pour moi la partie la plus intéressante du livre, avec une description minutieuse, sans fioritures pourtant , créant une atmosphère tout à fit digne des auteurs japonais .

J'ai par contre moins apprécié la voix féminine bien que les motivations de cette personne puissent être compréhensibles et son histoire émouvante, cela tient sans doute à l'absence de fin vraisemblablement voulue par l'écrivain.

Décidément il y a des moments où je me trouve bien conventionnelle ...

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 21:20

Voilà typiquement un roman que l'on ne lâche qu'à la dernière page.

Ce n'est pas que le suspens soit insoutenable mais l'écrivain installe d'emblée une ambiance dont l'ambiguité s'accentue au fil des pages et l'on est comme Daniel tiraillé par le doute.

Installons le décor: Daniel est le fils unique de Chris et Tilde, un couple uni qui décide de s'installer pour leur retraite dans une ferme en Suéde , pays d'origine de Tilde qu'elle a quitté très jeune .

Daniel mène une vie médiocre sur le plan professionnel et une vie sentimentale plus harmonieuse mais non assumée, n'ayant jamais avoué son homosexualité à ses parents.

Le même jour, il reçoit un coup de téléphone de son père lui annonçant que sa mère doit être hospitalisée en psychiatrie et à la fois la visite de sa mère qui vient se réfugier à Londres, fuyant un mari devenu selon elle ,dangereux .

Commence alors pour Daniel et pour le lecteur un difficile cheminement pour démêler la vérité de l'affabulation.

Nous suivons surtout la version de Tilde qui arrive avec sa sacoche remplie des preuves qu'elle a accumulées et avec un discours très construit que l'écrivain retranscrit en brefs chapitres comme des respirations haletantes .

Complots, tentatives de meurtres, disparitions inquiétantes ...cela fait penser à un syndrome de persécution et le doute sur l'état mental de Tilde s'insinue devant l'ampleur des faits relatés et pour Daniel que son père tente de convaincre de la maladie de sa mère , la seule solution envisageable est d'aller faire lui même son enquête en Suéde.

Peu importe ce qu'il y trouve, ce n'est pas finalement l'essentiel du propos à mon avis.

Il y a d'une part l'hyper-protection dont certains parents entourent leur progéniture: ne pas montrer les difficultés vécues par un couple: argent, amour, choix plus ou moins heureux etc ...Est-ce bien préparer ses enfants à un avenir équilibré : ce n'est pas évident du tout .

D'autre part ce roman évoque également l 'évolution des relations parents-enfants, une fois adulte chacun doit assumer sa vie mais quel degré d'intimité faut-il préserver , je dirais qu'il s'agit avant tout de la personnalité de chacun .

La question la plus importante demeure cependant la survenue brutale de la maladie mentale, en l'occurrence une psychose dans une famille dont les membres à ce moment là évoluent entre incompréhension et refus de l'annonce , cela déchire une famille et est difficile à accepter.

La toute fin du livre lorsque Tom Rob Smith évoque sa propre histoire , explique bien des choses et est tout à fait émouvante .

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 15:28

Continuant mon exploration de l'univers de Yoko Ogawa, j'ai retrouvé l'atmosphère étrange et envoutante de l'auteur dans ce roman déjà ancien, publié en 1994 .

L'annulaire : parce que l'héroïne se blesse lors de son travail et perd un petit bout de chair de ce doigt , elle quitte son usine , perturbée de ne pas avoir retrouvé l'intégralité de sa personne.

Son errance à la recherche d'un nouvel emploi la conduit dans une ancienne pension pour jeunes filles où est installé le laboratoire de M Deshimaru .

Il est taxidermiste de spécimens, et la jeune femme est alors chargée d'accueillir les personnes qui veulent laisser une trace d'un souvenir, une blessure, un objet qui leur est cher.

M Deshimaru, enfermé dans son laboratoire ,les transforme alors en spécimens, plongés dans un liquide transparent dans un tube à essai , étiquetés et rangés dans les chambres abandonnées de la pension.

C'est une interrogation profonde sur la valeur de nos souvenirs, de nos plus profondes blessures: suffit-il de les mettre dans des tubes à essai pour qu'ils deviennent moins lourds ou qu'ils ne se perdent pas, bonheurs et malheurs doivent-ils se matérialiser pour mieux les appréhender ?

L'étrange pouvoir qu'exerce M Deshimaru sur ces souvenirs prend possession de la jeune fille, ses pieds d'abord avec les chaussures qu'il lui fait porter, son corps puis son esprit.

Une atmosphère inquiétante s'installe et on ressent vite un malaise face à cette domination que l'homme exerce sur la jeune fille.

C'est étonnant comme dans un roman aussi court tant d'émotions et d'interrogations sont suggérées ...

