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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 20:39
Un roman anglais de Stéphanie Hochet

Un roman léger, dans le sens de doux avec une écriture délicate mais qui cache bien son jeu car se dissimulent aussi des sentiments plus violents et ambigus .

L'histoire se déroule essentiellement au cours de la Première guerre mondiale en Angleterre et pour échapper aux risques de bombardement, Edward et Anna Whig se sont réfugiés dans leur cottage à la campagne.

Pour s'occuper de leur fils de 2 ans , le couple engage George, qu'Anna , influencée par ses connaissances littéraires croyait être une femme, or arrive un jeune homme réformé par l'armée pour ses "faiblesses au coeur ".

George est patient , il sait s'occuper de l'enfant, lui fait découvrir les merveilles de la vie, la mère est conquise et le père se sent délaissé .

En peu de pages, Stéphanie Hochet aborde des thèmes essentiels : par exemple la construction de la relation entre parents et enfants , bien que l'histoire racontée dans ce milieu de petite bourgeoisie se passe au début du vingtième siècle où l'éducation des enfants était encore empreinte de tous les jougs hérités de principes rigides et codifiés qui exploseront peu après cette première guerre mondiale .

Les préjugés également sont mis à mal : un homme ne doit pas s'occuper ou s'intéresser aux jeunes enfants et George dans ce roman arrive à un tel degré d'harmonie avec le petit Jack que les parents sont médusés et l'entente du couple se fissure à bas bruit .

Une façon d'aborder des questions existentielles que j'ai trouvé adroite et originale .

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 13:48
Le gardien invisible Dolores Redondo

Sur les bords de la rivière Baztan ,des jeunes filles mortes sont retrouvées avec la même mise en scène macabre .

C'est le pays de Navarre , province basque espagnole , et comme beaucoup de vallées pyrénéennes les légendes sont toujours présentes dans l'esprit des habitants , surtout lorsque surviennent des événements inhabituels et qu'il est plus simple de les attribuer à un être surnaturel qu'à son voisin ou cousin .

Ici, les forêts profondes sont protégées par le Basajaun, un être proche du yéti .

L'inspectrice Amaia Salazar étant originaire du village proche de l'endroit où ont été retrouvés les corps, elle est nommée responsable de l'enquête .

Des détails curieux interpellent les policiers comme ce gâteau typique de la région le Txatxingorri déposé tel une offrande sur le pubis dénudé et rasé des victimes ainsi que la trace d'un ours qui avait disparu de la région.

D'une enquête au départ bien engagée, le suspens perd de son intensité lorsque la jeune inspectrice se laisse dépasser par son histoire familiale, son passé et ses propres démons .

C'est dommage car le roman du coup devient nettement moins palpitant .

Je lui ai quand-même attribué une note de 4 pour la très bonne impression ressentie dans la première moitié du roman et je ne comprends pas trop le qualificatif de "gore " qu'on a pu lui attribuer ...

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 21:42
Le maître des apparences de Jane Gardam

Une vie foisonnante que celle de Sir Edward Feathers sur laquelle il revient lors de la mort de sa femme , un besoin de renouer avec les personnes qui ont partagé ses jeunes années alors qu'il a quatre vingt ans et se retrouve seul dans son cottage de la campagne anglaise .

A travers de nombreux flash-back , ce vieux Filth nous raconte ses premières années en Malaisie, son arrivée en Angleterre comme "orphelin du Raj", puis sa scolarité dans de bonnes institutions anglaises , il se livre à une introspection sans complaisance : son bégaiement, ses amitiés et ses amours, ses rapports quasi inexistants avec son père , ses déceptions et ses erreurs pour en arriver à livrer en toute fin du roman un lourd secret dont on ne saura pas vraiment si cela a influencé sa vie et sa carrière , même s'il était fort jeune au moment des faits .

Peu de choses en effet nous sont révélées sur sa vie d'avocat et de juge à Hong Kong, sur ses motivations ou ses interrogations d'homme de loi .

C'est un homme bougon mais qui laisse entrevoir parfois sa sensibilité , une carapace forgée depuis longtemps et que l'âge et la solitude finissent par fissurer .

On ne s'ennuie pas même si les fils de l'histoire ne mènent pas là où pense le lecteur .

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 16:11
Villa des femmes de Charif Majdalani

Beyrouth au cours des années soixante et soixante dix : grandeur et décadence d'une riche famille .

Skander Hayek est à la tête d'une affaire de négoce de tissus florissante lui assurant une fortune confortable qui vient asseoir sa notoriété dans la bonne société libanaise .

Dans sa villa vivent sa soeur Mado , retranchée dans ses appartements, sa femme Marie qui rêvait d'un autre destin et ses enfants , Noula l'ainé, jeune homme menant une vie de débauche, Hareth l'aventurier et Karine , une jeune fille belle et hautaine .

L'histoire nous est contée par Noula, le fidèle chauffeur , confident de la famille mais qui apporte en même temps un oeil extérieur au microcosme familial .

