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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 14:35
L'homme de la montagne de Joyce Maynard

Une impression de déjà lu mais rattrapée par la maitrise d'écriture de Joyce Maynard malgré quelques longueurs et invraisemblances ...

Deux soeurs, Rachel 13 ans et Patty, 11 ans sont livrées à elles-même dans une petite ville de Caroline du Nord, l'été 1979 entre une mère dépressive et un père, l'inspecteur de police Anthony Torricelli qui a quitté le domicile conjugal .

Jeux, facéties, et découvertes insolites ... ces gamines sont fantasques et sympathiques, confrontées aux nombreux émois du début de l'adolescence .

Mais un tueur sévit sur leur terrain de jeux : les sentiers de randonnée de la montagne toute proche .

L'inspecteur Torricelli est chargé de l'enquête, ce qui confère à Rachel un soudain changement du statut vis à vis de ses camarades lorsqu'il passe à la télé.

Malheureusement le tueur court toujours et les victimes se multiplient , et le policier, adulé et admiré, sombre peu à peu dans les affres d'une enquête qui piétine et d'un population inquiète qui s'impatiente et le fait chuter de son piédestal .

L'évolution des relations des soeurs entre elles et avec leur père est plus au coeur du roman que la recherche du tueur, ce n'est d'ailleurs pas un roman policier .

Et c'est ce que ressent Rachel , la narratrice de l'histoire qui en fait tout l'intérêt : l'éveil de sa sexualité, le pouvoir qu'elle peut avoir sur ses camarades, ses rêves et ses visions.

Joyce Maynard excelle dans la description de ces émotions et des relations fortes entre un père et sa fille malgré la séparation de la famille et la dégradation de l'image de héros du policier .

Bonne lecture que j'ai préféré à Les Filles de l'ouragan dont j'attendais trop .

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 21:22
Le coeur du Pélican de Delphine Coulon

Intriguée par cette jeune femme si volontaire et brillante, vue dans l'émission La Grande Librairie, j'avoue ne pas avoir trouvé ce que j'imaginais dans son dernier roman, le Coeur du Pélican .

On reconnait dans son style incisif , l'impétuosité de la jeunesse, et ce qui m'a manqué, justement c'est une certaine rondeur et un détachement parfois salutaire qu'apportent les années et l'expérience de la vie sans pour autant relâcher son combat , sa faculté d'indignation et son esprit critique.

Pavillons de banlieue , vie médiocre par sa monotonie et abrutissement des hommes adultes dans l'alcool et la bêtise réapparaissent tout au long de l'histoire comme une antienne .

Le don d'Anthilme pour la course se révéle alors qu'il se retrouve "petit nouveau" dans un groupe d'ados et qu'il est alors persuadé qu'il ne peut et ne doit pas perdre ; cela le fait passer du statut d'inconnu à celui de héros : est-ce un bienfait pour ce jeune garçon: on en doute d'emblée .

Récupéré par un entraineur qui a raté sa carrière et qui compte sur les succès de son poulain pour vivre les victoires par procuration, Anthilme subit plus qu'il ne s'épanouit et on ne peut pas dire qu'il soit soutenu par ses parents à l'attitude totalement passive, ce qui est surprenant lorsque l'on fréquente un peu les terrains de sport ou les salles de gym avec sa progéniture !

Ne voulant pas décevoir sa soeur, Héléna, son double féminin , son amante interdite et espérant conquérir le coeur de la belle Béatrice, Anthilme donne tout comme le pélican, emblème de son club.

Avant même de gravir les échelons du succès , l'ascension du jeune prodige est stoppée net et il se pense alors indigne de Béatrice et voué à épouser une femme qu'il n'aime pas et vivre une vie sans piment, sorte d'autoflagellation jusqu'à la révolte quelques vingt ans plus tard .

L'histoire est rapidement peu plausible car chacun sait que la gloire arrive aussi vite que l'oubli ...

