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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 14:36

Comme une vieille paire de pantoufles, on se dit que c'est la dernière fois qu'on les met, et puis une fois les pieds bien installés au chaud dedans, on retrouve ses marques et on y est pas si mal que cela.

La recette est toujours la même : une construction qui fonctionne bien avec des histoires à plusieurs époques différentes et qui se rejoignent à la fin , des personnages dont on suit la vie sentimentale et familiale d'un épisode à l'autre .

Certes Erica avec sa manie de se mêler de tout, de laisser ses enfants à sa belle-mère qu'elle critique cependant, finit par vraiment énerver , c'est dommage car les autres protagonistes sont plutôt sympathiques . On a l'impression que Camilla Läckberg saborde un peu son personnage principal car l'ayant choisi hors du milieu policier , mariée à un des principaux inspecteurs, on peut imaginer qu'Erica a du mal à trouver ses marques (elle n'a qu'à essayer mes chaussons !) entre casseroles et marmots.

L'intrigue cette fois-ci tient jusqu'à la toute fin du roman et c'est plutôt une bonne surprise.

Bon, promis, je mets mes savates à la poubelle ... Je vais attendre quand-même la venue du Père-Noël , peut-être déposera t'il des livres et une nouvelle paire de charentaises !

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 15:00

Publié en 1933 et à l'origine de l'intérêt porté à la littérature du Sud des Etats Unis, ce roman relate l'histoire d'une femme Cean et de sa famille dans une ferme de Georgie au début du XIX éme siècle.

Une vie rude marquée par le dur labeur de ces petits agriculteurs dans une contrée souvent hostile .

Tenacité, endurance et courage de ces pionniers américains forcent l'admiration ainsi qu'un profond attachement familial et une entraide étendue aux voisins, ces éléments étant d'ailleurs assez essentiel à leur survie.

La première partie du roman est attachante, on assiste à l'installation du jeune couple, au début des travaux des champs, à l'attention que Cean porte à son jardin, à la tendresse que mari et femme ont l'un pour l'autre même si elle peine à s' exprimer.

Puis arrivent très vite les premiers enfants , les maladies, les accidents domestiques et les nombreux décès qui s'en suivent, l'épuisement de Cean devant les grossesses répétées et le travail au champ...

La suite du roman devient assez répétitive et l'intérêt s'amenuise un peu au fil des pages.

Restent aussi des réflexions étonnantes sur l'esclavagisme, Cean rêve de pouvoir acquérir un esclave, en fait ces gens manquent cruellement de bras et s'acharnent à la tâche, l'esclave pour eux n'est vu que comme un homme de main, une aide et ils sont loin de s'imaginer la réalité de leur sort, donc c'est tout naturellement que les hommes s'engagent chez les "sudistes" .

On est à mille lieux de l'histoire sentimentale et du milieu de riches propriétaires terriens de Autant en emporte le vent, deux mondes bien différents mais Caroline Miller rend un bien bel hommage à ces petits fermiers du Sud des Etats Unis et on comprend aisément pourquoi ce livre a eu tant de succès à l'époque.

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 11:50

Comme pour beaucoup d'écrivains d'origine haïtienne , on perçoit d'emblée chez Yanick Lahens un amour profondément ancré pour son pays avec une écriture poétique bercée par les croyances ancestrales et le lien intense avec la nature et ses éléments.

Eléments déchainés puisque c'est ainsi que commence ce roman avec le corps d'une jeune femme rejeté sur la plage par une tempête , cette femme noyée et mutilée nous fait entendre son chant désespéré qui revient régulièrement dans le roman comme le ressac des vagues sur le sable jusqu'à l'explication finale.

Histoire de deux familles sur trois générations à Anse bleue petit village côtier bien éloigné de la capitale et de sa vie plus dissolue et moderne .

Les Lafleur, famille pauvre de pécheurs et de paysans et les Messidor devenus riches propriétaires terriens: les familles s'affrontent et s'entremêlent au gré des passions parfois violentes mais subissent les mêmes bouleversements politiques de l'Ile et , s'ils sont parfois partie prenante, ils sont de toute façon manipulés et forcément les victimes désignées.

Magnifique mais tragique tableau de la vie dans ce pays attachant, rythmé par les rites vaudous.

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 09:48

Déroutant, c'est ce qui me vient d'abord à l'esprit car mon avis est mitigé ...

