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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 10:33
Le sentier des reines d'Anthony Pastor

Savoie, 1920, un pays certes magnifique mais des hivers très rudes où les villages sont isolés par la neige.

Les quelques hommes rescapés de la Grande Guerre ont laissé leurs vies ensevelies dans une avalanche , Blanca Dupraz qui a perdu son mari et son fils décide de quitter cette vallée devenue sinistre accompagnée de sa belle-fille Pauline, veuve elle aussi et du jeune Valentin en pratiquant le colportage, activité réservée jusqu'à présent aux hommes .

Les femmes pendant les années de guerre ont pourtant travaillé comme les hommes, donc pourquoi ne pas profiter de la traversée des villages pour vendre quelque colifichet et assurer ainsi leur subsistance ?

Bientôt, le trio est rejoint par un ancien soldat, Félix Arpin, qui dit être un camarade de François, le mari de Blanca, il veut récupérer un objet qu'il lui appartiendrait .

Blanca ne l'entend pas de cette oreille et ne se laisse pas faire par cet homme violent, seulement Félix les poursuit avec hargne et les retrouve à chaque étape.

Seule Pauline n'est pas aussi hostile ...

De la traversée des Alpes enneigées à l'arrivée dans les grandes villes où le progrès a chassé les coutumes ancestrales comme le colportage , c'est un voyage initiatique mené tambour battant, émouvant devant la détermination farouche de Blanca et la capacité de ces femmes à s'adapter et à envisager un autre avenir que celui de se morfondre dans une vallée perdue même si la montagne est belle ...

Le graphisme est d'abord en dominante de noir et blanc comme la dureté du climat et de la vie de ses veuves puis gagne quelques notes de couleur, principalement le bleu de l'océan, celui de l'avenir au delà des mers et de ses promesses .

Bel ouvrage !

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 22:12
Tout ce qui est solide ce dissout dans l'air de Darragh McKéon

Quelques phrases suffisent pour sentir que cela va être un grand moment et cela ne s'est pas démenti au cours de ma lecture .

26 Avril 1986 , comment oublier cet épisode si tragique de l'accident nucléaire de Tchernobyl .

Darragh McLéon nous fait revivre cet événement , tournant dans l'histoire de l'URSS et quasi-contemporaine de la Pérestroïka.

Les personnages de ce roman sont tous attachants, se battant pour le bien des autres comme Grigori, le chirurgien ou plus simplement luttant pour manger, vivre au quotidien sans être dénoncé, garder son toit et se chauffer . Pour des milliers de gens vivant près de Tchernobyl et qui ont été déplacés , il faut survivre malgré l'accueil hostile des autres qui ont peur d'être contaminé, ignorant eux-mêmes qu'ils le sont également .

Grigori , le chirurgien réputé est envoyé dès les premières heures sur les lieux de la catastrophe, c'est un des seuls à avoir un regard lucide vis à vis des conséquences de l'irradiation sur les populations locales et à exprimer son inquiétude malgré la chape de silence imposé par le parti avec son lot de mensonges d'état.

Maria, son ex-femme , journaliste aux écrits subversifs ,virée de son journal , elle travaille à la chaine dans une usine et est hébergée chez sa soeur Nadia et son neveu , Evgueni.

Evgueni, enfant doué pour la musique, joue sur un piano aux touches silencieuses, seule musique admise par les autres habitants de l'immeuble .

Un gamin à la dérive, comme les jeunes de ce pays qui ne voient pas d'avenir et se constituent en bandes , vivant de petits trafics .

Artiom, jeune adolescent et sa famille vivaient à la campagne près de la centrale et font partie des premiers évacués ; les hommes, comme son père sont envoyés nettoyer les abords de la centrale, Les Liquidateurs comme un certain nombre d'hommes arrivés spontanément pour aider leur pays et dont la mort rapide fait froid dans le dos .

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce roman ne se complait pas dans le pathos, le rythme est rapide, les gens font preuve de beaucoup de combativité et de courage face à une vie difficile .

Il émane de ce récit fort bien documenté un grand élan de solidarité et d'amour et c'est une lecture forte et émouvante .

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 21:48
La bête de Catherine Hermary- Vieille

Version exotique de la Bête du Gevaudan .

Nous sommes bien dans le pays du Gevaudan, quelques années après les sinistres exploits de la Bête mais si les loups sont devenus moins nombreux, ils ont été tellement chassés , la mentalité des habitants évolue peu et la peur demeure .

Jacques Chastel, le guérisseur, vit à l'écart du village , ne le dit-on pas un peu sorcier , avec ses deux fils .

Le cadet , Antoine, rêve d'une autre vie et de rivages plus souriants et part à l'aventure vers le Sud détroussant au passage quelques bergères innocentes.

Mais la chance ne sourit pas toujours aux audacieux et les pirates qui capturent le bateau sur lequel il s'était embarqué vendent le jeune homme comme esclave à Alger dans un palais où il est en charge des soins aux animaux sauvages, bien loin de ses rêves de splendeur et de richesse .

