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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 21:30
A toute berzingue de Kenneth Cook

Fear is the Rider ... titre original de ce court roman mais ô combien intense sur le plan sensation !

Tout d'abord deux choses : j'aime beaucoup l'expression A toute berzingue , elle n'est plus vraiment employée et a un petit coté désuet qui n'est pas désagréable ...

D'autre part , je n'avais pas imaginé que Kenneth Cook était décédé en 1987, il fait partie des écrivains dont les récits ne vieillissent pas franchement, et à coup de rééditions comme si c'était une nouveauté on croit avoir entre les mains un ouvrage récent, mais peu importe dans ce cas .

Le bush australien qui inspira également Douglas Kennedy avec Cul de Sac , bien différent de ce roman est le théâtre immense et impitoyable de cette poursuite démentielle.

Shaw et Katie font connaissance au hasard de leurs chemins de jeunes aventuriers et alors que leurs routes sont censées continuer chacune de leur coté , ils se retrouvent dans la petite voiture de Shaw sur une piste redoutable à fuir un homme sauvage qui a agressé la jeune femme et volé son véhicule tout terrain .

Cela m'a fortement évoqué un film que j'avais vu lors de sa sortie en 1973 : Duel, course poursuite entre une voiture et un énorme camion dont on ne voit jamais le conducteur sur une route désertique et dont les images ressurgissent régulièrement dans mes rêves , c'est dire combien il m'a impressionné à l'époque !

Dans ce roman, c'est la même peur qui nous tenaille , quelque chose de viscéral et de peu contrôlable .

Un conseil : ne lisez la longue préface de Douglas Kennedy qu'après l'histoire , ce que j'ai fait , car trop de choses y sont dévoilées et c'est dommage .

Bonne route, A toute berzingue ...

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 21:52
La malédiction du Norfolk de Karen Maitland

Quoi de mieux pour oublier quelques instants les drames contemporains que de se plonger dans le Moyen-Age, non pas que l'époque soit plus sereine car entre les épidémies, les guerres , les croisades,les brigands , le servage etc... on avait peu de chance de mourir vieux et dans son lit .

En fait, les préoccupations sont tellement éloignés des nôtres , de prime abord , qu'on se croit transporter dans un autre monde .

1208 dans le Suffolk comme dans le reste de l'Angleterre , suite à un conflit entre le Pape et le Roi Jean , les églises sont fermées et il n'y a plus de prêtres donc plus de sacrements donc plus d'absolution des péchés ...

Elena, jeune femme serve , est engagée au château comme chambrière de la comtesse Anne dont le fils Gerard vient de mourir alors qu'il portait le lourd poids d'exactions en Terre Sainte .

Sa mort sans avoir pu se confesser est à l'origine de l'intrigue et va être la cause des tourments d'Elena . On baigne en plein dans l'ambiguïté d'une religion très présente, brimée par l'absence de ses messagers et l'empreinte encore très profonde des croyances païennes chez ces gens simples et influençables .

Les rebondissements sont nombreux et pour peu que l'on ne creuse pas trop la psychologie des personnages , on se laisse happer par le climat de tension même si on s'attache peu à eux, trop naïfs, trop manipulateurs ou trop pervers, ce qui nuit à une lecture parfaite mais ne boudons pas notre plaisir .

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 14:56
Meurtre au Mont Saint-Michel de Jean-Blaise Djian

Des dessins attirants dans une atmosphère sépia qui confère une ambiance brumeuse et mystérieuse enveloppant le Mont Saint Michel à une époque pas si lointaine où l'on ne construisait pas de digue et où on n'avait guère besoin de canaliser les touristes ...

1936, mais la date n'a pas vraiment d'importance, Rémi et Lucie deux gamins d'une dizaine d'années reviennent de la pêche aux coques, seulement Lucie n'est toujours pas rentrée à l'heure du diner .

Effroi des parents , Lucie a t'elle été la victime d'un malfaisant, on a vu d'ailleurs rodé un vagabond , ou alors s'est-elle laissée surprendre par la marée, pourtant elle connait bien la baie et ses dangers .

Stupeur le lendemain matin lorsque Julienne, la bonne du curé est retrouvée assassinée alors que la fillette est toujours introuvable .

L'hôtelier qui est aussi le maire du village mène l'enquête ...

Un petit air d'Agatha Christie mais si le début est plutôt prometteur, l'intrigue reste menue, les personnages juste ébauchés et on reste sur sa faim !

