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9 novembre 2021 2 09 /11 /novembre /2021 12:30
Les âmes noires de Saint-Malo de Hugo Buan

Aout 1794, lorsqu'il arrive à la ferme familiale à proximité de Saint-Malo, Louis, âgé de 15 ans apprend par un voisin que ses parents viennent d'être arrêtés par un des  Comités créés pendant la terreur et exécutés en suivant . Il ne sait pas où se trouve sa jeune sœur Justine et devant la rapidité de l'exécution qui a suivi l'arrestation , il s'enfuit.

Dix années plus tard, Louis est nommé Commissaire à Saint-Malo et à Saint-Servan , il est accompagné de son ancien aide de camp , Joseph, originaire de l'Ile Bourbon.

Dès son arrivée, un crime est commis . Louis arrive rapidement à la conclusion que cet acte a un lien avec les activités de la victime pendant la Terreur et en même temps qu'il recherche les anciens compagnons du sinistre individu , il essaie de trouver des traces de sa sœur  .

Ce thriller historique est bien documenté et ravira les les malouins curieux de déambuler dans leur ville à cette époque .

L'intrigue est habilement ficelée par Hugo Buan, auteur déjà d'une série policière . Les personnages se veulent attachants, bien campés même si parfois cela frise l'excès , mais c'est uniquement mon ressenti.

Si l'enquête principale est bouclée à la fin du volume, beaucoup de questions restent en suspens faisant supposer une suite ...

Je remercie Masse Critique et doublement Palemon Editions dont le catalogue est particulièrement fourni ...

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13 octobre 2021 3 13 /10 /octobre /2021 10:37
Seuls les vivants de Lou Berney

The long and faraway gone : titre original de cet excellent nouveau roman , sans doute  plus proche de l'ambiance ressentie ...

En 1986 , à Oklahoma City, deux événements dramatiques sont survenus :

une fusillade dans un cinéma faisant 6 victimes parmi les employés et épargnant Michael, le plus jeune et peu de temps avant, la disparition jamais élucidée de Geneviève , une jeune fille de 18 ans qui accompagnée de sa jeune sœur Julianna passait la soirée à la fête foraine locale . Le décor est planté, voilà le postulat de base de l'histoire mais pour Julianna et Michael devenu Wyatt c'est le couperet pour leur vie ordinaire .

26 ans plus tard, Julianna est devenue infirmière dans l'idée de soulager les autres à défaut d'elle-même, elle reste à l'affut sur les réseaux sociaux de la moindre information sur cette soirée qui a marqué pour elle , le début d'une longue absence . Cette quête va l'entrainer  au delà du raisonnable , un besoin de savoir au dessus de tout ...

Wyatt a quitté depuis longtemps la région et est devenu détective . Une nouvelle enquête le ramène dans la ville et surtout ravive ses souvenirs alors qu'il pensait les avoir enfouis. Ses interrogations : pourquoi moi et cette lourde culpabilité d'être vivant lui reviennent tel un boomerang en pleine face et prennent le pas sur la raison qui l'a envoyé sur place au fur et à mesure qu'il sillonne les rues et se rend sur les lieux de l'ancien cinéma.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, l'histoire ne tourne pas en rond, l'introspection des deux personnages est mêlée aux événements de 2012, avec de fréquents allers-retours , des rencontres actuelles marquantes et pour Wyatt, une enquête qui si elle piétine, lui fait rencontrer , après une agression , Julianna en tant qu'infirmière .

C'est profond comme réflexion, et les pensées de Wyatt reflètent les témoignages déchirants des rescapés de la fusillade du Bataclan que l'on peut suivre actuellement .

Il y a une fin , plutôt inattendue dans les deux cas qui clôt ce magnifique récit.

Lou Berney est un écrivain que j'avais découvert avec November Road que j'avais déjà beaucoup aimé , et je trouve sa maitrise de la psychologie de ces personnages remarquable . Pas de pathos, mais de la finesse et une écriture sensible et juste .

J'ai passé un très bon moment de lecture grâce à Masse critique et aux Editions Harper Collins ,  je leur adresse tous mes remerciements .