Le combat de ce jeune garçon devenu un adulte ordinaire semble bien dérisoire et égoïste et vire à la colère dans un flot de violence non contenue.

La fin de l'histoire m'a laissé assez perplexe !

Problème de génération peut-être?

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 21:15
Fleur et Sang de François Vallejo

Une lignée de chirurgiens datant d'avant l'époque de Louis XIV : quelle remarquable destinée pour la famille Delatour !

C'est le sujet du roman de François Vallejo , qui nous fait partager, dans un récit à deux époques, l'histoire contemporaine d'Etienne Delatour, éminent cardiologue et chef de service d'un grand hôpital parisien et celle d'Urbain Delatour chirurgien sous l'époque du Roi Soleil par la voix de son fils ainé, Urbain apprenti chirurgien et apothicaire.

Que ce soit opérer à coeur ouvert ou soigner de façon empirique, le médecin est maitre de son art apparaissant souvent comme un sauveur, un ultime espoir et cette puissance sur la vie ou la mort prend parfois des proportions qui sortent du cadre du simple soignant ...

Mais l'homme n'est pas infaillible surtout quand les femmes manigancent dans l'ombre.

François Vallejo que je découvre avec ce roman a une belle plume , une écriture fluide et agréable à lire et j'ai préféré de beaucoup la période ancienne, celle où les chirurgiens n'étaient pas considérés comme des médecins, ces hommes plutôt pédants et bien moins humanistes si bien représentés dans le théâtre de Molière .

Je suis, par contre restée beaucoup plus perplexe quant au rôle justement des femmes, Iréne Saint Aubin manipulant la carrière d'Etienne et Isabelle de Montorgueil, la fille du seigneur du village d'Urbain, n'arrivant pas à démêler l'écheveau des intrigues souterraines et n'en trouvant pas la finalité .

J'ai donc été plutôt déçu par le fond de l'histoire n'ayant pas tout compris ...

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 12:15
Danser les ombres de Laurent Gaudé

Magicien, assurément Laurent Gaudé l'est , lui qui nous transporte d'un continent à l'autre à des siècles d'écart avec toujours autant de bonheur pour le lecteur.

Sorcier Vaudou, non, même s'il nous entraine cette fois ci à Haïti, cette île aux multiples visages, pétrie de croyances et d'esprits , secouée par des dictatures achevées dans des bains de sang et frappée récemment par un terrible tremblement de terre .

Dans la première partie du roman, nous faisons la connaissance de Lucine, une jeune femme qui, lors de la mort de sa jeune soeur quitte le village familial pour Port au Prince .

Elle est hébergée dans une ancienne maison close où se réunissent quelques amis pour partager un verre de vin et de nombreuses discussions animées dans une ambiance chaleureuse et fraternelle. Chacun y vient pour raconter son histoire, son combat, oublier ses blessures et recevoir et donner de cette chaleur humaine que les haïtiens savent si bien distribuer.

Il y a aussi, planqués derrière un coin de rue, ceux qui ont été les tortionnaires des régimes précédents, qui trainent leur honte et essaient de se faire oublier.

Tout bascule en 35 secondes et transforme ce fragile équilibre en chaos , immeubles effondrés, habitants ensevelis et proches disparus.

Cris, fuites et répliques , on est plongé dans l'horreur et l'hébétude mais rapidement la solidarité affronte le désespoir et les mains soulèvent les pierres pour tenter de sortir quelques rescapés miraculés ...

La terre est ouverte, libérant les esprits et les morts et il faudra la farandole macabre de Dame Petite pour abandonner les morts en cours de chemin .

Qui est vivant, qui est mort ? Laurent Gaudé laisse à chaque lecteur sa propre interprétation et lorsque l'on referme ce livre on reste secoué par la force du texte , la beauté de ces gens qui jamais n'abandonnent et à qui l'écrivain rend un bien bel hommage.