Revenu dans son pays natal avec comme seule richesse ,une hyène qu'il a élevée, il reprend sa vie de forestier mais marqué par les échecs et par la mutilation qu'il a subi en Algérie , il emmène sa bête tuer bergères et enfants, un besoin irrépressible de sang et de violence .

Qui est vraiment la Bête ? la question ne se pose même pas ...

La fin a été d'autant plus incompréhensible pour moi et je n'ai pas vraiment apprécié ce roman : manque de crédibilité et de souffle lyrique par rapport à ce que j'avais déjà pu lire de Catherine Hermary-Vieille .

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 21:49
Le petit Bonzi de Sorj Chalandon

La lecture du premier roman de Sorj Chalandon après celle de Profession Père, son dernier ouvrage la rend encore plus poignante parce que l'on sent vraiment la souffrance de l'enfant qu'a été l'écrivain.

Jacques Rougeron, 12 ans est un enfant solitaire, il est bègue et ses camarades se moquent de lui, son père s'énerve et le bat ; pourtant, des mots, il en a plein la tête et plein un cahier et lorsqu'il parle avec son copain Bonzi , il ne bégaie plus ... Bonzi, le camarade fidèle, le voisin de palier, son double et son reflet ...

Alors Jacques et Bonzi cherchent ,au pied des immeubles du quartier, l'herbe qui le guérira, ça a déjà marché quelques jours, alors il faut y croire .

Les mots sont là, ils se bousculent comme les courtes phrases du livre, une logorrhée que l'on retrouve dans certains paragraphes et qui va croissant au fil de l'histoire .

Seul, émergeant du lot de médiocrité et de méchanceté, Manu le professeur, voit le désarroi de Jacques et essaie de l'aider , tentative magnifique de sensibilité et d'humanité .

Un roman émouvant .

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 09:58
Un homme sans postérité de Adalbert Stifter

Si on ne considère que le canevas de l'histoire, ce court roman peut apparaitre assez basique:

Un jeune homme, élevé à la mort de ses parents par une mère nourricière à la campagne doit, avant d'aller prendre un poste d'employé quelconque dans une ville , rendre visite à un oncle qu'il ne connait pas et qui habite dans un ancien ermitage sur une petite île montagneuse.

Vieillard bougon et solitaire, il accueille son neveu de façon bien peu amène et le jeune homme se sent prisonnier sur l' île pendant les six semaines que durera ce séjour imposé.

De même, il ne faut pas s'attendre à de belles envolées lyriques, l'écriture est fort simple, les phrases sont brèves.

Cela étonne le lecteur lors des toutes premières pages , et pourtant, il se crée rapidement une bulle particulière dès que le propos de l'auteur s'engage sur les chemins que le jeune homme emprunte ou qu'il regarde par une fenêtre: les paysages pénètrent le lecteur et l'entourent dans cette ambiance très romantique ( en référence au romantisme allemand ) , une harmonie avec la nature, une nostalgie indéfinie.

C'est un voyage initiatique aussi, même s'il est bien écarté d'aventures ou d'expériences formatrices , c'est celui de l'apprentissage de la solitude, du regard tourné vers soi qui le fait ensuite refléter vers les autres et celui de l'exigence : c'est ce que va lui révéler cet oncle sans utiliser de grand discours mais faisant subir à Victor de longues périodes de desoeuvrement et de rébellion silencieuse ...

Il faut prendre aussi son temps pour apprécier ce texte et se laisser pénétrer par le message subtil qu'il veut délivrer .

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 10:17
Seuls les vautours de Nicolas Zeimet

Schawna, petite fille de 5 ans a disparu et les villageois d 'un bled de l'Utah se mobilisent pour retrouver l'enfant autour de l'équipe du shérif, le village se situant au bord d'une forêt et d'un chemin dont le nom donne d'emblée des frissons : le Devil Trail , les recherches ne sont pas faciles d'autant que l'orage arrive...

Pas la peine d'attendre bien longtemps pour ressentir l'ambiance plombée , aussi noire que le ciel menaçant car chaque personnage traine derrière lui un lourd sac de pierres, et cela commence très tôt .

Cette disparition d'enfant fait écho à d'autres disparitions non élucidées dans la même région et depuis de nombreuses années et le mystère s'épaissit encore lorsque le cadavre du père de l'enfant est découvert dans la forêt .

De vieilles légendes indiennes resurgissent alors et comme par hasard , l'unique indien vivant encore sur les terres sacrées de ses ancêtres trimballe des sacs mystérieux .

Description fouillée et bien aboutie de chacun des principaux protagonistes de ce thriller qui prouve une étonnante maturité chez cet écrivain français qui s'aventure de façon hardie et osée sur les terres des auteurs américains, il n'a pas choisi la facilité mais s'en sort avec brio !

