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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 11:38
Une forêt d'arbres creux d'Antoine Choplin

Un petit livre mais un grand roman !

Antoine Choplin est un écrivain qui ne s'embarrasse pas de longues phrases , les descriptions sont percutantes, que ce soit des paysages ou des personnages , le propos est concis et va droit au but  : celui du témoignage et de l'émotion ...

Bedrich Fritta, artiste et caricaturiste tchèque est envoyé avec sa femme et son jeune enfant à Terezin, une ville forteresse, devenue un ghetto et un centre de tri lors de la seconde guerre mondiale .

Bedrich est nommé chef dessinateur pour le bureau d'études créé par les nazis et il doit collaborer avec son équipe à la réalisation du futur crématorium.

En dehors des heures de travail, ces hommes et ces femmes profitent des lieux et du matériel pour dessiner la réalité de la vie à Terezin et pour Bedrich à esquisser  pour son fils avec ses crayons de couleur des rêves d'espoir . 

Délicat travail d'orfèvre que nous offre Antoine Choplin, en peu de mots , il nous décrit la vie de ces gens, les privations, la promiscuité mais aussi le bonheur de se retrouver pour quelques moments de promenade avec sa famille, de regarder un paysage au delà des barbelés, de découvrir le toit d'une maison et d'imaginer la vie des gens dehors, la fraternité qui unit les prisonniers et la musique qui les relient .

Intense et poignant, comme déjà l'écrivain avait su le faire avec Le Héron de Guernica , ce livre mérite une place à part , celle des coups de coeur et des coups au coeur . Merci l'artiste .

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 17:29
Nuit de Bernard Minier

Ne boudons pas notre plaisir, Martin Servaz est revenu , comme Mathide dans la chanson de Brel ...

Et dans son sillage , le maléfique Julian Hitrmann se rappelle à son bon ( et au nôtre aussi ) souvenir sur un air de Gustave  Mahler .

Tout commence en Norvège avec l'inspectrice Kirsten Nigaad, une belle femme énigmatique , poursuivie et poursuivant le psychopathe qui semble-t'il est venu travailler sur une plate-forme pétrolière là-bas .

L'enquête entraine l'inspectrice à Toulouse où elle va faire équipe avec  Martin Servaz qui vient d'échapper à la mort suite à une interpellation mouvementée.

On retrouve, comme un voyage dans le temps ou une sorte de pèlerinage, les lieux du premier roman Glacé , la clinique psychiatrique perdue dans la montagne , Saint Martin de Comminges ... et les fidèles  autour de Martin Servaz.

Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser et reprocher à l'auteur, ce n'est pas un remake des précédents ouvrages qu'il vaut mieux quand-même avoir lu avant ,  l'intrigue est complexe, revirements et impasses se multiplient à foison , parfois au delà du crédible , peu importe en fait , on ne s'ennuie jamais avec Minier !

 

 

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 09:51
Revue Dada , n°216 : Vermeer

Un grand merci à Masse Critique et aux Editions Arola pour m'avoir fait découvrir cette revue consacrée à l'Art , revue accompagnée d'une jolie carte personnalisée !

Je dois avouer que j'avais jusqu'à présent considéré que Dada ne s'adressait qu'à un public d'enfants , or , à ma grande surprise , le propos n'est pas infantilisé et convient à toute personne désirant une première approche d'un peintre.

Les articles sont courts, concis et clairs , allant à l'essentiel .

Ce numéro, exposition actuelle exceptionnelle de l'artiste oblige, est consacré à Vermeer, peintre hollandais du XVII ème siècle, dont les oeuvres , peu nombreuses , étaient restées méconnues assez longtemps mais qui connaissent actuellement un engouement bien mérité.

Peintre de la lumière, peintre des scènes de genre dans lesquelles on peut plonger des heures tellement elles dégagent à  la fois de force et de secret ... 

Les différents chapitres nous éclairent sur l'époque où a vécu le peintre , le mystère qui entoure sa vie en commençant par celle de son apprentissage , les peintres de son époque et le retentissement de son oeuvre sur l'art en général .

Bien illustré, on peut louer la qualité des reproductions .