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 12:47
Temps glaciaires de Fred Vargas

Quand on s'embarque dans une nouvelle enquête du commissaire Adamsberg, c'est comme prendre un billet d'avion pour une destination inconnue et des escales improbables ...

Voyage souvent déroutant au coeur d'une intrigue dont on perd régulièrement les ficelles mais c'est cela aussi que l'on recherche et qu'on aime chez Vargas, l'absence de ligne droite , les rebonds géographiques et historiques et ce roman en est fourni.

Pour ceux qui affectionnent les policiers carrés , passez votre chemin , Adamsberg vous fera herrisser les poils, non de frayeur mais d'incompréhension.

Personnage torturé avec sa motte d'algues enchevêtrée , il n'épargne pas ses plus proches collaborateurs et il y a de l'eau dans le gaz avec l'érudit Danglard.

Une histoire de Vargas ne se résume pas et ne se déflore pas pour en apprécier tous les méandres et les surprises

Je ne suis pas une inconditionnelle car je n'avais pas franchement aimé les deux précédents romans, celui-ci a comblé mon esprit bohème.

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 14:51
Promenons nous dans les bois de Bill Bryson

"Promenons nous dans les bois pendant que le loup , l'ours, le puma, le lynx, le serpent et le pervers n'y sont pas..."

Voilà le récit peu ordinaire de la randonnée de Bill Bryson et de son vieux copain de classe Katz sur l'Appalachian Trail de 3500 kms !

Les préparatifs de ce périple sont franchement hilarants avec l'achat du matériel spécialisé , la consultation de nombreux ouvrages relatant cette course et les dangers potentiellement rencontrés, dont les ours pour lequel Bill Bryson fait une véritable fixation, la préparation du sac et les retrouvailles entre les deux anciens copains de classe...

Nous sommes loin du sportif voulant effectuer une "perf" et encore Bill ne se doute pas de ce qu'est devenu son copain d'enfance de nombreuses années plus tard.

Mais vaillants, déterminés, ils partent sac à dos dans des conditions météo épouvantables, s'arrêtent dans des refuges minables et se nourrissent de nouilles, seule nourriture qu'ils n'ont pas jeté dès les premiers kilomètres .

Plus qu'un carnet de route , c'est aussi un ouvrage avec des considérations scientifiques, géographiques ou biologiques et des faits historiques bien documentés que nous conte l'écrivain, avec aussi la narration souvent drôle , car c'est un homme plein d'humour et avec un grand sens de l'autodérision , de ces rencontres avec les randonneurs et autres personnes croisés, un panel intéressant de l'américain moyen et de l'humain en général...

La fin s'essouffle un peu comme nos deux hommes sur l'AT mais cela m'a donné envie de découvrir le récit de Henri David Thoreau: Walden ou la vie des bois , dont Bill Bryson fait référence ainsi que Wild de Cheryl Strayed relatant son périple sur le Pacific Crest Trail.

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 15:13
Premier agneau né le 5 Mars 2015, en pleine forme ...

Premier agneau né le 5 Mars 2015, en pleine forme ...

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 18:41
A la mesure de nos silences de Sophie Loubière

Il suffit parfois d'être attiré par un titre et faire une bonne pioche !

Un road movie qui entraine François, octogénaire et Antoine, son petit fils , un ado accroc aux SMS, Facebook et jeux virtuels (vous voyez ce que je veux dire, vous en avez un à la maison ?) sur les routes vers Villefranche de Rouergue au volant d'une sublime Volvo des années soixante !

Scénario un peu classique et convenu qui m'a, au départ, je dois l'avouer, fait craindre de m'être fourvoyé entre un senior sentencieux et un gamin bougon .

Or, si François conduit Antoine dans la ville où il a vécu enfant pendant l'occupation, pour lui raconter un épisode dramatique qui va marquer sa vie, celui qui a le plus besoin de l'autre n'est pas celui qu'on imagine et on rentre petit à petit dans l' engrenage irraisonné de la fuite en avant de François pour un acte commis gamin sous l'emprise de la jalousie.

