Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 17:45
Cristal noir de Michelle Tourneur

N'ayant lu ou entendu aucune critique , je partais à la découverte de ce roman de Michelle Tourneur et la bonne surprise s'est alliée à un véritable coup de coeur !

Le prétexte initial de l'histoire est la réalisation d'un livre de photographies en 1929 sur la gastronomie française par une jeune américaine Pearl qui fixe son choix sur un établissement parisien renommé: le Paquebot .

Bien vite, ce sont le chef Charles- Henri Chelan , son ami et compagnon d'armes, Robert, le Maitre d'Hotel et le restaurant qui sont les principaux personnages du roman .

Phrases courtes et percutantes comme des rafales de clichés photographiques, instantanés d'une ruche que représente le fonctionnement du grand restaurant, c'est le quotidien des deux hommes, passionnant mais épuisant .

C'est la face transparente, translucide de leur vie .

Nous assistons surtout au côté artistique de leur métier, la recherche de l'alliance des saveurs , la décoration de la luxueuse salle du restaurant au gré des saisons, la présentation , véritable mise en spectacle , des menus et des plats.

La face opaque, ce sont les blessures profondes de l'âme des deux amis, en particulier leur expérience commune des tranchées pendant la guerre, et pour Charles-Henri les drames de son enfance, les fantômes de femmes qui viennent le visiter la nuit, le passé se dévoile peu à peu.

Pearl, jeune femme ravissante, curieuse et intelligente, elle-même à la recherche d'une autre vie que celle toute tracée par son père s'insinue dans la vie du Paquebot et de ses hommes...

Beaucoup de thèmes du roman ont une double signification : le Paquebot comme celui qui va ramener Pearl chez ses parents ; le Piano dont il est beaucoup question dans la cuisine du restaurant mais également celui de l'enfance de Charles-Henri.

Les personnages secondaires ont également une belle place, ils évoluent avec aisance dans un récit très bien construit qui garde son tempo jusqu'à la fin .

Belle découverte que je dois à Babelio et aux Editions Fayard que je remercie profondément .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 16:59
Les 100 tableaux qui ont fait l'impressionnisme de Pascal Bonafoux

J'ai une passion pour les Impressionnistes depuis fort longtemps et ma bibliothèque comporte déjà de nombreux ouvrages.

Celui-ci m'a séduit par la qualité de ses reproductions et le texte accompagnant chaque tableau.

La présentation des oeuvres est exposée de façon chronologique en commençant par les balbutiements des Impressionnistes pour clore par déjà ce qui évolue vers le Post-impressionnisme avec Seurat, Gauguin et Van Gogh .

Ce qui fait l'intérêt des textes c'est l'avis des peintres eux-mêmes, d'écrivains comme Zola ou Théophile Gautier ou de critiques et journalistes de l'époque pas toujours tendres ...

Tout démarre par l'envie de secouer les carcans de l'académisme, de peindre des femmes autres que la Vierge Marie , de sortir des ateliers , de mettre la couleur autrement ...

Les peintres décrivent la difficulté qu'ils ont de se faire reconnaitre alors, ils sont soutenus par leurs amis les écrivains comme Baudelaire et Zola

Ces fragments de lettres nous laissent voir une grande entraide entre eux, leurs amitiés , leurs combats mais aussi leurs différents .

Beau voyage au début d'un siècle et aux prémices d'une aventure qui dure toujours sous le pinceau de Renoir, Monet et les autres .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 16:12

Lire les premières pages de ce livre, c'est se replonger avec délice en 1976 lorsque le monde entier découvre cette petite gamine venue de Roumanie exécuter un incroyable programme de gymnastique avec la hâte de regarder à nouveau ces images que l'on avait un peu oubliées .

Entre roman et enquête journalistique, Lola Lafon manoeuvre assez adroitement entre réalité et fiction, dialoguant avec Nadia C avec parfois ménagement mais en sachant aussi la bousculer lorsque la vérité prend plusieurs voies ...

Mais il reste quelques non-dits qui laissent deviner beaucoup de choses.

De cette époque où le couple Ceausescu avait encore les bonnes grâces de nos dirigeants, l'auteur nous dresse un tableau édifiant :

celui d'une part, plus spécifique au milieu sportif de l'entrainement de ces toutes jeunes filles, l'emprise que peut avoir un entraineur dont le rôle parait parfois déborder le cadre de la gymnastique, gourou ou père mais ce régime hallucinant n'est pas réservé au cas de Nadia et l'on trouve bien d'autres exemples dans tous les pays et à toute époque.

C'est aussi l'histoire d'un peuple sous surveillance, dont le dirigeant s'enfonce dans la folie et la mégalomanie .

Bien sûr, le comportement de Nadia est ambigu mais elle apparait plus victime que coupable, propulsée au devant de la gloire à un âge si jeune et si influençable , trop lourd pour une fée.

