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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 18:52
Le chant de la Tamassee de Ron Rash

Ron Rash nous entraine dans ce nouveau roman sur les berges de la Tamassee , une des rares rivières de Caroline du Sud dans le Comté d'Oconee classée "rivière sauvage " par une loi fédérale : Wild and Scenic Rivers Act , classement obtenu grâce à l'obstination et la passion d'amoureux de la nature sauvage, de descentes en canoë et d'authenticité .

Lorsque Ruth Kowalski , petite fille de 12 ans, se noie , la belle harmonie autour du site va voler en éclat : le corps de l'enfant est resté prisonnier de la rivière , son père décide avec le soutien d'hommes politiques de faire installer un barrage provisoire pour récupérer le corps de sa fille .

Maggie Glenn, jeune femme photographe est envoyée sur place par son rédacteur en chef car elle est originaire de la région et connait bien ses habitants, d'autant qu'elle a fait partie du groupe de Luke, l'instigateur et défenseur du label de la rivière .

Elle est accompagné par un journaliste aguerri , Allen dont elle va découvrir rapidement que son caractère taciturne est lié à un drame familial .

Dans ce roman, Ron Rash interroge le lecteur sur le dilemme poignant entre le drame familial avec la noyade de Ruth à qui ses parents veulent donner une sépulture en enfreignant une loi fédérale et la préservation d'un site unique , on devine vite de quel coté penche l'auteur même si on ressent de l'empathie devant la douleur d'une mère .

Le débat se veut ouvert , mais les choses ne sont-elles pas déjà décidées en plus haut lieu ? avec d'un coté les politiciens sans scrupules se servant du désarroi des parents et de l'autre les autochtones qualifiés de bornés culs terreux à coté d' écologistes dont on pressent qu'il en faudrait peu pour que tout dérape ?

Se mêlent à ce débat houleux , les interrogations sur le pardon car Maggie entretient des relations difficiles avec son père et le retour sur le lieu de son enfance ravive des souvenirs douloureux et des ressentiments mais ne doit-on pas un jour essayer de comprendre l'autre, de s'ouvrir aux souffrances engendrées par un rejet sans appel et d'accepter le pardon ?

Si ce roman est moins abouti que les précédents , mais plus antérieur à eux dans l'écriture, c'est de toute façon une plongée magnifique dans la beauté des Appalaches .

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 11:38
Grossir le ciel de Franck Bouysse

Mais que vient faire l'abbé Pierre dans une ferme paumée des Cévennes ?

Pour Gus qui vit seul , l'annonce de la mort de l'abbé, c'est un peu le monde des vivants , si on peut le dire ainsi ...qui fait irruption chez lui même si il n'est pas trop porté sur la religion d'une part et sur les manifestations populaires d'autre part.

Il faut dire qu'il ne voit pas grand monde, Gus et cela lui va bien , la compagnie de son chien Mars lui suffit amplement et de temps en temps les coups de main et les petits verres avec Abel son voisin plus âgé que lui .

Une vie de paysans, rythmée par les saisons ; l'arrivée d'évangélistes faisant le tour des fermes va être le déclencheur de bien des événements perturbateurs et troublants .

C'est jubilatoire , même si finalement rien n'est vraiment gai, ni la vie de ces hommes, ni leurs souvenirs et leurs secrets souvent lourds à porter ,ni l'avenir de ces petites fermes isolées mais quel bonheur de lecture , Franck Bouysse réussit l'exploit de rendre les dialogues entre ces hommes peu cultivés et simples, plaisants voire parfois drôles à lire ; les drames , les secrets et beaucoup de non dits sont également exprimés sans emphase dans son récit .

Je n'ai pas par contre aimé la toute dernière partie, qui embrouille la clarté du roman et n'apporte rien à l'histoire: un dénouement que j'ai trouvé étranger au reste de l'esprit du roman .