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 22:11
Dans la gueule de la bête d'Armel Job

J'ai moins apprécié ce roman que les précédents lus de cet auteur , en grande partie à cause de la période de la seconde guerre mondiale et du sujet évoqué : un manque d'originalité et de profondeur pour arriver à se distinguer parmi tant d'ouvrages sur la même période .

Liège en 1942, en Belgique comme ailleurs , la "chasse aux juifs " est active, et même s'il y a heureusement des réseaux de résistants et de braves citoyens pour abriter des familles en fuite, le rouleau compresseur nazi écrase tout sur son passage et on se doute bien que Hannah et ses parents et Laja leur amie ne sont pas à l'abri de la méchanceté, de la cupidité et de la lâcheté des autres .

Le style d'Armel Job est efficace et ne sombre pas dans le mièvre et quelques belles personnes se révèlent et se relèvent face au Mal : cela rattrape l'ensemble du roman.

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 21:52
La formule préférée du Professeur de Yôko Ogawa

Miracle de la lecture ! J'ai réussi à trouver intéressant un roman truffé de nombres , mais pas n'importe lesquels, les nombres premiers, les nombres amis et les nombres parfaits. Je me suis même surprise à chercher la solution de certaines énigmes mathématiques ( c'est dire ...)

C'est du grand art servi par Yôko Ogawa : la rencontre d'un professeur de mathématiques dont la mémoire arrêtée en 1975 suite à un accident de nombreuses années auparavant a une autonomie de 80 minutes et de son aide-ménagère bientôt accompagnée par son fils de 10 ans passionné de Base Ball et surnommé Root par le vieil homme .

Une grande tendresse et un profond respect unissent ces trois personnages , chacun trouvant à sa façon les clés pour communiquer harmonieusement .

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 16:39
Avenue des mystères de John Irving

Foisonnant et éblouissant le dernier roman de John Irving !

j'ai suivi Juan Diego Guerrero et sa soeur Lupe à travers la décharge publique de Oaxaca, une petite ville du Mexique , l'orphelinat des Enfants perdus puis le Cirque des Merveilles, pour retrouver Juan Diego adulte vieillissant en voyage pour les Philippines, fidèle à une promesse qu'il avait faite pendant son enfance ,obsédé par la prise de ses bêtabloquants et de son Viagra ...

Rencontres décisives avec des personnages hors du commun pour ces deux gamins, qui eux-même ne sont pas ordinaires , enfants de pères inconnus et d'une mère femme de ménage au presbytère le jour et prostituée la nuit, Juan Diego sauve les livres du bucher pour les lire et Lupe est extralucide .

Il faut laisser le lecteur découvrir par lui-même cet univers si inventif , une danse permanente entre le Bien et le Mal, le réel et l'imaginaire, où le sexe a une place à part et où la vierge blanche et la vierge noire sont en compétition ... Quelle imagination débordante mêlant réalité , superstition et rêve : et devant la platitude de nombreux romans on en redemande du John Irving de ce cru !

Quel plaisir de lecture, un véritable rafraichissement pour l'âme .

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 22:03
Le violoniste de Mechtild Borrmann

Agréable surprise avec ce roman bien mené même si j'ai eu une une impression de déjà lu sans réussir à retrouver la source exacte ...

A la fin du concert qu'il donne à Moscou en 1948, le grand violoniste Ilja Grenko est arrêté par le KGB et son violon, un Stradivarius appartenant à sa famille depuis plusieurs générations lui est confisqué . Cet homme qui ne vit que pour sa musique et parcourt l'Europe pour jouer est persuadé qu'il y a un malentendu mais son emprisonnement dans des conditions inhumaines se poursuit et pour protéger sa famille, il signe des aveux . Il est alors transféré au goulag.

Pendant ce temps sa femme, Galina et ses deux fils sont exilés au Kazakstan et leur survie n'est due qu'à l'acharnement et au travail de Galina et à l'entre-aide de braves gens comme elle éloignés dans ces rudes contrées .

Sans nouvelles de Ilja qu'elle croit , comme la propagande communiste l'a fait savoir, enfui à l'Ouest , elle n'apprendra que trop tard la vérité.

Quant au musicien, il subit le sort des prisonniers politiques où toute humanité est bannie et où pour continuer de vivre, il faudrait soi-même abandonner son statut d'Homme , ce que certains dont Ilja se refusent au mépris de leur existence même .

