Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 09:45
Parfum de glace de Yôko Ogawa

Yôko Ogawa explore une nouvelle fois les chemins de la mémoire , du souvenir et de la mort .

Hiroyuki se suicide , il était parfumeur , un nez exceptionnel ...

Sa compagne, Ryoko, à qui il venait d'offrir un parfum de sa composition baptisé Source de Mémoire, désemparée par cette disparition tente de retracer le passé de cet homme qui lui a raconté  peu de choses sur lui ; elle fait donc la connaissance de sa mère et de son frère cadet et découvre bien des facettes inconnues de celui qu'elle a aimé : mathématicien de génie depuis son enfance qu'il a passé à courir les concours ,chapeauté par une mère possessive , patineur de talent ...

Tant de décalage par rapport à ce qu'elle croyait savoir de lui, l'intrigue et la jeune femme se rend à Prague, lieu  du revirement majeur dans la vie de Hiroyuki .

L'auteur nous fait voyager au Japon et à Prague, dans le présent et le passé, avec comme à son habitude et c'est ce qui fait tout le charme et le talent de ses livres entre réalité et onirisme , où les souvenirs tiennent une fois de plus une place majeure, chaque fois présentés d'une manière différente et parfaitement originale et celui ci ne déroge pas à la règle pour mon plus grand plaisir !

 

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 22:00
L'affaire Isobel Vine de Tony Cavanaugh

Pas toujours évident de se faire un nom dans le milieu prolifique  des auteurs de romans policiers ,et  de captiver ses lecteurs :  c'est pourtant ce que réussit à faire cet écrivain australien, Tony Cavanaugh dont c'est le premier roman traduit en France ... merci Sonatine pour la trouvaille ... mais,  à priori,  pas le numéro un de la série , car son héros, le flic Darian Richards a un lourd passé fait d'enquêtes qui l'a amené à quitter son poste et à vivre au bord d'une rivière en tentant d'attraper des truites ce qui pour lui a l'air plus compliqué que de pourchasser des assassins .

Pas de bush, d'aborigènes ou de kangourous ici, et  il est loin le Napoléon Bonaparte d'Arthur Upfield , mon premier auteur australien du genre , la ville de Melbourne où va se dérouler l'essentiel de l'action , est un cadre nettement moins exotique ...

Mais revenons à Darian et ses cannes à pêche , donc : prié par le commissaire Copeland Walsh de rouvrir une enquête vieille de 25 ans sur la mort non élucidée d'une très jeune femme, Isobel Vine dans le but d'innocenter définitivement les flics qui avaient un lien direct avec cette affaire , parmi eux effectivement l'un doit prendre la succession du commissaire .

De retour à Melbourne, accompagnée d'une jeune collègue, Maria, il n'est pas accueilli avec un franc plaisir par ses anciens collègues , et encore moins lorsqu'il s'agit de remuer la vase des marécages dans lesquels ils évoluaient à cette époque , milieux de la drogue , de la prostitution et du banditisme, la frontière étant souvent floue ... et il s'avère que les suspects sont plutôt nombreux même si beaucoup semblent s'être assagis .

A force de pugnacité et de perspicacité, le duo va dénouer tant bien que mal un écheveau dont les fils étaient bien emmêlés et depuis de nombreuses années recouverts d'une poussière malsaine.

C'est bien mené, l'auteur n'en fait pas trop : le profil psychologique et les rappels du passé de nos enquêteurs restent esquissés , il met un certain humour dans ses propos , j'ai bien aimé la visite bien particulière de Melbourne que  Darian fait à Maria en évoquant à chaque coin de rue  les affaires les sordides ...

La chute surprend, ce qui est appréciable  dans ce genre de littérature .

Merci pour ce bon moment de lecture à Babelio et aux Editions Sonatine .

 

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 10:28
Nous rêvions juste de liberté de Henry Loevenbruck

Bohem m'attendait au pied de l'immeuble , cela faisait longtemps qu'il était là , et pourtant la patience ne faisait pas vraiment partie de son vocabulaire ...

Allongé sur sa moto, les pieds sur le guidon , il ne regardait pas les gens qui sortaient du bâtiment , d'ailleurs personne ne les voyait , lui et Lipstick, l'engin rouge, façon chopper ; ils n'étaient là que pour m'emmener .

Sa bande , les Spitfires , était déjà loin, partie sur des routes bien balisées et Freddy , son grand copain , était toujours à Providence .

