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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 18:41
A la mesure de nos silences de Sophie Loubière

Il suffit parfois d'être attiré par un titre et faire une bonne pioche !

Un road movie qui entraine François, octogénaire et Antoine, son petit fils , un ado accroc aux SMS, Facebook et jeux virtuels (vous voyez ce que je veux dire, vous en avez un à la maison ?) sur les routes vers Villefranche de Rouergue au volant d'une sublime Volvo des années soixante !

Scénario un peu classique et convenu qui m'a, au départ, je dois l'avouer, fait craindre de m'être fourvoyé entre un senior sentencieux et un gamin bougon .

Or, si François conduit Antoine dans la ville où il a vécu enfant pendant l'occupation, pour lui raconter un épisode dramatique qui va marquer sa vie, celui qui a le plus besoin de l'autre n'est pas celui qu'on imagine et on rentre petit à petit dans l' engrenage irraisonné de la fuite en avant de François pour un acte commis gamin sous l'emprise de la jalousie.

Culpabilité que l'adulte porte comme une croix, fuyant son pays et sa famille dans la peau d'un reporter de guerre toujours à l'affut d'un bon papier dans les coins les plus dangereux de la planète guettant la mort comme une rédemptrice .

Entre les chapitres, l'histoire racontée par François de son enfance pendant la guerre et qui aborde un épisode méconnu de la seconde guerre mondiale: la rébellion en 1943 de jeunes musulmans croates enrôlés de force dans les troupes SS et qui s'est terminée dans le sang .

La honte et le remords poursuivent ce vieil homme si maladroit dans ses rapports avec ses propres enfants.

L'écriture est très sensible donnant un roman poignant sur la difficulté d'accepter ses fautes, de comprendre et de pardonner aussi aux autres.

Petit bémol sur la toute fin du roman ...

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 19:20
Hôtel Iris de Yoko Ogawa

Dans une station balnéaire qui pourrait se situer dans de nombreux pays tant elle ressemble aux autres stations balnéaires, l'Hôtel Iris est un établissement vétuste, loin des plages, tenu par la mère de Mari.

Mari, une jeune fille de 17 ans s'occupe de la réception de l'hôtel et passe sa vie derrière son comptoir à regarder la vie des autres jusqu'à ce qu'elle reste subjuguée après un esclandre, par un client, vieil homme dont les paroles blessantes l'ont transpercé comme le ferait un éclair dans un ciel pourtant calme.

Début surprenant pour ce court roman, et on se demande ce qui pousse cette jeune fille à revoir cet homme sans charme et devenir ensuite l'objet d'actes avilissants sans qu'aucune révolte ou honte ne se manifestent.

J'ai lu cette histoire avec un sentiment d'incrédulité qui m'a empêché sans doute d'apprécier à sa juste valeur ce roman de Yoko Ogawa pourtant superbement écrit, les choses les plus viles sont suggérées , la poésie cache la turpitude : tout un art mais je n'ai pas réussi à prendre suffisamment de détachement pour m'en délecter .

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 21:00
La ballade de Willow de Jamie Ford

Une incursion à Chinatown à Seattle en 1934 : Un monde chinois avec ses traditions et ses codes plongé dans un monde américain perturbé par la Grande dépression et la prohibition.

William, jeune garçon d'origine chinoise est pensionnaire depuis cinq ans à l'orphelinat du Sacré Coeur et lors de la sortie annuelle croit reconnaitre sa mère dans une des actrices du film qu'on leur a autorisé de voir .

Il fugue accompagnée de son amie Charlotte, une jeune fille aveugle pour retrouver sa mère mais, si la vie à l'orphelinat est stricte , le vagabondage de deux enfants dans les rues de Seattle les plonge dans un monde sans pitié où les pauvres sont traqués et même si William peut rencontrer sa mère dans la loge du théâtre où elle se produit , ils sont reconduits à l'orphelinat .

Dans la seconde partie du roman , Liu Song, de son nom de scène Willow Frost revient sur les événements des années vingt qui l'ont obligée à abandonner son fils : à la mort de sa mère, elle reste avec son beau-père , violée par lui ,elle s'enfuit pour cacher l'existence de son enfant mais la vie de mère célibataire chinoise, rejetée par sa communauté et non admise chez les "blancs" est un défi permanent.

Seul trésor pour elle : sa voix et après des années de vache maigre l'entrée par la grande porte dans le milieu cinématographique en plein essor .

La syntaxe, ou la traduction parfois maladroite ont un peu gâché ma lecture .

Certes l'histoire de William et Willow est émouvante, les chapitres sont courts , les retours en arrière ne hachent pas le récit mais il m'a manqué un rythme , une profondeur dans l'analyse des personnages et je ne suis jamais rentrée en harmonie avec l'histoire .

Dommage !