La narration de la lutte de cette famille est entrecoupée par l'histoire de leur petit fils qui découvre peu peu la vérité et se met lui aussi à la recherche de ce fameux violon .

Même si cette période est moins passionnante, elle permet de "souffler" un peu et donne une autre vision .

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 09:47
Fleur vénéneuse de Joyce Carol Oates

Rien de bien original dans ce roman : une intrigue plus que légère et des personnages sans aucune finesse.

L'histoire du Docteur Terence Greene en proie à ses démons et à une petite enfance marquée par l'abandon de sa mère pourrait presque être une caricature du Docteur Jekyll et Mister Hyde.

Marié à une femme belle et riche , père de trois enfants , il dirige une fondation de renom ; sa vie et celle de sa famille va être totalement chamboulée lorsqu'il accepte de devenir juré à un procès, tombe amoureux de la victime , une jeune femme Ava Rose et délaisse sa situation confortable pour partager la vie d'Ava Rose et de sa famille plutôt marginale .

Les différentes formes du mal prennent parfois le regard d'un ange , celui d'Ava Rose pour lequel Terence sombre dans une sorte de délire onirique .

On comprend (sans doute ) pourquoi JC Oates a publié ce roman plutôt mineur dans son abondante bibliographie sous un pseudonyme ...

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 09:10
Mon traitre de Sorj Chalandon

Il fallait bien dans mon exploration irlandaise que je revienne à Sorj Chalandon et à Mon traitre !

Bien loin de la vision touristique et bucolique de l'Irlande, Antoine, jeune luthier parisien nous emmène à Belfast dans les années 1970 à 1990 où il fait la connaissance d' hommes et de femmes qui luttent avec leurs petits moyens, mais avec leur coeur et leur âme toute entière contre l'envahisseur anglais, unis par la même flamme de patriotisme et de catholicisme .

Antoine découvre ainsi un but à sa vie jusqu'ici monotone, et noue de solides amitiés , en particulier avec Tyrone Meehan, un des chefs de file du mouvement indépendantiste Sinn Féin, lien quasi filial avec cet homme dont le fils est emprisonné .

De nombreux voyages en Irlande et l'hébergement de certains résistants irlandais dans sa petite chambre parisienne donnent à Antoine une envergure et l'impression de participer lui aussi au mouvement .

C'est une Irlande dont la couleur apparait grise, celle des petites maisons , des rues de Belfast, des pavés des trottoirs, une teinte qui vire au noir quand sont évoquées les prisons, les tortures, les gréves de la faim et les morts de ces jeunes gens mais une Irlande tellement chaleureuse au coeur de ses partisans .

Jusqu'à la révélation de la trahison depuis vingt cinq ans de Tyrone Meehan, et l'incompréhension et les doutes d'Antoine : Tyrone a t'il aussi trahi cette forte amitié ?

Poignant, sublime .

Mon regret : ne pas avoir enchainé Mon Traitre et Retour à Killigsbey pour mieux rester imprégner par l'ambiance de ce drame .

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 21:22
La Berceuse de Staline de Guillaume Prevost

Toujours dans le cadre du concours du Polar Lire en Poche , nous voici en 1920 d'abord à Paris avec l'inspecteur François Claudius Simon qui enquête sur le triple meurtre d'une famille de réfugiés russes et très rapidement ce brillant policier découvre l'identité de l'homme , un ancien espion de la police du tsar déchu, le mobile, les papiers recherchés par la police secrète du nouveau régime, une société secrète , en somme : Trop fort !

Comme il baragouine un peu de russe, François Simon est envoyé sur ces entrefaites en URSS faire un échange de prisonniers et enquêter sur place , occasion bien opportune puisque sa petite amie est partie à Moscou soutenir la révolution bolchevique .

Là-bas, après bien des péripéties dont il se sort sans trop d'égratignures, notre inspecteur a entretemps et déjouant la vigilance de ses gardiens , retrouvé sa belle en cloque qui lui a sauté dans les bras , démasqué le vrai assassin d'un meurtre dont était accusé un ressortissant français, rencontré Lénine puis Staline, découvert le code secret : encore Trop Fort !

Puis échappant une nouvelle fois à la vigilance de la police secrète soviétique regagné la France .

Pour amateur du genre exclusivement ...

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Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

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