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 09:45
Le chagrin des vivants de Anne Hope

Je ne partage pas l'enthousiasme des critiques déjà publiées pour ce premier roman d'Anne Hope , la lecture est plaisante , la construction est bien faite mais je n'ai été happée que par la dernière partie du livre ayant été d'ailleurs tentée d'abandonner avant .

Peut-être y a t'il un phénomène de lassitude quant aux romans s'inspirant de la première guerre mondiale et des quelques années qui l'ont suivie ...

Cette histoire est concentrée sur cinq jours , entre la France et l'Angleterre en Novembre1920:

La partie qui se déroule sur les champs de bataille dans les Flandres françaises est celle qui est basée sur des faits réels , concerne l'exhumation de soldats morts et enterrés de façon sommaire et la préparation pour la cérémonie anglaise du Soldat inconnu à Londres .

Les autres parties sont romancées et suivent plusieurs femmes dont certaines ont perdu un fiancé, un frère ou un fils , ces histoires finissent par se recouper et je n'ai trouvé vraiment d'intérêt que ce qui concerne la disparition du soldat Michael, le fils d'une des femmes Ada, elle qui souffre le plus de la perte de son garçon et des non dits autour de sa mort révélés pour le lecteur bien tard.

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 16:45
La renverse d'Olivier Adam

C'est vrai que j'ai un petit faible pour Olivier Adam, son charme de baroudeur ne me laisse pas insensible et cela me rend plus indulgente dans mes critiques ... Mais pas au point d'avoir vraiment aimé ce nouveau roman .

La première partie laisse augurer d'une belle rencontre : le personnage principal, Antoine, traine son existence sur les plages désertes de Bretagne, et entre les rayons de la librairie où il seconde Jacques , on devine bien vite qu'il a laissé derrière lui un passé lourd à porter et on frémit déjà, anticipant la suite lorsqu'il apprend incidemment la mort de Jean François Laborde, sénateur-maire d'une petite ville M. et ancien ministre .

La seconde partie nous entraine quelques années auparavant lorsqu'Antoine se remémore ses premières années dans un pavillon de banlieue entre son père, un homme rigide et distant, une mère, la jolie Claire Brunet et son frère plus jeune Camille, une enfance tranquille à défaut d'être heureuse jusqu'à que cette fausse harmonie vole en éclat lors de la survenue du scandale et du procès concernant le fameux Laborde, et sa mère ,adjointe du maire , dont le mari et les enfants découvrent alors qu'elle est aussi sa maitresse.

Cauchemar pour les deux garçons à un âge où on s'éloigne peu à peu du cocon familial , où les questions existentielles s'entrechoquent dans des esprits rebelles mais fragiles et vite déstabilisés par les événements et les regards sans pitié des autres jeunes , chacun choisit son mode de fuite .

Ce que j'ai moins apprécié dans ce roman c'est la répétition de la description de de la soirée scabreuse entre les deux amants et les deux femmes qui ont porté plainte , cette seconde partie est lente, et je n'ai pas compris en quoi cette évocation redondante faisait avancer l'intrigue avec plutôt la mauvaise impression d'une certaine complaisance dans la fange ...

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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 22:02
Le village de Dan Smith

Ukraine, 1930, même dans les villages les plus reculés, comme le petit village de Vyriv , les habitants tremblent d'être découvert par les hommes de main de Staline et d'être chassés de chez eux après avoir perdu leurs maigres possessions ;

Et cette peur entraine des actes irréfléchis et sauvages : lorsque Luka ramène chez lui un homme à l'agonie tirant un charriot , la découverte de deux corps d'enfants mutilés déchaine la haine des habitants et l'inconnu est pendu sans autre forme de procès .

Pendant cet acte barbare, Darya, la nièce de Luka , d'un an plus jeune que sa propre fille disparait ; les hommes du village partent à sa recherche et lorsqu'ils rentrent bredouille , Luka, Dimitri, le frère de Darya et les fils de Luka , les jumeaux Viktor et Petro décident de partir sur les traces de la fillette laissées dans la neige fraiche et bientôt rejointes par celle d'un homme .