J'ai chevauché la moto, j'ai passé mes bras autour de son torse , posant ma tête doucement contre son dos ; d'un coup de kick , la bête a démarré dans des vrombissements puissants faisant se retourner les passants , surpris par ce soudain coup de tonnerre sans orage dans le ciel .

Tête nue, les cheveux au vent, nous avons sillonné les routes à travers le désert  , vers l'océan dans nous apercevions au loin le scintillement des vagues , le vent  s'engouffrait dans ma chemise faisant comme une voile pour rejoindre plus vite la mer .

Libres, seuls au monde et invincibles mais fragiles insectes sur leur vaisseau d'acier ,  face à l'univers mercantile et mesquin , nous les ignorions, un sourire ironique sur nos visages déformés par la vitesse .

Puis Bohem m'a laissé au bord de la route, mes yeux envahis de larmes et il s'est engagé dans ce couloir étroit et sans issue .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 22:00
Sans laisser de traces de Val McDermid

Val McDermid, petite fille de mineurs , a choisi de situer ce roman en Ecosse pendant la grève des mineurs de 1984-1985 , un bras de fer avec Margaret Tatcher  qui les a entrainés dans la misère .

L'histoire débute en 2007 lorsque Misha s'adresse à Karen Pirie , responsable du service des affaires non résolues pour retrouver la trace de son père Mick Prentice, disparu pendant cette grève et supposé avoir rejoint le camp des jaunes, ceux parmi les mineurs qui trahissaient leur cause .

Superposé à cette intrigue , Bel Richmond, une journaliste , découvre par hasard dans une maison en ruine en Toscane un des indices de l' enlèvement de la fille et du petit fils d'un magnat local de la ville minière , Brodie Grant , et qui s'est déroulé pendant cette même période agitée , l'affaire s'étant finie par la mort de Catriona au moment de la remise de la rançon et de la disparition d'Adam, le bébé .

Karen Pirie se voit chargée également de relancer l'enquête ...

Astucieusement construit car à chaque chapitre récent fait suite la version des faits par un des protagonistes de l'époque , ce qui apporte un éclairage souvent inédit .

Les deux histoire sont longtemps indépendantes bien que l'on se doute qu'elles vont finir par se rejoindre , c'est à ce moment là où j'ai un peu relâché la tension, les ficelles étant à mon humble avis un peu trop grosses, trop d'invraisemblance ont gâché la fin de ce thriller .

Malgré ce bémol, vivement le prochain (il est déjà dans ma PAL ...)

Repost 0
7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 19:02
Le polygame solitaire de Brandy Udall

De Brady Udall, j'avais déjà lu le Destin miraculeux d' Edgar Mint avec le sentiment que cet auteur  atypique avait un humour et une façon crue de raconter des histoires pas forcément drôles que j'appréciais .

Donc, le polygame qui est le héros de ce roman, si on peut l'appeler ainsi , Golden ,  a quatre épouses et vingt huit enfants et vit entre les trois maisons familiales , il fait partie d'une Eglise de type mormon   bien sûr  sinon ce serait pêcher alors que là, cette grande maisonnée doit être source de fierté et de devoir religieux bien remplis .

Mais  Golden est arrivé à un stade que l'on pourrait qualifier de "burn out "s'il s'appliquait à ce genre de situation , non seulement son entreprise de bâtiment bat de l'aile , ses chantiers l'entrainent de plus en plus loin des domiciles conjugaux mais en plus , il construit une annexe à un bordel ...

Et, source éminente de complication, il tombe amoureux de la femme de son patron !

Plaignons ce pauvre homme dans ses galères .

Pas question , bien entendu , de s'appesantir sur l'ensemble de la famille , le roman est déjà suffisamment gros : entre les déboires du père, intéressons nous à Trish, la quatrième épouse qui n'a pas encore 30 ans et qui désespère d'avoir son mari dans son lit autrement qu'endormi pour envisager une nouvelle grossesse, elle est tellement malheureuse d'avoir eu 3 enfants morts-nés .

 Rusty, un des nombreux rejetons de la famille,  n'arrive pas à se plier aux règles de cette vie menée à la baguette par la première épouse Beverly et fait les 400 coups tout en se racontant des histoires , ne serait-ce pas pour essayer d'attirer un peu plus que les autres enfants , l'attention de son père : un énorme besoin d'amour .