La partie consacrée à Vermeer est close par un ABCD'art: une excellente idée qui déborde du strict cadre des peintures du Maître .

La partie suivante s'adresse effectivement aux plus jeunes avec proposition de deux ateliers , pas forcément très simples de réalisation à mon avis ... .

Le numéro se termine par une revue de l'Artualité  , une présentation d'un illustrateur et quelques idées d'expositions .

Pour avoir déjà compulsé quelques ouvrages qui se disent  savants , Dada n'a pas à rougir :  au moins ne se perd-on pas dans des détails futiles et libre à chacun d'aller plus loin après dans sa connaissance de ce grand peintre .

Je suis depuis longtemps une fervente admiratrice de ce grand peintre et la lecture de cette revue m'a étonnée par son niveau !

 

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 09:25
Briser la glace de Juin Blanc-Gras

Couvrez vous bien , nous partons pour une petite croisière sur l'Atka au Groenland avec Julien Blanc-Gras .

Récit de ce périple parfois naïf, mais toujours réaliste , ouvrant les yeux de lecteurs qui comme moi idéalisent ce bout du monde , balayant les idées reçues et pointant du doigt toute l'ambiguïté de l'irruption de notre monde actuel chez les Inuits, coincés entre leur vie ancestrale et ses coutumes et la vie moderne avec ses exigences et son intransigeance, on sait ce que cela donne dans de nombreuses  peuplades projetées trop vite dans la technologie du vingt et unième siècle et la mondialisation, eux non plus n'y échappent pas non plus  .

L'inquiétante modification du climat est également au premier plan car il parait difficile en étant sur place de ne pas constater les effets directs du réchauffement de notre planète .

On peut regretter le style journalistique mais l'humour de l'auteur, son ouverture d'esprit et la fraternité qui ressort des rencontres de voyage, aussi bien avec l'équipage du bateau que les gens croisés pendant ce bref séjour  rendent la lecture de ce récit bien plaisante .

Manquent les images de ces contrées, j'ai donc pioché un peu et vous conseille le documentaire sur l'expédition de Chamade :https://www.youtube.com/watch?v=JHFP4Nby3iE

J'aimerais bien , moi aussi , découvrir la beauté de ces icebergs avant qu'il ne soit trop tard et peut-être avoir la chance d'apercevoir un ours polaire ...

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 14:47
La porte de Magda Sazbo

La littérature hongroise est d'approche difficile :  peu d'auteurs contemporains accessibles et parmi ceux du vingtième siècle, on connait surtout l'excellent Sandor Màrai mais dont les romans sont exigeants pour le lecteur : en bref: il faut s'accrocher ...

Dans la Porte ,Magda Sazbo nous fait découvrir une femme au caractère entier, Emerence, gardienne de plusieurs immeubles et sa femme de ménage . 

C'est elle qui dicte ses conditions à ses clients, en premier lieu si elle accepte de travailler chez eux après les avoir jaugés , ses heures de travail et même sa rémunération : le monde à l'envers ... 

Farouche, intransigeante, Emerence choisit aussi à qui elle fait confiance et peu à peu une relation d'estime puis d'amour quasi filial s'installe entre elle et Magda , la seule qui pourra entrouvrir un peu  la Porte .

Roman surprenant , beaucoup plus profond que le simple résumé auquel il semble être réduit , une critique masquée sur le régime communiste qui a fermé de l'intérieur , pendant de nombreuses années, la porte de la Hongrie et sur les mystères des relations humaines , l'ascendant que certains individus peuvent exercer sur leur entourage et puis pour aller plus en profondeur dans le personnage d'Emerence, sa notion de la dignité qu'elle applique d'abord à elle-même jusqu'à en devenir un obstacle à son bien-être et à l'harmonie de ses relations avec les autres lorsque ce code de l'honneur qu'elle s'est imposé est bafoué  .

Pour moi, la porte de la littérature hongroise s'est  ouverte avec bonheur . 

 

 

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 10:54
Un coeur bien accordé de Jean-Philipp Sendker

Une belle déception ! 

J'avais beaucoup aimé le roman précédent : L'art d'écouter les battements du coeur , une belle histoire d'amour en Birmanie .