Au début du roman, du temps de la splendeur des Hayek , la villa des femmes apparait comme isolée du reste du monde, ce monde appartient surtout à l'homme fort , c'est lui qui règne et régente la vie de chacun .

Mais avec la mort brutale du patriarche qui précède de peu les événements conduisant à la guerre civile, l'harmonie aussi bien du peuple libanais comme celle de la famille, même si l'une et l'autre ne pouvait être que de façade , se brise .

Les décisions et les dépenses inconsidérées de l'ainé Noula qui se trouve derechef à la tête de l'entreprise familiale précipite la chute de l'empire alors que le cadet parti sur les routes mystérieuses de l'Asie est injoignable.

C'est au moment où tout sombre que les femmes abandonnent leurs dissensions et leurs ressentiments et font face pour lutter ensemble avec bravoure et intelligence donnant une belle leçon de vie et d'abnégation aux hommes .

Ecrivain que je ne connaissais pas mais qui mérite qu'on s'y intéresse .

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 10:42
L'intérêt de l'enfant de Ian McEwan

Le juge est seul à décider : droit de vie ou droit de mort et lorsqu'il s'agit d'un enfant le choix du magistrat dépasse parfois le cadre de sa vie professionnelle .

C'est ce qui arrive à Fiona May à l'orée de ces soixante ans avec une carrière de juge brillante qu'elle a mis avant sa vie personnelle, y sacrifiant la possibilité de fonder une famille .

Quelque chose s'est brisé lors d'un de ses derniers jugements, une affaire concernant des bébés siamois , et de cela, elle n'a pas pu s'en ouvrir à son mari, un écart s'est creusé dans son couple jusqu'à la crise aiguë où Jack fait sa valise pour rejoindre une femme plus jeune et plus réceptive à ses élans .

Plus fragile, sans doute plus fatiguée par le poids de ses décisions, Fiona lorsqu'elle s'occupe de l'affaire du jeune Adam , témoin de Jehovah comme ses parents et qui refuse la transfusion qui pourrait l'aider dans son traitement contre la leucémie, ne voit pas le transfert que fait le jeune homme sur cette femme encore belle qui lui ouvre les portes d'un monde plus vaste que l'huis clos imposé par ses croyances à travers un poème de Yeats qu'elle chante pour lui lors qu'elle lui rend visite à l'hôpital avant de rendre son verdict .

Droit de vie pour ce jeune homme, mais où s'arrête le rôle du juge ?

Un roman beaucoup plus profond qu'il n'y parait au contact des premières pages car il aborde avec une grande finesse des questions essentielles sur l'éthique et sur la fragilité des rapports humains à commencer par ceux d'un couple.

C'est un livre qui vous poursuit longtemps après l' avoir fini, qui fait réfléchir aux conséquences de nos actes , à la profondeur de nos sentiments et de nos croyances et qui met en exergue ses propres faiblesses .

J'ai trouvé ce roman de Ian McEwan beaucoup plus abouti que ces livres précédents, plus mature .

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 14:15
Berezina de Sylvain Tesson

La perspective de suivre Sylvain Tesson dans son périple effectué en 2012 sur les traces de la

Grande Armée napoléonienne à bord de son side-car, une Oural était fort engageante .

J'avoue avoir été déçue, car si on suit l'avancée de l'armée jusqu'à Moscou puis la retraite avec le désastre qui restera de sinistre mémoire , le périple de Tesson et de ses amis français et russes , lui ne m'a pas paru franchement exaltant .

Je ne m'attendais pas à la description de cette débâcle reprenant en grande partie les Mémoires du Sergent Bourgogne puis le récit du Général Caulaincourt lorsqu'il accompagne l'empereur dans son retour à Paris laissant son armée sur les routes gelées , c'est instructif et a conféré pour moi tout l' intérêt de l'ouvrage alors que j'en attendais plutôt la vision actuelle de la Russie à travers la plume d'un homme curieux et intelligent .

Car la narration de l'épopée moderne laisse plutôt indifférent

Enfin , cela m'a donné envie de me plonger une nouvelle fois dans Guerre et Paix de Tolstoi !

Ecouté en Audiolivre, je remercie Babelio et les Editions Audiolib.

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 18:11
le crime du comte Neuville d'Amélie Nothomb

Qu'y a t'il dans le chapeau d'Amélie ?

Un comte démuni qui organise la dernière fête dans le château ancestral qu'il doit vendre par manque d'argent.

Une prophétie de voyante sur le crime que notre comte va commettre lors de cette soirée.

Un relent de mythologie grecque, ses enfants ainés s'appellent Oreste et Electre pour nous rappeler la potentielle tragédie échafaudée par leur père et leur soeur .

Un peu de poésie avec Rimbaud , "on est pas sérieux quand on a 17 ans "....la plus jeune des filles du Comte se nomme sérieuse.

Secouez le tout avec une nouvelle d'Oscar Wilde : le Crime de Lord Arthur Saville .

Et on obtient non pas un lapin ni une colombe mais un court roman rondement mené dont la lecture est plaisante et détendante pour quelqu'un qui n'avait rien lu d'Amélie Nothomb depuis les Catilinaires .