La toile de fond de ce roman fait froid dans le dos, ces gens habitent dans la zone des essais nucléaires au Nevada, bombes qui ont été expérimentées dans les années 1950 "en plein air" ce qui représentait pour la population locale une distraction, tel un gigantesque feu d'artifice et dont les retombées se sont manifestées pendant très longtemps sur leur santé et leur descendance ...

Un petit bijou qui allie l'humour au tragique du quotidien,  avec doigté et finesse , ce n'est jamais vulgaire ni larmoyant : du grand art !

 

 

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 11:38
Une forêt d'arbres creux d'Antoine Choplin

Un petit livre mais un grand roman !

Antoine Choplin est un écrivain qui ne s'embarrasse pas de longues phrases , les descriptions sont percutantes, que ce soit des paysages ou des personnages , le propos est concis et va droit au but  : celui du témoignage et de l'émotion ...

Bedrich Fritta, artiste et caricaturiste tchèque est envoyé avec sa femme et son jeune enfant à Terezin, une ville forteresse, devenue un ghetto et un centre de tri lors de la seconde guerre mondiale .

Bedrich est nommé chef dessinateur pour le bureau d'études créé par les nazis et il doit collaborer avec son équipe à la réalisation du futur crématorium.

En dehors des heures de travail, ces hommes et ces femmes profitent des lieux et du matériel pour dessiner la réalité de la vie à Terezin et pour Bedrich à esquisser  pour son fils avec ses crayons de couleur des rêves d'espoir . 

Délicat travail d'orfèvre que nous offre Antoine Choplin, en peu de mots , il nous décrit la vie de ces gens, les privations, la promiscuité mais aussi le bonheur de se retrouver pour quelques moments de promenade avec sa famille, de regarder un paysage au delà des barbelés, de découvrir le toit d'une maison et d'imaginer la vie des gens dehors, la fraternité qui unit les prisonniers et la musique qui les relient .

Intense et poignant, comme déjà l'écrivain avait su le faire avec Le Héron de Guernica , ce livre mérite une place à part , celle des coups de coeur et des coups au coeur . Merci l'artiste .

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 17:29
Nuit de Bernard Minier

Ne boudons pas notre plaisir, Martin Servaz est revenu , comme Mathide dans la chanson de Brel ...

Et dans son sillage , le maléfique Julian Hitrmann se rappelle à son bon ( et au nôtre aussi ) souvenir sur un air de Gustave  Mahler .

Tout commence en Norvège avec l'inspectrice Kirsten Nigaad, une belle femme énigmatique , poursuivie et poursuivant le psychopathe qui semble-t'il est venu travailler sur une plate-forme pétrolière là-bas .

L'enquête entraine l'inspectrice à Toulouse où elle va faire équipe avec  Martin Servaz qui vient d'échapper à la mort suite à une interpellation mouvementée.

On retrouve, comme un voyage dans le temps ou une sorte de pèlerinage, les lieux du premier roman Glacé , la clinique psychiatrique perdue dans la montagne , Saint Martin de Comminges ... et les fidèles  autour de Martin Servaz.

Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser et reprocher à l'auteur, ce n'est pas un remake des précédents ouvrages qu'il vaut mieux quand-même avoir lu avant ,  l'intrigue est complexe, revirements et impasses se multiplient à foison , parfois au delà du crédible , peu importe en fait , on ne s'ennuie jamais avec Minier !

 

 

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 09:51
Revue Dada , n°216 : Vermeer

Un grand merci à Masse Critique et aux Editions Arola pour m'avoir fait découvrir cette revue consacrée à l'Art , revue accompagnée d'une jolie carte personnalisée !

Je dois avouer que j'avais jusqu'à présent considéré que Dada ne s'adressait qu'à un public d'enfants , or , à ma grande surprise , le propos n'est pas infantilisé et convient à toute personne désirant une première approche d'un peintre.

Les articles sont courts, concis et clairs , allant à l'essentiel .

Ce numéro, exposition actuelle exceptionnelle de l'artiste oblige, est consacré à Vermeer, peintre hollandais du XVII ème siècle, dont les oeuvres , peu nombreuses , étaient restées méconnues assez longtemps mais qui connaissent actuellement un engouement bien mérité.

Peintre de la lumière, peintre des scènes de genre dans lesquelles on peut plonger des heures tellement elles dégagent à  la fois de force et de secret ... 

Les différents chapitres nous éclairent sur l'époque où a vécu le peintre , le mystère qui entoure sa vie en commençant par celle de son apprentissage , les peintres de son époque et le retentissement de son oeuvre sur l'art en général .

