Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 09:32
Paradis amer de Tatamkhulu Afrika

Délicat sujet qu'aborde Tatamkhulu Afrika dans Paradis amer , récit autobiographique , celui de l'amour non charnel entre hommes .

Lorsqu'il reçoit une lettre et un colis de son ami Danny qui vient de mourir , Tom Smith, alors âgé, replonge dans ses souvenirs quelques cinquante ans plus tôt .

Soldat Sud africain engagé dans la campagne en Afrique lors de la seconde guerre mondiale, Tom est fait rapidement prisonnier par l'armée italienne et est envoyé dans un camp en Italie .La description de la marche sans répit de ces prisonniers puis du voyage en cargo, entassés dans la cale est poignante mais n'est pas la partie essentielle du roman.

L'arrivée dans le camp en Italie puis plus tard en Allemagne, nous fait basculer dans un autre univers car, au delà des barbelés qui entourent le camp et des soldats qui le gardent, c'est tout un monde parallèle qui se crée avec son économie d'échanges et de services, ses castes avec ses règles , sa troupe de théâtre ou son orchestre . Description qui peut paraitre plutôt hallucinante quand on ne s'est jamais trop posé la question de l'organisation entre prisonniers d'un camp .

Il y'a a un épisode particulièrement marquant : celui du rossignol qui chante et qui fait sortir les hommes de leur baraquement pour écouter quasi religieusement le chant de l'oiseau .

Et puis bien sur, au milieu de ces journées à passer , privées de liberté , de nourriture correcte et d'activités habituelles , se créent des amitiés et des conflits .

C'est beaucoup plus complexe que l'attirance sexuelle entre deux êtres , c'est un besoin vital d'avoir un "pote " , celui sur lequel on peut se reposer, lâcher un peu la vigilance qu'il faut maintenir vis à vis des autres qu'ils soient prisonniers ou matons .

Besoin de parler, de se confier , besoin de tendresse et de chaleur humaine avec souvent le sexe qui reste tabou malgré la promiscuité . Ces relations demeurent cependant ambiguës et on assiste même à des scènes de marivaudage assez étonnantes dans le contexte .

Cette lecture a été pour moi une source d'étonnement et d'interrogations car il faut saisir les nuances aux quelles l'auteur accorde beaucoup d'importance entre l'homosexualité et l'amour entre hommes et je remercie vivement Babelio et les Editions Presses de la cité pour cet envoi car je n'aurais pas choisi spontanément ce livre .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 08:58
Otages intimes de Jeanne Benameur

Une bouffée d'émotion lorsque l'on découvre l'histoire de la libération d'Etienne , reporter-photographe .

Jeanne Benameur nous fait vivre les quelques heures passées dans l'avion qui le ramène en France, lorsqu'Etienne n'ose encore se réjouir alors qu'il a toujours les yeux bandés, symbole de son emprisonnement , et les quelques semaines après son retour , lorsqu'il faut bien se réadapter à la vie.

Son récit alterne avec celui des proches de l'ex-otage : sa mère, Iréne , ses amis d'enfance Enzo et Jofrancka , et son ex petite amie, nous faisant revivre avec eux les mois d'angoisse de ne pas connaitre le sort d'Etienne, chacun otage de ses sentiments .

Dès les premières phrases , j'ai été subjuguée par l'habileté de l'auteur : comment peut-on aller aussi loin dans l'intimité de ce sujet avec autant de justesse, de délicatesse et de pudeur.

Les interrogations des personnages abordent sans détour les sujets essentiels de la vie elle-même et se reflètent directement dans notre vécu : l'enfance, l'absence, l'amour , la mort et la peur : on est chamboulé au plus profond de soi ...

Surgit tel un rayon lumineux dans un ciel noir, la musique qu'Etienne jouait dans sa tête pendant qu'il était captif, celle qu'il partageait avec ses amis du temps de leur trio , et celle que joue Iréne sur le piano de la maison d'enfance lorsque les paroles sont inutiles et ne peuvent effacées les jours d'horreur .

Viendra ensuite le temps des mots pour retrouver le chemin du quotidien .

Premier ouvrage lu de Jeanne Benameur, mais j'ai déjà mis les précédents dans ma PAL !

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 17:26
La terre qui penche de Carole Fernandez

Je suis triste parce que j'ai fini le nouveau roman de Carole Fernandez , j'ai bien essayé de freiner mais dans la pente de La terre qui penche, j'ai pris de la vitesse jusqu'à la chute inexorable ...

Toujours située dans la vaste période moyenâgeuse sur les lieux mêmes qui nous avaient faits connaitre Esclarmonde, sa petite recluse du Domaine des Murmures , cette histoire raconte l'arrivée de Blanche, 12 ans, fille du Seigneur de la Chaux,emmenée au Château pour vivre avec son futur jeune époux , Aymon .

L'histoire est présentée comme une joute verbale entre la petite fille et la vieille âme , celle de Blanche quelques six cents ans plus tard qui narre l'histoire à sa façon avec ses manques et ses mensonges .

