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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 12:10

Curieusement, le hasard de mes lectures me plonge de nouveau dans l'univers stalinien après le très bon livre d'Olivier Rolin: Le météorologue.

Mais cette fois il s'agit bien d'une fiction même si on croise beaucoup de personnages réels .

Marek Halter nous entraine dès les premières phrases dans une histoire captivante avec une narration à deux voix:

Celle de Maria Apron alias Marina Andreïva Gousseïv , actrice d'origine russe accusée d'espionnage et celle de Al Koenigsman, un journaliste américain d'origine juive qui assiste au procès de la jeune femme et qui, fasciné par Marina, en oublie toute règle de prudence et de professionnalisme .

Alternant le déroulé du procès et le récit passionnant de la vie de Marina , le roman nous fait vivre une épopée à travers l'URSS menée de main de fer par Iossif (pour les intimes) et qui nous entraine jusqu'au Birobidjan, cet état créé par Staline pour les juifs en Sibérie .

Merveilleux numéro d'actrice ou histoire véridique , Marina envoute certains membres du jury mais pour d'autres comme Nixon et Mc Carthy ce ne sont que mensonges et le verdict est évident avant même la fin du procès dans cette période de chasse aux sorcières où celle qui est devant eux ne peut être qu'espionne !

C'est suffisamment bien écrit dans un contexte historique tendu pour adhérer totalement à cette histoire.

Donc succombez au charme de cette inconnue !

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 11:19

Un destin tragique parmi tant d'autres qui a interpellé Olivier Rolin lors de son voyage dans les Iles Solovki lorsqu'il a découvert parmi des documents retrouvés de détenus des goulags, les dessins que cet homme envoyait à sa petite fille en 1934 ...

Alexei Féodossiévitch Vangengheim est né en Ukraine dans une famille de petite noblesse ukrainienne , il adhère au mouvement révolutionnaire et devient météorologue , créant le premier service national de météorologie soviétique .

Histoire assez édifiante à plusieurs points de vue .

Homme cultivé, faisant partie de l'élite , Alexei est arrêté pour activités anti-communistes sur dénonciations mensongères et est envoyé dans le goulag "modèle"des iles Soloski

La description des conditions de vie de ces prisonniers est édifiante de cruauté .

Cette période annonçant la grande terreur stalinienne est toujours occultée de la mémoire générale alors que le nombre de victimes est hallucinant.

A. se revendique, dans ses nombreux courriers, toujours communiste mais on peut se demander dans quelle mesure cette affirmation avait surtout comme but de protéger sa famille ...

Sa femme et sa fille sont laissées d'ailleurs dans l'ignorance totale de son sort.

Olivier Rolin semble avoir une attirance particulière pour ces lieux de sinistre mémoire et cela peut mettre mal à l'aise car on sent parfois certaine ambiguïté chez lui.

En tout cas, pour moi, cela a été la confirmation de l'horreur de ce régime stalinien et de la précarité du statut social de chaque citoyen soviétique .

Un petit livre fort.

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 18:56

Ce qui me surprend toujours lorsque j'ai fini un ouvrage de Leo Perutz, est le peu de succès que rencontre ce grand écrivain de langue allemande ,né à Prague ; comme si la notoriété de son illustre contemporain, Kafka le maintenait à l'ombre.

Leurs univers se ressemblent un petit peu mais je dirai que l'approche chez Leo Perutz est plus simple et moins sombre .

Le Maître du Jugement dernier, écrit en 1923 est un roman manipulateur .

Vienne 1909, Vienne la tourbillonnante avant la chute de l'Empire austro-hongrois , Vienne patrie de Freud ...

Une soirée entre amis à jouer de la musique, deux coups de feu et un mort, une pipe retrouvée dans la pièce avec le cadavre et notre personnage principal , le Comte von Yosch est accusé du meurtre, on se croirait dans un roman à la Conan Doyle.

L'affaire semble claire mais Perutz nous entraîne imperceptiblement vers un autre monde où les frontières avec le mensonge, le rêve ou la folie sont ténues et le lecteur se laisse glisser dans cette quête haletante du Maître du Jugement dernier.

On pourrait presque apercevoir Indiana Jones à la recherche d'un vieux grimoire et on se retrouve dans un atelier de peintre italien de la Renaissance avec peut-être la clé de l'énigme ...

Encore un excellent roman de cet écrivain, alors n'hésitez plus !

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 18:32

Il y a des livres que je qualifie de lents , non pas que la lecture du texte soit difficile mais parce que la multiplicité des personnages avec leurs histoires, les retours sur le passé, leur généalogie, fait qu' il faut prêter une attention permanente pour ne pas se perdre dans le récit ou ne pas baisser les bras ce qui serait fort dommage !