J'ai aimé la façon dont Lydie Salvayre fait raconter à sa mère, au moment où des pans entiers de sa mémoire disparaissent, l'épisode marquant de sa vie : cet été 1936 en Espagne, lorsque jeune fille campagnarde, ignorante de tout, Montsé part avec son frère et son amie à Barcelone où elle découvre, comme une illumination soudaine, la vraie vie, l'amour et la liberté; bonheur bien bref car la guerre civile a débuté et ,passé l'enthousiasme de cette nouvelle existence, les événements déchirants vont rapidement ramener la jeune fille à la brutale réalité puis à son village natal.

J'ai moins apprécié le style: si le mélange des langues française et espagnole qu'elle appelle le fragnol est coloré et vivant , les phrases souvent interrompues , le débit verbal et les phrases en espagnol m'ont beaucoup plus gêné .

Le parallèle avec les écrits de Bernanos m'a paru intéressant en soi car ce grand écrivain catholique qui avait tout pour adhérer au mouvement nationaliste a su avoir un regard très critique vis à vis des atrocités qu'il a vues et remettre en cause ses idéaux. Le livre qu'il a consacré à cette période: Les grands cimetières sous la lune vient d'être judicieusement réédité et mérite sans doute, une lecture à part entière ...

Cette double vision permet de mieux appréhender cette lutte fratricide où chaque famille s'est déchirée , où l'église , omniprésente en Espagne à cette époque, a eu un rôle peu glorieux et où une partie de la population a quitté son pays natal dans des conditions difficiles .

Ernest Hemingway avec Pour qui sonne le glas et André Malraux avec L'Espoir nous avaient déjà fait connaitre les tragiques événements de la guerre d'Espagne, voilà un témoignage émouvant et une bel hommage d'une fille à sa mère exilée.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 17:45

Mois du Japon dans les médiathèques girondines, cela est plus ma tasse de thé que les zombies...

L'histoire de Minoru Eguchi, inspiré de la vie du grand-père de l'écrivain pourrait être transposée dans beaucoup de pays du monde :

Nous parcourons la première moitié du Xxème siècle à travers la vie d'un homme : son enfance avec ses amis , la perte accidentelle de proches, son premier amour qu'il gardera à jamais au fond du coeur, la dure expérience de la guerre, la reprise de l'armurerie paternelle et l'avènement d'une famille unie et heureuse même si les drames ne l'épargnent pas.

Rien à priori de bien original, sauf que cela se passe dans une petite ile du Japon et que l'on trouve au fil des pages cette douceur incomparable de la vision des épis de blés, du vent dans les champs de riz, le profond culte des morts et la sérénité de la croyance bouddhiste .

Minoru a des visions en flash,des impressions de déjà vu , propre à la métempsycose ,un des dogmes du bouddhisme et s'interroge sur sa présence dans ce monde :

d'où viens-je ? est la question qui le suit tout au long de sa vie .

L'apparition du Bouddha blanc à plusieurs périodes cruciales de son existence lui rappelle que chaque individu n'est que de passage sur terre et lui inspirera la réalisation d'une statue de Bouddha constituée de tous les ossements des morts de l'ile, soudés dans une harmonie finale .

Belle écriture et réflexion sur le sens de la vie et de la mort.

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 17:03

J'ai, littéralement, été happée par ce sombre et fort récit .

Cataract City, petite ville à proximité des chutes du Niagara est le genre d'endroit d'où il est difficile de s'échapper quand on y nait et que ses parents travaillent à la fabrique de biscuits qui doit employer la moitié des habitants de la bourgade .

Duncan et Owen sont deux copains d'enfance qui ont grandi là, partageant leur passion de gosses pour les matchs de catch, comme ceux que je regardais gamine, l'Ange Blanc et le Bourreau de Bethune qui me faisaient frissonner de peur et mourir de rire ...

L'enfance insouciante se termine brutalement pour nos jeunes garçons par un involontaire raid de survie dans la nature hostile .

Combats de boxe à mains nues, courses et combats de chiens, contrebande , quelques années de prison ... font rapidement partie de la vie de Duncan ; c'est un des modes de vie de ces hommes : alcool, violence et confrontations avec quelques indiens retors des réserves voisines , les rancunes sont tenaces, les haines s'enracinent à vie, il n'y a pas que la forêt qui soit sauvage.

