Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 21:44
L'avocat, le nain et la princesse masquée de Paul Colize

Un livre que je n'aurais jamais choisi spontanément et que j'ai entamé sans grande conviction ...

Et je reconnais volontiers que je me suis bien amusée !

Les péripéties de Hugues Tonnon, avocat spécialisé dans les divorces et accusé du meurtre d'une de ses clientes qu'il avait raccompagné chez elle après une soirée bien arrosée , sont cocasses, toujours à la limite du crédible nous entrainant à travers le monde et nous plongeant dans les envers du milieu du show biz et du sport : ça fait frissonner ...

J'ai particulièrement aimé les titres de chapitres en références cinématographiques particulièrement bien choisies, Bravo ! cela rajoute au plaisir du livre celui de se remémorer le film C'est enjoué, rapide et plutôt subtil : idéal pour un lendemain de Saint Sylvestre .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 22:15
Le bon coupable d'Armel Job

Un village belge mais il pourrait être français , tous les habitants se connaissent mais qui sait vraiment ce qui se passe une fois la porte close : disputes, infidélités , tricheries et magouilles ... le lot ordinaire et peu reluisant de la nature humaine .

Dimanche midi, le 17 juillet 1960, Clara va chercher son père parti se réfugier dans son garage après une nouvelle brouille avec sa femme , une voiture passe trop vite dans la ruelle et l'enfant est projetée sans vie sur le trottoir.

Le chauffard s'est enfui, personne n'a rien vu .

Qui est coupable ? les parents qui se servent de l'enfant comme le messager de leur mésentente, le maquignon filou qui boit trop et qui mérite cent fois la prison, le procureur du Roi qui se dit irréprochable mais quitte précipitamment sa maitresse pour retrouver Bobonne et le rôti du dimanche et pense être, du fait de sa fonction, au dessus des lois ?

Sur fond de fait divers dramatique, Armel Job dresse un portrait sans concession de nos petits arrangements avec la morale, nos mesquineries et notre vision parfois raccourcie de la notion de justice.

Et ça remue profond les tripes et les méninges !

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 11:00
La mémoire des embruns de Karen Viggers

Fermez les yeux et laissez vous emporter par le vent vers l'ile de Bruny en Tasmanie , si vous ratez l'escale, il vous mènera tout droit en Antarctique ...

Lorsqu'un homme âgé dépose chez Mary une lettre qu'il lui demande de remettre à l'intéressé, la vieille dame au coeur malade comprend qu'il est temps pour elle de tenir ses promesses et de revenir sur les traces de son passé : cette île battue par les bourrasques sur laquelle elle a vécu avec son mari Jack , le gardien du phare , et ses enfants .

Moments de félicité mais aussi tempêtes qui n'ont pas épargné son couple et l'ont laissé souvent anéanti , alors, revenir sur ces traces même si elles ont été douloureuses , est un chemin qu'elle sent comme indispensable au pardon.

Le second narrateur du roman est son plus jeune fils, Tom , un homme au coeur brisé et qui après un long séjour comme mécanicien sur une base de l'Antarctique ne s'est pas réadapté à la vie normale , tiraillé par son désir d'y retourner même si son séjour s'est révélé difficile .

Un roman que j'ai bien aimé même si l'émotion reste en dessous de Une vie entre deux océans auquel ce livre fait bien entendu penser ; le retour de Mary sur les traces de son passé même si on devine assez vite le "secret", est intéressant dans l'analyse qu'elle fait sur l'évolution du couple dans un milieu difficile avec l'omniprésence du vent et sur la volonté de cette vieille dame de diriger son destin jusqu'à l'ultime instant en dépit de ce que voudraient ses enfants .

L'expérience de Tom sur une base isolée de tout dans un microcosme qui devient vite un huis- clos tentaculaire puis sa tentative de réintégration dans un monde normal apporte au récit une dimension plus actuelle et lui évite de sombrer dans la sempiternelle nostalgie des souvenirs de personnes au bout de leur histoire.