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8 octobre 2021 5 08 /10 /octobre /2021 16:18
Les soeurs du Montmorts de Jérôme Loubry

On adhère pleinement ou beaucoup moins au nouveau roman de Jérome Loubry ... Cela dépend sans doute de son goût pour la manipulation d'une part et l'écrivain est doué dans la matière et de sa capacité à accepter les phénomènes qui relèvent du domaine du fantastique , de la magie et du para-normal , toutes choses pour lesquelles je suis un peu coincée ...

Julien arrive au village de Montmorts pour prendre son nouveau poste de chef de la police . Sa surprise est de taille en découvrant les nombreux aménagements réalisés pour rendre la vie agréable à ses habitants . Ils sont dus , comme la nomination de Julien , au maire Monsieur de Thionville, retiré dans sa demeure depuis la mort de sa fille Eléonore .

Cet endroit a un lourd passé avec la mise à mort , en les jetant du haut de la petite montagne,  de femmes considérées comme sorcières à une époque lointaine .

D'une réputation tranquille avant l'arrivée de Julien, crimes et suicides s'enchainent dans un climat de tension , de visions ou de voix étranges ... Quel sera le prochain et pourquoi ? On ne peut s’empêcher pour certains comme Julien ,Sarah et Francky , les policiers sympathiques et débordés .

L'auteur habile mène son monde , celui du roman comme le lecteur qui finalement le dévore même si; comme moi, il n'est pas adepte du genre .

Le rebondissement final m'a laissée plus que dubitative ...

Bonne idée que la bande son proposée sans le prologue , même si comme cette lecture ce n'est pas la musique que j'aime, il faut reconnaitre qu'elle est particulièrement bien choisie par son ambiance !

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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 18:21
Les aquatiques d'Osvalde Lewat

Les Aquatiques : c'est une immersion intégrale au cœur de l'Afrique sub-saharienne contemporaine dans un pays imaginaire , le Zambuena ...

Le ton est donné , à la fois drôle et tragique , dès le prologue , avec le rappel du premier enterrement de Madeleine, à la hâte , avec un cercueil trop juste, une tombe trop petite pour cette femme non respectable car non mariée avec deux filles qu'elle a eu d'un homme riche et puissant . Katmé, 13 ans à l'époque n'a pas versé une larme , ne pardonnant pas à sa mère de les avoir abandonnées.

Vingt ans plus tard, Katmé est Maman Préfète, l'épouse de Tashun, un homme politique ambitieux et prêt à tout. Elle a une vie dorée , fréquentant la bonne société de la capitale , profitant des nombreux privilèges liés au statut de son mari . Elle est , pour tous,  le modèle de la femme qui a réussi , ancienne enseignante , elle a un mari puissant et riche et deux enfants ...

L'édifice se craquelle lors de l'arrestation de son meilleur ami, Samuel , un artiste qui vient de réaliser la première exposition de ses œuvres , osées et perturbantes , accusé d'homosexualité dans ce pays ancré dans ses croyances religieuses profondes et où l'homosexualité est impensable .

Cet événement survient au même moment où la tombe de Madeleine doit être déplacée pour construire une autoroute .

Mais pour Katmé, seule compte la libération de Samy alors que son mari voit dans ce nouvel enterrement qu'il veut grandiose  ,une opportunité à saisir avant l'élection au poste de gouverneur .

Les questions existentielles qu'elle avait éludées jusqu'à présent la hante . Cette rétrospection où elle sait bien qu'elle n'a fait que des choix par défaut , qu'elle a renoncé à ses rêves pour rester dans le moule , l'oblige à décider : continuer d'obéir à son mari et à la norme bien pensante ou bien sauver Samy par tous les moyens et pouvoir se regarder en face  ...

Osvalde Lewat nous fait voyager dans une Afrique  toujours gangrenée par des hommes politiques corrompus ,des élections truquées , des présidents qui s'accrochent à leur pouvoir et une société patriarcale guindée dans des principes moraux d'un autre temps avec également une violence qui ne demande qu'à s'exprimer.