Depuis que l'héroïne Julia est rentrée à New-York, 10 ans se sont écoulés pendant lesquels elle a vécu une vie stressante sans véritable satisfaction et en laissant  derrière les souvenirs de son séjour en Birmanie jusqu'à ce qu'elle reçoive une longue lettre de son frère birman et qu'elle entende une voix féminine  .

Cette longue partie "américaine" est convenu, sans charme , voire agaçante et n'aurait été la bonne appréciation du précédent roman, j'aurais volontiers mis cette lecture de coté .

Mais Julia se décide enfin à repartir en Asie à la recherche de la femme dont la voix est devenue totalement obsédante .

Là, la Birmanie opère son charme , surtout pour moi qui en reviens ... mais sans vraiment déclencher l'émotion que j'avais ressentie auparavant , le déroulement de l'intrigue ayant même entrainé un certain agacement devant la mièvrerie de la fin du roman .

La couverture est belle avec son typique pécheur du Lac Inle , mais je préfère autant regarder mes photos ...

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 09:14
Cristallisation secrète de Yôko Ogawa

J'aime bien les oeuvres de Yôko Ogawa, leur atmosphère étrange, dépaysante dans un style poétique , mais je n'ai pas ressenti le même frisson de plaisir à la lecture de celle ci.

Sur une île , la narratrice , une jeune romancière subit comme la plupart des habitants la disparition de choses comme les roses, les oiseaux, non seulement ils disparaissent mais c'est surtout leur notion qui s'efface de la mémoire des hommes ... Une cavité dans le coeur qui ne se comble pas par le souvenir puisque celui ci n'existe plus .

Certains individus résistent , leur mémoire reste intacte mais ces gens sont forcés de rentrer dans la clandestinité car les soldats effaceurs de mémoire veillent et font des descentes chez ces dissidents qu'ils emmènent pour un lieu de détention inconnu dont ils ne reviennent pas .

On reconnait aisément plusieurs thèmes à cette histoire sous forme d'allégorie : le totalitarisme qui est la notion la plus évidente avec l'arrestation de ceux qui ne rentrent pas dans le moule , la manipulation des individus et puis le thème de la mémoire et du souvenir, cela fait penser à L'annulaire du même auteur où les gens faisaient mettre certains de leur souvenirs en éprouvette rangé dans de grands tiroirs par un professeur .

Ce qui m'a gêné dans cette histoire , c'est d'abord l'absence de réaction des personnes car en dehors des rares individus dont la mémoire reste entière, les autres se laissent faire dont l'héroïne : pas de lutte: ils acceptent même lorsque les livres eux aussi disparaissent et finissent dans un grand autodafé , notre jeune romancière n'a pas de sursaut !

J'ai eu aussi du mal à distinguer la vie réelle de celle que l'écrivain raconte dans son livre, les deux se mêlent comme deux reflets d'une même réalité ou du même rêve ou cauchemar, en l'occurence .

C'est un roman sombre qui remue au plus profond de soi sur sa force intérieure , sa capacité à résister , à s'indigner et qui interroge sur ses convictions intimes : jusqu'où est -on prêt à aller pour défendre ses idées ?

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 08:57
Dans la forêt de Jean Hegland

Que deviendrait-on soi-même  si tout ce qui constitue la charpente de notre vie actuelle disparaissait : plus d'électricité, plus de transports, plus de magasins et plus de voisins ? 

Eva et Nell , deux soeurs adolescentes n'ont pas une vie ordinaire puisque leurs parents ont décidé quelques années plus tôt d'aller vivre dans une maison isolée près de la forêt et que l'école étant loin, les filles recevraient quelques cours , à domicile .donnés par leur père , professeur  . 

Les oisillons ont envie de quitter le nid et Eva rêve d'intégrer une école de danse et Nell de rentrer à Havard ...

La mort de leur mère marque un double  tournant  car au chagrin de cette perte , interviennent de graves troubles et la disparition de l'électricité, du téléphone et de l'essence sans que l'on sache vraiment pourquoi en dehors de quelques rumeurs  et  qui rend leur isolement complet .