Bien illustré, on peut louer la qualité des reproductions .

La partie consacrée à Vermeer est close par un ABCD'art: une excellente idée qui déborde du strict cadre des peintures du Maître .

La partie suivante s'adresse effectivement aux plus jeunes avec proposition de deux ateliers , pas forcément très simples de réalisation à mon avis ... .

Le numéro se termine par une revue de l'Artualité  , une présentation d'un illustrateur et quelques idées d'expositions .

Pour avoir déjà compulsé quelques ouvrages qui se disent  savants , Dada n'a pas à rougir :  au moins ne se perd-on pas dans des détails futiles et libre à chacun d'aller plus loin après dans sa connaissance de ce grand peintre .

Je suis depuis longtemps une fervente admiratrice de ce grand peintre et la lecture de cette revue m'a étonnée par son niveau !

 

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 09:25
Briser la glace de Juin Blanc-Gras

Couvrez vous bien , nous partons pour une petite croisière sur l'Atka au Groenland avec Julien Blanc-Gras .

Récit de ce périple parfois naïf, mais toujours réaliste , ouvrant les yeux de lecteurs qui comme moi idéalisent ce bout du monde , balayant les idées reçues et pointant du doigt toute l'ambiguïté de l'irruption de notre monde actuel chez les Inuits, coincés entre leur vie ancestrale et ses coutumes et la vie moderne avec ses exigences et son intransigeance, on sait ce que cela donne dans de nombreuses  peuplades projetées trop vite dans la technologie du vingt et unième siècle et la mondialisation, eux non plus n'y échappent pas non plus  .

L'inquiétante modification du climat est également au premier plan car il parait difficile en étant sur place de ne pas constater les effets directs du réchauffement de notre planète .

On peut regretter le style journalistique mais l'humour de l'auteur, son ouverture d'esprit et la fraternité qui ressort des rencontres de voyage, aussi bien avec l'équipage du bateau que les gens croisés pendant ce bref séjour  rendent la lecture de ce récit bien plaisante .

Manquent les images de ces contrées, j'ai donc pioché un peu et vous conseille le documentaire sur l'expédition de Chamade :https://www.youtube.com/watch?v=JHFP4Nby3iE

J'aimerais bien , moi aussi , découvrir la beauté de ces icebergs avant qu'il ne soit trop tard et peut-être avoir la chance d'apercevoir un ours polaire ...

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article
25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 14:47
La porte de Magda Sazbo

La littérature hongroise est d'approche difficile :  peu d'auteurs contemporains accessibles et parmi ceux du vingtième siècle, on connait surtout l'excellent Sandor Màrai mais dont les romans sont exigeants pour le lecteur : en bref: il faut s'accrocher ...

Dans la Porte ,Magda Sazbo nous fait découvrir une femme au caractère entier, Emerence, gardienne de plusieurs immeubles et sa femme de ménage . 

C'est elle qui dicte ses conditions à ses clients, en premier lieu si elle accepte de travailler chez eux après les avoir jaugés , ses heures de travail et même sa rémunération : le monde à l'envers ... 

Farouche, intransigeante, Emerence choisit aussi à qui elle fait confiance et peu à peu une relation d'estime puis d'amour quasi filial s'installe entre elle et Magda , la seule qui pourra entrouvrir un peu  la Porte .

Roman surprenant , beaucoup plus profond que le simple résumé auquel il semble être réduit , une critique masquée sur le régime communiste qui a fermé de l'intérieur , pendant de nombreuses années, la porte de la Hongrie et sur les mystères des relations humaines , l'ascendant que certains individus peuvent exercer sur leur entourage et puis pour aller plus en profondeur dans le personnage d'Emerence, sa notion de la dignité qu'elle applique d'abord à elle-même jusqu'à en devenir un obstacle à son bien-être et à l'harmonie de ses relations avec les autres lorsque ce code de l'honneur qu'elle s'est imposé est bafoué  .

Pour moi, la porte de la littérature hongroise s'est  ouverte avec bonheur . 

 

 

Repost 0
Published by spleen - dans litterature
commenter cet article

Au Milieu De L'océan De Mes Pensées, Un Petit Radeau

  • : le journal de Louloune
  • : Parler de mes lectures, partager mes coups de coeur,mes bonnes et aussi mes moins bonnes surprises, decouvrir d'autres choses...
  • Contact

Recherche

Liens