C'est un roman sur l'amour puisque l'on suit surtout les vies de couple, de leur rencontre à la fin de leur histoire commune, mais surtout du désamour et de la désillusion .

Amer constat car les couples ne réussissent pas à construire leur bonheur à partir des jours heureux, fétus de paille qui s'envolent dès les premières bises ...

Malgré ce foisonnement de vies, je ne me suis pas particulièrement attachée à une de ces figures, elles sont toutes émouvantes , chaque femme a un coté attachant ; je me suis interrogée sur celle qui pouvait être le double de l'auteur , Marianne peut-être car c'est la seule à se confier à un journal .

On y trouve également une critique aiguisée sans être cruelle de la vie bourgeoise provinciale de la première moitié du Xxème siècle .

Beaucoup de sensibilité et de nostalgie dans ce beau roman .

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 18:47

A la grâce des hommes, un beau titre qui cache une une histoire tragique.

Car être une femme indépendante, considérée comme sauvage et un peu sorcière laisse peu de chance devant la justice des hommes assez expéditive en Islande lorsque celle-ci appartenait encore au Danemark au XIX eme siècle.

Accusée de meurtre, Agnés Magnusdottir attend sa peine chez des fermiers, faute de prison, dans une contrée reculée .

Même s'il existe une belle saison, le travail aux champs, activité essentielle et vitale pour ces paysans est une lutte permanente contre les vicissitudes du climat , et l'on sent, en lisant ce roman, le froid envahir son corps et la neige engourdir son esprit .

Vie rude dans ces masures de tourbe où l'ensemble des habitants, maitres et serviteurs cohabite dans une seule pièce.

La promiscuité avec la prisonnière est d'abord oppressante, la peur irraisonnée devant un être qui est censé personnifier le mal fait place petit à petit à la curiosité d'abord puis à un véritable attachement entre Margret, la mère et Agnès , partie la plus émouvante du récit .

Très beaux portraits de femmes cultivées et sensibles , luttant courageusement contre des conditions de vie difficiles . La poésie et les sagas leur apportent un peu de chaleur.

Le révérend Toti a pour mission d'amener Agnès à se repentir ; jeune pasteur, peu assuré dans sa foi, il est démuni devant cette femme fière ,qui clame son innocence mais réticente à se courber devant la religion .

La fin, on la connait d'emblée puisque la grâce ne s'exercera pas pour Agnès .

Hannah Kent , écrivain australienne ,visiblement grande connaisseuse de la culture islandaise fait preuve d'une maitrise remarquable quant à l'ambiance et l'atmosphère si particulières de l'Islande et c'est un vrai coup de coeur pour ce roman poignant .

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 14:53

Ayant commencé vainement plusieurs romans, abandonnés en cours de lecture, je me suis repliée de façon un peu facile je l'avoue vers le dernier roman de Gilles Legardinier , il ne faudrait pas que cela devienne une habitude !

La dérision qu'il met dans ses phrases et la tendresse dont l'écrivain entoure ses personnages procurent des moments plaisants et détendants avec le sourire aux lèvres et on pourrait rêver à un monde de grincheux , tous ces atrabilaires que l'on croise quotidiennement transformés par la lecture de ces romans en sujets affables , avenants voire attentionnés ...

J'espère que Gilles Legardinier en a encore quelques une des ses histoires en réserve pour les jours ( nombreux ) où la morosité prend le dessus !

Et tant pis si c'est pas rembourser par la Sécu , on devrait le prendre en cure .

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 14:36

Comme une vieille paire de pantoufles, on se dit que c'est la dernière fois qu'on les met, et puis une fois les pieds bien installés au chaud dedans, on retrouve ses marques et on y est pas si mal que cela.

La recette est toujours la même : une construction qui fonctionne bien avec des histoires à plusieurs époques différentes et qui se rejoignent à la fin , des personnages dont on suit la vie sentimentale et familiale d'un épisode à l'autre .

Certes Erica avec sa manie de se mêler de tout, de laisser ses enfants à sa belle-mère qu'elle critique cependant, finit par vraiment énerver , c'est dommage car les autres protagonistes sont plutôt sympathiques . On a l'impression que Camilla Läckberg saborde un peu son personnage principal car l'ayant choisi hors du milieu policier , mariée à un des principaux inspecteurs, on peut imaginer qu'Erica a du mal à trouver ses marques (elle n'a qu'à essayer mes chaussons !) entre casseroles et marmots.

L'intrigue cette fois-ci tient jusqu'à la toute fin du roman et c'est plutôt une bonne surprise.

Bon, promis, je mets mes savates à la poubelle ... Je vais attendre quand-même la venue du Père-Noël , peut-être déposera t'il des livres et une nouvelle paire de charentaises !