Beaucoup de remerciements à Babelio et aux Presses de la Cité, en particulier à Mathilde Boisserie .

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 21:16
Nous sommes l'eau de Wally Lamb

A la veille de son remariage, Annie Oh s'interroge. Elle doit épouser sa compagne Viveca dans la ville où elle a vécu avec Orion et fondé sa famille .

Annie qui a eu une enfance marquée par des drames dont elle a peu parlé est une artiste qui exprime sa colère à travers ses oeuvres .

Orion Oh est plutôt désemparé par cette nouvelle situation , en proie lui-même à des accusations d' harcèlement sexuel dans son travail de psychologue.

Et on ne peut pas franchement dire que leurs enfants soient épanouis ...

Petit à petit comme des pièces de puzzle on va comprendre ce qui s'est passé dans l'enfance d'Annie et constater avec amertume comment on peut vivre en couple sans vraiment connaitre l'autre et ses blessures profondes : manque de confiance mais surtout honte et sentiment de culpabilité qui enferme la victime dans une violence sourde .

Les chapitres alternent en laissant la parole aux différents personnages: Annie, bien sur, Orion et leurs trois enfants principalement.​

Se mêle à l'histoire racontée, celle d'un artiste noir qui a habité une maisonnette au fond de leur jardin et qui a été retrouvé noyé dans un puits quelques années avant l'arrivée de la famille Oh.

Le roman est agréable à lire, heureusement car c'est encore un joli pavé et l'auteur aborde comme à son habitude des sujets graves avec cette fois les traumatismes de l'enfance : disparition de proches, violences sexuelles et les conséquences qu'il en résulte surtout lorsque ces faits restent tus...

Wally Lamb fait également une description un peu caricaturale du milieu artistique New-Yorkais à travers Viveca et ses amis.

Une petite baisse de régime pour Wally Lamb sur le plan émotionnel déjà amorcée avec Le chant de Dolores même si j'ai toujours plaisir à retrouver cet auteur qui dépeint si bien l'Amérique profonde, ses failles et ses espoirs.

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 16:33
Une vie entre deux océans de ML Stedman

Comment continuer de vivre après avoir connu l'enfer des combats et se sentir coupable d'être encore en vie ?

Comment vivre sans rougir quand le bonheur est basé sur un mensonge, une supercherie qui même sur une ile perdue au milieu de l'océan ne peut fatalement pas rester secrète ?

Et comment continuer de vivre lorsque l'on a perdu son enfant ?

Sur des allures apparentes de mélo, Une vie au milieu des océans aborde des thèmes douloureux et le lecteur ne peut rester insensible aux remords de Tom, au chagrin d'Isabel et au désarroi de Hannah , prenant tour à tour la défense de l'un ou de l'autre et souffrant ou s'offusquant au fil des pages .

Roman étonnant de maturité .

J'ai rajouté, bien sur, ma petite larme à l'océan des larmes déjà versées par les lecteurs...

Et surtout je remercie André qui par son excellente critique m'a incité à lire ce livre , vrai coup de coeur et à rester modeste dans ma critique !

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 11:56
Ce sont des choses qui arrivent de Pauline Dreyfus

L'histoire débute par les obsèques de Natalie, duchesse de Sorrente, née Princesse de Lusignan ; tout le gratin mondain est là, il ne manque que Léon Zitrone pour commenter la cérémonie mais nous ne sommes qu'en 1945.

Le milieu dans lequel a évolué Natalie n'a pas connu la même guerre que le commun des mortels: réfugiée sur la cote d'Azur avec mari et enfants pour fuir un Paris devenu ennuyeux , la vie de Natalie est toujours remplie de fêtes , avec parfois la rencontre d'un homme séduisant et à la clé une grossesse imprévue mais ce sont des choses qui arrivent, répond le mari ...

Le bruit des canons est loin, et celui des bottes n'est pas forcément gênant sauf s'il faut laisser la villa à l'occupant et rentrer à Paris .

Mais lors du décès de sa mère, elle apprend le secret de sa naissance et découvre avec stupeur les origines juives de son père biologique, le coup de tonnerre est immense et sa raison s'ébranle, elle perd d'un coup ses repères , tente de s'identifier à ceux dont elle ne s'était jusqu'à présent jamais préoccupée et c'est le début de la descente aux enfers, accélérée par une addiction à la morphine qui la précipite dans la déliquescence puis la mort.

Roman intéressant par ce décalage entre un monde aristocratique, bardé de ses titres comme d'un bouclier, au dessus de masse populaire et souvent sans scrupule et la découverte d'une faille dans cette certitude avec comme seul moyen trouvé pour affronter la réalité : la drogue .

On suit d'une façon assez détachée, il est vrai car il est difficile de ressentir de l'empathie pour le personnage , le cheminement de Natalie oscillant entre lâcheté , faiblesse , écrasée par son éducation et son milieu et n'arrivant pas à s'en libérer.

