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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 21:48

J'avais beaucoup aimé le premier opus d'Olivier Truc: Le dernier Lapon , une histoire originale et totalement dépaysante .

Bien sur, il n'y a plus dans ce second roman la surprise de la découverte de la Laponie et de ces habitants, les sami.

Mais l'intrigue peine à se mettre en place et est plus complexe voire touffue avec toujours les éleveurs de rennes et sa police représentée par le duo Klemet, le Sami et sa coéquipière Nina, des étrangers de tous pays intéressés par les gisements de pétrole , des plongeurs souvent employés par les précédents et envoyés pour des taches difficiles et périlleuses et un promoteur immobilier véreux ...

Et au milieu de tout ce beau monde, des morts plus ou moins suspectes et à priori sans rapport les unes avec les autres.

Nous découvrons l'autre visage de la Laponie avec des nuits très courtes , ce qui entraine également des troubles pour les personnes qui n'y sont pas habituées comme Nina .

La dualité du monde des éleveurs est une fois de plus mis en avant, avec leur difficulté de continuer leur mode de vie nomade au rythme de la migration des rennes dont la liberté gênent de plus en plus la vie citadine et les ambitions d'hommes peu scrupuleux et la tentation pour certains sami de se sédentariser avec des fermes d'élevage .

On sent bien, et cela est poignant, la fin d'une époque, le peu d'espace laissé à cette culture sami , le constat est finalement plus noir que dans son précédent roman.

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 21:44

Une histoire de train comme dans un exercice de mathématiques pour le certificat d'études...

Soit :

Un train part de Nice en Mars 1881 avec à son bord Anna Alexandrovna , la fille du grand duc Olianov accompagnée de sa famille et de Mathilde, la gouvernante : destination Moscou en cinq jours .

Et Le train Riviera Express qui part de Moscou, gare de Biélorussie en Mars 2012 , il transporte Irina Tanaiev, une jeune femme qui part à la rencontre d'Enzo dont elle a fait la connaissance sur un site de rencontres , le train arrivera à Nice, sa destination, en 2 jours.

Quand les deux trains se croiseront-ils ?

Et bien, c'est facile : Il suffit de se laisser porter par la plume romanesque de Gaëlle Josse et de regretter que ce voyage ne soit pas plus long .

Que d'événements pendant ces voyages qui vont transformer la vie de ces jeunes filles , c'est enlevé, vivant et émouvant : une belle découverte !

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 09:14

Venez avec moi dans l'archipel des Tuamotu, un chapelet d'atolls qui fait partie de la Polynésie française.

Des ilots plantés de cocotiers, entourés de plages de sable blanc et cernés de lagons aux eaux turquoise...

Ca, c'est pour le cliché et ma foi, cela fait rêver...

Nos deux dessinateurs partent là-bas dans le cadre du projet baptisé Va'a Motu de construction de pirogue traditionnelle et de réhabilitation de ce mode de navigation .

Le début de l'ouvrage explique la situation géographique, historique et économique de l'archipel, la nature du projet Va'a Motu à la façon d'un documentaire , puis l'installation de nos amis et de leur famille sur un des atolls.

Ensuite, il faut bien avouer que cela dérape un peu, car de la fébrilité du départ, on sent que peu à peu un certain dilettantisme prend le dessus .

Les auteurs décident d'expérimenter par eux mêmes la navigation en pirogue et parcourent les iles à la recherche de conseils chez les anciens et de pirogue à retaper, cela donne lieu à des scènes drolatiques .

Mais la réalité de la vie dans ce coin perdu est différente de l'image idyllique que l'on en a.

Car, depuis une cinquantaine d'années, le mode de vie a totalement changé, l'abandon de la pirogue traditionnelle n'est que la face immergée de la transformation : les polynésiens ont quitté leurs atolls pour travailler dans le cadre des essais nucléaires entre 1966 et 1996 et sont restés dans les plus grandes localités comme Tahiti, abandonnant leur coutumes, allant jusqu'à oublier l'art ancestral de la navigation.

Certes, il y a des projets pour faire revenir les populations vers leurs ilots mais en ont-ils vraiment envie ?

En tout cas, cette histoire donne l'occasion aux dessinateurs de "s'éclater" et de nous offrir de nombreux dessins, paysages de toute beauté et hommes et femmes très expressifs , de se moquer d'eux car ils font souvent penser à une équipe de branquinols et de faire parler les oiseaux et les poissons avec ironie mêlée d'une pointe de nostalgie ...

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 15:46

On retrouve dans cette histoire simple et rude le style efficace de Ron Rash.

Un frère et une soeur vivent dans la ferme familiale dans un fond de vallée du Tennessee où le soleil pénètre rarement, masqué par la falaise .

Les arbres y meurent et les récoltes sont maigres et si on y rajoute la tache de naissance de Laurel Shelton, cela suffit aux esprits simples des gens du coin pour en faire un endroit maudit.