Luka, qui a été soldat pendant dix ans changeant souvent de camp , connait bien la traque dans cette nature hostile et ses pièges et est persuadé de vite rattraper le ravisseur , dépeceur d'enfant mais c'est sans compter la ruse et l'intelligence perverse du monstre et le lecteur n'est pas non plus au bout de ses peines car le suspens est intense.

Certes, le texte est par moment un peu trop verbeux mais j'avoue avoir été happée par cette histoire .

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 17:00
Les O'Brien de Peter Behrens

Une saga familiale qui nous entraine des forêts canadiennes aux rivages de la Californie de 1887 aux années soixante à travers l'histoire de Joe O'Brien , l'ainé de la famille qui, très jeune, décide de sortir ses frères et soeurs de la vie miséreuse qu'ils ont connu jusqu'à présent entre une mère faible et un beau-père alcoolique et violent.

Malheureusement pour le lecteur, même si la lecture n'est pas désagréable, il n'y a rien de vraiment original dans cette histoire , on suit en même temps que les histoires de famille, l'évolution de la société américaine avec la construction de la voie de chemin de fer et les deux guerres mondiales mais cela reste assez superficiel et maintes fois rabâché ...

Les différents protagonistes n'attirent pas spécialement la sympathie du lecteur et j'ai lu ce roman sans passion .

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 12:11
La cigale du huitième jour de Mitsuyo Kakuta

Délaissée par son amant, Kiwako se retrouve seule, après avoir accepté d' interrompre sa grossesse .

Lorsqu'elle apprend que cet homme a eu un enfant, elle pénètre dans son appartement et prend dans ses bras le bébé qui pleure : débute alors une cavale qui va durer trois ans avec cette petite fille qu'elle va prénommer Kaoru et bien sûr faire passer pour son enfant avec en permanence l'angoisse d'être démasquée.

De rencontres hasardeuses et de petits boulots en fuites à répétition, elle arrive à créer pour cet enfant une bulle d'amour et un semblant de famille et pense se mettre à l'abri en rentrant dans une sorte de secte baptisée Angel home qui n'accepte en fait que les femmes et les enfants .

Fin de l'aventure au bout de trois années où lors d'une ultime fuite, elle est arrêtée et la petite fille rendue à sa famille .

La seconde partie du roman se déroule quelques vingt ans plus tard, racontée par Kaoru redevenue Erina , et nous apprenons ce qui s'est passé au moment de l'arrestation lorsqu'une ancienne camarade d 'Angel Home retrouve Kaoru .

Comme souvent avec la littérature japonaise, on est transporté dans une ambiance particulière : mélange de coutumes ancestrales et de moeurs modernes qui sont souvent antagonistes, de sentiments toujours exprimés avec retenue avec une beauté de l'écriture , légère comme le souffle d'une petite brise sur les fleurs de cerisiers .

Ce roman aborde des thèmes sensibles entre maternité et perte de l'enfant que ce soit la décision d'un avortement ou un enlèvement d'enfant et mon coeur paradoxalement ( mais c'est ce que voulait sans doute l'auteur ) s'est plus porté vers la ravisseuse que vers la mère biologique, même si l'acte du rapt du bébé est odieux, on lui trouve des excuses et on tremble avec elle lorsque elle croit être démasquée : les liens d'amour les plus forts ne sont forcement ceux du sang.

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 15:49
 Enfants de poussière de Craig Johnson

Sur une idée originale, celle de ces enfants conçus pendant la guerre du Vietnam de pères américains et de mères vietnamiennes et qui ont erré entre leurs deux patries, Craig Johnson construit un roman à double face .

Walt Longmire, shérif dans le Wyoming , personnage récurent des récits de Craig Johnson, enquête sur la mort d'une jeune femme vietnamienne dont le sac à main est retrouvé non loin de son corps dans l'antre d'un SDF, assassin tout trouvé d'autant que cet homme, un indien de carrure colossale reste mutique.