Ce roman m'a passionné, Lola Lafon aborde de façon intelligente et sensible un sujet original et délicat.

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 21:30

Beau coffret contenant deux livres et une gazette qui m'a été offert à Noël.

Je dois bien dire que jusque là, je ne m'étais pas franchement intéressée aux albums du Chat.

C'est dommage car c'est drôle, vivant, éminemment proche de nous et délicieusement irrévérencieux ... mais bien d'autres plus habilités que moi ont fait déjà des critiques élogieuses et méritées ...

Le seul frein pour moi, est qu' il ne faut pas se lancer dans la lecture d'un album en entier mais savoir le savourer par petits bouts et y revenir fréquemment , ce qui, quand on est une boulimique de lecture est difficile à tenir: un objectif pour 2015 ?

Je propose donc comme thérapie de bonne humeur une double page par jour du Chat !

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 22:13

Intriguée par l'histoire d'échanges de copies lors d'un examen déterminant pour de futurs médecins, je me demandais comment on pouvait vivre la tête haute , exercer son art après cette supercherie et affronter une rencontre avec l'autre presque vingt ans plus tard.

Je me suis trompée sur toute la ligne car ce n'est pas le chemin qu'a pris Aurélie de Gubernatis.

En effet, l'héroïne, Estelle, devenue psychiatre après avoir été major de sa promo suite à cette échange n'a que de vagues remords.

Psychiatre, peut-être, mais bien peu professionnelle lorsqu'elle retrouve comme patient, Josselin, le véritable auteur de la fameuse copie ... Adieu mari, enfant et patients , pour une amourette qui datait de sa jeunesse, elle s'enfonce jusqu'au cou dans une histoire invraisemblable et bien peu crédible.

Seul le personnage d'Hervé a retenu mon attention , car sa passion ressemble à celle de ce biologiste Jacques Benveniste qui avait déclenché une grosse polémique dans les milieux scientifiques avec ses travaux sur la mémoire de l'eau , et qui avait obtenu d'ailleurs un IGNobel, l'histoire d'Hervé étant heureusement plus poétique .

Donc, de ce roman, j'aurais pu, moi aussi, faire l'Impasse .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 21:48

J'avais beaucoup aimé le premier opus d'Olivier Truc: Le dernier Lapon , une histoire originale et totalement dépaysante .

Bien sur, il n'y a plus dans ce second roman la surprise de la découverte de la Laponie et de ces habitants, les sami.

Mais l'intrigue peine à se mettre en place et est plus complexe voire touffue avec toujours les éleveurs de rennes et sa police représentée par le duo Klemet, le Sami et sa coéquipière Nina, des étrangers de tous pays intéressés par les gisements de pétrole , des plongeurs souvent employés par les précédents et envoyés pour des taches difficiles et périlleuses et un promoteur immobilier véreux ...

Et au milieu de tout ce beau monde, des morts plus ou moins suspectes et à priori sans rapport les unes avec les autres.

Nous découvrons l'autre visage de la Laponie avec des nuits très courtes , ce qui entraine également des troubles pour les personnes qui n'y sont pas habituées comme Nina .

La dualité du monde des éleveurs est une fois de plus mis en avant, avec leur difficulté de continuer leur mode de vie nomade au rythme de la migration des rennes dont la liberté gênent de plus en plus la vie citadine et les ambitions d'hommes peu scrupuleux et la tentation pour certains sami de se sédentariser avec des fermes d'élevage .

On sent bien, et cela est poignant, la fin d'une époque, le peu d'espace laissé à cette culture sami , le constat est finalement plus noir que dans son précédent roman.

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 21:44

Une histoire de train comme dans un exercice de mathématiques pour le certificat d'études...

Soit :

Un train part de Nice en Mars 1881 avec à son bord Anna Alexandrovna , la fille du grand duc Olianov accompagnée de sa famille et de Mathilde, la gouvernante : destination Moscou en cinq jours .

Et Le train Riviera Express qui part de Moscou, gare de Biélorussie en Mars 2012 , il transporte Irina Tanaiev, une jeune femme qui part à la rencontre d'Enzo dont elle a fait la connaissance sur un site de rencontres , le train arrivera à Nice, sa destination, en 2 jours.

Quand les deux trains se croiseront-ils ?

Et bien, c'est facile : Il suffit de se laisser porter par la plume romanesque de Gaëlle Josse et de regretter que ce voyage ne soit pas plus long .

Que d'événements pendant ces voyages qui vont transformer la vie de ces jeunes filles , c'est enlevé, vivant et émouvant : une belle découverte !

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 09:14

Venez avec moi dans l'archipel des Tuamotu, un chapelet d'atolls qui fait partie de la Polynésie française.

Des ilots plantés de cocotiers, entourés de plages de sable blanc et cernés de lagons aux eaux turquoise...

Ca, c'est pour le cliché et ma foi, cela fait rêver...