Hank, le frère, n'a t'il pas d'ailleurs perdu sa main à la guerre ?

La vie de Laurel, jusque là peu souriante , est illuminée par l'arrivée d'un mystérieux musicien dont le seul langage s'exprime par les sons harmonieux et envoutants de sa flûte d'argent .

Le bonheur peut-il enfin exister ?

C'est sans compter sur la bêtise humaine, les préjugés et les amalgames vite faits .

Ron Rash nous offre une nouvelle fois un récit bouleversant, dans une nature magnifiquement décrite, sauvage et belle , sublimée par la musique et l'amour.

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 12:31

Voilà deux nouvelles plus dérangeantes que ce que j'ai déjà lu chez Yoko Ogawa mais son oeuvre est étendue et je n'en suis qu'au début de mon exploration:

Dans Une parfaite chambre de malade, l'histoire est racontée par une jeune femme qui accompagne son frère cadet pendant l' hospitalisation de celui-ci pour une leucémie dont il mourra rapidement.

Ce sont , d'une part les sentiments que la jeune femme développe pour ce jeune frère avec lequel elle n'avait pas eu de relations proches et qui se rapprochent d'un émoi amoureux, avec également sa façon de se protéger contre la progression du mal, en particulier les rites qui s'instituent autour du malade, comme la grappe de raisin qu'il lui faut trouver chaque jour , tel un talisman contre l'évolution de la maladie

D'autre part et je dirais surtout, le malaise que ressent la narratrice dans cette chambre aseptisée vis à vis de la nourriture et tout ce qui s'en approche: une vie "stérilisée "avec ce dégoût de ce qui peut venir souiller le corps, comme si la vie se résumait à une entité imperméable à l'extérieur.

Une façon peut-être de refuser la mort , une anorexie du deuil à venir...

Dans la deuxième nouvelle, La désintégration du papillon, c'est la relation avec la vieillesse et la démence .

Les reproches que la jeune femme se fait lorsqu'elle laisse la grand-mère qui l'a élevée dans un institut spécialisé entrainent peu à peu un déséquilibre de l'état psychologique de la narratrice virant rapidement au délire et au déni de la réalité comme si les deux femmes, la vieille et la jeune étaient reliées chacune à un bout d'un même cordon et que la mort qui s'approche et raccourcit le fil d'un coté , effilochait aussi le fil à l'autre extrémité ...

Deux nouvelles qui laissent un certain sentiment de malaise.

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 12:10

Curieusement, le hasard de mes lectures me plonge de nouveau dans l'univers stalinien après le très bon livre d'Olivier Rolin: Le météorologue.

Mais cette fois il s'agit bien d'une fiction même si on croise beaucoup de personnages réels .

Marek Halter nous entraine dès les premières phrases dans une histoire captivante avec une narration à deux voix:

Celle de Maria Apron alias Marina Andreïva Gousseïv , actrice d'origine russe accusée d'espionnage et celle de Al Koenigsman, un journaliste américain d'origine juive qui assiste au procès de la jeune femme et qui, fasciné par Marina, en oublie toute règle de prudence et de professionnalisme .

Alternant le déroulé du procès et le récit passionnant de la vie de Marina , le roman nous fait vivre une épopée à travers l'URSS menée de main de fer par Iossif (pour les intimes) et qui nous entraine jusqu'au Birobidjan, cet état créé par Staline pour les juifs en Sibérie .

Merveilleux numéro d'actrice ou histoire véridique , Marina envoute certains membres du jury mais pour d'autres comme Nixon et Mc Carthy ce ne sont que mensonges et le verdict est évident avant même la fin du procès dans cette période de chasse aux sorcières où celle qui est devant eux ne peut être qu'espionne !

C'est suffisamment bien écrit dans un contexte historique tendu pour adhérer totalement à cette histoire.

Donc succombez au charme de cette inconnue !

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 11:19

Un destin tragique parmi tant d'autres qui a interpellé Olivier Rolin lors de son voyage dans les Iles Solovki lorsqu'il a découvert parmi des documents retrouvés de détenus des goulags, les dessins que cet homme envoyait à sa petite fille en 1934 ...

Alexei Féodossiévitch Vangengheim est né en Ukraine dans une famille de petite noblesse ukrainienne , il adhère au mouvement révolutionnaire et devient météorologue , créant le premier service national de météorologie soviétique .

Histoire assez édifiante à plusieurs points de vue .

Homme cultivé, faisant partie de l'élite , Alexei est arrêté pour activités anti-communistes sur dénonciations mensongères et est envoyé dans le goulag "modèle"des iles Soloski

La description des conditions de vie de ces prisonniers est édifiante de cruauté .

Cette période annonçant la grande terreur stalinienne est toujours occultée de la mémoire générale alors que le nombre de victimes est hallucinant.

A. se revendique, dans ses nombreux courriers, toujours communiste mais on peut se demander dans quelle mesure cette affirmation avait surtout comme but de protéger sa famille ...