Les chapitres se succèdent, le plus souvent à travers le regard de Duncan, parfois avec celui d'Owen, moins rude .

Les femmes sont peu présentes, mères ou amantes comme Edwina , les mères ont renoncé, les plus jeunes parviennent parfois à s'échapper mais avec toujours un regard en arrière .

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le récit n'est pas une succession de violences, un catalogue des vices humains , la profondeur des mots exprime souvent le peu d'espoir et d'avenir mais sans défaitisme ou misérabilisme , ce sont des hommes qui ne baissent pas les bras, qui n'abandonnent pas et conservent un sens de l'honneur et une sensibilité parfois à fleur de peau comme lorsqu'il s'agit de soigner ou d'enterrer leurs chiens .

Domine sur l'ensemble de l'histoire , la magnifique amitié de deux hommes et une fin en paroxysme de dépassement de soi et haletante à souhait pour le lecteur .

Bien que je me sois de temps en temps perdue dans les époques, j'ai dévoré ce roman .

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 16:59

Déraisonnable sans doute a été le pari de l'auteur de s'attaquer à un roman se déroulant dans l'Empire Germanique à l'aube de la renaissance mais , en ce qui me concerne ,cela a été parfaitement réussi pour mon plus grand plaisir !

L'écrivain nous conte l'histoire de deux femmes, Eva en 1500 dont nous suivons le procès en sorcellerie et de Margarete à partir de 1515 .

Les chapitres concernant la vie de Gretchen, surnom de Margarete sont divisés en deux principales périodes :

La première que je qualifierai de rurale, nous dépeint la vie rude des paysans avec les attaques des pillards et les épidémies de peste, description de l'approche de cette maladie que j'ai trouvé intéressante d'autant plus si on la rapproche de celle d'Ebola, car on peut y trouver certains points communs et même si Jean-Pierre Bours donne le nom de Johannes Faust au jeune médecin, il est bon de rappeler que la médecine a évolué à cette époque là grâce à des hommes de cette trempe refusant les carcans rigides qui ont enlisé cette science si longtemps.

La période suivante se passe en ville , et parallèlement à l'avancée de la médecine, nous assistons au développement de l'imprimerie , avancée majeure dans la diffusion de toute nouveauté .

N'oublions pas non plus, qu'à coté de l'histoire d'Eva et de Gretchen, nous assistons aussi au combat de Martin Luther contre la papauté et en particulier contre les indulgences .

Le combat du bien contre le mal sous-tend tout ce roman: la part du diable dans nos actes, nos désirs et la place du diable par rapport à Dieu ?

J'ai pris également plaisir à découvrir les oeuvres de Ludwig Cranach, à y rechercher dans ses représentations de la Vierge et de Vénus les traits des jeunes femmes et d'admirer les représentations du retable de Maitre Mathis.

Donc, j'ai beaucoup aimé ce mélange de fiction et de réalité et je félicite grandement Jean-Pierre Bours pour son audace et son talent.

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 11:19

Marge, jeune anglaise de 18 ans débarque sur l'Ile-aux-Moines avec son père pour réparer les avaries de leur voilier.

Nous sommes en 1938, et la simple escale sur cette terre bretonne deviendra pour Marge son cadre de vie à défaut d'être son havre de paix.

Elle y fait rapidement la connaissance des deux hommes de sa vie, Blaise de Méoban, beau brun ténébreux, et Mathias Gauvain , géant roux et au caractère explosif.

Et pour le lecteur, cette mise en scène brillante des personnages principaux de ce roman, raconté par Marge à l'aube de sa longue existence, est la promesse d'une lecture palpitante .

C'est un début fort habile et qui a accroché parfaitement à l'hameçon ma curiosité, même si cela a été parfois inégal par la suite.

Bien sûr, de 1938 on enchaine rapidement et pour un gros tiers du bouquin sur la seconde guerre mondiale .

L'ile-aux-Moines, épargnée par les combats ,connait comme le reste de la France ses partisans du régime de Vichy, le départ à Londres pour rejoindre de Gaulle d'un certain nombre de ses fils comme Blaise , ses résistants comme Marge puis quelques "illuminés " combattants pour la Bretagne Libre et sympathisants du régime nazi comme Mathias .