Nos deux dessinateurs partent là-bas dans le cadre du projet baptisé Va'a Motu de construction de pirogue traditionnelle et de réhabilitation de ce mode de navigation .

Le début de l'ouvrage explique la situation géographique, historique et économique de l'archipel, la nature du projet Va'a Motu à la façon d'un documentaire , puis l'installation de nos amis et de leur famille sur un des atolls.

Ensuite, il faut bien avouer que cela dérape un peu, car de la fébrilité du départ, on sent que peu à peu un certain dilettantisme prend le dessus .

Les auteurs décident d'expérimenter par eux mêmes la navigation en pirogue et parcourent les iles à la recherche de conseils chez les anciens et de pirogue à retaper, cela donne lieu à des scènes drolatiques .

Mais la réalité de la vie dans ce coin perdu est différente de l'image idyllique que l'on en a.

Car, depuis une cinquantaine d'années, le mode de vie a totalement changé, l'abandon de la pirogue traditionnelle n'est que la face immergée de la transformation : les polynésiens ont quitté leurs atolls pour travailler dans le cadre des essais nucléaires entre 1966 et 1996 et sont restés dans les plus grandes localités comme Tahiti, abandonnant leur coutumes, allant jusqu'à oublier l'art ancestral de la navigation.

Certes, il y a des projets pour faire revenir les populations vers leurs ilots mais en ont-ils vraiment envie ?

En tout cas, cette histoire donne l'occasion aux dessinateurs de "s'éclater" et de nous offrir de nombreux dessins, paysages de toute beauté et hommes et femmes très expressifs , de se moquer d'eux car ils font souvent penser à une équipe de branquinols et de faire parler les oiseaux et les poissons avec ironie mêlée d'une pointe de nostalgie ...

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 15:46

On retrouve dans cette histoire simple et rude le style efficace de Ron Rash.

Un frère et une soeur vivent dans la ferme familiale dans un fond de vallée du Tennessee où le soleil pénètre rarement, masqué par la falaise .

Les arbres y meurent et les récoltes sont maigres et si on y rajoute la tache de naissance de Laurel Shelton, cela suffit aux esprits simples des gens du coin pour en faire un endroit maudit.

Hank, le frère, n'a t'il pas d'ailleurs perdu sa main à la guerre ?

La vie de Laurel, jusque là peu souriante , est illuminée par l'arrivée d'un mystérieux musicien dont le seul langage s'exprime par les sons harmonieux et envoutants de sa flûte d'argent .

Le bonheur peut-il enfin exister ?

C'est sans compter sur la bêtise humaine, les préjugés et les amalgames vite faits .

Ron Rash nous offre une nouvelle fois un récit bouleversant, dans une nature magnifiquement décrite, sauvage et belle , sublimée par la musique et l'amour.

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 12:31

Voilà deux nouvelles plus dérangeantes que ce que j'ai déjà lu chez Yoko Ogawa mais son oeuvre est étendue et je n'en suis qu'au début de mon exploration:

Dans Une parfaite chambre de malade, l'histoire est racontée par une jeune femme qui accompagne son frère cadet pendant l' hospitalisation de celui-ci pour une leucémie dont il mourra rapidement.

Ce sont , d'une part les sentiments que la jeune femme développe pour ce jeune frère avec lequel elle n'avait pas eu de relations proches et qui se rapprochent d'un émoi amoureux, avec également sa façon de se protéger contre la progression du mal, en particulier les rites qui s'instituent autour du malade, comme la grappe de raisin qu'il lui faut trouver chaque jour , tel un talisman contre l'évolution de la maladie

D'autre part et je dirais surtout, le malaise que ressent la narratrice dans cette chambre aseptisée vis à vis de la nourriture et tout ce qui s'en approche: une vie "stérilisée "avec ce dégoût de ce qui peut venir souiller le corps, comme si la vie se résumait à une entité imperméable à l'extérieur.

Une façon peut-être de refuser la mort , une anorexie du deuil à venir...

Dans la deuxième nouvelle, La désintégration du papillon, c'est la relation avec la vieillesse et la démence .

Les reproches que la jeune femme se fait lorsqu'elle laisse la grand-mère qui l'a élevée dans un institut spécialisé entrainent peu à peu un déséquilibre de l'état psychologique de la narratrice virant rapidement au délire et au déni de la réalité comme si les deux femmes, la vieille et la jeune étaient reliées chacune à un bout d'un même cordon et que la mort qui s'approche et raccourcit le fil d'un coté , effilochait aussi le fil à l'autre extrémité ...

Deux nouvelles qui laissent un certain sentiment de malaise.

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article

Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

  • : le journal de Louloune
  • : Parler de mes lectures, partager mes coups de coeur,mes bonnes et aussi mes moins bonnes surprises, decouvrir d'autres choses...
  • Contact

Recherche

Liens