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 12:34
Va et poste une sentinelle de Harper Lee

A quel moment peut-on abandonner une lecture ? J'ai tenu bon un petit tiers et ne voyant pas poindre d'action ou d'intérêt j'ai posé à regret ce roman.

A regret car , comme pour beaucoup de lecteurs, j'étais intriguée de découvrir cet ouvrage inconnu jusqu'il y a peu de cet écrivain qui nous avait tant ému et emballé avec son premier livre.

Mais là , je n'ai pas compris où Harper Lee voulait mener son public entre réminiscence de souvenirs sans véritable intérêt de l'enfance de Scout et un présent plutôt banal avec les désillusions de la vie d'adulte, presque un torpillage des personnages précédents .

Alors bien sur, j'ai peut-être baissé les bras un peu vite , c'est ce que m'objecteront ceux qui ont aimé ce livre , mais on peut se demander pourquoi l'auteur ne publie ce roman écrit dans les années cinquante que maintenant !

Et puis j'ai encore tellement de livres qui m'attendent ...

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 10:34
Les fleurs d'hiver d'Angélique Villeneuve

On se souvient de l'histoire poignante des Gueules cassées du roman La chambre des officiers de Marc Dugain mais je n'avais pas imaginé ce que pouvait être le retour de ces hommes mutilés dans leur foyer.

Il avait bien fallu que Jeanne s'habitue à vivre sans son homme, Toussaint, parti combattre en 1914 puis blessé et envoyé au Val de Grace , et à accepter le message laconique qu'il lui envoie: "Je veux que tu viennes pas ".

Une survie avec sa fille Léonie en confectionnant des fleurs pour des modistes, s'entraidant et se soutenant avec les voisines, elles aussi sans leurs maris ou leurs fils , une société de femmes , de débrouillardise et de solidarité.

Puis à la fin des combats, il faut réapprendre à vivre : parfois avec la perte des êtres chers ou comme Jeanne avec un homme différent, qui ne parle plus et dont le visage est en partie recouvert d'un masque de tissu.

Comment ces hommes ont-ils réintégré leurs vies ordinaires, pas celles d'avant, car rien ne sera pareil, ni le regard des autres, d'abord celui de son aimée quand on ne peut supporte plus d'être regardé en face et aussi celui de ses jeunes enfants qui n'ont pas le souvenir de leur père et sont relégués à leur place de progéniture et non plus de face à face unique avec sa mère .

Apprivoiser de nouveau la relation du couple en dépassant les souvenirs, et les répulsions premières c'est le pari de ce livre sensible d'Angélique Villeneuve ,un hymne à la vie et à l'amour en espérant que tous les Toussaint aient retrouvé leur Jeanne ...

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 10:33
Le sentier des reines d'Anthony Pastor

Savoie, 1920, un pays certes magnifique mais des hivers très rudes où les villages sont isolés par la neige.

Les quelques hommes rescapés de la Grande Guerre ont laissé leurs vies ensevelies dans une avalanche , Blanca Dupraz qui a perdu son mari et son fils décide de quitter cette vallée devenue sinistre accompagnée de sa belle-fille Pauline, veuve elle aussi et du jeune Valentin en pratiquant le colportage, activité réservée jusqu'à présent aux hommes .

Les femmes pendant les années de guerre ont pourtant travaillé comme les hommes, donc pourquoi ne pas profiter de la traversée des villages pour vendre quelque colifichet et assurer ainsi leur subsistance ?

Bientôt, le trio est rejoint par un ancien soldat, Félix Arpin, qui dit être un camarade de François, le mari de Blanca, il veut récupérer un objet qu'il lui appartiendrait .

Blanca ne l'entend pas de cette oreille et ne se laisse pas faire par cet homme violent, seulement Félix les poursuit avec hargne et les retrouve à chaque étape.

