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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 11:27
Les clochards celestes de Jack Kerouak

Que les fans de Jack Kerouak me pardonnent deux choses:

La première, mais là c'est réparé : je n'avais jamais lu de roman de ce grand écrivain ...

La deuxième, plus difficile à avouer : je me suis demandée assez longtemps si c'était du premier ou du second degré .

C'est d'abord par méconnaissance de ce mouvement littéraire et artistique des années 1950 aux Etats Unis et de ses protagonistes comme Gary Snider .

Je connaissais, bien sur, le mouvement "Beat génération "mais sans le relier au bouddhisme Zen.

D'ailleurs, j'ai eu une certaine difficulté à trouver l'esprit du bouddhisme dans les moeurs sexuelles fort libérées de ces jeunes gens qui refusent toute convention et où l'alcool et la drogue semblent également un principe de base !

On est loin de la sagesse et de la réserve du moine Matthieu Ricard ...

Seul ce besoin de grands espaces, de nature sauvage parait propice à la méditation, à l'évasion mais lors de leurs randonnées dans les montagnes nos lascars partent en espadrilles, sans sac de couchage loin des préceptes de base de tout montagnard !

On peut envier, bien sûr, cette façon de penser et de vivre, détachée des boulets que l'on traine quotidiennement , des contingences matérielles , cette liberté loin de toute obligation morale : c'est bien ce qui a entrainé une partie de la génération dans le mouvement hippie mais pour moi cette lecture arrive beaucoup trop tard dans mon cheminement idéologique !

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 15:20
La fille du fossoyeur de J.C Oates

Wouates !, quel morceau de bravoure pour le pauvre lecteur lorsqu'il s'immisce dans la vie de Rebecca Schwart car il y a peu de moments de répit dans ce roman assez long de Dame Oates .

Entre sa naissance à bord du bateau qui transporte sa famille fuyant l'Allemagne en 1936 , son enfance entre son père ancien professeur de mathématiques devenu fossoyeur en arrivant comme immigré dans la petite ville de Milburn , logé avec sa famille dans une masure insalubre, sa mère qui ne s'habitue pas à sa nouvelle vie et ses frères qui tournent mal , Rebecca devient la fille du fossoyeur ...

Lorsque son père tue sa mère et se suicide, on pourrait espérer que Rebecca va commencer une vie plus sereine chez son ancienne institutrice mais c'est sans compter sa rencontre avec un homme violent qui devient son mari et qu'elle va fuir sa vie durant , devenant Hazel Jones en emmenant dans sa fuite son fils dont l'insouciance de l'enfance lui est volée .

Seule la musique apporte une note de douceur et d'espoir, celle entendue à la radio puis celle que son fils va jouer .

C'est un roman comme le fait souvent J.C Oates où il faut s'accrocher car tout est disséqué, analysé avec finesse mais quelle maitrise : on ne peut que s'incliner et saluer l'artiste .

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 15:27
Les brumes de l'apparence de Frédérique Deghelt

Ecrivain que j'avais découvert et apprécié dans La grand- mère de Jade , Frédérique Deghelt a visiblement plusieurs cordes à son arc mais qui ne font pas mon bonheur de lectrice !

J'avais déjà été bien déçu par La nonne et le Brigand , alors pourquoi récidiver ? je suis une impardonnable optimiste ou une incurable naïve ...

L'héroïne, Gabrielle est une parisienne comme les imaginent les pauvres provinciaux dont je fais partie, pourvue d'un mari que l'on voit heureusement peu mais d'emblée horripilant, une femme qui déteste tout ce qui touche la campagne et la nature, la description faite par l'auteur est poussée au delà de la caricature, ce qui est vite pénible d'autant que l'on se doute bien vite que son héritage campagnard tombé du ciel (ou de l'enfer) va virer à un épisode de Koh Lanta ou de Fort Boyard, au choix .

Mais c'est sans compter sur les esprits et les revenants, les ancêtres sorciers et les bonnes âmes qui vont transformer le séjour de Gabrielle en un remake d'Exorciste .

Certes j'ai un parti-pris évident, étant assez allergique à tout ce qui tourne autour de l'ésotérisme, peut-être devrais-je envisager à l'avenir (dans les boules de cristal ...) de lire les quatrièmes de couverture ...

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 21:31
 Manuel de la jungle de Nicoby, Joub et Copin

Avec comme titre : Manuel de la Jungle, on ne sait pas trop où on s'embarque: dans la jungle, ça c'est certain mais entre Manuel de survie en milieu hostile , Manuel des Castors juniors et L'écho des Savanes, il y a un grand pas mais finalement en refermant cette BD à la lecture réjouissante , on se demande s'il n'y a pas un doux mélange des genres.