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 21:15

Une bonne surprise avec ce roman écrit par la jolie plume de Sophie Bassignac.

La villa Ker Annette dans une petite ville balnéaire bretonne sert de cadre de vie à un couple plutôt atypique:

Maryline, la quarantaine, ancien top model a hérité de cette grosse bâtisse en granit et y est venu se réfugier avec William, son mari, une rock-star, loin des strass et des paillettes de la vie d'artiste new-yorkaise et aussi loin de la drogue dans laquelle se perdait le chanteur .

Une maison de bord de mer habitée également par Georgia leur fille adolescente et fréquentée par les amis de William et les hôtes que reçoit Maryline , galerie variée de personnages plus ou moins attachants sans oublier Annick la femme de ménage ...

Un équilibre fragile mais qui tient debout grâce au dynamisme tranquille de Maryline (j'allais dire la force tranquille mais ça fait slogan électoral ...) jusqu'à la découverte du corps d'une jeune femme noyée dans la crique prés de la villa .

William qui rentre souvent ivre la nuit est bien sûr vite soupçonné .

Surgit alors Simon, le policier qui est l'ami d'enfance et le premier amour de Maryline.

On ne s'ennuie pas une seconde, c'est enlevé, bien écrit avec humour, perspicacité ; les personnages gravitant autour du couple apportent tous une touche particulière et bien vu et le tourbillon de sentiments qui s'entrechoquent et se contredisent emporte Maryline vers des tourments dont le lecteur se demande vraiment comment elle va s'en sortir.

Sophie Bassignac propose une fin que j'ai trouvé élégante . Bravo !

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 19:35

Ce roman à l'écriture poétique est difficilement classable et sans me déplaire vraiment, j'ai fini par trouver les cent dernières pages laborieuses à lire (sur un livre qui en comporte environ 300, c'est quand même beaucoup !).

Samuel Vidouble , jeune diplomate se porte volontaire pour une mission aux frontières de l'Europe de l'Est dans un pays qui, s'il n'est jamais vraiment cité ressemble fort à la Lettonie.

Il a choisi cette destination en grande partie sur un rêve de gosse : il s'était inventé un pays imaginaire au bord de la mer Baltique.

Et le roman est à l'image de ce choix, entre pérégrinations hasardeuses, souvent alcoolisées et onirisme dans un pays plongé dans un hiver interminable et qui se sent en permanence menacé par son géant et encombrant voisin .

Lorsque le dégel arrive enfin, la gangue de glace qui retenait les eaux des fleuves et de la mer, en fondant fait disparaitre également le fil de la raison de notre héros qui erre entre le passé douloureux du pays et les rêves cauchemardesques ...

Rencontre intéressante avec Lothar, un Suisse à la recherche des derniers Lives et féru de sagas mais qui n'a pas plus les pieds sur terre que Samuel ...

Ce qui parait au départ une réflexion sur le hasard des frontières se transforme assez rapidement en errance alcoolique.

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 13:52

Une belle ballade country qui parle d'amitié et d'amour et nous fait découvrir la petite bourgade rurale Little Wing dans le Wiscontin à travers le regard de quatre amis d'enfance.

Hank, le fermier, resté sur les terres familiales pour continuer l'élevage de vaches ; il est mariée à Beth, une jolie fille du pays.

Lee, devenu célèbre sous le nom de Corvus , chanteur et guitariste ; il revient dans sa ville entre deux tournées et y amène de temps en temps ses conquêtes...

Kipp, ancien trader ; il rachète une vieille fabrique , entrepôt où les copains se retrouvaient le soir quand ils étaient ados pour faire la fête ou attendre le lever de soleil.

Ronny, un ancien champion de rodéo; un peu diminué par l'alcool, il est épaulé par ses amis.

Chacun raconte à tour de rôle une part de son passé et les retrouvailles avec ses amis, parfois heureuses, parfois ombrageuses.

Il n'y a pas de grands coups de tonnerre, pas de coup de feu ni d'assassinats en pagaille, c'est une histoire tout en nuances, plus profonde qu'il n'y parait au départ , tendre même si la vie n'est pas toujours facile et si les caractères se heurtent, les souvenirs faisant parfois resurgir de vieilles rancunes et quelques secrets révélés qui font mal.

C'est une beau moment de lecture, reposant en écoutant American Pie chanté par Don Mac Lean !

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 12:12

Par un a priori stupide j'avais jusqu'à présent dédaigné les livres de Gilles Legardinier.

Ayant trouvé Demain j'arrête ,en audiobook à ma médiathèque campagnarde, cette méprise est maintenant réparée.

Plus de 600 critiques, le chiffre est éloquent ...

Et on comprend pourquoi ce roman plait .