Sa femme et sa fille sont laissées d'ailleurs dans l'ignorance totale de son sort.

Olivier Rolin semble avoir une attirance particulière pour ces lieux de sinistre mémoire et cela peut mettre mal à l'aise car on sent parfois certaine ambiguïté chez lui.

En tout cas, pour moi, cela a été la confirmation de l'horreur de ce régime stalinien et de la précarité du statut social de chaque citoyen soviétique .

Un petit livre fort.

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 18:56

Ce qui me surprend toujours lorsque j'ai fini un ouvrage de Leo Perutz, est le peu de succès que rencontre ce grand écrivain de langue allemande ,né à Prague ; comme si la notoriété de son illustre contemporain, Kafka le maintenait à l'ombre.

Leurs univers se ressemblent un petit peu mais je dirai que l'approche chez Leo Perutz est plus simple et moins sombre .

Le Maître du Jugement dernier, écrit en 1923 est un roman manipulateur .

Vienne 1909, Vienne la tourbillonnante avant la chute de l'Empire austro-hongrois , Vienne patrie de Freud ...

Une soirée entre amis à jouer de la musique, deux coups de feu et un mort, une pipe retrouvée dans la pièce avec le cadavre et notre personnage principal , le Comte von Yosch est accusé du meurtre, on se croirait dans un roman à la Conan Doyle.

L'affaire semble claire mais Perutz nous entraîne imperceptiblement vers un autre monde où les frontières avec le mensonge, le rêve ou la folie sont ténues et le lecteur se laisse glisser dans cette quête haletante du Maître du Jugement dernier.

On pourrait presque apercevoir Indiana Jones à la recherche d'un vieux grimoire et on se retrouve dans un atelier de peintre italien de la Renaissance avec peut-être la clé de l'énigme ...

Encore un excellent roman de cet écrivain, alors n'hésitez plus !

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 18:32

Il y a des livres que je qualifie de lents , non pas que la lecture du texte soit difficile mais parce que la multiplicité des personnages avec leurs histoires, les retours sur le passé, leur généalogie, fait qu' il faut prêter une attention permanente pour ne pas se perdre dans le récit ou ne pas baisser les bras ce qui serait fort dommage !

C'est un roman sur l'amour puisque l'on suit surtout les vies de couple, de leur rencontre à la fin de leur histoire commune, mais surtout du désamour et de la désillusion .

Amer constat car les couples ne réussissent pas à construire leur bonheur à partir des jours heureux, fétus de paille qui s'envolent dès les premières bises ...

Malgré ce foisonnement de vies, je ne me suis pas particulièrement attachée à une de ces figures, elles sont toutes émouvantes , chaque femme a un coté attachant ; je me suis interrogée sur celle qui pouvait être le double de l'auteur , Marianne peut-être car c'est la seule à se confier à un journal .

On y trouve également une critique aiguisée sans être cruelle de la vie bourgeoise provinciale de la première moitié du Xxème siècle .

Beaucoup de sensibilité et de nostalgie dans ce beau roman .

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 18:47

A la grâce des hommes, un beau titre qui cache une une histoire tragique.

Car être une femme indépendante, considérée comme sauvage et un peu sorcière laisse peu de chance devant la justice des hommes assez expéditive en Islande lorsque celle-ci appartenait encore au Danemark au XIX eme siècle.

Accusée de meurtre, Agnés Magnusdottir attend sa peine chez des fermiers, faute de prison, dans une contrée reculée .

Même s'il existe une belle saison, le travail aux champs, activité essentielle et vitale pour ces paysans est une lutte permanente contre les vicissitudes du climat , et l'on sent, en lisant ce roman, le froid envahir son corps et la neige engourdir son esprit .

Vie rude dans ces masures de tourbe où l'ensemble des habitants, maitres et serviteurs cohabite dans une seule pièce.

La promiscuité avec la prisonnière est d'abord oppressante, la peur irraisonnée devant un être qui est censé personnifier le mal fait place petit à petit à la curiosité d'abord puis à un véritable attachement entre Margret, la mère et Agnès , partie la plus émouvante du récit .

Très beaux portraits de femmes cultivées et sensibles , luttant courageusement contre des conditions de vie difficiles . La poésie et les sagas leur apportent un peu de chaleur.

Le révérend Toti a pour mission d'amener Agnès à se repentir ; jeune pasteur, peu assuré dans sa foi, il est démuni devant cette femme fière ,qui clame son innocence mais réticente à se courber devant la religion .

La fin, on la connait d'emblée puisque la grâce ne s'exercera pas pour Agnès .

Hannah Kent , écrivain australienne ,visiblement grande connaisseuse de la culture islandaise fait preuve d'une maitrise remarquable quant à l'ambiance et l'atmosphère si particulières de l'Islande et c'est un vrai coup de coeur pour ce roman poignant .

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