Le propos est bien introduit par une page d'explication qui présente les principaux protagonistes , en particulier Olivier, prof de son état mais surtout explorateur , accompagné de son complice Jérome le chasseur de perroquet.

Et voilà nos deux dessinateurs embarqués au fin fond de la forêt amazonienne pour un voyage initiatique au coeur de la jungle, l'enfer vert entouré de prédateurs petits et gros : mygales, serpents, crocodiles, jaguars etc... mais Olivier et Jérome, pas profs pour rien expliquent : la faune, la flore , les carbets et racontent leurs histoires de chasse .

Après avoir découvert la forêt, expédition en bateau sur la forêt noyée, et là, il faut faire face à un tout autre danger : les camps des orpailleurs clandestins !

Que de dangers réels ou fantasmés ( pas tant que ça à mon avis ... ) pour les dessinateurs en goguette , le moindre bruit les fait sursauter .

Et entre ces dessins goguenards où Joub et Nico n'hésitent pas à se ridiculiser en grossissant le trait , Olivier raconte l'histoire tragique d'un amérindien Domingo qui reflète la dure réalité de la vie en Guyane .

Belle coopération en ce qui concerne les illustrations de Nicoby et Joub avec en particulier de jolies aquarelles .

Merci à Babelio et aux Editions Dupuis pour cette plaisante ballade en Guyane, surtout quand on reste dans son fauteuil à rire des autres !

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 10:50
Un bonheur si fragile, Tome 1 : l'engagement de Michel David

Pantoute, en voilà une saga bien fine qu'il faut lire dans sa chaise berçante ...

Passées les premières pages où il faut s'habituer au vocabulaire de ces québécois campagnards , et il y a de nombreux dialogues dans ce volume ... c'est un moment détendant que j'ai passé en compagnie de Corinne Joyal , jeune femme de 18 ans au moment où elle convole en justes noces avec Laurent Boisvert et où elle va découvrir la vie de jeune épouse dans une petite ferme en 1901 , une vie guère différente de celle vécue dans de nombreuses campagnes françaises si ce n'est, détail important, la rigueur et la longueur des hivers canadiens et le départ des hommes pendant l'hiver laissant les femmes seules à la ferme .

Les personnages sont assez stéréotypés , un peu trop à mon goût: les méchants sont méchants, le curé et le gros propriétaire qui est également le beau-père de Corinne ont une querelle de clocher , Corinne découvre que son mari est paresseux et boit et que sa belle-famille est exécrable , etc ...

Corinne fait partie de ces femmes qui ont du caractère et savent ce qu'elles veulent avec un bon fond de bonté , de courage et d'intelligence ; les femmes d'ailleurs sont plutôt représentées comme bosseuses et sérieuses, à la limite du rabat-joie mais ont-elles vraiment eu le choix entre travaux des champs, le train des vaches ,la maison à entretenir et les enfants à élever ?

Bien vu en début du livre la présentation des différentes familles et personnages de l'histoire.

On quitte Corinne brutalement , mais c'est le principe des suites : avoir envie de lire le tome suivant, malin... .

En ce qui me concerne même si j'ai trouvé cette lecture divertissante, cela reste assez basique .

On remarquera l'excellent dessin de la couverture : oeuvre des dessinateurs Loisel et Tripp et qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Magasin Général .

Merci à babelio et aux Editions Kennes pour ce voyage dans la Belle Province .

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 15:11
La traversée de l'été de Truman Capote

Premier roman lu de Truman Capote et par hasard, il s'agit d'une oeuvre de jeunesse non publiée du vivant de l'écrivain.

Grady Mc Neil, 17 ans, jeune fille d'un milieu aisé, a voulu rester seule à New-York pendant un été caniculaire, alors que sa famille partait pour l'Europe, et elle profite enfin de sa liberté pour rejoindre son amant, un gardien de parking, Clyde originaire d'une famille juive .

On retrouve le thème archi-classique d'amours impossibles sur fond de différence de milieu social mais traité avec un certain brio .

L'ambiance de ce court récit m'a immédiatement évoqué celle des films américains des années 50, comme le jeune Marlon Brando dans Un Tramway nommé désir : des étoiles qui brûlent au firmament d'un seul été !

En tout cas je vais continuer d'explorer l'oeuvre de Truman Capote .

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 10:53
Tendres plaintes de Yôko Ogawa

Pour fuir un mari violent et volage, Rukiko se réfugie dans le chalet de montagne où elle passait, petite, ses vacances en famille. Trouver le calme pour exercer son art de calligraphiste, les bruits et les odeurs de la forêt , ses souvenirs d'enfant comme pour effacer ces années malheureuses.

Ses nouveaux voisins, Monsieur Nutta et son assistante Kaoru fabriquent des clavecins, véritables oeuvres d'art et font découvrir à Rukiko cet univers qu'ils partagent avec passion.