Un roman qui secoue car l'auteur remue des sujets dérangeants sans compromis , pas de langue de bois, les choses sont dites avec franchise et écrites  avec réalisme, humour et un brin de férocité , enrobées dans une prose imagée .

J'ai grandement apprécié cette lecture et je remercie beaucoup Masse Critique et les Editions Les Escales pour ce beau moment !

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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 15:59
Tant que le café est encore chaud de Toshikazu Kawaguchi

A Tokyo, le café Funiculi funicula est minuscule puisqu'il ne comporte que trois tables . Il a essentiellement une clientèle d'habitués et rares sont les personnes qui rentrent par hasard malgré une particularité qui a en a fait un temps un lieu de curiosités . A une certaine place, il est possible, avant que la tasse de café servie ne refroidisse de revenir dans le passé ... Mais les conditions sont nombreuses et cela ne peut en aucun cas changer le présent et les candidats sont devenus rares .

L'écrivain a astucieusement la finesse de raconter l'histoire de quatre femmes qui vont vivre cette expérience, une jeune femme dont l'amoureux vient de partir à l'étranger, une habituée dont le mari perd la mémoire, une voisine qui veut revoir sa jeune sœur et la jeune femme du patron qui attend un bébé .

Les récits sont assez courts, l'auteur va à l'essentiel avec des phrases simples et directes en faisant beaucoup jouer la corde sensible !

Ça fonctionne ou pas ... En ce qui me concerne, je n'ai pas été submergé par l'émotion, trop simpliste à mon gout, je n'y ait pas trouvé non plus le charme habituel de la littérature japonaise comme dans Yôko Ogawa ou Aki Shimazaki pour n'en citer que deux  .

Sans doute y a t'il un public plus réceptif !

Je remercie Masse Critique et les Éditions Albin Michel..

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 10:54
Le cercueil de Job de Lance Weller

Autre guerre, autre ambiance que Les Marches de l'Amérique mais toujours une plongée saisissante dans la vie de quelques femmes et hommes .

Bell Hood, une jeune esclave en fuite est le personnage central de ce roman, le lecteur s'attache à elle d'emblée. Par ce qu'elle a vécu avec son père, un batelier dont l'esprit de liberté qu'il a inculqué à sa fille va le conduire à la potence après que la jeune esclave soit marquée au fer rouge sur les joues et qu'une étoile soit creusée dans ses dents .Il lui a enseigné aussi la force du rêve et de l'espoir avec le Cercueil de Job, une constellation et l'heure bleue ...

Par la force de son caractère , bravant les difficultés et surmontant ses peurs et la faim , elle va sur les chemins vers le Nord cheminant ainsi avec d'autres esclaves enfuis comme Dexter puis June se cachant des chasseurs d'esclaves et des soldats engagés dans la  guerre de Sécession .

L'histoire de Bell Hood alterne avec celle de Jeremiah Hoke, un soldat sudiste,   et qui est blessé lors de la terrible bataille de Shiloh , amputé de doigts .Ce choc de la bataille et cette mutilation le laisse démuni dans ses convictions , une trajectoire de vie passive jusque là qu'il veut expier en errance à la recherche de quelque chose qu'il ne connait pas encore mais qu'il va finir par trouver ... Le don de soi et le don de sa vie dans l'abnégation et l'anonymat, tout le contraire de la gloire recherchée par son copain de régiment Charlie King qu'il va retrouver au cours de son errance le ramenant sur les champs de bataille.

L'écriture de Lance Weller fait se cotoyer,  à la fois , le beau et l'horrible dans la description des paysages , menaçants la nuit dans les traces des esclaves et dévastateurs des champs de bataille .

Il pénètre dans l'esprit de chacun de ses personnages. Dexter, l'esclave qui rêve de rejoindre la première troupe de soldats noirs est paralysé par la soumission au maitre même si celui-ci n'est plus présent et il en souffre et en a honte. Le rêve pour Bell Wood, rebelle dans ses gênes , elle ne renonce jamais .