Seule Pauline n'est pas aussi hostile ...

De la traversée des Alpes enneigées à l'arrivée dans les grandes villes où le progrès a chassé les coutumes ancestrales comme le colportage , c'est un voyage initiatique mené tambour battant, émouvant devant la détermination farouche de Blanca et la capacité de ces femmes à s'adapter et à envisager un autre avenir que celui de se morfondre dans une vallée perdue même si la montagne est belle ...

Le graphisme est d'abord en dominante de noir et blanc comme la dureté du climat et de la vie de ses veuves puis gagne quelques notes de couleur, principalement le bleu de l'océan, celui de l'avenir au delà des mers et de ses promesses .

Bel ouvrage !

Repost 0
Published by spleen - dans litterature BD
commenter cet article
22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 22:12
Tout ce qui est solide ce dissout dans l'air de Darragh McKéon

Quelques phrases suffisent pour sentir que cela va être un grand moment et cela ne s'est pas démenti au cours de ma lecture .

26 Avril 1986 , comment oublier cet épisode si tragique de l'accident nucléaire de Tchernobyl .

Darragh McLéon nous fait revivre cet événement , tournant dans l'histoire de l'URSS et quasi-contemporaine de la Pérestroïka.

Les personnages de ce roman sont tous attachants, se battant pour le bien des autres comme Grigori, le chirurgien ou plus simplement luttant pour manger, vivre au quotidien sans être dénoncé, garder son toit et se chauffer . Pour des milliers de gens vivant près de Tchernobyl et qui ont été déplacés , il faut survivre malgré l'accueil hostile des autres qui ont peur d'être contaminé, ignorant eux-mêmes qu'ils le sont également .

Grigori , le chirurgien réputé est envoyé dès les premières heures sur les lieux de la catastrophe, c'est un des seuls à avoir un regard lucide vis à vis des conséquences de l'irradiation sur les populations locales et à exprimer son inquiétude malgré la chape de silence imposé par le parti avec son lot de mensonges d'état.

Maria, son ex-femme , journaliste aux écrits subversifs ,virée de son journal , elle travaille à la chaine dans une usine et est hébergée chez sa soeur Nadia et son neveu , Evgueni.

Evgueni, enfant doué pour la musique, joue sur un piano aux touches silencieuses, seule musique admise par les autres habitants de l'immeuble .

Un gamin à la dérive, comme les jeunes de ce pays qui ne voient pas d'avenir et se constituent en bandes , vivant de petits trafics .

Artiom, jeune adolescent et sa famille vivaient à la campagne près de la centrale et font partie des premiers évacués ; les hommes, comme son père sont envoyés nettoyer les abords de la centrale, Les Liquidateurs comme un certain nombre d'hommes arrivés spontanément pour aider leur pays et dont la mort rapide fait froid dans le dos .

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce roman ne se complait pas dans le pathos, le rythme est rapide, les gens font preuve de beaucoup de combativité et de courage face à une vie difficile .

Il émane de ce récit fort bien documenté un grand élan de solidarité et d'amour et c'est une lecture forte et émouvante .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 21:48
La bête de Catherine Hermary- Vieille

Version exotique de la Bête du Gevaudan .

Nous sommes bien dans le pays du Gevaudan, quelques années après les sinistres exploits de la Bête mais si les loups sont devenus moins nombreux, ils ont été tellement chassés , la mentalité des habitants évolue peu et la peur demeure .

Jacques Chastel, le guérisseur, vit à l'écart du village , ne le dit-on pas un peu sorcier , avec ses deux fils .

Le cadet , Antoine, rêve d'une autre vie et de rivages plus souriants et part à l'aventure vers le Sud détroussant au passage quelques bergères innocentes.