N'en disons pas plus sur ce qui se passe pour laisser entière la joie de la découverte de ce monde à part.

Nous évoluons en effet, dans une histoire à la limite de la fable où le merveilleux côtoie le diable, la pestilence , où les croyances font juger un animal et le condamner au bucher .

Un roman initiatique pour Blanche raconté avec beaucoup de poésie , les phrases sont entrecoupées de chansons de geste dont Carole Martinez explique les origines en post- face .

Je suis heureuse car j'ai lu de très belles pages, de celles qui vous font voyager dans une autre dimension , celle de la beauté même si elle est parfois cruelle.

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 15:58
L'art d'écouter les battements de coeur de Jan-Philipp Sendker

Parfois, un titre de livre m'accroche et sans rien connaitre de l'auteur ni lire de critiques on plonge dans l'inconnu et là, on s'embarque dans un merveilleux voyage au coeur de la Birmanie dans une histoire d'amour belle à en pleurer ...

Julia, jeune avocate new-yorkaise part à la recherche de son père disparu mystérieusement depuis 4 ans , une lettre d'amour retrouvée derrière un meuble l'entraine à Bakaw, petit village birman , pays d'origine de son père, Tin Win .

En rencontrant un étrange personnage U Ba, un homme sans vraiment d'âge et qui semblait l'attendre, elle écoute l' histoire d'un petit garçon prénommé Tin Win, qui , abandonné par sa mère s'accroche à la vie , elle se laisse bercer par la ballade d'un jeune birman qui entend chanter les animaux et parler les arbres, qui découvre l'amour en écoutant les battements de coeur de Mi-Mi qui lui prête ses yeux alors que lui devient ses jambes, plus qu'un couple, une fusion de deux êtres différents des autres.

La Birmanie est un cadre unique, empreint de douceur et de poésie mais aussi de règles comme dans toutes les sociétés et le respect du aux ascendants est plus fort que les sentiments .

C'est beau , c'est triste !

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 11:10
Petit cahier d'exercice de méditation au quotidien de Marc de Smedt

Petit recueil sous forme de cahier d'écolier avec des propos écrits à la main et quelques dessins agrémentés de phrases de Sages ou d'anecdotes .

Cet ouvrage peut paraitre fort simple , voir simpliste mais il va cependant à l'essentiel: la méditation ou Zen est "un état d'esprit , un changement de la conscience, une transformation de la façon dont on fait l'expérience du monde ".

Par des exercices et des postures élémentaires , on peut sans problème retrouver le calme qui est "la substance de la sagesse ".

Pas besoin de grands discours, de stage ou autres artifices, ce cahier d'exercice a le mérite d'être accessible à tous avec des conseils de bon sens que nous avons régulièrement tendance à réaliser spontanément; là , il s'agit d'en prendre conscience pleinement et de l'appliquer à bon escient !

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 11:53
Rites d'automne de Dan O'Brien

Beau récit raconté par Dan O'Brien sur sa tentative de relâcher un faucon pèlerin femelle baptisée Dolly et née en captivité .

Cette aventure qui l'entraine dans un périple de milliers de kilomètres à travers l'Amérique est une ode à la nature .

Il y a, bien sûr , les liens forts, créés avec son oiseau, que seuls , sans doute , peuvent ressentir les fauconniers : il doit lui apprendre à chasser, à trouver les ascendants, la protéger des prédateurs, car étonnement il y en a : aigles et grands ducs en particulier ...

Mais cela va au delà de la relation entre un homme et un animal , car il y a les amitiés avec les autres fauconniers, les agriculteurs qui l'accueillent sur leurs propriétés , les chiens qui sont partie prenante car indispensables à l'apprentissage de la chasse par Dolly et compagnons de route infatigables .

Dan O'Brien est un chasseur, mais un chasseur respectueux qui arriverait presque à ne pas mettre tous les chasseurs dans le même détestable panier ...

Un regard inquiet posé sur la nature , différent de beaucoup de ceux qui se prétendent écologistes - on sent souvent que cet homme se cherche dans ce monde qui ne regarde pas le futur .

Un homme aussi qui interpelle également à travers ses propos , sur les massacres d'indiens lorsque ses pas le portent dans les contrées chargées de souvenirs .

De la beauté donc , teintée de mélancolie qui peut toucher un public plus large que les amateurs de faucons .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 11:25
Quand le vent soufflera d'Emma Fraser

L'implication de femmes écossaises en tant que médecins , infirmières et aide-soignantes pendant la Première Guerre Mondiale a attiré mon attention sur ce roman .

Ces femmes , souvent d'origine aristocratique , faisant parfois partie des Suffragettes , se sont mobilisées auprès de la Croix Rouge pour organiser, en particulier, l'Hôpital de Royaumont près de Paris et pour certaines sont parties en Serbie où en plus des nombreux blessés de guerre, elles ont été confrontées à des épidémies de typhus et de choléra dans la population civile puis ont du fuir gens des conditions difficiles devant l'arrivée des troupes ennemies .