June, lorsqu'il est rattrapé , pense : "C'était la gifle froide de l'inévitabilité , comme le destin lui-même, comme un doigt fin qui s'enfonçait dans son cœur ." Et pour Hoke, du coté de ceux qui ne se posaient pas de question sur l'horreur de la condition d'esclave  , le fardeau du remords le poursuit : le doute et la crainte de la damnation  ...

Un magnifique roman qui explore les tourments  de l'être humain lorsqu'il veut s'échapper de la condition de ses pères .

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14 septembre 2021 2 14 /09 /septembre /2021 17:29
Seule en sa demeure de Cécile Coulon

Aimée est une jeune femme gaie qui vit entourée de l'affection de son père, un  officier à la retraite et de son cousin élevé avec elle et qui se destine à devenir officier comme son oncle. Elle doit épouser un jeune veuf, Candre Marchère , un propriétaire terrien qu'elle a rencontré lors d'une vente de chevaux , dans les Vosges au XIX eme siècle . Elle découvre après ses noces sa nouvelle demeure , une grande bâtisse entourée d'arbres et y est accueillie par Henria, une femme qui a élevée , en même temps que son garçon, Angelin,  Candre comme son fils à la mort de la sa mère .

Aimée va découvrir que l'homme qu'elle aime n'est pas aussi attentionné, tendre et patient  qu'il a pu l'être avant le mariage et se sent rapidement prisonnière de cette maison , angoissée par l'ambiance pesante . Cette partie du roman m'a beaucoup évoqué Rebecca de Daphné du Maurier , où la jeune héroïne se retrouve dans la même situation entre une maison oppressante, là ce sont les arbres qui l'entourent comme s'ils voulaient l'envahir , une gouvernante assez revêche et se pose les mêmes questions sur la disparition de la première femme de son époux .

Heureusement, l'histoire prend un autre tour avec l'arrivée d'une professeur de musique, qui si elle permet à Aimée de retrouver une vraie stature alors qu'elle se sentait fantôme , la trouble et des incidents perturbent les cours .

On croit deviner la suite mais l'histoire prend à chaque fois un autre chemin et Cécile Coulon est douée pour nous entrainer vers de fausses pistes et nous surprendre .

Beaucoup de belles descriptions de cette emprise de la maison et de la nature , des songes d'Aimée et de ses peurs , de sa complicité et des souvenirs d'enfance avec son cousin Claude rendent cette lecture fort plaisante . Cécile Coulon a décidemment une jolie plume

 

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11 septembre 2021 6 11 /09 /septembre /2021 17:56
La femme au manteau bleu de Deon Meyer

Je ne comprends pas la publicité faite autour de ce polar , à part que c'est  le nouveau roman publié de Deon Meyer dont j'avais beaucoup apprécié d'ailleurs L'année du lion mais c'était visiblement un OVNI parmi sa série avec ses héros récurrents Benny Griesel et Vaughn Cupido ...

Une femme morte est découverte nue , disposée sur un muret près d'une route passante . C'est la nouvelle enquête confiée aux deux policiers .

Son identité est rapidement trouvée ainsi que  les deux personnes  rencontrées par la victime lorsqu'elle est arrivée en Afrique du Sud ... L'enquête est vite bouclée, le suspens pas vraiment haletant .

Minimaliste , alors que l'histoire du tableau  à l'origine du drame ,  La dame au manteau bleu du peintre hollandais Fabritius ,  connu pour son tableau Le Chardonneret  aurait mérité beaucoup mieux .

Même les histoires personnelles des deux policiers laissent de marbre ...

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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 21:46
Lorsque le dernier arbre de Michael Christie

Un coup de cœur pour ce roman renversant. Et renversant , il l'est à plusieurs titres .

D'abord le titre, qui aiguise la curiosité , laissant présager une histoire sombre .

D'ailleurs l'ouverture de l'histoire en 2038, c'est à dire demain , fait frémir , il est question du Grand Dépérissement , il ne reste que quelques lieux privilégiés  où subsistent des arbres et des forêts primitives et où on organise des visites de pèlerins comme dans une cathédrale en péril . C'est là que travaille comme guide , Jake , surnom de Jacinda , une scientifique spécialisée dans les arbres . Un ancien petit ami , avocat vient la rencontrer pour lui annoncer qu'elle serait une descendante de Harris Greenwood , ancien propriétaire de cette ile canadienne et qui a fait fortune dans le bois .