On retrouve dans ce roman, toute la poésie de Yôko Ogawa, les sentiments sont suggérés, tout est douceur, sensualité, peint par petites touches délicates avec cependant une tension sous-jacente : ce sont tous des êtres qui ont souffert et la colère peut exploser et aboutir à la scène de "massacre"d'un clavecin qui n' a pas été à la hauteur de la réputation du Maitre et qui est sacrifié jusqu'à sa totale disparition .

Tendres plaintes , une oeuvre de Rameau est dans ce roman le lien qui unit le Maitre et son élève et qui demeure pour Ruriko, étrangère à la musique , la barrière infranchissable à l'amour De Nutta.

Apaisant mais toujours sur une corde raide , on aime comme moi ou on reste en dehors de cet atmosphère étrange ...

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 18:10
Complètement cramé de Gilles Le Gardinier

Maintenant que j'ai compris comment fleurissait un roman de Gilles Legardinier dans mon jardin lectivore, je les lis au compte-goutte comme une potion magique pour combattre la morosité ou pour apporter après quelques lectures éprouvantes , de la légèreté dans mon esprit stressé .

Celui-ci ne fait pas défaut au but recherché et je m'y suis plongé en abandonnant toute pensée torturée dans les aventures d'Andrew Blake qui enfile le costume de majordome comme d'autres prendraient du Prozac.

Bien sûr, c'est plein de bons sentiments, ça agace parfois devant certaines facilités et portes enfoncées mais que cela change de la violence latente et patente que l'on ressent souvent , on oublie les difficultés quotidiennes , et cela redonne l'envie d'aller vers les autres, de sourire et de vivre .

Une petite pause bienfaitrice !

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 16:57
Le doute de S.K Treymayne

Troublant ce roman d'une part sur la gémellité et les rapports si particuliers créés par ces personnes d'abord doubles avant d'être singulières et d'autre part sur la possible erreur d'identité lors de la disparition accidentelle de Lydia,une des jumelles de la famille Moorcroft.

Sarah espère reconstruire une vie de famille apaisée après la mort de Lydia avec son mari Angus et Christie l'autre jumelle, en s'installant dans une petite maison perdue sur une île d'Ecosse dans l'archipel des Hébrides, une région magnifiquement sauvage mais dangereuse et isolée et qui plus est, réputée pour être hantée.

Non seulement ce drame a anéanti le couple d' Angus et Sarah mais, arrivée dans sa nouvelle demeure, Christie affirme être Lydia et comment savoir alors si une dramatique erreur n'a pas été commise.

La tension monte, les incidents et les faits troublants se succèdent et peu à peu, le voile se lève sur les événements inavoués touchant l'ensemble de la famille qui ont entouré la mort de la fillette : chacun a caché une part de la vérité ...

Tout cela est très bien construit , captivant le lecteur balloté par ses angoisses et ses incertitudes jusqu'à la toute fin du roman, je suis restée cependant un peu en dehors de cette dramatique histoire, n'arrivant pas à ressentir une vraie empathie pour ces personnages dont l'étude psychologique reste assez superficielle.

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 16:11
La compagnie des menteurs de Karen Maitland

Voilà un roman comme je les aime , captivant du début jusqu'à la dernière ligne.

Les faits se passent en 1348 en Angleterre, une époque encore bien ancrée dans ses croyances païennes irraisonnées et ses rites religieux faits de pèlerinages , de pénitences et de reliques vraies ou fausses ; c'est ce que vend notre héros, un vieil homme surnommé Camelot ;

La peste a débarqué dans un port anglais et c'est en voulant fuir l'épidémie vers le Nord qu'il va rencontrer les différents membres qui vont former la compagnie censée se soutenir les uns les autres : Zophiel le magicien avec sa roulotte tirée par une irascible jument , les ménestrels italiens Rodrigo et son élève Joffre, Osmond le peintre et sa femme enceinte Adela, Cygnus le conteur à l'aile de cygne, Plaisance, sage femme et guérisseuse et la plus jeune, l'énigmatique Narigorm qui lit l'avenir dans les runes .

Les aventures s'enchainent au fil du chemin , les amitiés se créent, les ressentiments et les haines se renforcent , on traverse des villages d'où on est chassé par peur de l'autre et de la maladie , la peste cerne la troupe et un loup inquiétant les suit à la trace et hurle toutes les nuits , l'hiver arrive avec la neige et le froid -au moins espère t'on en vain que cela arrêtera l'épidémie -les morts violentes s'enchainent, les secrets se dévoilent peu à peu : on peut dire que l'on ne s'ennuie jamais car la surprise arrive par des chemins détournés ...

Beaucoup de rebondissements pimentés de mystère à la frontière du fantastique : j'ai passé un excellent moment hors de notre temps .

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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