Gilles Martin-Chauffier nous donne une vision très décomplexée et loin des écrits convenus sur l'attitude des Français pendant la guerre; les communistes, en particulier et un certain François Mitterand en prennent pour leur grade .

Marge, entre deux actes de bravoure va jouer au casino de La Baule entre les officiers allemands et les collabos , peu importe: à la fin de la guerre l'épuration est vite passée pour certains qui partent en Irlande ou se refont rapidement une virginité ...

La gente masculine n'a pas, ici, le plus beau rôle, et Marge, anglaise au plus profond de son être regarde avec amusement et ironie le manège des français qui se déroule autour d'elle.

Il ne faut pas croire cependant que tout est tourné en dérision, car ici comme ailleurs les juifs sont dénoncés et certains habitants de l'Ile comme Blaise connaissent les camps de concentration.

Les temps de paix apparaissent bien courts, Mathias, poursuivant son idéal bretonnant , le Bleun-Brug s'engage dans la légion et se retrouve en Indochine puis en Algérie, alors que Blaise suit De Gaulle à l'Elysée .

Marge, bourgeoise libérée , est une femme complexe et habile à louvoyer entre les coups du sort, peu encline à s'apitoyer elle même , et qui se retrouve finalement prise au piège de son propre jeu .

L'intérêt se renouvelle tout au fil des pages, les personnages secondaires sont attachants et la passion évidente de l'écrivain pour la Bretagne donne ses plus belles descriptions au roman.

On rêve d'aller naviguer sur le Nominoë, le bateau de Blaise, de se promener sur les sentiers odorants de l'ile et de fureter dans la bibliothèque de Kergantelec...

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 09:54

Récit assez court et semble t'il plutôt auto-biographique racontant le pouvoir presque magique d'une présence féline sur la vie d'un jeune couple qui côtoie ce chat apportant une touche d'harmonie dans leur façon de regarder un jardin abandonné , une vieille maison, un arbre et plus d'empathie avec leurs relations avec la vieille propriétaire .

C'est poétique et on voudrait bien que ce petit chat vienne aussi roder dans nos quartiers et y apporter cette touche de douceur !

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 09:53

Aliénor d'Aquitaine a inspiré beaucoup d'auteurs et je suis toujours curieuse de découvrir comment un nouvel écrit peut avoir une vision différente et originale sur l'histoire de cette femme à la vie mouvementée et au destin hors du commun

Clara Dupont-Monot s'en sort fort bien, elle a choisi de ne parler que du premier mariage d'Alienor , lorsqu'à 15 ans elle épouse le futur Louis VII.

Alliance du Sud plein de vie, aux couleurs chatoyantes, aux sentiments fougueux et exaltés , patrie de l'amour courtois, entouré de troubadours, au Nord , bien terne et triste, d'autant que Louis destiné à la prêtrise se retrouve très vite Roi, rôle pour lequel il n'est pas préparé et que son tempérament timide et introverti n'aide pas.

Aliénor, toute en fougue et passion, habituée dès son plus jeune âge au pouvoir est un personnage pour lequel les sentiments sont ambigus: admiration devant sa volonté farouche et son amour de la liberté mais aussi réprobation devant une certaine dureté qui va de pair avec son besoin de domination , son goût immodéré du luxe et son manque criant d'empathie.

Clara Dupont-Monot n'essaie d'ailleurs pas , contrairement à d'autres écrivains femmes, de rendre Alienor aimable et sympathique ; la jeune fille un peu perdue lors de son mariage avec Louis , même si elle apporte avec elle gaieté, musique et couleurs dans une cour de France qui en manquait cruellement , ne fait rien pour accepter son nouveau statut et pour donner, à défaut d'amour un peu d'affection à son royal époux.

J'ai bien aimé le monologue à tour de rôle d'Aliénor et de Louis car je n'ai pas le souvenir d'avoir lu quoique se soit sur ce qu'a pu ressentir le jeune Roi, pétri d'amour pour sa dame, se transformant en guerrier sanguinaire et partant expier ses péchés en croisade.

La parole est donnée dans la dernière partie à l'oncle d'Aliénor, Raymond de Poitiers , Prince d'Antioche dont on dit qu'il eut une liaison avec sa nièce Alienor , cela met un peu de distance vis à vis des deux personnages principaux qui se déchirent ouvertement lors de leur séjour en terre Sainte.

Un roman passionné dont j'ai apprécié la qualité littéraire .

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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