Culpabilité que l'adulte porte comme une croix, fuyant son pays et sa famille dans la peau d'un reporter de guerre toujours à l'affut d'un bon papier dans les coins les plus dangereux de la planète guettant la mort comme une rédemptrice .

Entre les chapitres, l'histoire racontée par François de son enfance pendant la guerre et qui aborde un épisode méconnu de la seconde guerre mondiale: la rébellion en 1943 de jeunes musulmans croates enrôlés de force dans les troupes SS et qui s'est terminée dans le sang .

La honte et le remords poursuivent ce vieil homme si maladroit dans ses rapports avec ses propres enfants.

L'écriture est très sensible donnant un roman poignant sur la difficulté d'accepter ses fautes, de comprendre et de pardonner aussi aux autres.

Petit bémol sur la toute fin du roman ...

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 19:20
Hôtel Iris de Yoko Ogawa

Dans une station balnéaire qui pourrait se situer dans de nombreux pays tant elle ressemble aux autres stations balnéaires, l'Hôtel Iris est un établissement vétuste, loin des plages, tenu par la mère de Mari.

Mari, une jeune fille de 17 ans s'occupe de la réception de l'hôtel et passe sa vie derrière son comptoir à regarder la vie des autres jusqu'à ce qu'elle reste subjuguée après un esclandre, par un client, vieil homme dont les paroles blessantes l'ont transpercé comme le ferait un éclair dans un ciel pourtant calme.

Début surprenant pour ce court roman, et on se demande ce qui pousse cette jeune fille à revoir cet homme sans charme et devenir ensuite l'objet d'actes avilissants sans qu'aucune révolte ou honte ne se manifestent.

J'ai lu cette histoire avec un sentiment d'incrédulité qui m'a empêché sans doute d'apprécier à sa juste valeur ce roman de Yoko Ogawa pourtant superbement écrit, les choses les plus viles sont suggérées , la poésie cache la turpitude : tout un art mais je n'ai pas réussi à prendre suffisamment de détachement pour m'en délecter .

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 21:00
La ballade de Willow de Jamie Ford

Une incursion à Chinatown à Seattle en 1934 : Un monde chinois avec ses traditions et ses codes plongé dans un monde américain perturbé par la Grande dépression et la prohibition.

William, jeune garçon d'origine chinoise est pensionnaire depuis cinq ans à l'orphelinat du Sacré Coeur et lors de la sortie annuelle croit reconnaitre sa mère dans une des actrices du film qu'on leur a autorisé de voir .

Il fugue accompagnée de son amie Charlotte, une jeune fille aveugle pour retrouver sa mère mais, si la vie à l'orphelinat est stricte , le vagabondage de deux enfants dans les rues de Seattle les plonge dans un monde sans pitié où les pauvres sont traqués et même si William peut rencontrer sa mère dans la loge du théâtre où elle se produit , ils sont reconduits à l'orphelinat .

Dans la seconde partie du roman , Liu Song, de son nom de scène Willow Frost revient sur les événements des années vingt qui l'ont obligée à abandonner son fils : à la mort de sa mère, elle reste avec son beau-père , violée par lui ,elle s'enfuit pour cacher l'existence de son enfant mais la vie de mère célibataire chinoise, rejetée par sa communauté et non admise chez les "blancs" est un défi permanent.

Seul trésor pour elle : sa voix et après des années de vache maigre l'entrée par la grande porte dans le milieu cinématographique en plein essor .

La syntaxe, ou la traduction parfois maladroite ont un peu gâché ma lecture .

Certes l'histoire de William et Willow est émouvante, les chapitres sont courts , les retours en arrière ne hachent pas le récit mais il m'a manqué un rythme , une profondeur dans l'analyse des personnages et je ne suis jamais rentrée en harmonie avec l'histoire .

Dommage !

Beaucoup de remerciements à Babelio et aux Presses de la Cité, en particulier à Mathilde Boisserie .

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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