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 17:09
Et soudain tout change de Gilles Legardinier

Et soudain , tout change : il n'y a pas eu la même petite étincelle qui scintillait dans mes yeux de lectrice, avide d'une pause bienveillante qu'avec les deux ouvrages précédents : moins de rires, plus de larmes et surtout plus de mièvreries ...

Camille, élève de terminale a la chance pour cette dernière année de lycée de se retrouver en classe avec ses meilleurs copains et sa fidèle amie Léa .

Blagues de potaches, premiers flirts et soirées gentillettes dans les bois , sous le regard indulgent des professeurs : on aimerait bien n'avoir que ce genre de souvenirs de ses années de lycée ...

Arrive le Drame qui va bouleverser les vies de chacun et enclencher la prise de conscience de la valeur de la vie et de la fragilité de ce que l'on croyait pourtant infini .

Même si cette lecture n'a pas eu un effet aussi jubilatoire que les deux précédentes , je récidiverais !

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 16:19
Tu ne jugeras pas d' Armel Job

Un grand merci à Latina pour m'avoir fait découvrir cet auteur, compatriote de Simenon.

Loin des romans policiers " en vogue" avec leurs inspecteurs alcoolos ou dépressifs ou les deux bien souvent, les morts violentes et redondantes , voilà une bonne petite histoire toute en atmosphère , avec une analyse subtile des personnages où l'on retrouve l'ambiance des polars d'antan, la cafetière posée au coin du fourneau, les chemins au bord de l'eau, les petites boutiques de bonneterie , le cordonnier installé devant sa vitrine ....

Denise Desantis a laissé le landeau dans laquelle dort son petit dernier devant la porte du magasin L'étoile pour acheter quelques coussins et Oh, Horreur, lorsqu'elle ressort de la boutique, le landeau est vide, le bébé s'est volatilisé . La mère, folle d'angoisse est prostrée .

Arrivent en scène le chef de la police: Harzee et le juge Conrad : chacun sa méthode et son flair , chacun ses doutes et ses convictions .

Le lecteur aussi a bien sa petite idée, l'écrivain la distille peu à peu et l'on se prend aussi au jeu .

Le landeau contenait-il bien l'enfant, les uns l'ont vu, les autres non ; et à qui appartient la cagoule retrouvée non loin du lieu de la disparition .

La mère a réponse à tout, effondrée mais lucide et toujours réactive face aux multiples interrogations et aux rebondissements : Plus qu'une mère-poule, une louve protégeant sa portée.

J'ai adoré du début à la toute fin !

Une excellente nouvelle : j'ai d'autres romans de cet auteur à savourer ..

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 10:53
Un arrière-goût de rouille de Phillipp Meyer

"Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir "...

L'acier a fait la fortune de Buell en Pennsylvanie mais lorsque les hauts fourneaux se sont éteints, la ville est devenue une ville-fantôme avec ses carcasses d'usine à moitié démantelées et squattées, ses maisons abandonnées et les quelques habitants y résidant encore, au chômage .

Le but pour les lycéens finissant leur scolarité est de partir de ce coin sans avenir.

C'est ce qui aurait pu arriver à Isaac, premier de sa classe, promis à des études supérieures de prestige et à Billy Poe, son copain qui pouvait envisager une carrière de footballeur mais, Isaac a décidé de rester pour s'occuper de son père paralysé après un accident de travail et Poe a trop tergiversé pour partir à temps et est resté vivre avec sa mère .

Lors d'une tentative de départ pour la Californie, nos deux compères font dès le premier soir la mauvaise rencontre qui va décider de leur avenir et un SDF est tué.

Rapidement Billy va être arrêté alors qu'Isaac décide de reprendre la route seul, sans savoir que son copain est en prison.

Rude apprentissage pour ces jeunes hommes, car même si leur vie d'adolescent n'a pas toujours été rose, ils se retrouvent confrontés à des adultes beaucoup plus violents et sans pitié : Poe se heurte d'emblée aux bandes de la prison et Isaac ne tarde pas à se frotter à la réalité du vagabondage .

Les chapitres se suivent en enchainant les récits des deux garçons ainsi que ceux de Grace, la mère de Billy, Lee la soeur d'Isaac , Henry son père et Harris, le chef de la police et amant de Grace .

Chaque adulte porte sa vie comme un sac à dos rempli de pierres, avec ses blessures et ses combats ; la description de cette Amérique là est bien loin des clichés du rêve américain, c'est le revers que nous raconte P Meyer, ceux qui restent sur le bord du chemin , les oubliés de la crise .

La fin du roman laisse cependant un fort message d'espoir car si la génération d'adultes qui a pris de plein fouet les ravages de la récession s'en remettra difficilement , les jeunes, par contre peuvent sortir la tête de l'eau s'ils restent fidèles à leurs idéaux, forts d'une expérience qui les font basculer du monde encore protégé de l'enfance à la vraie vie des adultes.

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