L'héroïne, Julie, doux mélange entre Bridget Jones et Amélie Poulain met une touche de fantaisie, de bonne humeur .

C'est plein d'humour et de tendresse et cela fait du bien !

Mes longs trajets en voiture sont devenus grâce à Julie des moments beaucoup plus plaisants et joyeux .

Je récidiverai ( Docteur, c'est grave ?) ...

Demain, j'arrête de Gilles Legardinier
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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 17:05
L'ile du Point Némo de Jean-Marie Blas de Roblés

L'intrigue démarre en trombe: vol d'un gros diamant l'Ananké, découverte de 3 pieds coupés avec leurs chaussures au pied , poursuite du terrible Enjambeur No ...

La présentation des personnages met l'eau à la bouche, nombreux, assez typés et déjantés et le flou quant aux époques traversées est surprenant .

Les références aux écrivains des romans d'aventure de notre jeunesse avec Jules Verne, Herman Melville, R.L Stevenson ,entre autres, donnent le tournis.

Alors qu'est ce qui fait que au bout d'une centaine de pages je n'ai pas apprécié ce livre ?

Les histoires parallèles m'ont dérangé : souvent crues comme si mettre un peu de pornographie (on ne peut pas appeler cela de l'érotisme ) pouvait être un plus dans un récit d'aventures .

Et puis je me suis lassée devant la pléthore de descriptions, rebondissements et personnages pour arriver finalement à un dénouement plutôt décevant, je ne l'ai pas trouvé à la hauteur du délire général .

En plus, je dois avouer que n'ayant jamais eu une grande passion pour Jules Verne, je n'ai pas pris plaisir à me plonger dans son univers.

Mais la chose qui m'a touchée véritablement est la découverte de l'existence de lecteurs dans les manufactures de cigares à la Havane avec des travailleurs (souvent des femmes ) très impliqués dans le choix des oeuvres, Victor Hugo et Alexandre Dumas en tête !

Rien que pour cela je ne regrette pas cette lecture .

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 21:26

Tout le monde se souvient de ces images effroyables du Tsunami qui a submergé de nombreuses côtes asiatiques le 26 Décembre 2004 et qui a fait tant de victimes.

Parmi elles, la famille de Sonali , en vacances au Sri Lanka, pays d'origine de la jeune femme.

C'est son histoire à partir de l'arrivée de la vague qu'elle raconte, l'emportant ainsi que son mari, ses deux petits garçons et ses parents .

Miraculeusement échappée de la coulée de boue par une branche à laquelle elle s'accroche, commence alors pour elle un long chemin de souffrance .

Après les premières heures, où par son mutisme, elle tente de rester dans un autre temps, comme si elle pouvait se réveiller d'un mauvais rêve, elle va devoir affronter la disparition de sa famille.

De la dénégation initiale, à la colère, l'alcool, la culpabilité, le désir de mourir, Sonali voit dans le présent tout ce qui a été vécu quand elle était la mère, la femme et la fille, et tout ce qui devait être vécu , elle est un prisme où se reflètent les souvenirs et où existent les disparus.

Chaque nouvelle étape: le retour dans la maison familiale de Colombo, dans la maison de Londres, les retrouvailles avec ses amis anglais, les camarades de ses enfants sont un à chaque fois un nouveau déchirement jusqu'à arriver à un apaisement et à pouvoir continuer de vivre pour eux, pour ce qu'ils seraient devenus .

Poignant sans être larmoyant, Sonali emploie un langage sobre, pudique et ô combien émouvant .

Je remercie Babelio et les Editions Kero pour ce livre vibrant d'amour .

A noter également la sobriété de la couverture qui reflète parfaitement le drame du sujet.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 18:33

Cela commence comme un charmant conte pour enfants avec la grand-mère Sumire ,vieille gloire de la chanson populaire, un peu farfelue , qui couve des oeufs dans son chignon puis lors de l'envol de l'oiseau, l'histoire décolle véritablement avec des petites tranches de vie marquées par le passage de la perruche calopsitte .

Ruban, tel est le nom de l'oiseau, comme la crête qu'il arbore fièrement ou comme son vol élégant et surtout comme le fil reliant tous les personnages avec un bout de leur chemin changé par l'irruption de l'oiseau .

Relation profonde et respectueuse avec cet oiseau parfois en cage , difficile à saisir par nous occidentaux, habitués à un monde qui avance vite sans trop regarder qui vit à côté de nous, en oubliant l'essentiel: la beauté , le respect de l'autre et la confiance en soi.

Avec le choix de chapitres brefs multipliant les petites histoires reliées par Ruban , c'est un roman plein de douceur et d'espoir, une sorte de halte reposante au milieu des cerisiers en fleurs à guetter l'oiseau magique .

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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