On retiendra, en particulier le rôle d'Elsie Inglis , médecin qui a mis en place ces comités et s'est impliquée au péril de sa vie dans les soins aux soldats .

Ce qui, par contre, a été plus décevant pour moi c'est que cet épisode historique n'intervient qu'en seconde partie du roman.

Nous découvrons les deux principales héroïnes lors de leur enfance sur l'île de Skye en Ecosse.

Isabel, qui envisage de devenir médecin comme son père, rencontre Jessie qui rêve, elle d'être infirmière mais fille de métayer, son projet parait insensé.

Beaucoup d'événements, d'amours brisés et de déconvenues avant que les jeunes filles devenues femmes se retrouvent, par hasard en France à soigner les blessés .

Laissons de coté les assez nombreuses invraisemblances de la petite histoire mêlée à la Grande , pour savourer une lecture agréable et instructive.

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 09:49
La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino

Qu'en est-il des souvenirs de notre petite enfance entre ceux que l'on nous a maintes fois racontés et les photos des albums que l'on regarde avec nostalgie .

Pour Sayaka , rien de cela , ses premières années sont un grand vide dans sa mémoire qu'elle a refoulé jusqu'à recevoir, à la mort de son père, une clé et un plan d'accès .

Cette jeune femme, mariée à un homme parti travailler plusieurs mois à l'étranger et mère d'une petite fille, s'adresse à son ancien compagnon pour découvrir ce lieu mystérieux: elle est persuadé qu'il a un rapport avec son enfance et que cela va déclencher le processus de mémoire

Grace à la perspicacité du jeune homme toujours épris de Sayaka, le voile du passé se déchire peu à peu , au fur et à mesure de l'exploration des pièces de la maison perdue au fond des bois , de la découverte du journal intime du jeune garçon y ayant habité mais tout apparait suspendu dans le temps , comme les horloges arrêtées à la même heure, dans un passé qui remonte à l'enfance de Sayaka. Un voyage étrange dans les souvenirs d'autres personnes , les secrets cachés, une impression d'intrusion dans l'intime : cela suffit-il à comprendre pourquoi Sayaka maltraite sa petite fille, incapable de l'aimer , chacun est libre de faire sa propre interprétation, l'auteur se gardant bien de juger ou d'expliquer .

Un suspens très bien maintenu pendant tout le roman et qui rend cette lecture haletante même s'il m'a été difficile de ressentir une véritable émotion, le personnage de Sayaka restant à mon avis bien ambigu.

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 10:39
Un destin d'exception de Richard Yates

Un destin d'exception : qui n'a pas rêvé d'avoir une vie sortant de l'ordinaire ? mais pour Alice Prendice c'est une certitude , la valeur de ses sculptures va obligatoirement être reconnue et toutes ses décisions et pensées sont dirigées vers ce but.

Elle entraine dans ce sillage d'illusions et de vie bien au dessus de ses moyens et de la pension alimentaire qu'elle perçoit de Georges son ex mari , son fils , Bobby balloté depuis son plus jeune âge de ville en ville .

Bobby, à son tour, cherche une certaine reconnaissance en s'engageant à , à peine 18 ans, dans l'armée pour participer à la fin du conflit mondial en Europe en 1944;

Après une préparation militaire trop courte, l'arrivée sur le théâtre des combats de ces jeunes hommes et en particulier de Bobby, voit leurs idéaux se transformer en incompréhension et en décalage permanent .

Roman présenté à deux voix selon les époques , celles d'Alice et ses délires et de Bobby et ses doutes .

Richard Yates a l'art de nous rendre attachants ces deux personnages totalement hors réalité et finalement foncièrement malheureux et désadaptés face à une vie qui ne correspond pas à leur rêves .

Une belle lecture !

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 11:12
Le livre du Roi d'Arnaldur Indriôason

Il m'a manqué un vrai souffle à cette intrigue pour la trouver palpitante .

C'est dommage car la recherche du Livre du Roi, une des sagas islandaises considérées comme faisant partie du patrimoine de ce pays, est menée par un tandem qui se veut original entre un vieux prof grincheux, intrépide et alcoolique et un jeune étudiant timoré arrivant tout droit de son île natale , poursuivi par des méchants , nostalgiques du troisième Reich à cette époque un peu flottante des années 1955 à travers différents pays d'Europe hors l'Islande (c'est bien dommage !) .

On y retrouve des éléments historiques intéressants sur la tentative d'appropriation des légendes nordiques par les nazis et de l'utilisation par le compositeur Richard Wagner de thèmes de sagas islandaises ( ce qu'ont d'ailleurs également fait Shakespeare et Tolkien ) mais la façon de raconter cette chasse aux livres par l'auteur est souvent chaotique manquant de rythme et j'ai trouvé cette lecture assez rébarbative.

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article

Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

  • : le journal de Louloune
  • : Parler de mes lectures, partager mes coups de coeur,mes bonnes et aussi mes moins bonnes surprises, decouvrir d'autres choses...
  • Contact

Recherche

Liens