Mais la chance ne sourit pas toujours aux audacieux et les pirates qui capturent le bateau sur lequel il s'était embarqué vendent le jeune homme comme esclave à Alger dans un palais où il est en charge des soins aux animaux sauvages, bien loin de ses rêves de splendeur et de richesse .

Revenu dans son pays natal avec comme seule richesse ,une hyène qu'il a élevée, il reprend sa vie de forestier mais marqué par les échecs et par la mutilation qu'il a subi en Algérie , il emmène sa bête tuer bergères et enfants, un besoin irrépressible de sang et de violence .

Qui est vraiment la Bête ? la question ne se pose même pas ...

La fin a été d'autant plus incompréhensible pour moi et je n'ai pas vraiment apprécié ce roman : manque de crédibilité et de souffle lyrique par rapport à ce que j'avais déjà pu lire de Catherine Hermary-Vieille .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 21:49
Le petit Bonzi de Sorj Chalandon

La lecture du premier roman de Sorj Chalandon après celle de Profession Père, son dernier ouvrage la rend encore plus poignante parce que l'on sent vraiment la souffrance de l'enfant qu'a été l'écrivain.

Jacques Rougeron, 12 ans est un enfant solitaire, il est bègue et ses camarades se moquent de lui, son père s'énerve et le bat ; pourtant, des mots, il en a plein la tête et plein un cahier et lorsqu'il parle avec son copain Bonzi , il ne bégaie plus ... Bonzi, le camarade fidèle, le voisin de palier, son double et son reflet ...

Alors Jacques et Bonzi cherchent ,au pied des immeubles du quartier, l'herbe qui le guérira, ça a déjà marché quelques jours, alors il faut y croire .

Les mots sont là, ils se bousculent comme les courtes phrases du livre, une logorrhée que l'on retrouve dans certains paragraphes et qui va croissant au fil de l'histoire .

Seul, émergeant du lot de médiocrité et de méchanceté, Manu le professeur, voit le désarroi de Jacques et essaie de l'aider , tentative magnifique de sensibilité et d'humanité .

Un roman émouvant .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 09:58
Un homme sans postérité de Adalbert Stifter

Si on ne considère que le canevas de l'histoire, ce court roman peut apparaitre assez basique:

Un jeune homme, élevé à la mort de ses parents par une mère nourricière à la campagne doit, avant d'aller prendre un poste d'employé quelconque dans une ville , rendre visite à un oncle qu'il ne connait pas et qui habite dans un ancien ermitage sur une petite île montagneuse.

Vieillard bougon et solitaire, il accueille son neveu de façon bien peu amène et le jeune homme se sent prisonnier sur l' île pendant les six semaines que durera ce séjour imposé.

De même, il ne faut pas s'attendre à de belles envolées lyriques, l'écriture est fort simple, les phrases sont brèves.

Cela étonne le lecteur lors des toutes premières pages , et pourtant, il se crée rapidement une bulle particulière dès que le propos de l'auteur s'engage sur les chemins que le jeune homme emprunte ou qu'il regarde par une fenêtre: les paysages pénètrent le lecteur et l'entourent dans cette ambiance très romantique ( en référence au romantisme allemand ) , une harmonie avec la nature, une nostalgie indéfinie.

C'est un voyage initiatique aussi, même s'il est bien écarté d'aventures ou d'expériences formatrices , c'est celui de l'apprentissage de la solitude, du regard tourné vers soi qui le fait ensuite refléter vers les autres et celui de l'exigence : c'est ce que va lui révéler cet oncle sans utiliser de grand discours mais faisant subir à Victor de longues périodes de desoeuvrement et de rébellion silencieuse ...

Il faut prendre aussi son temps pour apprécier ce texte et se laisser pénétrer par le message subtil qu'il veut délivrer .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article

Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

  • : le journal de Louloune
  • : Parler de mes lectures, partager mes coups de coeur,mes bonnes et aussi mes moins bonnes surprises, decouvrir d'autres choses...
  • Contact

Recherche

Liens