Comme les différentes anneaux  des arbres , chaque partie du livre remonte vers le cœur de l'histoire, 2008, 1974, 1934 puis le commencement en 1908, la naissance de la famille Greenwood avec les deux frères Harris et Everett .

Modelée comme une arborescence, chaque partie raconte un bout de vie d'un Greenwood que tout ramène aux arbres , la débrouillardise d'Harris et d'Everett en commençant par vendre du petit bois vert puis devenant bucherons et pour Harris l'ascension  comme homme d'affaires dans le négoce du bois, l'errance d'Everett et son incroyable instinct de survie pour une vie étrangèreà la sienne ,

Willow, engagée dans la défense des arbres contre les grandes entreprises avec ses méthodes ringardes qui m'a fait penser au Gang de la clé à mollette, Liam menuisier-ébéniste qui s'est fait une réputation dans la récupération de vieux bois ...

Des personnages complexes, torturés comme Everett , ambigus , ayant une faculté de fuir les autres et soi-même mais terriblement attachants chacun à sa façon et toujours ancrés dans la nature . Le lecteur se glisse dans la peau de chaque Greenwood , il le quitte à regret en remontant le temps puis le retrouve une nouvelle fois avec un éclairage différent et l'envie de reprendre l'histoire au début .

Profondément ancré dans une vision réaliste de la catastrophe écologique qui est déjà là et qu'on néglige sciemment , l'auteur y mêle le devenir des humains en lente décomposition mais en y incrustant une formidable main tendue vers la solidarité .

 

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 21:16
Enfant de salaud de Sorj Chalandon

Il faut tout le talent d'écrivain de Sorj Chalandon pour raconter l'histoire de son père pendant la guerre en même  temps que le procès de Klaus Barbie auquel il assistait en tant que journaliste , cela , en fait , à quelques années près aurait pu se dérouler ainsi.

La narration commence en 1987 par la visite  de la maison d'Izieu qui servait de cache aux enfants juifs jusqu'à la rafle de 44 de ces enfants  et des adultes sur place sur l'ordre de Klaus Barbie dont le procès va avoir lieu .

La description des événements est terrible et confirme , s'il en était besoin, toute la culpabilité de cet homme mais de cela Sorj Chalandon en est persuadé, non, ce qui le tracasse c'est le passé de son père pendant l'Occupation alors qu'il vient de récupérer son dossier judiciaire . Pour lui c'est un double procès qui va se dérouler alors qu'ils sont tous les deux présents dans la salle du tribunal , l'un dans le public, l'autre sur les bancs de la presse .

Il y avait déjà eu surtout pendant son enfance les phrases lâchées par le grand-père lui apprenant que son père avait été du mauvais coté pendant la guerre et qu'il était un enfant de salaud .

Comment oublier ces paroles surtout que le père en question est manipulateur et affabulateur , s'inventant  pour son fils une multitude de rôles  plus courageux les uns que les autres . La même méthode que dans Profession du père ...

La guerre traversée par un jeune homme de 22 ans passée sous quatre uniformes différents, déserteur à chaque fois et qui va se terminer par sa condamnation .

Lui dire qu'il sait et qu'il voudrait l'entendre  pour une fois avouer tous ses mensonges, un face à face qu'il n'a jamais pu avoir . Celui d'un fils meurtri, trahi .

L'auteur se sert de ses articles de l'époque pour décrire le défilé des témoins devant le box de Barbie, souvent vide ou devant un homme indifférent , des témoignages poignants qui donnent un caractère parfois documentaire au roman .

J'ai  ressenti un malaise devant le parallèle des deux histoires et j'ai mieux compris en écoutant Sorj Chalandon parler de ce livre et de ce passé dont il avait besoin de se libérer ...

je remercie les Éditions Grasset et NetGalley

#Enfantdesalaudrentreelitteraire2021sorjchalandon #NetGalleyFrance !

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