On s'organise avec les ressources du jardin et de l'atelier jusqu'à ce que le père meurt également .

Après une période de prostration , Eva recommence à danser et Nell dans son cahier décrit leur quotidien et dévore l'Encyclopédie .

Règne de la débrouille et de l'inventivité , elles inventorient chaque objet , optimisent le jardin et les ressources de la forêt, fortes du lien fusionnel qui les unit , consultent les vieux livres, ceux qui décrivent les plantes . 

Une réflexion sur les ressources vitales que l'homme puise en lui quand on le dépossède de tout sauf de l'amour , elles sont deux et même si elles ne sont pas toujours du même avis, leur soutien est essentiel à leur survie .

Ce n'est ni un roman de science- fiction , ni un manuel de survie à l'usage de l'homme des bois , c'est une ouverture à une autre vie plus proche de la nature où tout ce qui semblait indispensable devient dérisoire , pourtant ce n'est pas une vision édénique :  leur isolement est totalement relatif, elles ne sont à  l'abri ni des vagabonds ni des bêtes sauvages sans oublier leurs propres démons : elles sont jeunes et elles ont été propulsées dans un présent sans réel vision d'avenir alors qu'elles sortent de l'enfance et n' avaient encore que des rêves sans les avoir vécus ......

C'est bien écrit, seule la fin peut prêter à discussion , je me suis interrogée en cours de lecture sur la chute possible , elle m'a paru de toute façon délicate vu le thème et le peu d'informations délivrées au lecteur sur les causes de ce bouleversement ,  il fallait bien que l'écrivain conclut !

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 09:02
Une famille parfaite de Lisa Gardner

J'y suis allée à reculons, livre cent fois décalé dans l'ordre mental de ma PAL ... Préjugé infondé  en fait !

Justin et Libby Denbe , en rentrant de leur soirée restaurant chic destinée à recoller les morceaux de leur couple qui vit une période délicate , sont enlevés ainsi que leur fille de 15 ans Ashlyn : une opération parfaitement conduite par des pros qui n'ont laissé que peu d'indices au shérif du New Hampshire et à la détective privée dépêchée sur place par l 'entreprise  de Justin dont il est le patron .

Si l'enquête avance peu, les révélations familiales et les règlements de compte se succèdent chez les Denbe lors de leur captivité ce qui ne rend pas la tache facile aux ravisseurs et le lecteur n'est pas au bout de ses surprises, persuadé à chaque fin de chapitre de savoir qui est le commanditaire du rapt jusqu'au rebondissement suivant ...

Un thriller très bien mené , palpitant jusqu'à la fin et maintenant que j'ai gouté la prose de Lisa Gardner, j'en redemande  !

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 10:32
Seules les bêtes de Colin Niel

Très habile construction dans ce roman qui le rend passionnant du début à la fin .

Les faits sont simples : Evelyne Daucat, épouse d'un homme du pays de Causse qui est devenu riche et est revenu vivre au pays a disparu lors d'une randonnée en plein hiver dans la Tourmente , les recherches sont vaines et toutes les hypothèses sont possibles .

Chaque partie est racontée par un personnage différent,  sans rapport évident direct avec la victime ; il relate sa vie au moment des événements et forcément son ressenti et ses impressions, parfois même sa conviction . Le chapitre s'achève au milieu d'interrogations et le lecteur cogite, revient en arrière dans ses certitudes et continue fébrilement sa lecture !

Ainsi défilent Alice, l'assistante sociale qui apporte son aide et son soutien aux agriculteurs et éleveurs  de la région , elle est elle-même mariée à Michel , l'ancien ouvrier agricole de la ferme paternelle qu'il a repris en épousant Alice .

Le chapitre suivant donne la parole à Joseph, un berger qui vit  sur les Causses avec ses brebis et supporte mal la solitude depuis la mort de sa femme .

A vous de découvrir les personnages des chapitres suivants  car le lecteur n'est pas au bout de ses surprises ... 

Même s'il y'a quelques petites invraisemblances, cela reste une histoire bien cohérente , la narration s'adapte à chaque individu de l'intrigue dans une peinture de moeurs de notre époque sans excès ni volonté de moralisation .

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