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 09:55
La confession de la lionne de Mia Couto

Dans une contrée perdue, le Kulumani au fin fond du Mozambique, sévissent des lions mangeurs d'homme , c'est le prétexte et le point de départ du nouveau roman de Mia Couto.

L'histoire est racontée à deux voix, dans des fragments de journaux.

Mariamar, la première narratrice, est une jeune femme du village, sa soeur ainée est la dernière victime des lions mangeurs d'homme, elle vit dans un monde à part entre souvenirs, sortilèges, rêves et visions dans une pseudo folie qui l'écarte des habitants du village.

Arcanjo Baleiro, le chasseur, est appelé par le potentat local pour tuer ces fauves, en proie lui aussi à ses démons, sa venue est mal accueillie par les villageois qui ne veulent pas d'étrangers et d'autant plus un mulâtre , chez eux.

L'atmosphère est étrange, pesante, lourde de toutes les croyances ancestrales, les interdits, les rites et les violences communes.

Les fauves les plus dangereux ne sont peut-être pas ceux qui sont chassés dans la jungle, mais font partie du village et l'on se dit qu'il n'est vraiment pas bon de naitre femme au Kulumani !

Mia Couto, véritable poète , embrouille les pistes comme un prédateur adroit, réalité sordide ou mythe salvateur, rites cruels ou cauchemars fondateurs ?

Son roman précédent ,l'accordeur de silences même si son ambiance était également entourée de mystères est plus abordable pour un lecteur ordinaire comme moi avec un fond cartésien ancré par son éducation et j'ai eu du mal à apprécier ce récit .

Je remercie Babelio et les Editions Métailié pour cette plongée au coeur du mystérieux Mozambique.

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 09:33
Voir du pays de Delphine Coulin

Une lecture dérangeante et qui m'a mise mal à l'aise .

Aurore et Marine, amies depuis leur adolescence , "à la vie , à la mort", toutes deux engagées dans l'armée, reviennent d'une mission de six mois en Afghanistan en faisant une halte imposée dans un hôtel-club à Chypre pour un débriefing et une décompression.

Ce qu'elles ont vécu lors de cette mission est bien loin des idéaux qu'elles pensaient trouver à l'armée et les souvenirs les plus pénibles sont analysés avec un psychologue : embuscades, mort des camarades , blessures, exactions vis à vis de la population civile ...

Les phrases sont concises, sans fioritures avec un langage familier , rien ne nous semble épargné.

Le séjour dans un lieu paradisiaque va tourner au cauchemar pour les jeunes femmes et c'est sur un constat plutôt amer que se termine ce roman : sur la place des femmes en général, leur vulnérabilité, le machisme persistant et le silence imposé ...

Restent les belles pages sur l'amitié peu ordinaire entre ces deux filles, parfois mise à mal par les événements mais qui dans les pires moments permet à Aurore et Marine de se relever et d'affronter la vie .

C'est un roman très dur, un coup de poing auquel je ne m'attendais pas ...

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 16:51
Amours de Léonor de Recondo

Début d'histoire de facture classique racontant la vie d'une jeune femme, Victoire mariée à un notaire, Anselme, dans une petite ville de province en 1908 .

On sent les frémissements d'une évolution des moeurs mais Paris est loin , les convenances et les préjugés bien ancrés et chaque matin, Victoire se fait aider par Huguette pour serrer son corset, symbole du carcan dans lequel on voudrait continuer à enfermer les femmes .

Le corset, c'est lui l'élément qui va déclencher le revirement du roman et son réel fondement.

Je n'avais pas lu les critiques, bien m'en a pris car la surprise est totale et je pense que c'est là tout l'intérêt de ce livre.

L'écriture est élégante, les personnages sont rapidement attachants, Léonor de Recondo va en profondeur des sentiments et fait vibrer notre sensibilité .

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 09:18

Roman policier plaisant qui se lit vite et ne me laissera pas un grand souvenir ...

Ce nouveau livre de Peter May n'a rien à voir avec sa trilogie de l'ile de Lewis , difficile de revenir sur la terre ferme !

Enzo Mc Leod est un ancien flic, à la consommation alcoolique raisonnable mais qui l'entraine tout de même un soir de beuverie entre amis dans un pari assez insensé : découvrir ce qui est arrivé à Jacques Gaillard, un homme politique connu qui a disparu sans laisser de traces dix ans auparavant.

C'est sur cette absence de trace qu'il va se lancer , grandement aidé par Internet , et qu'il va nous entrainer dans un jeu de piste macabre.

C'est bien fait, quoique un peu tiré par les cheveux ...

Mais ne boudons pas le plaisir d'un bon divertissement avant de repartir peut-être un jour vers les Iles Hébrides .

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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