La découverte de cette asiatique entraine W Longmire dans la réminiscence de ses jours difficiles passés au Vietnam au moment de l'offensive du Têt alors qu'il enquêtait sur un trafic de drogue.

Si le coupable semble évident aux yeux de tous, la découverte d'une vieille photo de Longmire dans le sac de la victime mène notre shérif dans une enquête parallèle et double, à la fois celle de son passé en Asie et celle du parcours de cette femme avec entre tout cela l'interrogation sur la place des indiens , peuple le plus souvent rejeté sur le bas coté de la société y compris en tant que combattants dans les différents engagements de l'armée américaine .

Bien sûr, pour ceux qui comme moi n'ont pas suivi les épisodes précédents, restent les sempiternelles histoires personnelles, familiales et amoureuses des personnages qui m'ont paru un peu polluer le vrai récit, mais là, vous me direz, je n'avais qu'à ne pas prendre un livre au hasard ... Mais le coté conventionnel des séries m'ennuie !

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 12:14
Le voyage d'Octavio de Miguel Bonnefoy

Un magnifique roman qui pourrait être qualifié de conte et qui se passe au Vénézuela.

Tout commence par la guérison miraculeuse d'une épidémie de peste qui conduit à la construction d'une église : Saint Paul de Limon avec la statue de son saint.

Le temps passe, l'arbre à citrons à l'origine de la légende est abattu , la statue est volée et l'église occupée par une bande de brigands qui y entrepose son butin.

Octavio, doux géant évolue au milieu de ces bandits, cachant par divers subterfuges la honte de son analphabétisme jusqu'à sa rencontre avec Vénézuela , la belle actrice qui en même temps que l'amour lui apprend à lire.

Par un malheureux concours de circonstances, Octavio est obligé de s'enfuir.

Lors de cette fuite, il va à la rencontre de son pays et de ses habitants, véritable voyage initiatique, une approche imparfaite vers la connaissance profonde de la nature, des hommes et de leur culture remontant jusqu'à la naissance de l'art pictural qu'il découvre dans une grotte, car Octavio reste avec ses questions et ses doutes et le dénouement de l'histoire finit en véritable allégorie ...

Très poétique, la prose élégante de Miguel Bonnefoy montre la beauté du Vénézuela et ses mythes fondateurs sans fioritures, "une amère beauté " , un peu comme le jus d'un citron celui qui , à la fois , rafraichit et fait frissonner les papilles .

Très beau moment de lecture .

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 21:21
Quelqu'un pour qui trembler de Gilles Legardinier

Au risque de faire de la peine à Gilles Legardinier et à ses lecteurs inconditionnels , je n'ai pas ressenti la même onde bénéfique qu'avec les deux premiers de cette série , bien sur l'effet surprise ne fonctionne plus et sans ressentir de lassitude, c'est la façon dont le sujet est abordé par l'auteur qui m'a laissé un peu à la porte ...

Thomas , médecin parti depuis quelques années dans des missions humanitaires et qui a posé sa sacoche dans un petit village en Inde apprend qu'il est père d'une fille de vingt ans ; il décide donc de revenir habiter près d'elle .

Il trouve un poste dans une maison de retraite aux pensionnaires peu nombreux et plutôt sympathiques avec leurs manies et leurs petits défauts , secondé par une jolie infirmière qui élève seule son fils .

L'histoire est simple, il ne faut pas s'attendre à de grands rebondissements , il y a bien sur beaucoup de passages émouvants et quelques pointes d'humour surtout avec les séniors ( cela devient presque une manie ... ) mais c'est tout de même un peu trop tiré par les cheveux et cela m'a souvent agacé .

Les sentiments exprimés sont forcément beaux mais pour moi , ils apparaissent comme une évidence : bien sûr on a peur pour ceux qu'on aime et cela va au delà de sa progéniture ...

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