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 15:00

Publié en 1933 et à l'origine de l'intérêt porté à la littérature du Sud des Etats Unis, ce roman relate l'histoire d'une femme Cean et de sa famille dans une ferme de Georgie au début du XIX éme siècle.

Une vie rude marquée par le dur labeur de ces petits agriculteurs dans une contrée souvent hostile .

Tenacité, endurance et courage de ces pionniers américains forcent l'admiration ainsi qu'un profond attachement familial et une entraide étendue aux voisins, ces éléments étant d'ailleurs assez essentiel à leur survie.

La première partie du roman est attachante, on assiste à l'installation du jeune couple, au début des travaux des champs, à l'attention que Cean porte à son jardin, à la tendresse que mari et femme ont l'un pour l'autre même si elle peine à s' exprimer.

Puis arrivent très vite les premiers enfants , les maladies, les accidents domestiques et les nombreux décès qui s'en suivent, l'épuisement de Cean devant les grossesses répétées et le travail au champ...

La suite du roman devient assez répétitive et l'intérêt s'amenuise un peu au fil des pages.

Restent aussi des réflexions étonnantes sur l'esclavagisme, Cean rêve de pouvoir acquérir un esclave, en fait ces gens manquent cruellement de bras et s'acharnent à la tâche, l'esclave pour eux n'est vu que comme un homme de main, une aide et ils sont loin de s'imaginer la réalité de leur sort, donc c'est tout naturellement que les hommes s'engagent chez les "sudistes" .

On est à mille lieux de l'histoire sentimentale et du milieu de riches propriétaires terriens de Autant en emporte le vent, deux mondes bien différents mais Caroline Miller rend un bien bel hommage à ces petits fermiers du Sud des Etats Unis et on comprend aisément pourquoi ce livre a eu tant de succès à l'époque.

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 11:50

Comme pour beaucoup d'écrivains d'origine haïtienne , on perçoit d'emblée chez Yanick Lahens un amour profondément ancré pour son pays avec une écriture poétique bercée par les croyances ancestrales et le lien intense avec la nature et ses éléments.

Eléments déchainés puisque c'est ainsi que commence ce roman avec le corps d'une jeune femme rejeté sur la plage par une tempête , cette femme noyée et mutilée nous fait entendre son chant désespéré qui revient régulièrement dans le roman comme le ressac des vagues sur le sable jusqu'à l'explication finale.

Histoire de deux familles sur trois générations à Anse bleue petit village côtier bien éloigné de la capitale et de sa vie plus dissolue et moderne .

Les Lafleur, famille pauvre de pécheurs et de paysans et les Messidor devenus riches propriétaires terriens: les familles s'affrontent et s'entremêlent au gré des passions parfois violentes mais subissent les mêmes bouleversements politiques de l'Ile et , s'ils sont parfois partie prenante, ils sont de toute façon manipulés et forcément les victimes désignées.

Magnifique mais tragique tableau de la vie dans ce pays attachant, rythmé par les rites vaudous.

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 09:48

Déroutant, c'est ce qui me vient d'abord à l'esprit car mon avis est mitigé ...

J'ai aimé la façon dont Lydie Salvayre fait raconter à sa mère, au moment où des pans entiers de sa mémoire disparaissent, l'épisode marquant de sa vie : cet été 1936 en Espagne, lorsque jeune fille campagnarde, ignorante de tout, Montsé part avec son frère et son amie à Barcelone où elle découvre, comme une illumination soudaine, la vraie vie, l'amour et la liberté; bonheur bien bref car la guerre civile a débuté et ,passé l'enthousiasme de cette nouvelle existence, les événements déchirants vont rapidement ramener la jeune fille à la brutale réalité puis à son village natal.

J'ai moins apprécié le style: si le mélange des langues française et espagnole qu'elle appelle le fragnol est coloré et vivant , les phrases souvent interrompues , le débit verbal et les phrases en espagnol m'ont beaucoup plus gêné .

Le parallèle avec les écrits de Bernanos m'a paru intéressant en soi car ce grand écrivain catholique qui avait tout pour adhérer au mouvement nationaliste a su avoir un regard très critique vis à vis des atrocités qu'il a vues et remettre en cause ses idéaux. Le livre qu'il a consacré à cette période: Les grands cimetières sous la lune vient d'être judicieusement réédité et mérite sans doute, une lecture à part entière ...

Cette double vision permet de mieux appréhender cette lutte fratricide où chaque famille s'est déchirée , où l'église , omniprésente en Espagne à cette époque, a eu un rôle peu glorieux et où une partie de la population a quitté son pays natal dans des conditions difficiles .

Ernest Hemingway avec Pour qui sonne le glas et André Malraux avec L'Espoir nous avaient déjà fait connaitre les tragiques événements de la guerre d'Espagne, voilà un témoignage émouvant et une bel hommage d'une fille à sa mère exilée.

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