La différence que l'on peut éventuellement percevoir est la désespérance de la plupart des personnages et l'absence de résilience finale, on sent que seuls les plus jeunes auront un avenir moins sombre ...

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 16:10
Tom, petit Tom , tout petit homme de Barbara Constantine

Brève éclaircie dans un ciel chargé de gros nuages avec l'histoire de ce petit garçon Tom, chapardeur de légumes dans le jardin de ses voisins et sauveur de vieille dame , et de sa jeune maman, Joss qui a bien du mal à joindre les deux bouts.

C'est charmant et plein de bons sentiments et au moins on ne stresse pas pendant la lecture qui du coup parait trop rapide.

Cela réconcilie avec le genre humain mais il faut se garder de dire que cela n'existe que dans les romans: ouvrez vos mirettes autour de vous, il se passe souvent des petites choses plaisantes et rassurantes .

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 12:05
La saison des Bijoux de Eric Holder

Un microcosme impitoyable avec ses codes et sa hiérarchie que l'on ne soupçonne pas lorsque on déambule dans les allées d'un marché : celui des camelots .

Bruno et Jeanne, accompagnés de leur fils vont se frotter d'emblée à celui qui fait la loi lorsque ces sympathiques fabricants et vendeurs de bijoux décident de quitter leur région lyonnaise pour venir faire la saison d'été dans une petite ville balnéaire du Sud-Ouest .

Forgeaud, lui, est devenu patron du bar et du restaurant du marché , les règles c'est lui qui les dicte , l'emplacement c'est lui qui le désigne et la taxe c'est lui qui la perçoit et malheur à celui qui conteste ou dont la gueule ne lui revient pas .

Belle brochette de personnages parfois un peu trop caricaturaux certains avec la gouaille des camelots, les autres plutôt version mafia, et affublés de sobriquets, ce qui perd un peu le lecteur d'autant plus que beaucoup ne jouent pas franc-jeu !

L'ambiance, au début plutôt baba-cool va virer à la violence, en particulier sexuelle et laisser un goût amer que je n'ai pas du tout aimé .

Références géographiques que j'ai eu du mal à comprendre par ignorance : le Pilat , pays d'origine des Bijoux est un parc naturel de la Loire, c'est aussi la dune du Bassin d'Arcachon que nous orthographions le plus souvent Pyla ... Petite précision pour ceux qui seraient aussi paumés que moi .

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 11:21
Miniaturiste de Jessie Burton

Roman un peu difficile à évaluer, je n'ai visiblement pas été aussi conquise que beaucoup de lecteurs .

Petronella , jeune femme d'à peine 18 ans arrive à Amsterdam en 1686, mariée par sa mère à un riche marchand , Johannes Brandt plus âgé qu'elle et qui désire un descendant .

L'arrivée dans sa nouvelle maison n'est pas celle dont elle avait rêvé , elle est accueillie par la soeur de son époux, Marin, une femme austère entourée de la servante Cornelia, une jeune fille impertinente et de Otto, le serviteur noir de Johannes .

Nella attend, perdue dans ce nouveau monde , de faire la connaissance de son mari et de concrétiser ce mariage .

Errance dans une grande demeure et dans un Amsterdam si bien représentée par les peintres flamands de ce siècle dont la description dans ce roman reste assez superficielle mais qui fait sentir tout le poids de la morale rigide et sévère derrière les belles façades et les entrepôts bien garnis .

L'histoire prend une autre tournure lorsque Nella contacte le miniaturiste pour meubler la reproduction de la maison que lui a offert en cadeau de mariage son époux: cette mystérieuse personne semble connaitre particulièrement bien les habitants de cette demeure et deviner l'avenir à travers ses représentations minutieuses.

Après quelques rebondissements qui apportent un peu de piment à l'intrigue, la fin laisse de nombreuses interrogations en suspens .

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 09:59
Quand vient la nuit de Dennis Lehane

Un peu déroutée par ce roman dont l'intrigue est assez mince mais qui ,si on prend la peine de creuser un peu, n'est pas aussi simpliste qu'il y parait au départ .

A Boston, Bob travaille avec Marv, ex-patron du bar Le cousin Marv et petit caïd qui a du céder son bar à plus gros que lui, une bande de Tchétchénes mafieux : paris, drogues et prostitution .

Bob est seul, pas d'amis, pas de copine, plus de famille, reste l'église du quartier où il assiste à la messe , seul point de repère qui le relie à ses valeurs familiales .

Un soir, en rentrant du bar , il trouve au fond d'une poubelle un chiot mal en point et fait la connaissance de Nadia, une jeune femme au moins aussi paumée que lui .

Ce chien sert en quelque sorte de catalyseur pour Bob dont la trajectoire à ce moment là va totalement diverger de celle de son cousin et va servir de planche de salut au milieu d'une violence physique exacerbée accompagnée d'une pauvreté affective et d'un horizon totalement bouché qui ne peut que mal finir .

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